On a tous le droit, d’aimer sa vie ou pas

« Le bonheur n’est pas pour moi » : quand nos croyances deviennent notre réalité

Certaines personnes entendent parler de bonheur, de changement, de confiance ou de transformation et pensent immédiatement :

« Oui, mais moi, c’est différent. »

Mon histoire est trop lourde.

J’ai trop souffert.

Vous ne connaissez pas mon enfance.

Vous ne connaissez pas mes problèmes.

Les autres peuvent changer, mais pas moi.

Lorsque cette pensée est installée depuis longtemps, tous les discours sur le développement personnel peuvent sembler complètement déconnectés de notre réalité.

Et pourtant, derrière ce « ce n’est pas pour moi » se cache souvent une question essentielle de sécurité intérieure.

Car ce que nous considérons comme une vérité sur nous-mêmes est parfois une croyance que nous avons répétée tellement longtemps qu’elle est devenue notre manière de regarder le monde.

Une croyance peut finir par ressembler à une vérité

Nous ne naissons pas avec une définition complète de nous-mêmes.

Nous la construisons.

À travers notre famille.

Notre éducation.

Nos expériences.

Nos réussites.

Nos échecs.

Le regard des autres.

Un enfant à qui l’on répète régulièrement :

« Tu es maladroit »,

peut finir par ne plus entendre une opinion.

Il entend :

« Je suis maladroit. »

La nuance est immense.

Une expérience est devenue une identité.

Et cette identité va ensuite influencer ses comportements.

C’est ainsi que certaines croyances peuvent progressivement construire une partie de notre réalité.

Notre cerveau filtre continuellement ce qui nous entoure

Nous sommes exposés à une quantité considérable d’informations que notre cerveau ne peut pas traiter consciemment dans leur totalité.

Il sélectionne.

Il filtre.

Il dirige notre attention vers certains éléments plutôt que d’autres.

Prenons un exemple extrêmement simple.

Vous envisagez d’acheter un modèle particulier de voiture.

Soudain, vous commencez à en voir partout.

Ces voitures viennent-elles mystérieusement d’apparaître dans votre ville ?

Évidemment que non.

Elles étaient déjà là.

Mais désormais, elles sont devenues pertinentes pour vous.

Votre attention les repère.

C’est également une explication beaucoup plus simple à certains phénomènes que j’associais autrefois exclusivement au spirituel.

Lorsque quelqu’un découvre les « heures miroirs », il peut soudain avoir l’impression de voir 10h10, 11h11 ou 22h22 beaucoup plus souvent.

Pourtant, comme je l’écrivais déjà :

la pendule est toujours passée de 10h09 à 10h11 en passant par 10h10.

Ce qui a changé, c’est notre attention.

Chacun reste ensuite libre de donner ou non une signification spirituelle à ce qu’il observe.

Nous voyons aussi la vie à travers nos croyances

Ce mécanisme devient particulièrement intéressant lorsqu’il concerne l’image que nous avons de nous-mêmes.

Si je crois :

« Personne ne me respecte »,

je vais devenir particulièrement sensible à chaque comportement pouvant confirmer cette croyance.

Si quelqu’un oublie de me rappeler, je vais peut-être penser :

« Voilà, encore quelqu’un qui se fiche de moi. »

Mais lorsque quelqu’un me témoigne de l’attention, je peux considérer cela comme normal et ne même pas le remarquer.

Ma croyance sélectionne une partie de la réalité.

Elle ne crée pas magiquement tous les événements extérieurs, mais elle influence ce que je remarque, la manière dont je l’interprète et la façon dont je vais ensuite agir.

Et mes actions vont à leur tour produire des conséquences.

Voilà comment une croyance peut devenir extrêmement puissante.

Le mental cherche souvent à protéger ce qu’il connaît

Dans ma lecture spirituelle, je parle beaucoup du mental, de l’ego, de l’âme et de notre connexion au cœur.

Je considère l’ego comme cette identité construite au fil de notre histoire.

Mais il n’est pas nécessaire de le considérer comme un ennemi.

Il cherche souvent à maintenir ce qu’il connaît.

Même lorsque ce que nous connaissons nous fait souffrir.

Pourquoi ?

Parce que le connu peut sembler plus sécurisant que l’inconnu.

Vous pouvez détester votre travail et avoir peur d’en changer.

Être malheureux dans une relation et avoir peur de partir.

Rêver d’un projet et ne jamais commencer.

Ce paradoxe est au cœur de la sécurité intérieure.

Nous ne restons pas toujours immobiles parce que nous ne voulons pas être heureux.

Nous pouvons rester immobiles parce que l’inconnu nous semble plus dangereux que notre inconfort actuel.

Sortir de la victimisation sans nier ce que nous avons vécu

Il existe cependant une nuance essentielle.

Reprendre la responsabilité de sa vie ne signifie pas nier les événements dont nous avons été victimes.

