Pourquoi ça ne marche pas dans mon activité ?
Pourquoi suis-je bloqué alors que je sais ce que je veux ?
Tout d’abord, merci à Florine d’avoir posé cette question.
J’aime recevoir vos questions parce qu’elles partent du réel. Elles permettent de quitter les grands concepts du développement personnel pour regarder ce que nous vivons concrètement.
Et la question du blocage revient énormément.
« Je sais ce que je veux, mais quelque chose me bloque. »
« J’ai l’impression que ce n’est pas le bon moment. »
« Peut-être que la vie essaie de me faire comprendre autre chose. »
« J’ai demandé à l’Univers, mais rien ne vient. »
« Pourtant, je sens profondément que c’est ce que je veux. »
Alors remettons les choses à leur place.
Lorsqu’un désir est présent mais que nous n’avançons pas, la première question n’est peut-être pas de savoir ce qui nous bloque à l’extérieur.
La première question pourrait être :
« Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ? »
Et si l’Univers ne vous bloquait pas ?
Dans ma lecture spirituelle de l’existence, nous sommes des êtres énergétiques, vibratoires et magnétiques.
J’utilise depuis longtemps cette formule :
Tout part de soi pour revenir à soi.
Cela signifie notamment que lorsque quelque chose ne fonctionne pas comme je le souhaite, je préfère commencer par regarder ce qui se passe en moi plutôt que d’attribuer immédiatement la situation au destin, à l’Univers, aux énergies du moment ou à une quelconque force extérieure.
Non pas parce que nous contrôlons tous les événements de notre existence.
Nous ne contrôlons évidemment pas tout.
Mais parce que revenir à soi nous redonne une possibilité d’action.
« L’Univers me bloque » ferme la porte.
« Qu’est-ce qui se passe en moi lorsque j’envisage réellement d’aller vers ce que je veux ? » ouvre un espace d’exploration.
Et dans cet espace, nous rencontrons souvent quelque chose de très humain :
la peur.
La métaphore de l’oignon
J’aime utiliser l’image d’un oignon pour représenter notre construction intérieure.
Au centre, j’imagine notre être profond.
Notre identité.
Nos valeurs.
Nos élans.
Ce qui nous met réellement en joie.
Ce que j’appelle, dans mon vocabulaire spirituel, l’âme.
Puis, autour de ce cœur, différentes couches se sont progressivement constituées.
Les injonctions.
Les étiquettes.
Les croyances.
Les expériences.
Les peurs.
Les attentes familiales.
Les normes sociales.
Tout ce que nous avons entendu et interprété depuis notre enfance.
« Il faut travailler dur pour réussir. »
« Tu n’es pas capable. »
« Fais attention à l’argent. »
« Pense d’abord aux autres. »
« Ce n’est pas un vrai métier. »
« À ton âge, on ne recommence pas tout. »
« Sois raisonnable. »
Ces phrases ne sont pas nécessairement prononcées avec de mauvaises intentions.
Certaines ont même pu nous protéger à une époque.
Mais elles peuvent devenir des couches de l’oignon tellement épaisses que nous finissons par confondre notre identité avec ce que nous avons appris à être.
Le blocage peut être une tentative de protection
C’est ici que ma compréhension du blocage a évolué.
Nous parlons souvent de « résistance du mental » comme si notre mental était un ennemi qu’il fallait combattre.
Mais pourquoi résiste-t-il ?
Très souvent, parce qu’il cherche de la sécurité.
Vous voulez quitter votre emploi ?
Une partie de vous imagine immédiatement la perte de revenus.
Vous voulez créer votre entreprise ?
Votre esprit anticipe l’échec.
Vous voulez quitter une relation ?
La peur de la solitude apparaît.
Vous voulez augmenter vos tarifs ?
La peur de ne plus avoir de clients se manifeste.
Vous voulez prendre davantage de place ?
La peur du jugement arrive.
Le désir dit :
« J’y vais. »
Le système de protection répond :
« Attention. »
Et nous appelons cette tension un blocage.
