L’instant présent : kezako ?
Faut-il vivre dans l’instant présent ou construire son futur ? Les deux.
À chaque fois que je publie quelque chose sur le futur, les rêves ou les objectifs, je reçois des commentaires qui me ramènent à l’instant présent.
« Le futur n’existe pas. »
« Seul l’instant présent compte. »
« Il faut être, pas faire. »
Sur le principe, je suis d’accord avec une partie de cette vision.
Nous ne pouvons vivre qu’ici et maintenant.
Mais cela ne signifie pas que nous devons avancer sans direction.
Parce que nos actions présentes possèdent presque toujours une intention tournée vers quelque chose qui n’existe pas encore.
Alors, quitte à avancer vers le futur, autant choisir celui que nous voulons construire plutôt que d’attendre passivement de découvrir celui qui arrivera.
Et je crois que cet équilibre entre présence et direction est directement lié à notre sécurité intérieure.
L’instant présent n’interdit pas d’avoir un projet
Si vous partez au ski dans trois semaines, vous préparez votre voyage aujourd’hui.
Vous réservez éventuellement votre hébergement.
Vous vérifiez votre matériel.
Vous mettez des vêtements chauds dans votre valise.
Si vous partez à la mer, vous ne préparez évidemment pas les mêmes affaires.
Votre corps est bien dans le présent.
Vos actions ont pourtant une direction future.
Et personne ne trouve cela contradictoire.
Pourquoi faudrait-il alors opposer instant présent et projet de vie ?
Nous pouvons être pleinement présents à ce que nous faisons aujourd’hui tout en sachant vers quoi nous voulons aller demain.
L’un n’empêche pas l’autre.
Au contraire, une direction claire peut donner du sens à l’action présente.
J’ai expérimenté un instant présent sans direction
Pendant environ deux ans, j’ai moi-même essayé de suivre cette idée :
Le passé est terminé.
Le futur n’existe pas.
Il faut simplement être bien ici et maintenant.
Sur le papier, c’était magnifique.
Le problème est que mon « ici et maintenant » comportait une réalité extrêmement concrète : une dette d’environ 350 000 euros liée à ma condamnation de 2017.
Je pouvais pratiquer la gratitude.
Me recentrer.
Méditer.
Profiter de ce qui était là.
Mais lorsqu’un huissier venait frapper à ma porte, ma sérénité était rapidement mise à l’épreuve.
Je me suis retrouvé pendant une longue période avec cette sensation de faire du surplace.
Et progressivement, la frustration a augmenté.
J’avais envie de pouvoir retourner au restaurant.
Partir en week-end.
Voyager.
Avoir davantage de confort.
Tout simplement vivre d’une manière qui me ressemblait davantage.
J’ai alors compris quelque chose d’important :
accepter ma situation présente ne m’obligeait pas à vouloir y rester.
La gratitude n’est pas la résignation
C’est une confusion que nous pouvons facilement faire dans le développement personnel.
« Sois reconnaissant pour ce que tu as. »
Oui.
Mais être reconnaissant pour ce que nous avons aujourd’hui ne signifie pas renoncer à ce que nous aimerions construire demain.
Je peux apprécier mon appartement et rêver d’une maison.
Je peux être reconnaissant pour mon activité actuelle et vouloir développer davantage mon entreprise.
Je peux apprécier ma vie et vouloir voyager davantage.
La sécurité intérieure permet justement de tenir ces deux réalités ensemble :
« Je peux être bien aujourd’hui sans renoncer à mes désirs pour demain. »
Le problème commence lorsque nous faisons dépendre tout notre bonheur de l’objectif futur.
« Je serai enfin heureux lorsque… »
Là, nous quittons la construction pour entrer dans le manque.
Le rêve m’a redonné une direction
Pour ma part, quelque chose a changé lorsque j’ai recommencé à construire consciemment un rêve.
Je me suis demandé :
Quelle vie est-ce que je veux réellement ?
Pas celle que la société considère comme raisonnable.
Pas celle que d’autres personnes trouvent suffisamment spirituelle.
La mienne.
Je voulais travailler seulement quelques heures par jour.
Développer une communauté.
Avoir énormément de liberté.
Voyager.
Profiter des restaurants.
Avoir du confort.
Partager.
Rayonner.
Et gagner suffisamment d’argent pour soutenir cette manière de vivre.
Je pouvais parfaitement vivre avec peu.
Mais ce n’était pas mon désir.
Et reconnaître cela a été important.
La sécurité intérieure permet aussi d’assumer ses désirs
Nous pouvons parfois avoir honte de vouloir davantage.
