Stress & Mortalité

Suivre le collectif ou suivre son propre chemin : où se trouve votre sécurité ?

Nous vivons au milieu d’un paradoxe.

D’un côté, notre société nous propose une quantité extraordinaire de confort, de possibilités et de connexions.

De l’autre, beaucoup de personnes ont le sentiment de courir en permanence.

Travailler.

Consommer.

Répondre aux sollicitations.

Respecter les horaires.

Assumer les obligations.

Gérer la maison.

Essayer de maintenir une vie sociale.

Et recommencer le lendemain.

Dans ce rythme, le stress peut progressivement devenir tellement habituel que nous finissons par ne même plus le remarquer.

J’ai autrefois écrit que « le stress est le premier facteur de mortalité ». La formulation était excessive : le stress n’est pas une cause unique permettant d’expliquer les maladies ou la mortalité. En revanche, lorsqu’il devient chronique, ses effets sur la santé physique et psychologique sont suffisamment importants pour que nous nous interrogions sérieusement sur la manière dont nous organisons nos vies.

Et surtout sur une question :

Pourquoi continuons-nous parfois à vivre d’une manière qui ne nous convient plus ?

Le collectif nous donne des repères

Nous avons besoin du collectif.

Nous sommes des êtres sociaux.

Nous apprenons grâce aux autres, nous travaillons ensemble, nous créons des familles, des entreprises, des associations, des communautés.

Le problème n’est donc pas le collectif.

Le problème commence lorsque nous considérons que le chemin collectif doit obligatoirement devenir notre chemin individuel.

Faire des études.

Trouver un emploi.

Gagner davantage.

Acheter.

Accumuler.

Changer de voiture.

Avoir une maison plus grande.

Travailler davantage pour financer tout ce que nous avons acquis.

Puis attendre les vacances pour récupérer d’un quotidien dont nous avons justement besoin de récupérer.

Cette trajectoire convient parfaitement à certaines personnes.

Mais est-ce qu’elle vous convient à vous ?

C’est une question beaucoup plus difficile qu’elle n’en a l’air.

Pourquoi est-il si difficile de sortir du chemin prévu ?

Parce que le collectif ne nous apporte pas uniquement des contraintes.

Il nous apporte aussi de la sécurité.

Lorsque tout le monde prend à peu près la même direction, nous avons moins besoin de nous demander si nous faisons le bon choix.

Nous suivons un chemin connu.

Et le connu rassure.

Décider de travailler différemment, de consommer moins, de changer de métier, de vivre dans un autre endroit ou simplement de consacrer davantage de temps à ce qui compte réellement pour nous peut créer de l’incertitude.

Que vont penser les autres ?

Est-ce raisonnable ?

Est-ce que je vais gagner suffisamment ?

Et si je me trompe ?

C’est ici que la sécurité intérieure devient déterminante.

Lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment solides à l’intérieur, nous pouvons préférer une vie qui ne nous satisfait pas mais qui nous rassure à une vie qui nous ressemble davantage mais dont nous ne maîtrisons pas encore toutes les conséquences.

Le stress ne vient pas uniquement de notre emploi du temps

Nous associons facilement le stress au travail ou au manque de temps.

Mais il peut également apparaître lorsqu’il existe un décalage permanent entre ce que nous vivons et ce qui est important pour nous.

Imaginez que la liberté soit l’une de vos valeurs fondamentales, mais que toute votre organisation vous donne le sentiment d’être enfermé.

Imaginez que la famille soit essentielle pour vous, mais que votre rythme professionnel vous empêche d’être réellement présent auprès de vos proches.

Imaginez que votre corps réclame du repos et que vous continuiez à le pousser parce que vous avez peur de ralentir.

Ce décalage finit par coûter de l’énergie.

Nous pouvons alors chercher des solutions pour « gérer notre stress » sans jamais remettre en question l’organisation qui le produit.

Respirer cinq minutes peut faire du bien.

Mais parfois, la question n’est pas seulement de mieux supporter notre vie.

Elle est de savoir si nous voulons continuer à l’organiser de cette manière.

Nous sommes des individus avant d’être une norme

J’aime jouer avec le mot « individu » en parlant de « 1-dividu ».

Un être unique.

Avec son histoire.

Ses valeurs.

Ses aspirations.

Ses talents.

Son rythme.

Ses besoins.

Ce qui convient à votre voisin ne vous conviendra pas nécessairement.

Ce qui rend vos parents heureux ne vous rendra pas obligatoirement heureux.

Et ce que la société considère comme une réussite peut ne représenter absolument rien pour vous.

Suivre son propre chemin commence donc par apprendre à entendre ce qui est juste pour soi.

Pas dans un mouvement de rébellion systématique contre les autres.

Mais dans une capacité croissante à se demander :

« Si je n’avais rien à prouver à personne, comment aurais-je envie d’organiser ma vie ? »

Lorsque nous changeons de direction, notre environnement change aussi

Dans ma vision spirituelle, j’ai souvent décrit cela en disant que lorsque nous suivons notre chemin, « la vie déroule le tapis rouge ».

Les bonnes personnes apparaissent.

Des opportunités se présentent.

Certaines situations deviennent étonnamment fluides.

Chacun est libre d’interpréter cela comme de la synchronicité, de la loi d’attraction ou simplement comme la conséquence de nouveaux comportements.

Car lorsque nous changeons intérieurement, nous changeons également ce que nous regardons.

Nous fréquentons d’autres personnes.

Nous osons davantage.

Nous remarquons des possibilités que nous ignorions auparavant.

Nous faisons des choix différents.

Et forcément, notre environnement commence lui aussi à évoluer.

Ce qui semblait magique peut parfois être aussi la conséquence très concrète d’un changement de posture.

Suivre son chemin ne signifie pas supprimer toutes les difficultés

Il faut néanmoins éviter un autre piège.

Être aligné avec soi ne garantit pas une existence sans problème.

Une décision profondément juste peut être difficile.

Un changement de métier peut créer de l’incertitude.

Une séparation nécessaire peut faire souffrir.

Créer une activité qui nous ressemble peut demander beaucoup d’efforts.

La fluidité ne signifie donc pas toujours facilité.

La différence est ailleurs.

Nous pouvons traverser une difficulté tout en ressentant profondément que nous sommes à notre place.

Et c’est précisément là que la sécurité intérieure devient une ressource : elle nous permet de continuer à avancer sans avoir besoin que chaque étape soit immédiatement rassurante.

Quel chemin êtes-vous réellement en train de suivre ?

Nous n’avons pas besoin de rejeter la société pour devenir nous-mêmes.

Nous n’avons pas besoin non plus de tout quitter demain matin.

Nous pouvons commencer beaucoup plus simplement.

Regarder notre agenda.

Nos dépenses.

Notre travail.

Nos relations.

Notre consommation.

Notre temps libre.

Notre sommeil.

Et nous demander :

Quelle partie de ma vie correspond réellement à mes valeurs, et quelle partie est encore organisée principalement pour me rassurer, être accepté ou répondre à ce que l’on attend de moi ?

Cette question peut être inconfortable.

Mais elle ouvre un espace de liberté.

Parce qu’à chaque fois que nous devenons capables de choisir quelque chose qui nous ressemble sans avoir besoin de l’approbation du collectif, nous renforçons notre sécurité intérieure.

Et peut-être que le véritable luxe n’est finalement pas de posséder toujours davantage.

C’est de devenir suffisamment libre intérieurement pour construire une vie dont nous n’avons pas continuellement besoin de nous échapper.

Nous sommes #TousFormidable.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction