Agir en pleine conscience

Et si la pleine conscience nous aidait à retrouver notre sécurité intérieure ?

Nous vivons dans une société où tout semble aller de plus en plus vite.

Nous travaillons en pensant à ce que nous devrons faire ensuite. Nous mangeons parfois en regardant notre téléphone. Nous marchons en répondant à un message. Nous regardons une série tout en consultant les réseaux sociaux. Nous terminons une journée avec cette étrange sensation d’avoir fait énormément de choses sans avoir réellement été présent à beaucoup d’entre elles.

Notre corps est là.

Mais notre mental, lui, est souvent ailleurs.

Et lorsque cette agitation devient permanente, nous pouvons progressivement perdre quelque chose d’essentiel : notre capacité à nous sentir en sécurité lorsque, justement, il ne se passe rien.

Le stress est utile… lorsqu’il ne devient pas notre état permanent

Le stress n’est pas notre ennemi.

C’est d’abord une réaction normale de notre organisme qui nous permet de nous adapter à une situation exigeante ou potentiellement menaçante.

Le problème apparaît davantage lorsque cet état d’alerte devient chronique.

Notre organisme n’est pas conçu pour fonctionner continuellement comme si une urgence était sur le point d’arriver. Un stress prolongé peut notamment affecter le sommeil, la concentration, l’humeur et contribuer à différents problèmes de santé.

Il serait en revanche excessif d’en faire la cause unique de toutes les maladies : les pathologies ont des origines multiples et complexes.

Ce qui m’intéresse ici est surtout ce que le stress raconte de notre état intérieur.

Car nous pouvons finir par vivre en vigilance permanente sans même nous en rendre compte.

Toujours anticiper.

Toujours prévoir.

Toujours contrôler.

Toujours penser à l’étape suivante.

Et cette agitation permanente peut parfois être une tentative de créer extérieurement une sécurité que nous ne ressentons pas suffisamment intérieurement.

Notre mental n’a pas besoin d’être arrêté

On entend régulièrement que notre cerveau produirait environ 60 000 pensées par jour. Ce chiffre est très souvent repris dans le développement personnel, mais il n’existe pas de raison solide de s’y accrocher comme à une vérité scientifique.

Et finalement, peu importe le nombre exact.

Il suffit d’observer notre propre mental pendant quelques minutes pour constater son activité.

Nous pensons à hier.

Puis à demain.

À une conversation.

À un problème.

À ce que quelqu’un pourrait penser de nous.

À ce qu’il faudrait acheter.

À ce qu’il ne faudrait surtout pas oublier.

Le but de la pleine conscience n’est pourtant pas de supprimer toutes ces pensées.

Il s’agit plutôt d’apprendre à ne plus être systématiquement emporté par chacune d’elles.

Une pensée apparaît.

Je peux la remarquer sans nécessairement la suivre.

Et c’est déjà un changement considérable.

La pleine conscience est beaucoup plus simple qu’on ne l’imagine

Lorsque nous entendons « pleine conscience », nous imaginons parfois qu’il faut méditer une heure dans une position particulière, dans un silence absolu.

Ce n’est pas nécessaire.

La pleine conscience peut commencer au milieu d’une journée parfaitement ordinaire.

Prenez un verre d’eau.

Au lieu de le boire automatiquement tout en regardant votre téléphone, arrêtez-vous quelques secondes.

Regardez le verre.

Sentez-le dans votre main.

Prenez une gorgée.

Observez la température de l’eau, le mouvement de votre déglutition, les sensations dans votre bouche.

Pendant quelques secondes, vous ne faites qu’une seule chose : vous buvez un verre d’eau.

Cela paraît presque ridicule tellement c’est simple.

Et pourtant, combien de fois dans une journée sommes-nous réellement présents à ce que nous sommes en train de faire ?

Transformer les gestes ordinaires en points d’ancrage

Nous pouvons faire la même expérience en marchant.

Sentir les pieds toucher le sol.

Observer notre respiration.

Entendre les sons autour de nous.

Regarder réellement ce qui se trouve devant nous.

Nous pouvons monter un escalier en sentant le mouvement de nos jambes.

Nous brosser les dents sans préparer mentalement la réunion qui aura lieu deux heures plus tard.

Cuisiner en prêtant attention aux odeurs, aux textures et aux gestes.

Manger en goûtant réellement ce que nous avons dans notre assiette.

Il ne s’agit pas de transformer chaque seconde de notre existence en exercice de méditation.

Il s’agit simplement de créer, au cours de la journée, des moments pendant lesquels nous revenons volontairement à ce qui est réellement en train de se passer.

Ici.

Maintenant.

Quel rapport avec la sécurité intérieure ?

Pour moi, il est immense.

Lorsque notre sécurité intérieure est fragile, le mental cherche souvent à anticiper.

Il veut savoir ce qui va se passer.

Il imagine différents scénarios.

Il cherche des solutions à des problèmes qui n’existent parfois pas encore.

Parce que l’incertitude lui est inconfortable.

Revenir au présent nous entraîne progressivement à constater une chose toute simple : à cet instant précis, suis-je réellement en danger ?

Très souvent, la réponse est non.

Notre corps est assis sur une chaise pendant que notre mental est déjà dans une situation hypothétique de demain.

La pleine conscience permet alors de ramener doucement notre attention vers la réalité présente.

Non pas pour nier les problèmes.

Mais pour arrêter de vivre en permanence dans leur anticipation.

Observer aussi ce que nous cherchons à l’extérieur

Il existe enfin une autre expérience intéressante.

Que se passe-t-il lorsque nous nous retrouvons quelques minutes sans stimulation ?

Avons-nous immédiatement besoin de prendre notre téléphone ?

De manger quelque chose ?

D’allumer la télévision ?

De fumer ?

De lancer une vidéo ?

De consulter Facebook ?

Ces comportements ne sont pas nécessairement problématiques en eux-mêmes. Mais ils peuvent parfois devenir des moyens automatiques de ne pas ressentir l’inconfort intérieur.

C’est là que la pleine conscience devient un formidable outil d’observation.

Avant de saisir automatiquement quelque chose à l’extérieur, nous pouvons nous demander :

Qu’est-ce que je suis en train de chercher ?

Du plaisir ?

Une distraction ?

Du réconfort ?

De la reconnaissance ?

Ou simplement quelque chose qui m’évite de rester quelques instants avec moi-même ?

Développer sa sécurité intérieure, c’est aussi devenir progressivement capable d’habiter ces moments sans devoir immédiatement les remplir.

Alors commencez simplement.

Aujourd’hui, choisissez une seule activité ordinaire.

Votre prochain café. Votre douche. Dix minutes de marche. Votre déjeuner.

Et pendant quelques instants, ne faites rien d’autre.

Soyez simplement là.

Parce qu’avant de vouloir ralentir le monde qui nous entoure, nous pouvons peut-être commencer par apprendre à retrouver, quelques instants chaque jour, un endroit calme à l’intérieur de nous.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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