Soigner son enfant intérieur la base

Enfant intérieur : apprendre à devenir sa propre sécurité

Nous avons tous une histoire.

Et rares sont les enfances qui ont répondu parfaitement à l’ensemble de nos besoins.

Nous aurions peut-être voulu davantage d’attention. Davantage de tendresse. Être plus souvent encouragés. Nous sentir davantage écoutés, protégés ou compris.

Cela ne signifie pas nécessairement que nous avons eu de mauvais parents.

Nos parents avaient eux aussi une histoire, des blessures, des contraintes, des peurs, une éducation et les ressources émotionnelles dont ils disposaient à ce moment-là.

Mais l’enfant que nous étions, lui, ne pouvait pas forcément comprendre tout cela.

Il ressentait.

Et certaines de ces expériences peuvent laisser des traces dans notre manière de vivre nos relations une fois adultes.

C’est là que le travail autour de l’enfant intérieur peut devenir une porte d’entrée intéressante vers la sécurité intérieure.

L’enfant construit des conclusions avec ce qu’il vit

Un enfant ne possède pas le raisonnement d’un adulte.

Lorsque son père est peu disponible, il ne se dit pas forcément : « Papa traverse probablement une période professionnelle difficile et dispose actuellement de peu de ressources émotionnelles. »

Il peut simplement ressentir :

« Papa n’est pas là pour moi. »

Et parfois aller plus loin :

« Je ne suis peut-être pas suffisamment important. »

Lorsqu’une mère est très anxieuse, l’enfant ne comprend pas nécessairement son histoire.

Il peut apprendre que le monde est dangereux.

Lorsqu’il reçoit principalement de l’attention lorsqu’il réussit, il peut progressivement associer amour et performance.

Ces conclusions ne sont pas forcément conscientes.

Mais elles peuvent participer à la construction de notre manière d’entrer en relation avec les autres.

Pourquoi certaines histoires semblent-elles se répéter ?

J’ai longtemps expliqué ces répétitions à travers la loi d’attraction : nous attirerions à nous ce que nous vibrons.

Cette grille de lecture spirituelle continue de me parler.

Mais nous pouvons également observer des mécanismes très concrets.

Si j’ai profondément peur d’être abandonné, cette peur peut influencer les personnes que je choisis, les comportements que j’accepte et ma manière de réagir dans une relation.

Je peux m’accrocher davantage.

Accepter des choses qui ne me conviennent pas.

Interpréter certaines distances comme des rejets.

Ou, à l’inverse, quitter une relation avant que l’autre puisse me quitter.

Nos anciennes protections participent donc parfois aux situations que nous reproduisons.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une personne victime d’un partenaire manipulateur ou violent aurait « attiré » ou mérité ce comportement.

La responsabilité des actes appartient toujours à celui qui les commet.

En revanche, comprendre nos propres fragilités peut nous permettre de repérer plus rapidement ce qui ne nous convient pas et de poser des limites différentes.

Nous cherchons parfois chez l’autre ce qui manque en nous

Lorsque notre sécurité intérieure est fragile, l’extérieur peut prendre une importance considérable.

Nous avons besoin que l’autre nous rassure.

Qu’il nous dise qu’il nous aime.

Qu’il nous choisisse.

Qu’il nous valorise.

Qu’il nous confirme que nous avons de la valeur.

Ces besoins sont profondément humains.

Le problème commence lorsque nous ne pouvons plus nous sentir suffisamment stables sans cette validation extérieure.

Nous pouvons alors accepter beaucoup trop de choses simplement pour ne pas perdre la personne qui nous procure momentanément ce sentiment de sécurité.

Développer sa sécurité intérieure ne consiste donc pas à ne plus avoir besoin des autres.

Nous sommes des êtres relationnels.

Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à ne plus demander aux autres de remplir seuls un vide que nous pouvons également commencer à prendre en charge nous-mêmes.

Un exercice pour rencontrer l’enfant que vous étiez

Il existe un exercice très simple que j’aime proposer lorsque quelqu’un ressent encore une souffrance liée à son enfance.

Installez-vous quelques instants au calme.

Vous pouvez poser vos mains sur votre poitrine ou votre plexus solaire si ce geste vous aide à vous recentrer.

Puis imaginez l’enfant que vous étiez.

Choisissez un âge.

Regardez-le.

Essayez de ne pas analyser immédiatement son histoire.

Observez simplement cet enfant depuis la personne adulte que vous êtes devenue aujourd’hui.

Et parlez-lui.

À la deuxième personne.

Vous pouvez lui dire :

« Tu as fait du mieux que tu pouvais. »

« Ce que tu ressentais avait le droit d’exister. »

« Tu n’avais pas besoin d’être parfait pour mériter de l’amour. »

« Tu avais le droit d’avoir peur. »

« Tu avais le droit de ne pas comprendre. »

« Aujourd’hui, je suis là avec toi. »

« Je vais apprendre à t’écouter. »

« Je vais apprendre à te protéger. »

« Tu as le droit d’exister sans passer ta vie à chercher l’approbation des autres. »

Et peut-être simplement :

« Je t’aime. »

Ne cherchez pas la formule parfaite.

Utilisez les mots dont cet enfant aurait eu besoin.

Comprendre ses parents sans effacer sa propre souffrance

Vous pouvez également, si cela vous semble juste, introduire une autre idée :

« Papa et maman ont probablement fait ce qu’ils pouvaient avec leur histoire, leurs connaissances et leurs propres limites. »

Mais attention.

Comprendre ses parents ne signifie pas réécrire son enfance.

Si certains comportements vous ont fait souffrir, vous avez le droit de le reconnaître.

Si des limites ont été franchies, les comprendre n’oblige pas à les excuser.

Et lorsqu’une enfance a comporté des violences ou des traumatismes importants, ce type d’exercice ne remplace évidemment pas un accompagnement professionnel adapté.

Le but n’est pas de décider que « tout allait bien ».

Le but est de ne plus abandonner aujourd’hui l’enfant qui, hier, aurait peut-être eu besoin de davantage de sécurité.

Répéter une nouvelle expérience intérieure

Cet exercice peut être réalisé régulièrement.

Le matin.

Le soir.

Pendant une promenade.

Dans un moment d’attente.

Pas besoin d’en faire un rituel compliqué.

Ce qui compte est la qualité de la présence que vous vous accordez.

Et progressivement, observez surtout ce qui change dans votre vie quotidienne.

Êtes-vous davantage capable de dire non ?

Acceptez-vous moins facilement certaines relations ?

Avez-vous moins besoin d’être rassuré ?

Vous parlez-vous avec davantage de respect lorsque vous faites une erreur ?

Car le véritable objectif n’est pas simplement de parler à son enfant intérieur.

C’est de devenir pour soi-même, aujourd’hui, l’adulte sécurisant dont cet enfant avait besoin.

Nous ne pouvons pas retourner dans notre enfance pour modifier ce qui s’est passé.

Mais nous pouvons modifier la manière dont nous prenons soin aujourd’hui de ce que cette histoire a laissé en nous.

Et peut-être que la sécurité intérieure commence précisément là : lorsque nous cessons progressivement d’attendre que quelqu’un vienne enfin nous donner ce qui nous a manqué, et que nous découvrons que nous pouvons aussi apprendre à nous l’offrir.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction