Comment être toujours positif ?

Pourquoi la pensée positive ne changera pas votre vie

Je réponds ici à une question arrivée en commentaire sous une vidéo live que j’avais faite sur « Face de bouque ».

La question était finalement assez simple :

Comment faire pour rester positif ?

Pendant longtemps, j’aurais probablement répondu qu’il fallait apprendre à orienter ses pensées.

Aujourd’hui, je trouve cette réponse incomplète.

Parce que vous pouvez penser positivement autant que vous voulez, si vous passez vos journées dans un environnement qui vous épuise, avec des situations que vous n’osez pas modifier, votre pensée positive risque surtout de devenir une couche supplémentaire posée sur quelque chose qui ne vous convient pas.

Et peut-être faut-il commencer ailleurs.

Nous avons un impact les uns sur les autres

Nous sommes un humain parmi tous les humains.

Nous sommes tous interconnectés et interdépendants.

J’aime bien prendre l’image d’un réseau électrique.

Chaque élément du réseau participe à faire circuler quelque chose. Si vous retirez certains éléments, le fonctionnement de l’ensemble est modifié.

Nous pouvons nous considérer de la même manière.

Nous avons notre place.

Pas besoin d’imaginer immédiatement que nous allons changer l’humanité entière.

Commençons beaucoup plus simplement.

Vous avez une influence sur vos proches.

Votre manière d’arriver le soir à la maison change l’ambiance.

Votre stress peut influencer votre manière de parler à vos enfants.

Votre peur peut modifier une décision professionnelle.

Votre frustration peut se retrouver dans votre couple.

Votre sérénité peut également influencer une conversation.

Notre état intérieur ne reste pas enfermé à l’intérieur de nous.

Il se retrouve dans nos comportements.

Mais nous ne choisissons pas toujours consciemment nos réactions

C’est ici que je mettrais aujourd’hui beaucoup plus de nuances dans ce que j’écrivais autrefois.

Je pensais qu’il suffisait d’avoir des pensées positives pour obtenir des comportements positifs.

Si seulement c’était aussi simple.

Nous pouvons parfaitement savoir comment nous aimerions réagir et faire exactement l’inverse lorsque nous nous sentons menacés.

Pourquoi ?

Parce qu’à cet instant, notre besoin de protection peut prendre le dessus.

Quelqu’un nous critique et nous attaquons.

Notre partenaire adopte un comportement qui nous insécurise et nous cherchons à contrôler.

Notre situation professionnelle devient incertaine et nous nous accrochons à un travail qui ne nous correspond plus.

Nous avons peur de perdre l’amour de nos enfants et nous n’osons plus poser certaines limites.

Nous savons intellectuellement ce que nous aimerions faire.

Mais nous n’arrivons pas à le faire.

C’est précisément pour cela que la sécurité intérieure m’intéresse autant aujourd’hui.

Être positif n’est pas nier ce qui ne va pas

Il y a une confusion que je trouve dangereuse dans certaines approches du développement personnel.

Être positif ne signifie pas se raconter que tout va merveilleusement bien lorsque ce n’est pas le cas.

Vous pouvez vous répéter :

« Je suis heureux. »

« Tout va bien. »

« Je suis dans l’abondance. »

« Je suis en paix. »

Mais si chaque dimanche soir votre ventre se noue à l’idée de retourner travailler le lundi matin, il y a peut-être quelque chose à écouter.

Si une relation vous épuise continuellement, ce n’est pas une affirmation positive supplémentaire qui réglera nécessairement la situation.

Si vous acceptez sans cesse des choses qui vont à l’encontre de vos limites parce que vous avez peur de déplaire, vous pouvez méditer deux heures par jour et continuer à vous abandonner vous-même.

La pensée positive peut être intéressante lorsqu’elle ouvre une possibilité.

Elle devient problématique lorsqu’elle sert à recouvrir la réalité.

Les problèmes font partie de la vie

Pendant longtemps, j’ai beaucoup parlé de la possibilité d’arriver à une vie où tout serait parfaitement aligné.

Aujourd’hui, je trouve plus juste de reconnaître quelque chose de beaucoup plus humain :

les problèmes seront toujours là.

Nous allons connaître des désaccords.

Des imprévus.

Des erreurs.

Des déceptions.

Des pertes.

Des journées où nous aurons moins d’énergie.

Des personnes qui ne feront pas ce que nous espérions.

