Pourquoi je parle aujourd’hui de résignation…

La résignation : cette souffrance silencieuse qui s’installe bien avant l’effondrement

Jusqu’à récemment, mon positionnement était clair : la loi d’attraction, la responsabilité vibratoire et cette idée centrale que tout part de l’intérieur.

C’était mon axe.

Et il l’est toujours.

Mais récemment, j’ai voulu revenir volontairement dans la matière. Regarder ce que vivent les personnes lorsqu’elles sont beaucoup plus bas, lorsqu’il n’est plus question de rêves, de manifestation ou d’abondance, mais simplement de tenir.

J’ai parlé de souffrance humaine.

De douleur.

De personnes épuisées, à bout, parfois en profonde détresse.

Cette exploration m’a permis de comprendre quelque chose d’important sur mon propre travail.

La souffrance n’est pas l’endroit où je souhaite intervenir. Ce qui m’intéresse se situe bien avant : au moment où l’être humain commence progressivement à se résigner.

La souffrance est visible, la résignation beaucoup moins

Lorsque quelqu’un s’effondre, nous le voyons.

Il n’arrive plus à travailler.

Il ne dort plus.

Il pleure.

Il n’a plus d’énergie.

Son corps ou son mental finit par dire stop.

À ce stade, la souffrance est devenue suffisamment importante pour qu’elle ne puisse plus être ignorée. Et certaines situations nécessitent alors l’intervention de professionnels de santé, parce qu’un accompagnement de coaching n’a ni la même fonction ni les mêmes compétences.

Mais avant cet effondrement, que s’est-il passé ?

C’est précisément cette période qui m’intéresse.

Parce que la résignation ne ressemble pas forcément à de la souffrance.

Elle peut même donner l’apparence d’une vie parfaitement normale.

« C’est comme ça »

La résignation commence rarement par une grande décision.

Personne ne se réveille un matin en déclarant :

« À partir d’aujourd’hui, je renonce à la vie qui me correspond. »

Cela se fait beaucoup plus subtilement.

« Je n’ai pas le choix. »

« Il faut bien travailler. »

« À mon âge, je ne vais pas tout recommencer. »

« Mon couple n’est pas extraordinaire, mais il y a pire. »

« Je verrai quand les enfants seront partis. »

« Je ferai ça à la retraite. »

« Il faut être raisonnable. »

« De toute façon, la vie est comme ça. »

Une phrase.

Puis une autre.

Un compromis.

Puis un autre.

Et progressivement, quelque chose se referme.

La personne continue pourtant à fonctionner.

Elle travaille.

Elle paie ses factures.

Elle s’occupe de sa famille.

Elle part parfois en vacances.

Elle sourit sur les photos.

Elle peut même répondre « ça va » lorsqu’on lui demande comment elle va.

Mais intérieurement, une partie d’elle sait qu’elle ne vit plus vraiment la vie qu’elle voudrait vivre.

La résignation devient alors une stratégie de sécurité

Pourquoi restons-nous parfois pendant des années dans une situation qui ne nous convient plus ?

Parce que changer comporte une part d’inconnu.

Et l’inconnu peut venir toucher directement notre sécurité intérieure.

Quitter un emploi signifie peut-être perdre un salaire.

Quitter une relation signifie affronter la solitude.

Changer de vie signifie risquer le jugement des autres.

Dire non signifie risquer de déplaire.

Exprimer ce que nous voulons signifie prendre le risque qu’on nous réponde non.

Alors le mental fait ce qu’il sait parfaitement faire : il cherche à nous protéger.

Il préfère parfois une situation insatisfaisante mais connue à une possibilité enthousiasmante mais incertaine.

C’est là que la résignation devient intéressante à observer.

Elle peut donner l’impression de nous sécuriser alors qu’elle réduit progressivement notre espace de vie.

Quand la sécurité extérieure prend le dessus sur la sécurité intérieure

Nous confondons souvent sécurité et stabilité.

Avoir le même emploi depuis vingt ans peut sembler sécurisant.

Rester dans la même relation peut sembler sécurisant.

Ne pas prendre de risque peut sembler sécurisant.

Ne jamais dire ce que l’on pense peut sembler sécurisant.

Mais si cette stabilité exige de vivre constamment contre soi, sommes-nous réellement en sécurité ?

Pour moi, la sécurité intérieure commence ailleurs.

Elle commence lorsque je peux entendre ce que je ressens sans immédiatement chercher à le faire taire.

Lorsque je peux reconnaître :

« Cette situation ne me convient plus. »

Sans devoir tout bouleverser le lendemain.

Simplement reconnaître la réalité.

Parce que tant que je me raconte que tout va bien alors que quelque chose en moi dit l’inverse, je crée une tension intérieure.

Et cette tension peut durer très longtemps.

Une vie peut devenir trop petite sans être catastrophique

C’est probablement ce qui rend la résignation si difficile à détecter.

Il n’y a pas forcément de catastrophe.

Simplement une vie devenue progressivement trop étroite.

On ne déteste pas son travail, mais on n’a plus envie d’y aller.

On ne veut pas forcément quitter son couple, mais on ne s’y sent plus réellement vivant.

On ne manque pas nécessairement d’argent, mais chaque dépense provoque de l’inquiétude.

On n’est pas profondément malheureux, mais on ne se souvient plus de la dernière fois où l’on s’est senti profondément enthousiaste.

Alors on continue.

Et plus les années passent, plus ce fonctionnement devient normal.

C’est ici que je trouve la question de la sécurité intérieure essentielle :

Est-ce que je reste parce que cette vie me correspond réellement, ou parce que j’ai peur de ce qui se passerait si j’écoutais ce que je ressens ?

Les deux situations peuvent extérieurement se ressembler.

Intérieurement, elles sont complètement différentes.

Avant le burn-out, il y a parfois des milliers de petits renoncements

Nous parlons beaucoup du burn-out lorsque la personne s’effondre.

Mais l’effondrement n’arrive généralement pas un lundi matin dans une vie parfaitement équilibrée.

Avant, il peut y avoir eu des mois ou des années de signaux.

Une fatigue persistante.

Une perte d’enthousiasme.

Des tensions.

Des « je dois ».

Des « je n’ai pas le choix ».

Des limites que l’on n’a pas posées.

Des besoins que l’on a ignorés.

Des moments où le corps demandait de ralentir et où le mental répondait :

« Encore un effort. »

C’est cette zone en amont qui m’intéresse.

Non pas pour prétendre que toute résignation conduira à un burn-out ou à une dépression.

Mais parce qu’il est beaucoup plus simple de remettre de la conscience dans sa vie lorsque nous sommes encore capables de choisir que lorsque tout notre système est déjà épuisé.

La loi d’attraction prend alors une autre dimension

C’est également ici que mon travail autour de la loi d’attraction conserve tout son sens.

Je pourrais passer mes journées à demander :

« Qu’est-ce que tu veux manifester ? »

Mais une question me paraît aujourd’hui encore plus importante :

« Depuis quel endroit intérieur veux-tu le manifester ? »

Parce que si je rêve de liberté tout en passant mes journées à me répéter que je n’ai pas le choix, il existe une incohérence.

Si je veux une autre vie mais que ma sécurité dépend entièrement du maintien de ma vie actuelle, quelque chose résiste.

Si je visualise pendant dix minutes une existence qui me ressemble avant de passer les dix heures suivantes à subir mon quotidien, il est intéressant d’observer ce décalage.

Pour moi, la responsabilité vibratoire commence là.

Non pas en culpabilisant la personne pour ce qu’elle vit.

Mais en lui redonnant accès à ce qu’elle peut encore choisir.

Sortir de la résignation ne signifie pas tout quitter

C’est également une confusion fréquente.

Prendre conscience que quelque chose ne nous convient plus ne signifie pas nécessairement divorcer demain, démissionner lundi ou vendre sa maison.

Cela peut commencer beaucoup plus simplement.

Reconnaître ce que l’on ressent.

Arrêter de répondre automatiquement « ça va ».

Identifier ce que l’on fait par envie et ce que l’on fait uniquement par peur.

Remettre une limite.

Se réserver une heure.

Reprendre une activité abandonnée.

Avoir une conversation que l’on repousse depuis six mois.

Faire un premier choix différent.

La sécurité intérieure ne consiste pas à devenir inconscient des conséquences de nos décisions.

Elle permet justement de ne plus laisser uniquement la peur décider à notre place.

La souffrance est un signal, la résignation une installation

C’est probablement la distinction qui résume le mieux ma prise de conscience.

La souffrance est un signal.
La résignation est une installation.

Lorsque la souffrance devient intense, elle demande parfois une prise en charge spécifique.

Mais la résignation peut rester invisible pendant des années.

C’est donc là que j’ai envie d’intervenir.

Auprès de personnes qui fonctionnent encore.

Qui travaillent.

Qui assument.

Qui avancent.

Mais qui sentent intérieurement que quelque chose ne correspond plus.

Des personnes qui ne sont pas nécessairement en train de s’effondrer, mais qui commencent peut-être à comprendre qu’elles se sont adaptées un peu trop longtemps à une vie devenue trop petite pour elles.

Et c’est précisément à cet endroit que la sécurité intérieure peut tout changer.

Parce que lorsque je me sens suffisamment en sécurité pour regarder honnêtement ma vie, je n’ai pas besoin de tout détruire.

Je peux simplement recommencer à choisir.

Un choix.

Puis un autre.

Jusqu’à ne plus vivre exclusivement depuis la peur de perdre ce que j’ai, mais depuis la conscience de ce que j’ai réellement envie de vivre.

Alors je te laisse avec une question :

Dans quel domaine de ta vie as-tu fini par dire « c’est comme ça », alors qu’au fond de toi quelque chose sait parfaitement que ce n’est plus ce que tu veux ?

Peut-être que le changement ne commence pas lorsque tu trouves immédiatement la solution.

Peut-être qu’il commence simplement le jour où tu cesses d’appeler « normal » ce à quoi tu t’es résigné.

Stéphane Bride-Bonnot
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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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