Le problème n’est donc pas toujours de supprimer la peur
Si vous attendez de ne plus avoir peur pour avancer, vous risquez d’attendre longtemps.
La sécurité intérieure ne consiste pas à devenir imperméable à la peur.
Elle consiste progressivement à pouvoir entendre :
« J’ai peur »
sans traduire automatiquement cette information par :
« Je ne dois pas y aller. »
Je peux avoir peur et avancer prudemment.
Je peux douter et expérimenter.
Je peux ne pas connaître toute la route et faire le prochain pas.
Je peux également découvrir que ma peur contient une information pertinente et ajuster mon projet.
C’est très différent de vouloir arracher toutes les couches de l’oignon pour devenir enfin un être débarrassé de son ego.
Chercher constamment des réponses peut devenir une nouvelle couche
Lorsqu’un blocage apparaît, notre réflexe consiste souvent à chercher.
Un livre.
Une formation.
Une vidéo.
Un thérapeute.
Un coach.
Une nouvelle méthode.
Une pratique spirituelle.
Puis une autre.
Et encore une autre.
Je ne pense pas que la thérapie ou la formation soient mauvaises en elles-mêmes.
Certaines thérapies peuvent être indispensables dans certaines situations. Une formation peut transmettre des compétences que nous ne possédons tout simplement pas.
Le problème est ailleurs.
Qu’est-ce que je demande réellement à cet outil extérieur ?
Est-ce que je lui demande de m’aider à comprendre ?
Ou de décider à ma place ?
Est-ce que j’acquiers une compétence ?
Ou est-ce que je cherche une nouvelle méthode parce que je n’ose toujours pas expérimenter ?
Est-ce que cet accompagnement développe mon autonomie ?
Ou est-ce que je deviens progressivement dépendant de l’accompagnant ?
La même démarche extérieure peut donc partir de deux endroits intérieurs totalement différents.
Accumuler les connaissances ne crée pas nécessairement la sécurité
Nous pouvons connaître énormément de choses sur nous-mêmes et rester bloqués.
Connaître notre blessure.
Connaître notre profil.
Connaître notre type de personnalité.
Connaître nos croyances.
Connaître notre mission de vie.
Connaître nos chakras.
Connaître notre thème astral.
Et continuer à ne pas prendre la décision que nous savons devoir prendre.
Parce qu’entre comprendre et vivre, il existe un passage.
Et ce passage demande parfois d’accepter de ne plus avoir de garantie.
C’est là que la sécurité intérieure devient essentielle.
Le rôle du coach n’est pas de rajouter une couche à l’oignon
C’est également ainsi que je conçois mon métier aujourd’hui.
Je ne souhaite pas expliquer à quelqu’un qui il doit devenir.
Je ne veux pas remplacer les croyances de ses parents par les miennes.
Ni celles de la société par celles de Stéphane.
Sinon, nous n’avons rien libéré.
Nous avons simplement remplacé une couche de l’oignon par une autre.
Le rôle du coach peut être de poser une question que la personne ne se posait pas.
De repérer une contradiction.
De mettre en lumière une croyance.
De montrer que derrière une stratégie apparemment rationnelle se cache peut-être une peur.
Et surtout de permettre à la personne de retrouver sa propre capacité de décision.
Derrière la frustration, chercher la valeur fondamentale
Lorsqu’une frustration apparaît, elle constitue souvent une porte d’entrée particulièrement intéressante.
« Mon travail me frustre. »
Très bien.
Qu’est-ce qui manque ?
De la liberté ?
De la reconnaissance ?
De la créativité ?
Du lien ?
Du sens ?
De l’autonomie ?
« Mon couple me frustre. »
Qu’est-ce qui n’est plus nourri ?
Le respect ?
La complicité ?
La confiance ?
La liberté ?
La sécurité ?
Plutôt que de chercher immédiatement comment supprimer la frustration, nous pouvons l’écouter.
Elle peut nous montrer qu’une valeur fondamentale n’est plus suffisamment nourrie.
Et lorsque nous retrouvons cette valeur, le problème devient souvent beaucoup plus clair.
Le « faire » vient ensuite
Je ne suis pas opposé à l’action.