Plus d’argent.
Plus de confort.
Plus de voyages.
Plus de liberté.
Comme si une personne spirituelle devait nécessairement renoncer à tout désir matériel.
Je ne partage pas cette vision.
L’argent n’est ni spirituel ni antispirituel.
Le confort non plus.
La question est plutôt :
Pourquoi est-ce que je veux cela ?
Est-ce pour prouver ma valeur ?
Me comparer ?
Combler continuellement un vide ?
Ou parce que cette manière de vivre correspond simplement à mes aspirations ?
À cette époque, je pouvais dire très clairement :
« Moi, Stéphane, je veux au minimum 5 000 euros par mois, voyager, avoir du confort, me faire plaisir, vivre, rayonner la joie et partager avec l’humanité. »
C’était mon rêve.
Il n’avait pas besoin d’être celui des autres.
Et c’est aussi cela, la sécurité intérieure : ne plus avoir besoin que les autres valident la vie que nous avons envie de construire.
Visualiser ne suffit évidemment pas
Dans mon vocabulaire spirituel, je parle de loi d’attraction, d’émotions magnétiques, de vibrations et de matérialisation.
Ce cadre correspond à ma manière de donner du sens à mon expérience.
Mais il ne faut pas confondre visualisation et garantie de résultat.
Avoir un objectif clair peut modifier énormément de choses de manière très concrète.
Lorsque je sais ce que je veux, je remarque davantage certaines opportunités.
Je prends des décisions différentes.
Je rencontre des personnes.
Je refuse ce qui m’éloigne de ma direction.
Je concentre mon énergie.
Je passe à l’action.
Autrement dit, le rêve organise aussi le présent.
Et c’est précisément ce qui m’intéresse.
Le futur choisi ne doit pas devenir une nouvelle prison
Attention cependant.
Une vision peut nous donner une direction.
Elle ne doit pas devenir une obligation.
La vie bouge.
Nous changeons.
Nos aspirations évoluent.
Un rêve construit à 30 ans peut ne plus avoir aucun sens à 45 ans.
La sécurité intérieure nous permet donc également d’ajuster notre scénario.
Nous pouvons dire :
« Voilà ma direction actuelle. »
Puis continuer à écouter ce qui se passe en nous.
Le futur choisi est une boussole.
Pas une prison.
Être et faire ne sont pas ennemis
Voilà finalement l’équilibre que je cherche.
Être, c’est revenir à l’instant présent.
Ressentir.
Respirer.
Profiter.
Observer.
Ne pas passer toute sa vie à courir derrière demain.
Faire, c’est transformer une intention en réalité.
Appeler.
Créer.
Écrire.
Rencontrer.
Construire.
Expérimenter.
Décider.
L’un sans l’autre peut devenir déséquilibré.
Faire continuellement sans être peut nous épuiser.
Être continuellement sans jamais agir peut devenir une manière très confortable de procrastiner.
La vie se trouve peut-être précisément dans la rencontre entre les deux.
Il n’existe pas de nombre d’heures universel
À une époque, je préconisais six heures par jour dans l’instant présent, puis du « faire » aligné avec son rêve.
C’est ce qui me convenait.
Mais je ne crois pas qu’il existe un quota valable pour tout le monde.
Certains auront besoin de beaucoup de silence.
D’autres de davantage de mouvement.
L’essentiel est plutôt de vérifier régulièrement :
Est-ce que je suis encore capable de profiter de ma vie aujourd’hui ?
Et :
Est-ce que mes actions d’aujourd’hui construisent encore la vie que j’ai envie de vivre demain ?
Lorsque les deux réponses sont oui, nous sommes probablement assez proches de notre équilibre.
Choisissez votre futur, puis revenez à aujourd’hui
Vous n’avez donc pas besoin de choisir entre l’instant présent et votre rêve.
Construisez une direction.
Décidez de ce que vous voulez expérimenter.
Imaginez la vie qui vous ressemble.
Puis revenez ici.
Parce que votre rêve ne peut être construit que maintenant.
Pas demain.
Maintenant.
Par votre prochain choix.
Votre prochaine conversation.
Votre prochaine action.
Et peut-être est-ce cela, finalement, la sécurité intérieure :
être suffisamment bien ici et maintenant pour ne pas fuir dans le futur, et suffisamment libre intérieurement pour oser construire le futur que nous désirons.
Votre rêve vous donne la direction.
L’instant présent vous donne l’endroit depuis lequel avancer.
Et entre les deux, il y a vous.












