Pourquoi tout mentaliser ?
Revenir au cœur : et si la sécurité intérieure consistait à ne plus chercher son pouvoir à l’extérieur ?
Nous passons une grande partie de notre existence dans notre tête.
Nous réfléchissons.
Nous analysons.
Nous anticipons.
Nous cherchons à savoir si nous faisons bien, si nous avons le droit, si nous sommes suffisamment protégés, si nous avons suivi la bonne méthode, si nous avons demandé correctement, si nous avons respecté le protocole.
Et plus nous cherchons à tout maîtriser, plus nous pouvons parfois nous éloigner de quelque chose de beaucoup plus simple : ce que nous ressentons réellement.
Dans mon approche, j’appelle cela sortir du plan mental pour revenir dans le cœur.
Aujourd’hui, je pourrais également le formuler autrement : retrouver suffisamment de sécurité intérieure pour ne plus avoir besoin de tout contrôler.
Pourquoi avons-nous autant besoin de protocoles ?
Les protocoles rassurent.
Ils nous donnent une marche à suivre.
Première étape.
Deuxième étape.
Troisième étape.
Si je fais correctement tout ce qui est demandé, alors je peux avoir le sentiment que rien de mauvais ne pourra m’arriver.
Nous retrouvons ce fonctionnement dans énormément de domaines, y compris dans le développement personnel et certaines pratiques spirituelles.
Il faudrait se protéger avant telle pratique.
Demander une autorisation.
Prononcer certains mots.
Posséder tel objet.
Utiliser telle pierre.
Respecter telle procédure.
Je ne dis pas que ces pratiques n’ont aucun sens pour les personnes qui les utilisent. Un rituel peut avoir une valeur symbolique, personnelle ou culturelle importante.
Ce qui m’intéresse davantage est la question suivante :
Est-ce que cet outil m’aide à revenir à moi ou me fait-il croire que ma sécurité dépend de lui ?
La différence est fondamentale.
Lorsque notre sécurité dépend d’un objet extérieur
Prenons l’exemple d’une pierre énergétique.
Vous pouvez aimer cette pierre, apprécier sa présence, lui attribuer une symbolique particulière et l’intégrer à vos pratiques.
Pourquoi pas ?
Mais si vous commencez à penser :
« Sans cette pierre, je ne suis plus protégé »,
alors quelque chose vient de changer.
Votre sécurité n’est plus en vous.
Elle dépend d’un objet.
Il en va de même avec une personne, un thérapeute, un rituel, une méthode ou n’importe quel outil de développement personnel.
Un outil peut nous accompagner.
Il ne devrait pas devenir l’endroit auquel nous abandonnons notre pouvoir.
Voilà pourquoi la sécurité intérieure me paraît aujourd’hui être une clé essentielle.
Plus je développe ma capacité à revenir à moi, moins j’ai besoin de multiplier les protections extérieures pour affronter la vie.
Le cœur comme boussole intérieure
Lorsque je parle du cœur, je ne parle évidemment pas uniquement de l’organe physique.
Dans mon vocabulaire, « être dans le cœur » signifie revenir à un espace intérieur dans lequel nous pouvons ressentir avant de chercher immédiatement à analyser.
Il y a des situations dans lesquelles quelque chose paraît fluide.
Une rencontre.
Une idée.
Un projet.
Une conversation.
Nous ressentons de l’ouverture, de la curiosité, de la joie.
À d’autres moments, quelque chose se contracte.
Nous sentons une gêne.
Une tension.
Une résistance.
Ces sensations méritent notre attention.
Elles ne constituent pas nécessairement une vérité absolue : une peur ancienne peut parfois nous faire fuir quelque chose qui serait pourtant bon pour nous. Notre ressenti doit donc être écouté avec discernement.
Mais il constitue une information précieuse.
La question devient alors :
Qu’est-ce que je ressens réellement lorsque je mets momentanément mes raisonnements de côté ?
L’ego n’est pas nécessairement l’ennemi
J’ai longtemps opposé très fortement le mental, l’ego et le cœur.
Aujourd’hui, je mettrais une nuance.
Notre mental nous est indispensable.
Il permet d’organiser, de prévoir, d’apprendre, de comparer, de résoudre des problèmes et de transformer une inspiration en action concrète.
L’objectif n’est donc pas de supprimer le mental.
Il s’agit plutôt de remettre chaque chose à sa place.
J’aime cette formulation :
L’ego doit rester le serviteur, et le cœur le maître.
Autrement dit, je peux d’abord écouter ce qui compte profondément pour moi, puis utiliser mon mental pour m’aider à le réaliser.
