Nous sommes Tous Amour
N’oubliez jamais que vous aussi, vous êtes amour
Nous passons une grande partie de notre existence à essayer de comprendre.
Comprendre pourquoi cette personne a réagi comme ça.
Comprendre pourquoi nous n’avons pas obtenu ce que nous voulions.
Comprendre notre enfance.
Comprendre notre couple.
Comprendre notre travail.
Comprendre pourquoi nous avons peur.
Comprendre ce que nous devrions faire demain pour que tout aille mieux.
Cette capacité à réfléchir est évidemment précieuse. Notre mental nous permet d’analyser une situation, d’anticiper, d’apprendre, de résoudre des problèmes et de prendre des décisions.
Mais il peut également devenir envahissant lorsqu’il cherche en permanence une réponse à une question beaucoup plus profonde :
Comment puis-je être certain que je suis en sécurité ?
Et si une grande partie de notre agitation venait de là ?
Le mental cherche des garanties
Lorsque je parle du mental ou de l’ego, je parle de cette partie de nous qui cherche à nous protéger.
Elle anticipe.
Elle compare.
Elle analyse.
Elle se souvient de ce qui a fait mal.
Elle imagine ce qui pourrait arriver.
Elle cherche l’approbation.
Elle veut savoir.
Et lorsqu’elle ne sait pas, elle peut avoir peur.
Peur du changement.
Peur de l’inconnu.
Peur de souffrir.
Peur d’être rejeté.
Peur d’être abandonné.
Peur du jugement.
Peur de manquer.
Peur de mourir.
Le problème n’est donc pas d’avoir un mental.
Le problème apparaît lorsqu’il devient notre seul endroit de référence.
Parce qu’à force de vouloir tout comprendre pour nous rassurer, nous pouvons finir par ne plus nous sentir.
Nous ne pouvons pas tout contrôler
Il y a quelque chose d’assez vertigineux à accepter :
nous ne saurons jamais tout.
Nous pouvons accumuler des connaissances pendant toute une vie, il restera toujours une immense part d’inconnu.
Nous ne pouvons pas connaître avec certitude ce que pense l’autre.
Nous ne pouvons pas prévoir tous les événements.
Nous ne pouvons pas contrôler toutes les réactions.
Nous ne pouvons pas garantir que nous ne souffrirons jamais.
Nous ne pouvons même pas savoir exactement ce que sera notre vie dans un an.
Et pourtant, nous pouvons vivre.
C’est peut-être là que commence véritablement la sécurité intérieure.
Non pas lorsque nous avons obtenu toutes les garanties, mais lorsque nous découvrons que nous pouvons avancer sans elles.
Vous êtes déjà plus complet que vous ne le pensez
Pendant longtemps, le développement personnel m’a donné l’impression qu’il fallait continuellement devenir quelqu’un d’autre.
Être meilleur.
Être plus performant.
Être plus spirituel.
Être plus conscient.
Être plus positif.
Réparer encore quelque chose.
Corriger encore une croyance.
Libérer encore une blessure.
Aujourd’hui, j’aime revenir à quelque chose de beaucoup plus simple :
N’oubliez jamais que vous aussi, vous êtes amour.
J’utilise le mot amour dans un sens beaucoup plus large que l’amour sentimental.
L’amour dont je parle est cette capacité à être avec soi sans devoir constamment prouver sa valeur.
C’est pouvoir s’écouter.
Se respecter.
S’autoriser à dire non.
S’autoriser à ralentir.
Reconnaître ses besoins.
Accepter certaines fragilités.
Ne pas conditionner sa valeur au regard des autres.
C’est progressivement construire cet endroit intérieur depuis lequel nous pouvons nous dire :
« Quoi qu’il arrive à l’extérieur, je ne vais pas m’abandonner. »
Pour moi, c’est l’une des expressions les plus fortes de la sécurité intérieure.
Lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité, nous cherchons à l’extérieur
Nous voulons alors être rassurés.
Nous cherchons quelqu’un qui nous dira quoi faire.
Nous voulons davantage d’argent avant de nous sentir tranquilles.
Davantage de reconnaissance.
Davantage de clients.
Davantage de preuves d’amour.
Davantage de certitudes.
Nous pouvons même multiplier les livres, les stages, les vidéos et les accompagnements en espérant trouver enfin la réponse.
Mais si chacune de nos réponses doit venir de l’extérieur, nous devenons dépendants de l’extérieur pour nous sentir bien.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il ne faut plus demander d’aide.
J’accompagne moi-même des personnes.
Nous avons parfois besoin d’un regard extérieur pour comprendre ce que nous ne voyons plus seuls.
La différence est essentielle :
un accompagnement devrait nous aider à retrouver notre propre capacité de décision, pas nous apprendre à dépendre de quelqu’un pour décider à notre place.
Descendre de la tête vers le corps
Dans mes anciens textes, j’appelais cela « descendre dans le cœur ».
Je conserve volontiers cette expression.
Elle représente ce moment où nous arrêtons temporairement d’expliquer pour commencer à ressentir.
Qu’est-ce que mon corps me dit ?
Est-ce que je suis tendu ?
Est-ce que je respire librement ?
Est-ce que cette situation me met en joie ?
Est-ce que je suis en train d’accepter quelque chose uniquement par peur de déplaire ?
