Le grain de sable dans notre vie

Pourquoi un grain de sable apparaît-il souvent au moment où nous voulons changer de vie ?

Vous avez pris une décision.

Cette fois, c’est décidé : vous allez quitter cette situation, lancer ce projet, changer une habitude, poser une limite ou prendre une nouvelle direction.

Tout semble clair.

Vous commencez à avancer.

Et puis…

Un grain de sable apparaît.

Un imprévu.

Une dépense.

Une personne qui s’oppose à votre décision.

Un rendez-vous annulé.

Une difficulté administrative.

Un doute.

Et immédiatement, une petite voix peut commencer à raconter :

« Tu vois, ce n’était pas le bon moment. »

« C’est peut-être un signe. »

« Je savais que ça allait être compliqué. »

« Je ferais mieux de revenir en arrière. »

Pendant longtemps, j’ai interprété ces grains de sable essentiellement à travers l’énergie et la loi d’attraction. Je considérais qu’ils étaient les derniers résidus de nos anciennes vibrations qui revenaient se matérialiser dans notre nouvelle réalité.

Aujourd’hui, je laisse cette interprétation à ma spiritualité et je regarde également ce phénomène à travers un autre prisme : la sécurité intérieure.

Parce que le véritable sujet n’est peut-être pas de savoir pourquoi le grain de sable est arrivé.

Le véritable sujet est :

qu’est-ce que ce grain de sable réveille en nous ?

Lorsque nous changeons, nos anciens repères résistent

Changer de direction implique presque toujours une part d’inconnu.

Même lorsque nous allons vers quelque chose que nous désirons profondément.

Imaginez que vous décidiez de quitter un travail qui ne vous convient plus.

Tant que cette décision reste une idée, elle peut être enthousiasmante.

Puis elle devient concrète.

Il faut annoncer votre départ.

Réorganiser vos finances.

Expliquer votre décision à votre entourage.

Chercher autre chose.

Et soudain, votre sécurité est bousculée.

C’est souvent à cet endroit que le moindre problème prend une dimension considérable.

Une difficulté qui aurait été simplement agaçante quelques mois auparavant peut devenir :

« Voilà la preuve que je suis en train de faire une erreur. »

Le grain de sable n’a peut-être pas changé.

C’est la signification que nous lui donnons qui a changé.

Le problème est-il le grain de sable ou ce que nous construisons autour ?

Il y avait une image dans mon ancien texte que j’aime toujours beaucoup :

le grain de sable qui finit par devenir la dune du Pilat.

Parce que nous connaissons tous ce mécanisme.

Un problème apparaît.

Puis nous pensons au problème.

Nous imaginons ses conséquences.

Nous cherchons un responsable.

Nous racontons le problème à quelqu’un.

Puis à quelqu’un d’autre.

Nous vérifions ce qui pourrait encore mal tourner.

Et bientôt, nous ne sommes plus seulement face à la difficulté initiale.

Nous sommes face à la difficulté plus tout ce que notre mental a construit autour.

Le grain de sable est devenu une dune.

Accueillir la réalité avant d’essayer de la changer

C’est là qu’intervient une notion qui reste fondamentale dans mon approche : l’acceptation.

Accepter ne signifie pas aimer ce qui vient de se produire.

Cela ne signifie pas non plus renoncer à agir.

Accepter signifie reconnaître :

« C’est là. »

Le rendez-vous est annulé.

La personne a dit non.

La dépense imprévue existe.

Le projet a pris du retard.

Je ne peux pas revenir cinq minutes, cinq jours ou cinq mois en arrière pour empêcher ce fait d’exister.

Je peux en revanche choisir ce que je vais faire maintenant.

C’est toute la différence entre lutter contre un fait et agir sur une situation.

La première attitude consomme énormément de ressources.

La seconde nous rend notre capacité d’action.

L’instant présent ne fait pas disparaître les problèmes

Dans mon ancien texte, j’écrivais que les actions prises depuis l’instant présent devenaient « fluides et magiques », car elles étaient emplies de divinité.

Cette vision appartient toujours à ma sensibilité spirituelle.