La sécurité intérieure ne consiste donc pas à construire une existence dans laquelle plus rien de désagréable ne peut arriver.

Elle consiste davantage, pour moi, à ne plus avoir besoin que tout soit parfaitement sous contrôle pour rester suffisamment stable et décider de ce que nous voulons faire.

Et cela change profondément notre manière d’aborder les difficultés.

Un problème arrive.

Je le regarde.

Je ressens ce qu’il provoque en moi.

Je traite ce qui doit être traité.

Puis, lorsque c’est terminé, j’essaie de ne pas transporter le problème pendant trois jours supplémentaires dans ma tête.

Et surtout, arrêtons de recréer continuellement ce qui nous épuise

C’est probablement la partie la plus importante.

Parce que nous pouvons apprendre toutes les techniques de gestion du stress du monde…

Mais nous pouvons aussi regarder ce qui génère continuellement ce stress.

Qu’est-ce qui, dans mon quotidien, me pompe énormément d’énergie ?

Qu’est-ce que je continue d’accepter alors que cela ne me convient plus ?

Qu’est-ce qui me met régulièrement en colère ?

Où est-ce que je ne pose aucune limite ?

Qu’est-ce que je fais uniquement par peur des conséquences si j’arrête ?

Voilà des questions beaucoup moins confortables qu’un exercice de pensée positive.

Parce qu’elles nous ramènent à notre vie réelle.

Et ça, ce n’est pas marqué dans les livres…

Petite pensée à Pascal Obispo.

Rien à voir.

On s’en fout.

La transformation se passe dans la vie réelle

Vous pouvez lire cinquante livres de développement personnel.

Regarder trois vidéos par jour.

Faire des affirmations positives devant votre miroir.

Méditer.

Visualiser.

Comprendre parfaitement votre fonctionnement.

Si, une fois le livre refermé, vous retournez exactement dans les mêmes situations en n’osant rien changer, votre quotidien risque de rester sensiblement identique.

Vous attendez depuis cinq ans que votre partenaire change ?

Vous subissez votre travail depuis dix ans ?

Vous dites oui alors que tout votre corps voudrait dire non ?

Vous n’osez pas poser de limites à vos enfants parce que vous avez peur du conflit ?

Vous continuez à fréquenter quelqu’un uniquement parce que vous avez peur de vous retrouver seul ?

C’est ici que le travail commence à devenir concret.

Pas nécessairement en quittant tout du jour au lendemain.

Mais en regardant avec lucidité pourquoi nous restons.

Pourquoi est-ce parfois si difficile de changer ?

Parce que l’inconfort connu peut sembler plus sécurisant que l’inconnu.

Voilà le paradoxe.

Je peux souffrir dans une situation et malgré tout m’y accrocher.

Parce que je la connais.

Je sais comment elle fonctionne.

Je sais à peu près ce qui va se passer demain.

Changer signifie entrer dans un territoire où je n’ai plus toutes les réponses.

Et lorsque ma sécurité dépend énormément de l’extérieur, cet inconnu peut être terrifiant.

Alors je reste.

Et pour supporter le fait de rester, je cherche parfois des outils pour aller mieux à l’intérieur de la situation.

C’est là que le développement personnel peut devenir une nouvelle stratégie d’adaptation au lieu d’être un véritable outil de transformation.

Se respecter demande de la sécurité intérieure

S’aimer ne consiste pas seulement à penser du bien de soi.

Cela passe aussi par des actes.

Exprimer ce que je ressens.

Dire non lorsque c’est nécessaire.

Poser une limite.

Demander du respect.

Accepter que quelqu’un puisse être déçu par ma décision.

Quitter éventuellement une situation lorsqu’elle n’est plus acceptable.

Mais aussi savoir rester et traverser un inconfort lorsque partir serait simplement une fuite.

Tout cela demande du discernement.

Et surtout, cela demande suffisamment de sécurité intérieure pour ne pas laisser uniquement la peur décider.

Peut-être que la question n’est donc plus :

« Comment puis-je rester positif toute la journée ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce que je continue à accepter dans ma vie parce que je ne me sens pas encore suffisamment sécure pour faire autrement ? »

Parce qu’à partir du moment où nous commençons à répondre réellement à cette question, nous avons peut-être beaucoup moins besoin de nous forcer à penser positif.

Nous commençons simplement à construire une vie dans laquelle nous pouvons respirer davantage.

Nous sommes #TousFormidable.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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