Victimisation et colère

Colère, sentiment d’injustice et sécurité intérieure : comment sortir du cercle de la réaction ?

Il nous arrive à tous de traverser des périodes où nous avons l’impression que la vie s’acharne.

Une relation se termine mal.

Une personne nous déçoit.

Un projet échoue.

Nous avons le sentiment de donner beaucoup et de recevoir peu.

Et parfois, une phrase finit par apparaître : « Pourquoi est-ce que ça tombe toujours sur moi ? »

Ce sentiment mérite d’être entendu. Nous pouvons réellement subir une injustice, une violence, une trahison ou un événement dont nous ne sommes absolument pas responsables.

Mais une autre question peut ensuite devenir intéressante : que se passe-t-il en nous lorsque ce sentiment d’injustice devient notre manière habituelle de regarder la vie ?

C’est ici que la colère et la sécurité intérieure peuvent se rencontrer.

La colère n’est pas une mauvaise émotion

Pendant longtemps, j’ai considéré qu’il fallait « évacuer » la colère pour pouvoir être heureux.

Aujourd’hui, je préfère commencer par l’écouter.

Parce que la colère peut avoir une fonction.

Elle peut apparaître lorsqu’une limite a été franchie, lorsqu’un besoin n’a pas été respecté, lorsqu’une situation nous semble injuste ou lorsque nous avons été blessés.

Le problème n’est donc pas nécessairement d’être en colère.

Le problème commence lorsque nous ne savons plus quoi en faire.

Une colère qui tourne continuellement en boucle peut nourrir la rumination, modifier notre perception des situations et influencer notre manière d’entrer en relation.

Nous devenons plus méfiants.

Plus susceptibles.

Plus réactifs.

Une parole relativement anodine peut être interprétée comme une attaque.

Nous répondons alors agressivement, l’autre se défend à son tour et nous obtenons précisément une relation conflictuelle qui vient confirmer notre croyance initiale :

« Tu vois, les gens sont toujours contre moi. »

Le cercle est bouclé.

Nos protections peuvent finir par créer ce qu’elles cherchent à éviter

C’est l’un des mécanismes qui m’intéressent le plus dans la sécurité intérieure.

Lorsque nous avons été blessés, nous apprenons à nous protéger.

C’est normal.

Mais certaines protections peuvent rester actives longtemps après que le danger a disparu.

Une personne qui a beaucoup connu le rejet peut devenir extrêmement attentive au moindre signe de rejet.

Une personne qui a été trahie peut chercher constamment des preuves qu’elle va l’être à nouveau.

Une personne qui a dû se battre pour être entendue peut entrer dans chaque désaccord comme s’il fallait encore se battre pour exister.

Le comportement extérieur devient alors la conséquence d’une insécurité intérieure.

Et cette protection peut finir par produire des réactions chez les autres qui renforcent notre propre peur.

Ce n’est pas une punition de la vie.

C’est parfois simplement une dynamique relationnelle qui se répète.

Être responsable ne signifie pas être coupable

J’ai autrefois formulé les choses ainsi : « Vous êtes 100 % responsable de tout ce que vous créez. »

Cette phrase peut être puissante lorsqu’elle nous aide à récupérer notre capacité d’action.

Elle devient en revanche dangereuse si elle signifie qu’une personne serait responsable de tout ce qu’elle subit.

Nous ne choisissons pas tout.

Nous pouvons être victimes d’une agression, d’une maladie, d’un accident, d’un licenciement, d’une maltraitance ou du comportement destructeur de quelqu’un d’autre.

La sécurité intérieure ne consiste pas à nier cette réalité.

La responsabilité que nous pouvons progressivement récupérer concerne ce qui vient ensuite :

Que vais-je faire maintenant de ce qui m’est arrivé ?

Je peux ne pas être responsable de ma blessure tout en devenant progressivement responsable de la manière dont j’en prends soin.

C’est une distinction essentielle.

Pourquoi revenons-nous si souvent à l’enfance ?

Lorsque certains comportements se répètent dans notre vie adulte, notre histoire familiale peut constituer une piste intéressante à explorer.

La relation avec nos parents ou les adultes qui ont pris soin de nous participe à notre apprentissage des relations, de la confiance, des émotions et de la sécurité.

Avons-nous appris que nous pouvions exprimer une émotion ?

Que se passait-il lorsque nous étions en colère ?

Devions-nous être sages pour être aimés ?

Fallait-il mériter l’attention ?

Avions-nous peur de décevoir ?

Nous sentions-nous écoutés ?

Ces questions peuvent éclairer certains fonctionnements actuels.

Mais cela ne signifie pas que « papa et maman sont à l’origine de tous nos problèmes ».

Notre construction est beaucoup plus complexe.

Faut-il absolument pardonner à ses parents ?

Je ne crois pas que le pardon puisse être imposé.

Dire à quelqu’un qu’il doit pardonner une violence ou une maltraitance pour pouvoir avancer peut même ajouter une nouvelle pression à sa souffrance.

Il existe d’autres chemins.

Comprendre.

Mettre des mots.

Accepter que l’événement ait eu lieu.

Faire le deuil de ce que nous aurions voulu recevoir.

Poser une limite.

Prendre de la distance.

Se faire accompagner lorsque cela est nécessaire.

Et surtout, arrêter progressivement de laisser cette histoire prendre toutes les décisions du présent.

Dans ma propre vision spirituelle, j’ai également exploré l’idée que nous pourrions choisir certaines expériences ou certaines rencontres avant notre incarnation.

C’est une croyance qui peut donner un sens différent à notre histoire pour ceux à qui elle parle.

Mais elle ne doit jamais servir à minimiser une souffrance ou à rendre quelqu’un responsable des violences qu’il a subies.

Derrière la colère, cherchez ce qui demande de la sécurité

Lorsque la colère apparaît régulièrement, plutôt que de simplement vouloir la supprimer, essayez de l’interroger.

Qu’est-ce qui vient d’être touché ?

De quoi ai-je peur ?

Quelle limite n’ai-je pas posée ?

Qu’est-ce que j’attends de cette personne ?

Pourquoi son comportement possède-t-il autant de pouvoir sur mon état intérieur ?

Est-ce que je cherche encore à obtenir aujourd’hui une reconnaissance que je n’ai pas reçue hier ?

Ces questions permettent de déplacer notre attention.

Nous passons progressivement de :

« Pourquoi les autres me font-ils toujours ça ? »

à :

« Qu’est-ce que cette situation révèle de ce qui demande encore à être sécurisé en moi ? »

C’est là que nous récupérons une marge de liberté.

La colère n’a plus besoin d’être notre ennemie. Elle peut devenir une information.

Elle nous montre parfois une blessure, une peur, une limite ou un besoin qui demande notre attention.

Et plus nous développons notre sécurité intérieure, moins nous avons besoin que le monde entier se comporte comme nous le souhaitons pour retrouver notre calme.

Nous pouvons ressentir une colère sans devenir cette colère.

Nous pouvons reconnaître une injustice sans construire toute notre identité autour d’elle.

Nous pouvons avoir été blessés sans laisser éternellement cette blessure choisir nos relations futures.

C’est peut-être cela, finalement, sortir du sentiment d’impuissance : non pas prétendre que nous contrôlons tout ce qui nous arrive, mais découvrir progressivement que ce qui nous est arrivé n’est pas obligé de contrôler tout ce qui arrivera ensuite.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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