Récoltons-nous toujours ce que nous semons ?

Dans la vie, on récolte ce que l’on s’aime

« Dans la vie, on récolte ce que l’on sème. »

Tout le monde connaît cette expression.

Généralement, nous l’interprétons à travers nos actions.

Je travaille sérieusement, j’obtiens des résultats.

Je ne respecte pas une règle, j’en assume les conséquences.

Je prends soin d’une relation, elle a davantage de chances de durer.

C’est la logique de cause à effet.

Mais depuis quelques années, j’aime écrire cette phrase différemment :

Dans la vie, on récolte ce que l’on s’aime.

Une simple modification d’orthographe qui, pour moi, change profondément la manière de regarder notre existence.

Parce qu’avant même de nous demander ce que nous faisons, nous pourrions nous demander :

Depuis quel endroit intérieur faisons-nous ce que nous faisons ?

Deux personnes peuvent faire exactement la même chose pour des raisons complètement différentes

Prenons quelqu’un qui travaille énormément.

Vu de l’extérieur, nous observons une personne courageuse, investie, ambitieuse.

Mais pourquoi travaille-t-elle autant ?

Peut-être parce qu’elle adore profondément ce qu’elle fait.

Ou peut-être parce qu’elle a besoin de prouver sa valeur.

Peut-être qu’elle crée avec enthousiasme.

Ou qu’elle a peur de manquer d’argent.

Peut-être qu’elle construit un projet qui lui ressemble.

Ou qu’elle est incapable de s’arrêter parce qu’elle culpabilise lorsqu’elle ne produit rien.

Extérieurement, l’action peut être identique.

Intérieurement, ce n’est absolument pas la même histoire.

C’est précisément pour cela que je m’intéresse aujourd’hui beaucoup plus à l’endroit intérieur depuis lequel nous agissons.

Notre histoire influence ce que nous nous autorisons à vivre

Nous arrivons à l’âge adulte avec une histoire.

Nous avons reçu de l’amour, de l’attention, des encouragements, mais également parfois des critiques, des humiliations, des abandons, des comparaisons ou des injonctions.

Tout cela participe à la représentation que nous construisons de nous-mêmes.

Si, pendant des années, j’ai intégré que je ne valais pas grand-chose, cela peut influencer ma manière de choisir un partenaire.

Si j’ai appris que pour être aimé, je devais faire plaisir, je risque de dire oui alors que j’ai envie de dire non.

Si ma sécurité dépend du regard extérieur, je peux rester dans un travail qui ne me correspond plus simplement parce que quitter mon statut me fait peur.

Si j’ai profondément peur du manque, je peux accepter des conditions que je refuserais si je me sentais davantage en sécurité.

Nous pourrions alors croire que nous n’avons « pas de chance ».

Que nous rencontrons toujours les mauvaises personnes.

Que nous retombons toujours sur les mêmes situations.

Que la vie s’acharne.

Mais parfois, nous reproduisons simplement des choix cohérents avec ce que nous croyons mériter.

Et c’est là que mon expression prend tout son sens :

nous récoltons aussi ce que nous nous aimons.

Nous pouvons avoir de bonnes intentions et continuer à nous abandonner

C’est une prise de conscience importante.

Nous pouvons être une personne formidable avec les autres et très dure avec nous-mêmes.

Donner énormément.

Être disponible.

Aider.

Travailler.

Faire plaisir.

Être arrangeant.

Et malgré toutes ces « bonnes actions », continuer à construire une vie dans laquelle nous ne sommes pas à notre place.

Pourquoi ?

Parce que nous nous sommes oubliés dans l’équation.

Nous faisons alors beaucoup de choses pour obtenir indirectement quelque chose dont nous ne nous sentons pas suffisamment capables de nous nourrir intérieurement.

De la reconnaissance.

De l’amour.

De la sécurité.

De la valeur.

Et plus notre sécurité intérieure dépend de ce que les autres vont nous donner, plus nous devenons vulnérables à leurs réactions.

S’aimer devient alors quelque chose de très concret

Pendant longtemps, j’ai trouvé que « s’aimer soi-même » pouvait devenir une formule un peu fourre-tout du développement personnel.

On peut se regarder devant une glace et répéter :

« Je m’aime. »

Très bien.

Mais que faisons-nous ensuite ?

Est-ce que je me respecte lorsque quelqu’un dépasse mes limites ?

Est-ce que je m’affirme lorsque quelque chose ne me convient pas ?