Mais revenir dans l’instant présent ne garantit évidemment pas qu’une action sera facile ou qu’elle produira immédiatement le résultat espéré.

Elle permet autre chose.

Elle nous aide à distinguer ce qui existe réellement de ce que nous sommes en train d’imaginer.

Le problème réel est :

« Mon client vient d’annuler. »

Le scénario mental devient :

« Je vais perdre tous mes clients, mon activité ne fonctionnera jamais et je vais devoir tout arrêter. »

Revenir au présent permet de retrouver :

« Un client a annulé. Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? »

Nous venons de passer de la peur à l’action.

Quand nos protections récupèrent le volant

Le grain de sable devient particulièrement intéressant lorsqu’il réveille une ancienne peur.

Peur de manquer.

Peur d’être rejeté.

Peur de se tromper.

Peur de perdre le contrôle.

Peur d’être abandonné.

Peur du regard des autres.

Notre système de protection se met alors en marche.

Il nous propose souvent la solution qu’il connaît le mieux :

revenir en arrière.

Retourner vers ce qui est familier.

Abandonner le projet.

Ne pas envoyer le message.

Ne pas poser la limite.

Ne pas prendre le risque.

Et cette protection peut être extrêmement convaincante parce qu’elle nous explique qu’elle est simplement « raisonnable ».

Ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain.

Tout obstacle n’est pas un signe qu’il faut continuer

Il faut néanmoins éviter l’excès inverse.

Un obstacle n’est pas nécessairement une preuve qu’il faut persévérer coûte que coûte.

Parfois, un problème apporte une information utile.

Notre projet est peut-être mal préparé.

Notre stratégie doit être modifiée.

Une relation est réellement problématique.

Le risque est trop important.

Une limite doit être posée.

Il faut demander de l’aide.

La sécurité intérieure ne consiste donc pas à répéter :

« Tout va bien, je continue quoi qu’il arrive. »

Elle permet justement d’observer la situation sans que la peur décide automatiquement à notre place.

Nous pouvons alors nous demander :

Est-ce une information qui m’invite à ajuster ma direction, ou une difficulté qui réveille simplement mon besoin de revenir vers ce que je connais ?

Juger ajoute souvent une deuxième difficulté

Il existe enfin un autre mécanisme.

Quelque chose ne se passe pas comme prévu.

Et immédiatement :

« Ça ne devrait pas arriver. »

« C’est injuste. »

« Pourquoi ça tombe toujours sur moi ? »

La difficulté initiale existe toujours.

Mais nous venons d’ajouter une lutte intérieure contre son existence.

Là encore, accepter ne signifie pas approuver.

Cela signifie arrêter de demander mentalement au présent d’être différent de ce qu’il est déjà.

À partir de là, nous retrouvons beaucoup plus facilement notre liberté.

Que puis-je modifier ?

Que dois-je accepter ?

De quelle aide ai-je besoin ?

Quelle est la prochaine action ?

Le grain de sable teste parfois notre sécurité intérieure

Lorsque tout fonctionne exactement comme prévu, il est relativement facile d’avoir confiance.

Le véritable test arrive lorsque quelque chose déraille.

Est-ce que je m’effondre avec l’imprévu ?

Est-ce que je cherche immédiatement un responsable ?

Est-ce que j’abandonne ?

Est-ce que je transforme une difficulté en catastrophe ?

Ou suis-je capable de rester suffisamment stable pour regarder ce qui vient de se passer et m’adapter ?

C’est cela, pour moi, la sécurité intérieure.

Pas vivre une existence sans grains de sable.

Mais ne plus avoir besoin que la route soit parfaitement dégagée pour continuer à avancer.

Nous ne contrôlons pas tout ce qui arrivera.

Nous pouvons simplement apprendre à ne pas donner automatiquement à chaque obstacle le pouvoir de décider de notre direction.

Alors la prochaine fois qu’un grain de sable apparaît, avant d’en faire une dune du Pilat, posez-vous peut-être cette question :

« Est-ce réellement mon chemin qui est remis en question, ou est-ce ma sécurité intérieure qui vient d’être bousculée ? »

La réponse peut changer complètement la suite de l’histoire.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction