Les fuites énergétiques (+ 2 vidéos )
Fuites énergétiques : où part réellement votre énergie au quotidien ?
Nous avons tous déjà connu cette sensation.
La journée se termine.
Nous sommes épuisés.
Et pourtant, lorsque nous regardons ce que nous avons réellement accompli, nous avons parfois du mal à comprendre où est passée toute notre énergie.
Nous avons répondu à des messages.
Pensé à dix problèmes.
Commencé plusieurs choses.
Regardé notre téléphone cinquante fois.
Répondu aux sollicitations des autres.
Anticipé demain.
Rejoué mentalement une conversation d’hier.
Et le soir arrive avec cette impression étrange :
« Je n’ai rien fait d’extraordinaire aujourd’hui, mais je suis vidé. »
J’appelle cela des fuites énergétiques.
Il ne s’agit pas nécessairement d’une énergie mystérieuse qui quitterait physiquement notre corps. C’est une manière simple de désigner toutes ces situations dans lesquelles notre attention, nos ressources mentales et notre disponibilité émotionnelle sont dispersées dans tellement de directions que nous finissons par ne plus être réellement présents nulle part.
Et derrière cette dispersion se cache souvent une problématique de sécurité intérieure.
Une fuite énergétique, c’est quoi concrètement ?
Imaginez votre énergie disponible au réveil comme une quantité limitée de ressources.
Une partie va être consacrée au travail.
Une autre à votre famille.
Une autre à votre corps.
Une autre à vos projets.
Une autre encore aux imprévus.
Jusque-là, rien d’anormal.
Le problème apparaît lorsque des dizaines de petites sollicitations viennent constamment ponctionner cette disponibilité.
Vous travaillez sur un dossier, mais pensez simultanément à votre compte bancaire.
Vous êtes avec votre conjoint, mais regardez les notifications de votre téléphone.
Vous êtes en vacances, mais continuez à penser au travail.
Vous commencez un projet et, trois jours plus tard, votre attention est déjà partie sur une nouvelle idée.
Votre corps se trouve à un endroit.
Votre tête à un autre.
Votre attention encore ailleurs.
Cette dispersion permanente finit par coûter cher.
La fatigue ne vient pas uniquement de ce que nous faisons
Nous associons souvent la fatigue à l’effort physique ou au nombre d’heures travaillées.
Mais il existe aussi une fatigue liée à la charge mentale.
Penser constamment à ce qu’il reste à faire.
Essayer de ne rien oublier.
Anticiper les problèmes.
Passer continuellement d’une tâche à l’autre.
Prendre des dizaines de petites décisions.
Ressasser une conversation.
Se demander ce que quelqu’un pense de nous.
Tout cela mobilise notre attention.
Nous pouvons donc passer une journée relativement immobile et nous sentir malgré tout épuisés.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une fatigue persistante doit être automatiquement attribuée à des « fuites énergétiques ». Une fatigue inhabituelle, importante ou durable peut avoir de nombreuses causes et mérite, si nécessaire, un avis médical.
Mais observer où nous dépensons quotidiennement notre énergie reste extrêmement intéressant.
Pourquoi nous dispersons-nous autant ?
Nous pourrions penser que la solution consiste simplement à devenir mieux organisé.
Faire des listes.
Planifier.
Supprimer les notifications.
Bloquer des plages horaires.
Toutes ces stratégies peuvent aider.
Mais elles ne répondent pas forcément à une question plus profonde :
pourquoi ai-je autant de mal à lâcher certaines choses ?
Pourquoi ai-je besoin de vérifier mes messages ?
Pourquoi est-ce que je pense à mon travail pendant mes moments de repos ?
Pourquoi ai-je besoin de répondre immédiatement ?
Pourquoi est-ce que je lance cinq projets simultanément ?
Pourquoi ai-je autant de mal à dire non ?
C’est ici que nous retrouvons la sécurité intérieure.
Tout contrôler pour essayer de se rassurer
Lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité, notre attention peut se mettre en état de surveillance.
Nous vérifions.
Nous anticipons.
Nous contrôlons.
Nous imaginons ce qui pourrait mal se passer.
Nous essayons de garder la main sur tout.
Professionnellement, cela peut donner :
« Il faut que je sois partout sinon on va m’oublier. »
Dans une relation :
« Pourquoi ne répond-il pas ? »
Financièrement :
« Et si je manquais d’argent dans six mois ? »
Dans notre activité :
« Il faut que je lance ce nouveau projet parce que l’autre ne fonctionnera peut-être pas. »
Chaque pensée semble avoir une justification.
Mais lorsque nous les additionnons, notre énergie se retrouve dispersée dans vingt directions.
Nous cherchons à nous rassurer.
Et paradoxalement, nous nous épuisons.
La dispersion peut diminuer notre efficacité
Lorsque notre attention est constamment interrompue, nous avons davantage de difficultés à rester pleinement engagés dans une tâche.
Nous avançons un peu ici.
Un peu là.
Nous revenons au premier sujet.
Nous répondons à un message.
Nous ouvrons une autre fenêtre.
Puis nous avons une idée.
À la fin, nous avons énormément bougé sans nécessairement avoir beaucoup avancé.
C’est quelque chose que j’observe également dans les projets de vie.
Nous voulons changer de travail.
Puis créer une entreprise.
Puis déménager.
Puis commencer une formation.
Puis développer un nouveau projet.
Nous mettons une petite quantité d’énergie partout.
Et comme aucun projet n’en reçoit suffisamment longtemps, les résultats tardent.
Nous concluons alors que cela ne fonctionne pas.
Puis nous changeons encore.
Nos relations peuvent également devenir des fuites énergétiques
Certaines fuites ne viennent pas de nos tâches, mais de nos relations.
Un conflit non réglé peut continuer à tourner dans notre tête pendant des jours.
Une relation dans laquelle nous cherchons constamment l’approbation peut mobiliser énormément d’attention.
Le besoin de sauver quelqu’un peut nous faire consacrer davantage d’énergie à sa vie qu’à la nôtre.
La difficulté à poser des limites peut nous amener à accepter continuellement des demandes que nous n’avons pas envie d’accepter.
Nous disons oui.
Puis nous sommes frustrés.
Puis nous culpabilisons d’être frustrés.
Puis nous continuons quand même.
Encore une fois, la sécurité intérieure change la situation.
Plus je me sens suffisamment stable intérieurement, plus je peux dire :
« Non, je ne suis pas disponible. »
« Cela ne me convient pas. »
« Ce problème ne m’appartient pas. »
« Je peux t’écouter, mais je ne peux pas résoudre cela à ta place. »
Poser une limite permet parfois de récupérer une quantité considérable d’énergie.
La rumination : une fuite invisible
Il existe enfin une fuite énergétique particulièrement discrète : celle du passé.
Une conversation terminée depuis trois jours continue à se dérouler dans notre tête.
Nous réécrivons la scène.
Nous imaginons ce que nous aurions dû répondre.
Nous jugeons l’autre.
Nous nous jugeons.
Puis nous recommençons.
Le passé n’est plus présent dans la pièce.
Mais notre organisme continue à mobiliser de l’attention autour de lui.
Nous pouvons faire exactement la même chose avec le futur.
Anticiper un événement qui n’existe pas encore.
Imaginer dix scénarios.
Préparer une réponse à chacun.
Puis recommencer le lendemain.
La sécurité intérieure ne consiste pas à arrêter définitivement de penser au passé ou au futur.
Elle nous permet progressivement de revenir à une question beaucoup plus simple :
« Est-ce que cette pensée m’aide réellement à agir maintenant ? »
Si la réponse est non, peut-être pouvons-nous la laisser passer.
Faire un audit de son énergie
Je propose un exercice très simple.
Prenez une feuille et notez tout ce qui mobilise actuellement votre attention.
Votre travail.
Votre couple.
L’argent.
Vos enfants.
Un projet.
Une personne.
Une décision.
Un conflit.
Votre téléphone.
Une inquiétude.
Une obligation.
Une idée que vous n’avez toujours pas concrétisée.
Ne cherchez pas immédiatement à résoudre quoi que ce soit.
Regardez simplement la feuille.
Puis, pour chaque élément, demandez-vous :
Est-ce important pour moi ?
Est-ce que cela dépend réellement de moi ?
Est-ce que cela mérite encore mon énergie ?
Vous pourriez découvrir que certaines choses occupent une place considérable dans votre tête alors qu’elles n’ont finalement que très peu d’importance dans la vie que vous souhaitez construire.
Récupérer son énergie, c’est aussi accepter de ne pas tout contrôler
Nous ne pouvons pas être partout.
Nous ne pouvons pas satisfaire tout le monde.
Nous ne pouvons pas développer dix projets simultanément avec la même intensité.
Nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes de notre entourage.
Et nous ne pouvons surtout pas prévoir tout ce qui arrivera demain.
Accepter cela demande de la sécurité intérieure.
Parce que concentrer son énergie signifie aussi renoncer.
Renoncer momentanément à certaines idées.
Dire non à certaines sollicitations.
Laisser certaines personnes résoudre leurs propres problèmes.
Accepter qu’un message puisse attendre.
Fermer certaines portes pour pouvoir réellement avancer derrière celle que nous avons choisie.
C’est peut-être cela, finalement, arrêter les fuites énergétiques.
Il ne s’agit pas de protéger une réserve mystérieuse d’énergie contre le monde extérieur.
Il s’agit de reprendre la responsabilité de l’endroit où nous plaçons notre attention.
Notre énergie suit souvent notre attention.
Et lorsque notre attention est partout, nous finissons par avoir l’impression de n’être nous-mêmes nulle part.
Alors observez simplement votre journée et posez-vous cette question :
« Si je me sentais profondément en sécurité aujourd’hui, à quelles préoccupations, sollicitations ou obligations arrêterais-je immédiatement de donner autant de mon énergie ? »
Les fuites énergétiques partie 1
Les fuites énergétiques partie 2