Le problème apparaît lorsque la peur prend le contrôle et que le mental construit mille scénarios destinés à m’empêcher de sortir de ce que je connais.
Dans ce cas, ce n’est plus moi qui utilise mon mental.
C’est mon besoin de sécurité qui utilise le mental pour maintenir ma zone de confort.
Être soi plutôt que répondre continuellement aux attentes
Nous pouvons passer notre vie à essayer de rentrer dans des cases.
La famille possède ses attentes.
La société possède les siennes.
Notre environnement professionnel aussi.
Nous apprenons ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, ce qu’une personne « raisonnable » devrait vouloir.
Ces repères collectifs sont parfois nécessaires à la vie en société.
Mais lorsqu’ils nous conduisent à abandonner systématiquement ce qui est profondément important pour nous, un conflit intérieur peut apparaître.
Nous vivons alors davantage pour correspondre que pour être.
Et plus notre sécurité intérieure dépend du regard des autres, plus il devient difficile d’assumer notre unicité.
Revenir au cœur consiste aussi à se demander :
Si je n’avais rien à prouver et personne à satisfaire, qu’est-ce qui serait réellement juste pour moi ?
Nous n’avons pas besoin d’acheter notre sécurité intérieure
Le marché du bien-être et de la spiritualité propose aujourd’hui une quantité considérable d’objets, de méthodes, de formations et de solutions.
Certaines peuvent être intéressantes.
Mais aucune ne devrait nous faire oublier une chose fondamentale :
un accompagnement devrait progressivement nous rendre plus autonome, pas plus dépendant.
Si je crois que je ne peux plus aller bien sans telle personne, telle pratique ou tel objet, il peut être utile de regarder ce qui se joue.
Parce que le véritable travail consiste peut-être justement à découvrir que je possède déjà en moi une capacité à m’observer, à ressentir, à choisir, à poser mes limites et à revenir à mon centre.
C’est cela que j’entends lorsque je dis :
Tout part de soi pour revenir à soi.
Apprendre à être seul avec soi-même
Il existe d’ailleurs une expérience particulièrement révélatrice : rester seul avec soi.
Sans téléphone.
Sans télévision.
Sans travail.
Sans personne avec qui discuter.
Sans chercher immédiatement une distraction.
Pas nécessairement six heures chaque jour : ce chiffre correspond à ma propre manière de vivre cette connexion et n’a rien d’une règle universelle.
Commencez simplement par quelques minutes.
Que se passe-t-il lorsque le bruit s’arrête ?
Est-ce agréable ?
Inconfortable ?
Votre mental commence-t-il immédiatement à chercher quelque chose à faire ?
Pouvoir rester seul avec soi sans avoir continuellement besoin de remplir le silence est, à mes yeux, l’un des signes d’une sécurité intérieure qui se construit.
Nous n’avons plus systématiquement besoin de fuir notre propre présence.
Nous n’avons pas seulement à faire, nous avons aussi à être
Notre société valorise énormément le faire.
Faire davantage.
Produire davantage.
Posséder davantage.
Comprendre davantage.
Même le développement personnel peut devenir une nouvelle liste de choses à accomplir pour enfin devenir la « bonne version » de soi.
Mais peut-être n’avons-nous pas toujours besoin d’une nouvelle méthode.
Parfois, nous avons simplement besoin de nous arrêter suffisamment longtemps pour sentir ce qui est déjà là.
Respirer.
Observer.
Ressentir.
Revenir à soi.
Dans ma lecture spirituelle, je parle d’énergie, de vibration, de magnétisme et de connexion à la source. Ce sont des notions qui appartiennent à ma manière de comprendre l’existence et chacun reste libre d’y mettre ses propres croyances.
Mais derrière ces mots, je retrouve toujours la même direction :
moins chercher à l’extérieur ce qui pourrait nous sécuriser, et davantage construire à l’intérieur cette capacité à nous sentir suffisamment solides pour être nous-mêmes.
Alors nous pouvons utiliser un arbre sans dépendre de l’arbre.
Une pierre sans dépendre de la pierre.
Une méthode sans devenir prisonnier de la méthode.
Un accompagnement sans remettre notre pouvoir à l’accompagnant.
Le cœur redevient la direction.
Le mental redevient un outil.
Et nous retrouvons progressivement cette sensation de ne plus avoir à lutter continuellement contre la vie.
La vie est simple avec un grand S.
La vie est magique avec un grand M.
La vie est belle avec un grand B.
Tout part de soi pour revenir à soi.
Parce que nous sommes #TousFormidable.