Est-ce que cette décision vient réellement de moi ?
Nous pouvons parfois passer des semaines à réfléchir à une décision alors que quelque chose en nous connaît déjà la réponse.
Le mental cherche alors surtout à obtenir la garantie qu’il n’y aura aucune conséquence désagréable.
Cette garantie n’existe pas.
La sécurité intérieure nous permet justement de prendre une décision sans avoir besoin de savoir exactement comment tout va se dérouler ensuite.
Faire la paix avec son histoire sans y rester enfermé
Notre sécurité intérieure s’est construite au fil de notre histoire.
Nos parents ont évidemment joué un rôle.
Notre enfance aussi.
Nos relations, nos réussites, nos échecs, nos séparations et les différentes expériences de notre vie ont laissé des traces.
Il peut être utile d’aller regarder certaines d’entre elles.
Mais je ne crois plus qu’il existe une obligation universelle de « pardonner papa », « pardonner maman » ou de nettoyer intégralement son passé avant d’avoir accès à une vie heureuse.
Certaines personnes pardonneront.
D’autres accepteront.
Certaines comprendront.
D’autres poseront simplement une limite.
L’essentiel est ailleurs :
est-ce encore mon passé qui décide de ma vie actuelle ?
Si oui, il mérite probablement notre attention.
Sinon, nous pouvons aussi nous autoriser à regarder devant.
Construire un futur qui nous ressemble
La sécurité intérieure n’est pas seulement une manière de pacifier notre passé.
Elle nous permet également d’imaginer l’avenir autrement.
J’ai toujours aimé construire un rêve.
Pas nécessairement comme une commande envoyée à l’univers avec la certitude que tout se matérialisera exactement comme prévu.
Mais comme une direction.
Comment ai-je envie de vivre ?
Avec qui ?
Où ?
Quel rythme de vie me correspond ?
Qu’ai-je envie de créer ?
Quelle place ai-je envie de donner au travail ?
À l’argent ?
Aux relations ?
Au repos ?
À la nature ?
À la liberté ?
Lorsque nous savons où nous voulons aller, énormément de décisions deviennent plus simples.
Cette proposition me rapproche-t-elle de ma vie ou m’en éloigne-t-elle ?
Cette relation me permet-elle d’être moi-même ?
Cette activité a-t-elle encore du sens ?
Est-ce que je choisis cela par envie ou par peur ?
Et surtout :
Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?
Être ne signifie pas ne rien faire
J’ai moi-même énormément transformé mon rapport au travail.
À une époque, j’étais capable de consacrer un temps considérable à des actions qui produisaient finalement très peu de résultats.
J’ai progressivement appris à regarder ce qui fonctionnait réellement.
C’est là que la loi de Pareto m’a beaucoup parlé : identifier les actions qui génèrent l’essentiel des résultats et arrêter de remplir ses journées uniquement pour avoir l’impression d’être productif.
Cette logique m’a permis de simplifier.
De déléguer certaines tâches.
D’abandonner certaines activités.
De consacrer davantage de temps à ce que j’aime réellement faire.
Et surtout de comprendre quelque chose :
une vie réussie ne se mesure pas au nombre d’heures pendant lesquelles nous sommes occupés.
Le repos n’est pas nécessairement une perte de temps.
La contemplation non plus.
Le jardinage, une promenade, une sieste ou quelques heures sans objectif peuvent participer à notre équilibre.
Mais l’inverse est également vrai : être connecté à soi ne signifie pas attendre passivement que la vie fasse tout à notre place.
Il existe un temps pour être et un temps pour agir.
La sécurité intérieure permet justement de moins confondre agitation et action.
Vous n’avez pas besoin de devenir quelqu’un d’autre
Peut-être est-ce finalement cela que j’aimerais conserver de ce texte écrit il y a plusieurs années.
Nous avons tous des histoires différentes.
Des blessures différentes.
Des rêves différents.
Des contraintes différentes.
Je ne peux donc pas vous promettre que votre transformation ressemblera à la mienne.
Je ne peux pas davantage vous promettre qu’une semaine suffira à libérer votre passé ou qu’il suffira de « vibrer » votre rêve pour obtenir tout ce que vous souhaitez.
Mais je reste profondément attaché à cette idée :
vous possédez déjà en vous beaucoup plus de ressources que vous ne l’imaginez.
Le travail n’est peut-être pas de devenir enfin digne d’être aimé.
Il est peut-être de cesser progressivement de vous abandonner pour obtenir cet amour à l’extérieur.
Écouter ce qui compte pour vous.
Vous respecter davantage.
Choisir vos relations.
Construire votre direction.
Demander de l’aide lorsque vous en avez besoin.
Agir lorsque l’action est nécessaire.
Vous arrêter lorsque votre corps réclame du repos.
Et apprendre progressivement à devenir pour vous-même un endroit suffisamment sûr pour ne plus avoir besoin de contrôler toute la vie.
Alors, lorsque le mental recommencera à douter, comparer, anticiper ou chercher frénétiquement une réponse, rappelez-vous simplement ceci :
vous n’avez pas besoin d’avoir tout compris pour commencer à vivre.
Et surtout…
N’oubliez jamais que vous aussi, vous êtes amour.