Nous pouvons avoir subi des choses que nous n’avons pas choisies.

Nous pouvons avoir traversé une enfance difficile, une violence, une séparation, une maladie, un licenciement ou une multitude d’événements sur lesquels nous n’avions aucun contrôle.

Dire à quelqu’un :

« Arrête de te victimiser »,

peut alors devenir profondément injuste.

La question intéressante arrive ensuite :

« Ce qui m’est arrivé ne dépendait peut-être pas de moi. Mais qu’est-ce qui dépend de moi aujourd’hui ? »

C’est là que nous retrouvons notre pouvoir.

Le silence comme espace de rencontre avec soi

J’ai découvert dans mon propre parcours la puissance du silence.

Pas nécessairement une méditation guidée.

Pas une succession de mantras.

Simplement le silence.

S’arrêter.

Ne rien écouter.

Ne rien regarder.

Ne pas chercher immédiatement une nouvelle réponse.

Et observer ce qui apparaît.

La nature est pour moi un environnement particulièrement favorable à cette introspection.

Marcher.

M’asseoir.

Sentir le sol.

Respirer.

Écouter.

Je peux parler de connexion au cœur, à l’âme ou à la source parce que cela correspond à ma lecture spirituelle de l’expérience.

Mais chacun peut simplement y voir un moyen de réduire le bruit extérieur pour retrouver davantage de présence à soi.

Et nul besoin d’être pieds nus ou « cul nu » pour que cela fonctionne !

L’essentiel est de créer suffisamment d’espace pour entendre ce que notre agitation quotidienne recouvre.

Deux semaines suffisent-elles pour changer ?

J’ai longtemps insisté sur la rapidité possible des transformations.

Et je continue à croire qu’un déclic peut être extrêmement rapide.

Une conversation peut modifier une croyance.

Une expérience peut bouleverser notre perception.

Une décision peut changer une trajectoire en quelques secondes.

Mais je ne dirais plus que deux semaines suffisent nécessairement à tout le monde.

La prise de conscience peut être instantanée.

La construction d’une nouvelle sécurité intérieure peut demander davantage de temps.

Parce qu’après avoir compris, nous devons expérimenter.

Oser dire non.

Prendre une décision.

Faire quelque chose que nous n’avions jamais osé faire.

Constater que nous pouvons survivre au jugement.

Recommencer.

C’est ainsi qu’une nouvelle réalité intérieure se construit progressivement.

Nous n’avons pas tous exactement les mêmes cartes

J’écrivais également que nous possédions tous exactement le même potentiel.

Je nuancerais là encore.

Nous sommes tous des êtres humains de même valeur.

Mais nous ne partons pas avec les mêmes ressources, les mêmes capacités, la même santé, le même environnement familial ou les mêmes possibilités matérielles.

Nous ne possédons pas tous les mêmes cartes.

En revanche, nous pouvons apprendre à mieux jouer celles que nous avons.

Et surtout, nous pouvons éviter de transformer nos circonstances actuelles en identité définitive.

« Aujourd’hui, je ne peux pas » n’est pas nécessairement la même chose que « Je ne pourrai jamais. »

Nous sommes aussi la conséquence de nos choix

Nous ne sommes pas uniquement la conséquence de nos choix.

Nous sommes également influencés par notre histoire, notre environnement et une quantité d’événements indépendants de notre volonté.

Mais nos choix comptent énormément.

Ce que nous décidons de nourrir.

Les personnes auxquelles nous accordons de l’importance.

Les croyances que nous acceptons de questionner.

Les habitudes que nous modifions.

Les expériences que nous osons tenter.

Chaque choix peut progressivement modifier notre perception de nous-mêmes.

Et c’est peut-être là que commence le changement.

Pas en se répétant :

« Tout est possible »,

tout en restant exactement au même endroit.

Mais en construisant suffisamment de sécurité intérieure pour vérifier par l’expérience si ce que nous pensions impossible l’est réellement.

Alors si une voix en vous répète aujourd’hui :

« Le bonheur, ce n’est pas pour moi »,

ne cherchez pas forcément à la faire taire.

Demandez-lui plutôt :

« Depuis quand est-ce que je crois cela ? Et qu’est-ce qui me prouve aujourd’hui que cette croyance est encore vraie ? »

Vous découvrirez peut-être que certaines vérités sur lesquelles vous avez construit votre vie ne sont finalement que de vieilles conclusions.

Et une conclusion peut être réexaminée.

Une croyance peut évoluer.

Un comportement peut changer.

Une nouvelle expérience peut commencer.

C’est là que la sécurité intérieure devient fondamentale : lorsque nous nous sentons suffisamment solides pour arrêter de regarder uniquement la vie à travers ce que nous croyions hier et commencer à expérimenter ce qui pourrait devenir possible aujourd’hui.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction