Sommes-nous des extra-terrestres ?

Pourquoi devient-on « l’extraterrestre » quand on commence à être soi-même ?

Il y a quelque chose d’assez paradoxal dans le développement personnel.

Au départ, nous commençons généralement ce travail parce que quelque chose ne va plus.

Nous ne nous sentons plus à notre place.

Nous répétons certains comportements sans comprendre pourquoi.

Nous ressentons des émotions que nous essayons de contenir.

Nous faisons beaucoup de choses parce qu’« il faut », parce que « ça se fait », parce que les autres attendent cela de nous.

Puis progressivement, nous commençons à nous observer.

À écouter notre corps.

À écouter nos émotions.

À questionner certaines croyances.

À nous demander ce que nous voulons réellement.

Et forcément, quelque chose commence à changer.

Nous ne pensons plus exactement comme avant.

Nous n’agissons plus exactement comme avant.

Nous ne répondons plus systématiquement oui.

Nous ne fréquentons plus nécessairement les mêmes personnes.

Nous pouvons remettre en question notre travail, notre rythme de vie, certaines relations ou simplement notre manière d’occuper nos journées.

Et là…

Bingo.

Nous devenons parfois l’extraterrestre de service.

« Mais qu’est-ce qui t’arrive ? »

Cette réaction est assez logique.

Pendant des années, notre entourage s’est habitué à une certaine version de nous.

Celui qui disait toujours oui.

Celle qui était toujours disponible.

Celui qui ne faisait pas de vagues.

Celle qui acceptait certaines remarques.

Celui qui suivait tranquillement le mouvement.

Et soudain, cette personne commence à dire :

« Non, ça, je n’en ai plus envie. »

« Ce rythme ne me convient plus. »

« Je ne veux plus travailler comme ça. »

« J’ai besoin d’autre chose. »

« Je vais essayer. »

« Je préfère faire autrement. »

Pour nous, c’est une évolution.

Pour ceux qui nous entourent, cela peut être vécu comme une rupture avec la personne qu’ils connaissaient.

Et les étiquettes peuvent commencer à tomber.

Tu as changé.

Tu te prends trop la tête.

Tu es devenu bizarre.

Tu rêves.

Tu vas trop loin.

Tu es égoïste.

Tu devrais redescendre sur terre.

Bref…

Bienvenue chez les extraterrestres.

Pourquoi le regard des autres peut-il autant nous toucher ?

C’est ici que les choses deviennent intéressantes.

Parce que nous pouvons tenir de grands discours sur le fait d’être soi-même et pourtant nous effondrer intérieurement dès que trois personnes désapprouvent notre décision.

Pourquoi ?

Parce qu’être soi-même demande de la sécurité intérieure.

Lorsque cette sécurité n’est pas suffisamment installée, nous avons encore besoin que l’extérieur confirme que nous avons raison d’être celui ou celle que nous sommes.

Nous voulons changer, mais nous voulons que papa comprenne.

Nous voulons prendre une décision, mais nous voulons que notre conjoint soit d’accord.

Nous voulons changer de métier, mais nous aimerions que notre entourage nous rassure.

Nous voulons nous affirmer, mais sans déplaire à personne.

Autrement dit, nous voulons parfois être libres tout en conservant l’approbation de tout le monde.

Et les deux ne vont pas toujours ensemble.

Être soi-même ne signifie pas avoir raison contre les autres

C’est une nuance que je trouve aujourd’hui essentielle.

Quand nous découvrons une nouvelle manière de regarder notre existence, nous pouvons facilement tomber dans un autre piège.

Avant, nous suivions le collectif.

Maintenant, nous pouvons commencer à le juger.

Nous avons compris.

Les autres n’ont pas compris.

Nous sommes réveillés.

Les autres dorment.

Nous écoutons notre cœur.

Les autres suivent le troupeau.

Mais finalement, qu’est-ce qui a vraiment changé ?

Nous avons simplement remplacé une appartenance par une autre.

Être soi-même ne demande pas de considérer les autres comme moins conscients, moins évolués ou moins libres.

Chacun regarde la vie depuis son histoire, ses expériences, ses croyances, ses peurs et ses aspirations.

Et surtout, chacun avance à sa manière.

Je peux donc choisir une vie totalement différente de celle de mon voisin sans avoir besoin de démontrer que la mienne est meilleure.

C’est même probablement là que commence une véritable liberté.

Je n’ai pas besoin de convaincre pour continuer mon chemin

Imaginez que vous décidiez de changer complètement votre vie professionnelle.

Vous en parlez autour de vous.

Une personne vous encourage.

Une autre vous répond que vous êtes inconscient.

Une troisième vous explique qu’à votre âge, il vaut mieux rester tranquille.

Une quatrième ne comprend absolument pas votre projet.

La question devient alors :

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher ma réponse ?

Si je ne me sens pas suffisamment en sécurité, je vais probablement organiser un référendum.

Je vais demander l’avis de dix personnes.

Regarder vingt vidéos.

Lire trois livres.

Chercher quelqu’un qui me rassure.

Et plus j’aurai d’avis différents, moins je saurai ce que je veux.

À l’inverse, développer ma sécurité intérieure ne signifie pas refuser les conseils.

Cela signifie être capable de les entendre sans leur donner automatiquement le pouvoir de décider à ma place.

Je peux écouter l’autre.

Réfléchir.

Prendre ce qui me semble pertinent.

Laisser le reste.

Et décider.

Votre vie devient alors votre meilleure démonstration

C’est probablement la partie que je préfère.

Nous n’avons pas besoin de convaincre les autres que notre manière de vivre est formidable.

Vivons-la.

Si cette nouvelle manière d’être nous rend plus sereins, plus libres, plus présents, plus responsables et plus heureux, cela finira par se voir.

Pas besoin de discours.

Pas besoin de convertir qui que ce soit.

Un jour, quelqu’un lèvera peut-être la tête et demandera :

« Qu’est-ce qui a changé chez toi ? »

« Comment as-tu fait ? »

« Comment as-tu osé ? »

Et là, nous pourrons partager notre expérience.

Pas pour lui expliquer ce qu’il doit faire.

Mais pour lui montrer qu’une autre possibilité existe.

Et peut-être l’aider à découvrir son propre chemin, qui ne sera probablement pas exactement le nôtre.

Être différent sans se sentir rejeté

C’est finalement une étape importante du travail sur soi.

Au départ, nous cherchons parfois à être différents tout en espérant secrètement que tout le monde nous applaudisse.

Puis nous découvrons quelque chose de beaucoup plus confortable :

je peux être différent et rester en sécurité.

Quelqu’un peut ne pas comprendre mon choix sans que mon choix devienne mauvais.

Quelqu’un peut me trouver bizarre sans que j’aie besoin de me justifier.

Quelqu’un peut préférer une vie totalement différente de la mienne sans que nous ayons besoin de nous opposer.

Je peux rester moi.

Et laisser l’autre être lui.

C’est là que l’unicité devient intéressante.

Non pas lorsque nous la revendiquons contre le collectif.

Mais lorsque nous n’avons tout simplement plus besoin de l’autorisation du collectif pour l’incarner.

Alors continuons à observer notre fonctionnement.

À écouter nos émotions.

À prendre soin de notre corps.

À identifier ce qui nous nourrit réellement.

À faire davantage de place à ce qui nous ressemble.

Et si, quelquefois, nous passons pour un extraterrestre…

Peut-être que la vraie question est simplement :

Ai-je suffisamment de sécurité intérieure pour continuer à être moi-même lorsque les autres ne comprennent pas encore qui je suis devenu ?

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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