Une addiction dont on ne parle jamais.

Et si notre plus grande dépendance était celle à nos propres pensées ?

Nous parlons régulièrement d’addiction au tabac, à l’alcool, aux drogues, aux jeux d’argent ou encore à certains comportements.

Nous pouvons également utiliser le travail, les loisirs, les sorties ou les rencontres pour ne jamais nous retrouver seuls face à nous-mêmes.

Mais il existe un autre phénomène dont nous parlons moins :

notre difficulté à laisser notre pensée s’arrêter.

Je l’appelais autrefois « l’addiction à la pensée ».

Le terme addiction possède une définition médicale précise, et il serait excessif de considérer automatiquement le simple fait de beaucoup penser comme une addiction au sens clinique. Je parlerais donc plutôt aujourd’hui de rumination mentale, de pensée compulsive ou d’une habitude tellement installée que le silence intérieur devient inconfortable.

Et derrière ce besoin permanent de penser, d’anticiper et de résoudre se trouve souvent une question que je retrouve partout dans mon travail :

Sommes-nous suffisamment en sécurité intérieure pour ne rien contrôler pendant quelques instants ?

Pourquoi cherchons-nous une satisfaction immédiate ?

Une addiction ne se résume pas à un manque de volonté.

Les mécanismes addictifs sont complexes et peuvent impliquer des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux. Ils peuvent nécessiter une prise en charge professionnelle adaptée.

Mais nous connaissons tous, à des degrés très différents, ce mécanisme qui consiste à rechercher un soulagement rapide.

Je suis stressé.

Je prends mon téléphone.

Je m’ennuie.

Je mange quelque chose.

Je ressens une émotion inconfortable.

Je me mets à travailler.

Je me sens seul.

Je cherche immédiatement quelqu’un à appeler.

L’action apporte momentanément autre chose à ressentir.

Le problème n’est donc pas toujours ce que nous faisons.

La question est :

Qu’est-ce que ce comportement m’évite de ressentir ?

Nous avons parfois peur du vide

Dans ma lecture spirituelle, je considère que nous sommes originellement des êtres d’amour et que notre incarnation nous conduit à traverser différentes expériences pour retrouver progressivement cette connexion à nous-mêmes.

J’ai parlé de contrat d’âme, de choix d’incarnation, de vies antérieures, de mémoires transgénérationnelles et du choix de nos parents.

Ces éléments relèvent évidemment d’une croyance spirituelle et non de faits démontrés.

Mais derrière ce vocabulaire, il existe une expérience beaucoup plus commune :

nous sommes profondément façonnés par notre histoire.

Notre famille.

Notre éducation.

Notre environnement.

Les émotions vécues pendant l’enfance.

Les comportements que nous avons observés.

Les messages que nous avons entendus.

Tout cela contribue à construire notre représentation de nous-mêmes et du monde.

Et lorsque nous nous éloignons continuellement de ce qui nous correspond profondément, un malaise peut apparaître.

Lorsque nous cherchons à remplir quelque chose

Ce malaise peut ressembler à un vide.

Nous avons tout pour être bien sur le papier.

Et pourtant quelque chose manque.

Alors nous remplissons.

Encore une activité.

Encore un achat.

Encore une cigarette.

Encore un verre.

Encore une heure de travail.

Encore une série.

Encore quelques minutes sur les réseaux sociaux.

Et parfois, encore une pensée.

Parce que penser nous occupe.

Tant que nous réfléchissons, nous ne sommes pas complètement dans le silence.

Et tant que nous cherchons une solution, nous pouvons conserver l’impression que nous contrôlons quelque chose.

Voilà où la sécurité intérieure intervient.

Être capable de s’arrêter sans immédiatement ressentir l’obligation de faire quelque chose demande parfois beaucoup plus de sécurité que nous ne l’imaginons.

Observez ce qui se passe lorsque vous ne faites rien

Faites une expérience très simple.

Asseyez-vous quelques minutes.

Sans téléphone.

Sans musique.

Sans méditation guidée.

Sans objectif particulier.

Et observez.

Très rapidement, une pensée peut apparaître.

« Il faudrait que je réponde à ce message. »

Puis :

« Je vais juste regarder l’heure. »

Puis :

« Tant que j’y suis, je pourrais vérifier mes mails. »

Vous décidez de rester assis.

Et le dialogue commence.

« Tu perds ton temps. »

« Tu as du travail. »

« Tu ferais mieux de faire quelque chose d’utile. »

« Tu te reposeras ce soir. »

« Et si quelqu’un te voyait ne rien faire ? »

C’est fascinant.

Nous voulions simplement rester assis cinq minutes et nous découvrons soudain tout un système intérieur.

Le piège : discuter avec chaque pensée

Imaginons maintenant qu’une pensée arrive :

« J’irais bien boire un verre d’eau. »

Vous répondez intérieurement :

« Non, pas maintenant. »

La discussion est ouverte.

« Pourquoi pas maintenant ? »

« Parce que je veux rester tranquille. »

« Tu peux rester tranquille après. »

« Tais-toi. »

« Pourquoi tu veux que je me taise ? »

Et quelques secondes plus tard, vous êtes parti dans un dialogue mental qui peut continuer très longtemps.

La pensée initiale n’était pas forcément le problème.

C’est l’énergie que nous lui avons donnée qui l’a développée.

Entendre une pensée sans lui répondre

Il existe une autre possibilité.

La pensée apparaît :

« J’irais bien boire un verre d’eau. »

Vous l’entendez.

Vous ne la chassez pas.

Vous ne cherchez pas à la supprimer.

Vous ne commencez pas non plus à discuter avec elle.

Vous ramenez simplement votre attention vers votre respiration.

L’air qui entre.

L’air qui sort.

Les mouvements du corps.

Puis une nouvelle pensée arrive.

Vous recommencez.

Ce principe paraît extrêmement simple.

Mais lorsque nous sommes habitués à suivre chaque pensée, cela peut demander de l’entraînement.

Le but n’est pas de « ne plus penser »

C’est une nuance importante.

Nous ne pouvons pas ordonner à notre cerveau :

« Maintenant, je ne pense plus. »

Parce que cette phrase est elle-même une pensée.

Et vouloir supprimer absolument nos pensées peut créer encore davantage de tension.

L’objectif est différent :

ne plus considérer chaque pensée comme un ordre auquel nous devons répondre.

Une pensée peut apparaître sans devenir une action.

Une inquiétude peut apparaître sans devenir une heure de rumination.

Une idée peut apparaître sans devoir être immédiatement analysée.

C’est une forme de liberté intérieure.

Nos pensées ne sont pas toujours la réalité

Nous avons facilement tendance à croire ce qui traverse notre esprit.

« Je vais échouer. »

« Il va forcément se passer quelque chose. »

« Cette personne ne m’aime pas. »

« Je n’y arriverai jamais. »

Mais une pensée n’est pas automatiquement un fait.

Elle peut être une hypothèse.

Une peur.

Une habitude.

Une vieille croyance.

Un scénario.

La sécurité intérieure permet progressivement de créer un espace entre :

« Je pense cela »

et

« Cela est vrai. »

Et cet espace peut profondément changer notre manière de vivre.

La respiration comme point d’ancrage

Pourquoi revenir à la respiration ?

Parce qu’elle est là.

Maintenant.

Nous n’avons rien besoin d’acheter.

Rien besoin de comprendre.

Elle nous ramène simplement à l’expérience présente.

Cela ne signifie pas que porter son attention sur la respiration fait disparaître automatiquement toutes les pensées ni qu’il s’agit d’un traitement des addictions.

Mais cette pratique peut nous aider à observer notre fonctionnement avec davantage de recul.

Et parfois, nous découvrons que nous pouvons traverser une envie ou une émotion sans devoir immédiatement lui obéir.

Attention aux addictions réelles

Je souhaite être très clair sur un point que je présentais autrefois de manière beaucoup trop catégorique.

Se reconnecter à soi ne fait pas nécessairement disparaître naturellement une dépendance au tabac, à l’alcool ou aux drogues.

Une addiction peut nécessiter un accompagnement médical, psychologique ou spécialisé.

Le travail sur la sécurité intérieure peut éventuellement faire partie d’une démarche plus globale, notamment lorsqu’un comportement sert à réguler le stress ou certaines émotions.

Mais il ne remplace pas les soins appropriés.

Il ne s’agit pas non plus de culpabiliser une personne en lui disant qu’elle serait dépendante parce qu’elle n’est pas suffisamment « connectée à son âme ».

Le comportement est parfois un messager

En revanche, nous pouvons apprendre à regarder certains comportements autrement.

Au lieu de demander uniquement :

« Comment arrêter ce comportement ? »

nous pouvons aussi demander :

« À quoi me sert-il ? »

Que m’apporte cette cigarette ?

Cette suractivité ?

Ces heures passées sur mon téléphone ?

Cette impossibilité de rester seul ?

Cette rumination permanente ?

Peut-être découvrirez-vous derrière certains comportements un besoin de soulagement, de sécurité, de reconnaissance ou simplement une difficulté à rester en présence d’une émotion.

Et cette découverte peut devenir une porte d’entrée.

Retrouver le silence derrière le bruit

Dans ma vision spirituelle, je parle de revenir à l’âme, au cœur, à l’amour et à la source.

Vous pouvez employer d’autres mots.

Présence.

Calme.

Conscience.

Connexion à soi.

Peu importe finalement.

Ce qui compte est de pouvoir expérimenter quelques instants dans lesquels vous n’avez rien à résoudre.

Rien à prouver.

Rien à anticiper.

Rien à remplir.

Simplement être là.

Et découvrir progressivement quelque chose de fondamental :

le silence n’est peut-être pas un vide dangereux qu’il faut immédiatement remplir.

Il peut devenir un endroit dans lequel nous nous sentons suffisamment en sécurité pour nous rencontrer.

Alors la prochaine fois qu’une pensée arrive pendant un moment de calme, essayez simplement de l’observer.

Ne luttez pas.

Ne lui répondez pas automatiquement.

Respirez.

Et regardez ce qui se passe.

Peut-être découvrirez-vous que vous n’êtes pas obligé de suivre toutes les histoires que votre mental vous raconte.

Et cette petite distance entre vous et vos pensées peut devenir une immense liberté.

Parce que la sécurité intérieure commence aussi lorsque nous découvrons que nous pouvons être seuls avec nous-mêmes sans avoir immédiatement besoin de fuir quelque part.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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