Mais je pense que nous mettons souvent les choses dans le mauvais ordre.
Nous nous demandons :
« Qu’est-ce que je dois faire ? »
avant de savoir :
« Qu’est-ce qui compte réellement pour moi ? »
Alors nous construisons des stratégies extrêmement sophistiquées pour atteindre des objectifs qui ne nous correspondent parfois même pas.
Dans mon accompagnement, je préfère donc revenir d’abord à l’être.
Qu’est-ce que tu veux réellement vivre ?
Pourquoi ?
Quelle valeur cherches-tu à nourrir ?
Quelle peur t’empêche aujourd’hui de t’autoriser cette direction ?
De quoi aurais-tu besoin intérieurement pour faire un premier pas ?
Et seulement ensuite vient le « faire ».
Une stratégie simple.
Quelques actions.
Pas cinquante.
Juste suffisamment pour permettre au désir de rencontrer la réalité.
La sécurité intérieure permet de lâcher le contrôle
Nous parlons énormément de lâcher-prise.
Mais nous ne pouvons pas ordonner à quelqu’un :
« Lâche prise ! »
Le contrôle remplit une fonction.
Nous contrôlons souvent parce que l’incertitude nous fait peur.
Nous voulons connaître le résultat avant d’agir.
Nous voulons savoir si le client va signer.
Si la relation va fonctionner.
Si le projet va réussir.
Si nous allons gagner suffisamment.
Si nous faisons le bon choix.
Plus notre sécurité intérieure dépend de ces réponses, plus nous essayons de contrôler.
Le véritable lâcher-prise apparaît progressivement lorsque nous pouvons nous dire :
« Je ne connais pas le résultat, mais je me fais suffisamment confiance pour rencontrer ce qui arrivera. »
Là, quelque chose se détend.
La vie ne consiste pas à résoudre continuellement notre existence
Nous pouvons transformer le développement personnel en immense chantier.
Toujours quelque chose à guérir.
Une nouvelle croyance à supprimer.
Une blessure à nettoyer.
Une vibration à augmenter.
Un blocage à lever.
Une meilleure version de soi à atteindre.
Et pendant ce temps-là…
la vie passe.
J’aime rappeler quelque chose de beaucoup plus simple :
la vie consiste aussi à vivre.
Rire.
Marcher.
Aimer.
Créer.
Rencontrer.
Ne rien faire.
Regarder la mer.
Partager un repas.
Être présent.
Nous n’avons pas besoin d’être parfaitement « réparés » pour nous autoriser cela.
Et si votre blocage ne demandait pas une nouvelle solution ?
Si vous avez actuellement l’impression d’être bloqué, ne partez donc pas immédiatement chercher une nouvelle réponse.
Arrêtez-vous quelques instants.
Regardez votre oignon.
Pas pour arracher violemment toutes ses couches.
Simplement pour reconnaître celle qui vient de se présenter.
Puis demandez-vous :
« Qu’est-ce que je veux réellement ? »
« Qu’est-ce qui me fait peur si je vais vraiment dans cette direction ? »
« Quelle valeur fondamentale cherche à s’exprimer derrière ma frustration ? »
Et enfin :
« De quelle sécurité extérieure crois-je encore avoir besoin avant de m’autoriser à avancer ? »
Vous découvrirez peut-être que le blocage n’était pas là pour vous empêcher de vivre.
Il était peut-être simplement la manifestation d’une partie de vous qui ne se sentait pas encore suffisamment en sécurité pour vous laisser avancer.
Et lorsque nous comprenons cela, nous n’avons plus nécessairement besoin de combattre notre mental.
Nous pouvons commencer à l’écouter, le rassurer lorsque c’est nécessaire, puis reprendre notre place.
Non pas contre nous-mêmes.
Mais avec toutes les parts de nous.
Parce que la liberté intérieure ne consiste peut-être pas à faire tomber toutes les couches de l’oignon.
Elle commence lorsque ces couches ne décident plus seules de la direction de notre vie.
Stéphane Bride-Bonnot
Nous sommes #TousFormidable