Est-ce que je continue à fréquenter des personnes auprès desquelles je dois porter un masque ?

Est-ce que je construis mon quotidien en fonction de ce qui compte réellement pour moi ?

Est-ce que je m’autorise à ralentir ?

Est-ce que je sais dire non sans passer trois jours à culpabiliser ?

Est-ce que je peux faire un choix sans demander à cinq personnes de me rassurer avant ?

Voilà où l’amour de soi devient, pour moi, beaucoup plus intéressant.

Parce qu’il rejoint directement la sécurité intérieure.

Plus je suis en sécurité avec moi, plus mes choix changent

Et lorsque les choix changent, la vie change nécessairement elle aussi.

Je ne reste plus dans certaines relations.

Je n’accepte plus certaines situations.

Je ne poursuis plus certains objectifs uniquement pour prouver quelque chose.

Je ne prends plus toutes mes décisions depuis la peur du manque.

Je commence à m’entourer différemment.

Je travaille différemment.

Je gère mon temps différemment.

Je parle différemment.

Je pose mes limites différemment.

Et progressivement, ce que je « récolte » change.

Certains appelleront cela la loi d’attraction.

D’autres parleront de psychologie, de croyances, de schémas inconscients ou de comportements.

Peu importe finalement le vocabulaire que nous choisissons.

Ce qui m’intéresse, c’est l’expérience.

Lorsque nous transformons profondément la relation que nous entretenons avec nous-mêmes, nous ne construisons plus notre vie de la même manière.

Et si « visualiser » servait d’abord à savoir où nous voulons aller ?

J’ai beaucoup utilisé le terme « télécharger » pour parler de ce processus.

Télécharger une maison.

Télécharger une relation.

Télécharger une vie professionnelle.

Télécharger la liberté.

Aujourd’hui, je le comprends aussi d’une autre manière.

Lorsque je visualise précisément la vie que je souhaite, je donne une direction à mon attention.

Je commence à savoir ce qui me correspond et ce qui ne me correspond plus.

Si je veux une vie avec beaucoup de liberté, je peux regarder chaque décision sous cet angle.

Est-ce que ce choix développe ma liberté ou l’ampute ?

Si je veux de la sérénité, est-ce que l’organisation de ma semaine ressemble réellement à celle d’un homme serein ?

Si je veux des relations authentiques, est-ce que je suis moi-même authentique dans mes relations ?

Si je veux me sentir en sécurité, est-ce que je continue à prendre toutes mes décisions depuis la peur ?

Le rêve ne remplace donc pas l’action.

Il lui donne une direction.

La question n’est peut-être plus : « Qu’est-ce que je dois faire pour obtenir ce que je veux ? »

Cette question nous renvoie immédiatement vers l’extérieur.

Quelle méthode ?

Quelle stratégie ?

Quel thérapeute ?

Quel coach ?

Quelle formation ?

Quel effort supplémentaire ?

Je préfère aujourd’hui commencer ailleurs :

Qui suis-je lorsque je prends cette décision ?

Est-ce la peur qui choisit ?

Le besoin d’être aimé ?

La peur du manque ?

Le besoin de reconnaissance ?

Ou est-ce que je me sens suffisamment en sécurité intérieurement pour choisir ce qui me ressemble réellement ?

Parce qu’une personne qui apprend à s’aimer, à se respecter et à se sentir en sécurité avec elle-même ne choisit progressivement plus les mêmes relations, les mêmes environnements ni la même manière de vivre.

Et c’est peut-être là que se trouve la véritable magie.

Pas nécessairement dans le fait d’attendre que quelque chose tombe du ciel.

Mais dans le fait de devenir intérieurement suffisamment solide pour reconnaître, choisir et construire ce qui nous correspond.

Pour ma part, je continue de choisir la liberté, le voyage, les rencontres, le partage, la sérénité et la joie.

Et plus ma sécurité vient de l’intérieur, moins j’ai besoin de me battre avec l’extérieur pour avancer dans cette direction.

Alors regardez aujourd’hui ce que vous récoltez dans votre vie.

Pas pour vous juger.

Pas pour vous rendre responsable de tout ce qui vous est arrivé.

Mais pour vous poser cette question :

Et si une partie de ce que je récolte aujourd’hui me montrait simplement à quel endroit j’ai encore besoin de mieux m’aimer et de me sécuriser ?

Parce que dans la vie, on récolte ce que l’on s’aime.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction