Le bonheur c’est être soi

Être soi-même, c’est aussi laisser l’autre être lui-même

Nous entendons beaucoup parler d’authenticité.

Être soi-même.

S’écouter.

Se respecter.

Oser dire non.

Ne plus vivre en fonction du regard des autres.

Faire ce qui nous ressemble.

Et je suis évidemment en accord avec cette idée.

Mais il y a une question que nous oublions peut-être de nous poser :

Si je revendique le droit d’être pleinement moi-même, suis-je capable d’accorder exactement le même droit à celui qui ne pense pas comme moi ?

Parce que c’est là que les choses deviennent intéressantes.

Je veux être libre… mais est-ce que je laisse l’autre l’être ?

Prenons un exemple qui a beaucoup divisé ces dernières années.

Le masque.

Certains voulaient le porter.

D’autres ne voulaient pas.

Certains souhaitaient se faire vacciner.

D’autres refusaient.

Très rapidement, nous avons vu apparaître des camps.

Et avec les camps sont arrivés les jugements.

« Regarde celui-là avec son masque dans la rue ! »

« Regarde cet inconscient qui ne porte pas de masque ! »

« Les vaccinés sont… »

« Les non-vaccinés sont… »

Et chacun pouvait être profondément convaincu d’avoir raison.

Mais indépendamment du débat sanitaire, politique ou scientifique de l’époque, une question demeure intéressante aujourd’hui :

Pourquoi le choix de l’autre avait-il parfois autant de pouvoir sur notre état intérieur ?

Nous voulons souvent la liberté à condition que l’autre l’utilise comme nous

C’est un paradoxe.

Je veux pouvoir être moi-même.

Je veux qu’on respecte mes choix.

Je veux vivre selon mes valeurs.

Je ne veux plus être prisonnier du regard des autres.

Très bien.

Mais si mon voisin fait quelque chose qui ne correspond pas à mes croyances, est-ce que je continue à lui reconnaître cette même individualité ?

Ou est-ce que je commence à le juger ?

C’est beaucoup plus facile de parler d’amour, d’acceptation et de liberté lorsque nous sommes entourés de personnes qui pensent comme nous.

La véritable confrontation avec nos principes arrive lorsque quelqu’un fait exactement l’inverse de ce que nous ferions.

Ce qui me dérange chez l’autre m’apprend quelque chose sur moi

Cela ne signifie pas que tout ce qui nous dérange chez quelqu’un révèle automatiquement une blessure cachée.

Certains comportements doivent nous déranger.

Nous pouvons être confrontés à une injustice, une violence, un manque de respect ou simplement quelque chose qui transgresse profondément nos valeurs.

L’acceptation ne signifie pas devenir passif.

Mais il existe une différence importante entre poser une limite et vouloir transformer l’autre pour retrouver notre propre tranquillité.

Et cette distinction mérite d’être observée.

Lorsque quelqu’un agit différemment de moi, qu’est-ce qui se passe en moi ?

Est-ce simplement :

« Ce n’est pas mon choix. »

Ou est-ce que cela devient :

« Comment peut-il être aussi con ? »

« Il faudrait que quelqu’un lui explique. »

« Ces gens-là sont le problème. »

« Je ne supporte pas les personnes comme ça. »

À cet instant, je ne suis plus simplement en train d’observer le comportement de l’autre.

Quelque chose s’est activé en moi.

C’est ici que revient la sécurité intérieure

Plus je suis en sécurité avec ce que je suis, moins j’ai besoin que tout le monde valide ma manière de vivre.

Je peux discuter.

Je peux argumenter.

Je peux être en désaccord.

Je peux poser une limite.

Je peux même décider de ne pas fréquenter quelqu’un lorsque nos comportements ou nos valeurs sont incompatibles.

Mais je n’ai pas nécessairement besoin de diminuer l’autre pour renforcer ma propre position.

Je peux dire :

« Je ne pense pas comme toi. »

Sans ajouter :

« Donc tu es inférieur à moi. »

Cette capacité me semble être un marqueur particulièrement intéressant de sécurité intérieure.

Parce que lorsque je doute profondément de moi, la différence peut devenir menaçante.

J’ai alors besoin d’avoir raison.

J’ai besoin que l’autre reconnaisse que j’ai raison.

Et parfois, j’ai même besoin qu’il change pour me sentir rassuré.

Être soi ne signifie pas vivre uniquement avec ceux qui nous ressemblent

Nous pouvons facilement nous construire une petite bulle.

Supprimer de nos réseaux tous ceux qui pensent différemment.

Ne fréquenter que des personnes partageant nos croyances.

Éviter les discussions inconfortables.

Qualifier les autres de « toxiques » dès qu’ils viennent bousculer quelque chose en nous.

Puis considérer que nous sommes enfin nous-mêmes parce que plus personne ne nous contrarie.

Mais est-ce réellement de la sécurité intérieure ?

Ou avons-nous simplement sécurisé notre environnement extérieur pour ne plus être confrontés à ce qui nous dérange ?

C’est une question que je trouve importante.

Parce qu’être profondément soi-même devrait justement nous permettre de rencontrer la différence sans perdre notre propre centre.

Accepter ne signifie pas approuver

C’est probablement l’une des confusions les plus importantes autour de l’acceptation.

Accepter que quelque chose existe ne signifie pas dire que cette chose est bonne.

Je peux accepter que vous pensiez différemment de moi sans adopter votre opinion.

Je peux accepter qu’une personne ait fait un choix différent sans faire le même.

Je peux accepter la réalité d’une situation tout en décidant d’agir pour la transformer.

Je peux reconnaître l’humanité d’une personne tout en refusant son comportement.

L’acceptation commence simplement lorsque je cesse d’exiger intérieurement que la réalité soit différente de ce qu’elle est déjà.

Et cela libère énormément d’énergie.

Parce qu’au lieu de passer mon temps à lutter contre l’existence de ce que je n’aime pas, je peux décider de ce que moi, je vais en faire.

Nous faisons tous partie de la même humanité

Nous avons des histoires différentes.

Des éducations différentes.

Des croyances différentes.

Des peurs différentes.

Des aspirations différentes.

Et donc forcément des choix différents.

Vouloir une humanité dans laquelle tout le monde pense comme nous serait probablement la négation même de ce que nous revendiquons lorsque nous parlons d’authenticité.

Être soi, c’est reconnaître sa singularité.

Mais reconnaître sa propre singularité devrait peut-être nous aider à reconnaître celle de l’autre.

Je peux être moi sans vous demander d’être comme moi.

Vous pouvez être vous sans m’obliger à devenir comme vous.

Et nous pouvons malgré cela nous rencontrer.

La question n’est donc plus seulement : « Est-ce que je m’accepte ? »

Elle devient :

« Est-ce que je me sens suffisamment en sécurité avec qui je suis pour laisser l’autre être différent de moi ? »

Parce qu’il est relativement facile de s’aimer lorsque notre environnement nous ressemble.

Il est beaucoup plus révélateur de rester soi-même lorsque quelqu’un, en face de nous, pense exactement le contraire.

Peut-être que l’amour de soi commence par l’acceptation de soi.

Mais peut-être qu’il prend toute sa dimension lorsque cette sécurité nous permet enfin de ne plus avoir besoin de changer l’autre.

Nous sommes différents.

Nous pouvons être en désaccord.

Nous pouvons poser nos limites.

Et nous pouvons malgré tout nous reconnaître comme des êtres humains.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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