Pourquoi sommes-nous fatigués ?

Pourquoi est-ce si fatigant de vivre une vie qui ne va pas dans une seule direction ?

Il existe évidemment de nombreuses raisons pour lesquelles nous pouvons nous sentir fatigués. Le sommeil, la santé physique ou psychologique, notre alimentation, notre rythme de vie et de nombreux autres facteurs peuvent intervenir. Une fatigue importante ou persistante mérite d’ailleurs toujours d’être prise au sérieux.

Mais il existe une autre forme de fatigue que j’observe régulièrement.

La fatigue de celui qui avance dans plusieurs directions opposées en même temps.

Je m’explique.

Vous avez des désirs.

Des idées émergent. Vous commencez à imaginer une autre vie, un nouveau métier, un projet, davantage de liberté, une activité qui vous ressemble.

Alors vous plantez quelques graines.

Vous commencez une formation. Vous créez quelque chose. Vous parlez de votre projet. Vous tentez une première action.

Une partie de vous commence à avancer vers ce qu’elle désire profondément.

Mais pendant ce temps, une autre partie tire dans la direction opposée.

Quand le désir rencontre la peur

Vous avez envie de liberté, mais vous avez peur de manquer.

Vous souhaitez changer de travail, mais vous avez peur de ne plus pouvoir payer vos factures.

Vous voulez entreprendre, mais vous avez peur de « crever de faim ».

Vous aimeriez prendre une décision importante, mais vous avez peur de ne plus être aimé.

Vous voulez montrer qui vous êtes réellement, mais vous craignez de perdre la reconnaissance de votre entourage.

Alors vous essayez de satisfaire les deux parties.

Vous avancez un peu vers votre désir et, parallèlement, vous consacrez l’essentiel de votre énergie à sécuriser ce que vous connaissez déjà.

C’est là que l’épuisement peut commencer.

Non pas parce que vous manquez nécessairement de motivation.

Mais parce que vous appuyez simultanément sur l’accélérateur et sur le frein.

Le masque social consomme énormément d’énergie

Il y a aussi tout ce que nous faisons pour continuer à correspondre à ce que les autres attendent de nous.

Être la bonne personne.

Le bon salarié.

Le bon parent.

Le bon conjoint.

Celui qui ne dérange pas.

Celui qui assure.

Celui qui réussit selon les critères que son environnement lui a transmis.

Nous pouvons consacrer une énergie considérable à nourrir ce masque social.

Et pendant ce temps, ce qui nous anime profondément reçoit les restes.

Une heure par-ci.

Une soirée par-là.

Quelques actions lorsque nous avons encore suffisamment d’énergie.

Puis nous regardons notre projet et nous déclarons :

« Ça ne fonctionne pas. »

Mais lui avons-nous réellement donné une chance ?

Nous déterrons constamment les graines pour vérifier si elles poussent

J’aime beaucoup l’image de la graine.

Imaginez que vous plantiez une graine dans votre jardin.

Le lendemain matin, vous revenez, vous grattez la terre et vous constatez :

« Toujours rien. »

Vous la déterrez pour vérifier.

Vous la replantez.

Deux jours plus tard, vous recommencez.

Puis, au bout d’une semaine :

« Cette graine ne fonctionne pas. Je vais essayer autre chose. »

Cela paraît absurde dans un jardin.

Pourtant, nous pouvons faire exactement la même chose avec nos projets.

Nous sommes impatients de quitter une situation qui ne nous convient plus. Nous voulons donc que notre nouvelle direction produise immédiatement des résultats.

Lorsque ces résultats n’arrivent pas assez vite, notre insécurité reprend le dessus.

« Tu vois bien que ça ne marchera jamais. »

Alors nous changeons d’idée.

Puis de projet.

Puis de stratégie.

Nous empilons les initiatives sans laisser à aucune le temps de germer.

Et quelques années plus tard, nous avons beaucoup commencé mais très peu construit.

Ce que nous appelons prudence est parfois une recherche de sécurité

Pourquoi faisons-nous cela ?

Parce que notre organisme cherche naturellement de la sécurité.

Et lorsque notre sécurité dépend principalement de l’extérieur, l’incertitude devient particulièrement inconfortable.

Un salaire connu paraît plus sécurisant qu’un projet dont nous ignorons les résultats.

L’approbation de notre entourage paraît plus rassurante qu’un choix personnel que personne ne comprend.

Reproduire ce que nos parents ont fait semble parfois moins dangereux que d’inventer notre propre modèle.

Alors nous reproduisons.

Des croyances familiales.

Des croyances sociales.

Des habitudes.

Des scénarios issus de notre passé.

Et nous appelons parfois cela « être raisonnable ».

Je ne crois pourtant pas que développer sa sécurité intérieure signifie tout abandonner du jour au lendemain pour suivre aveuglément le premier désir qui nous traverse.

C’est même exactement l’inverse.

La sécurité intérieure permet de ne plus prendre nos décisions uniquement depuis la peur.

Changer ses croyances ne signifie pas nier la réalité

Pendant longtemps, j’aurais pu résumer tout cela en disant :

« Il suffit de changer ses croyances. »

Aujourd’hui, je trouve cette phrase trop simple.

Une croyance installée depuis vingt, trente ou quarante ans ne disparaît pas nécessairement parce que nous décidons un matin de penser autrement.

Et croire en soi ne dispense pas d’observer la réalité, d’apprendre, d’adapter une stratégie ou de prendre en compte ses responsabilités.

En revanche, nous pouvons commencer à questionner ce que nous considérions jusque-là comme des vérités.

« Est-ce réellement impossible ? »

« Est-ce dangereux ou simplement inconnu ? »

« Est-ce mon choix ou celui que j’ai appris à faire ? »

« Est-ce que je protège véritablement ma sécurité ou est-ce que je protège uniquement ce que je connais ? »

C’est là que quelque chose commence à bouger.

Choisir une direction et lui donner du temps

Nous n’avons peut-être pas besoin de dix nouvelles idées.

Nous avons parfois besoin d’une direction.

Une direction suffisamment cohérente avec nos valeurs, nos aspirations et la vie que nous souhaitons construire.

Puis il faut lui donner de l’énergie.

Jour après jour.

Sans exiger que chaque action produise immédiatement un résultat.

Sans changer de route au premier doute.

Sans confondre l’absence de résultat immédiat avec l’échec.

Et sans attendre non plus que toute peur disparaisse avant d’avancer.

C’est précisément là que la sécurité intérieure devient essentielle.

Elle nous permet de traverser cette période particulière où l’ancienne vie existe encore et où la nouvelle n’a pas encore produit ses fruits.

La graine est sous terre.

Nous ne voyons rien.

Et pourtant, quelque chose travaille déjà.

Peut-être que certaines de nos fatigues viennent aussi de là : nous dépensons une énergie considérable à maintenir une vie qui ne nous ressemble plus tout en essayant, avec ce qu’il nous reste, d’en construire une nouvelle.

Alors la question n’est peut-être pas seulement :

« Comment retrouver davantage d’énergie ? »

Mais plutôt :

« Si j’arrêtais de disperser mon énergie entre mes désirs et toutes les peurs qui cherchent à me protéger, dans quelle direction aurais-je réellement envie de la mettre ? »

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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