Comment nous créons ?

Là où tu portes ton attention, ta vie finit par prendre une direction

Il y a une expérience très simple que beaucoup d’entre nous ont déjà vécue au volant.

Tu roules sur une petite route de campagne.

Tu croises une voiture.

Si tu restes focalisé sur elle, tu peux avoir l’impression que ta trajectoire se rapproche dangereusement de l’endroit que tu regardes.

Même chose avec un fossé.

Plus tu fixes ce que tu veux absolument éviter, plus tu risques de modifier inconsciemment ta trajectoire dans cette direction.

Ce phénomène est notamment connu dans la conduite et dans certains sports sous le nom de fixation de la cible : notre regard influence notre attention, et notre attention peut influencer nos gestes.

Je trouve cette image particulièrement intéressante pour parler de notre vie.

Parce que nous faisons parfois exactement la même chose.

Nous affirmons vouloir aller quelque part…

Mais nous passons nos journées à regarder ailleurs.

Où est ton regard en ce moment ?

Tu veux changer de travail, mais tu passes ton temps à penser à tout ce qui pourrait mal se passer.

Tu veux développer ton activité, mais tu regardes en permanence le manque de clients.

Tu veux davantage de liberté, mais tu focalises ton attention sur toutes tes contraintes.

Tu veux retrouver confiance en toi, mais tu repasses mentalement toutes les situations dans lesquelles tu as échoué.

Tu veux une autre vie, mais ton attention reste braquée sur celle dont tu ne veux plus.

Et après plusieurs mois, tu te demandes pourquoi tu n’avances pas.

Peut-être simplement parce que ton regard n’est pas encore orienté dans la direction dans laquelle tu souhaites aller.

Notre attention sélectionne une partie de la réalité

Nous recevons en permanence une quantité considérable d’informations.

Nous ne pouvons évidemment pas tout traiter consciemment.

Notre cerveau sélectionne.

Il filtre.

Il hiérarchise.

Et notre attention joue un rôle majeur dans ce processus.

Fais une expérience toute simple.

Décide de t’intéresser à un modèle précis de voiture.

Il y a de fortes chances que, dans les jours suivants, tu aies soudain l’impression d’en voir partout.

Ces voitures viennent-elles mystérieusement d’apparaître ?

Non.

Elles étaient probablement déjà là.

Mais maintenant, ton attention les sélectionne.

Et c’est là que le focus devient particulièrement intéressant dans une démarche de transformation.

Ce que nous regardons influence ce que nous finissons par voir

Si je passe mes journées à regarder des contenus qui me parlent de peur, de conflit, de pénurie et de catastrophe, mon attention va progressivement devenir extrêmement sensible à tout ce qui confirme cette représentation du monde.

À l’inverse, si je commence à m’intéresser à des personnes qui ont réalisé quelque chose qui ressemble à ce que je souhaite vivre, je découvre d’autres possibilités.

Je peux regarder des documentaires.

Lire.

Rencontrer des personnes inspirantes.

Explorer de nouveaux environnements.

Me projeter.

Visualiser.

Non pas pour nier ce qui existe autour de moi.

Mais pour montrer à mon cerveau qu’il existe autre chose que ce qu’il connaît déjà.

C’est une différence essentielle.

Visualiser ne signifie pas commander à l’univers

Pendant longtemps, j’ai employé l’image du « téléchargement ».

Je visualise mon rêve, je me connecte à sa fréquence et je le télécharge dans ma réalité.

J’aime toujours cette métaphore.

Mais je lui donne aujourd’hui un sens beaucoup plus concret.

Visualiser une situation peut nous permettre de nous familiariser mentalement avec elle.

De préciser ce que nous voulons.

D’imaginer certains comportements.

De ressentir ce que cette situation représente pour nous.

Et surtout, de commencer à repérer dans notre environnement des possibilités auxquelles nous ne prêtions auparavant aucune attention.

Mais il manque ensuite quelque chose d’essentiel.

L’action.

Je peux visualiser pendant trois ans la création de mon entreprise : si je ne fais jamais le premier appel, si je ne rencontre personne, si je ne teste rien et si je ne propose jamais mon travail, il ne se passera probablement pas grand-chose.

Le focus donne une direction.

L’action crée le mouvement.

Et c’est précisément là que la sécurité intérieure intervient

Parce que le véritable problème n’est pas toujours de savoir ce que nous voulons.

Parfois, nous le savons parfaitement.

Le problème arrive au moment de bouger.

Je veux changer de métier.

Très bien.

Mais suis-je suffisamment en sécurité intérieurement pour supporter l’incertitude qui accompagne ce changement ?

Je veux rencontrer quelqu’un.

Mais suis-je suffisamment en sécurité pour m’exposer à la possibilité d’un refus ?

Je veux développer mon activité.

Mais suis-je suffisamment en sécurité pour parler de ce que je fais, annoncer un prix, recevoir un non et recommencer ?

Voilà pourquoi nous pouvons avoir un rêve magnifique et continuer à regarder le fossé.

Le fossé, ce sont toutes les questions qui apparaissent :

Et si j’échoue ?

Et si je perds de l’argent ?

Et si les autres me jugent ?

Et si je regrette ?

Et si je ne suis pas capable ?

Nous voulons aller tout droit, mais notre regard reste fixé sur ce qui nous fait peur.

Une petite action répétée peut changer énormément de choses

C’est là que les rituels deviennent intéressants.

Nous avons tendance à surestimer ce que nous pouvons transformer en quelques jours et à sous-estimer complètement ce que nous pouvons transformer avec une petite action répétée pendant un an.

Imagine une action de vingt minutes.

Vingt minutes, ce n’est rien.

Mais vingt minutes chaque jour pendant 365 jours représentent plus de 120 heures consacrées à une même direction.

120 heures pour écrire.

Apprendre.

Prospecter.

Créer.

S’entraîner.

Rencontrer.

Construire.

Imagine maintenant la différence entre 120 heures consacrées à ton projet et 120 heures consacrées à regarder pourquoi ton projet risque d’échouer.

Ce n’est pas la même trajectoire.

Nous devenons en partie la conséquence de ce que nous répétons

Un comportement isolé change rarement une existence.

Un comportement répété, oui.

C’est vrai pour l’activité physique.

Pour l’alimentation.

Pour l’apprentissage.

Pour les relations.

Pour le travail.

Pour la construction d’un projet.

Chaque journée paraît presque insignifiante lorsqu’on la regarde séparément.

Mais les journées s’additionnent.

Et au bout d’un an, cinq ans ou dix ans, les trajectoires peuvent être radicalement différentes.

C’est pour cela que je préfère aujourd’hui parler d’attitudes plutôt que simplement d’habitudes.

Une attitude possède une direction.

Je sais vers quoi je vais.

Et mes actions quotidiennes commencent progressivement à correspondre à cette direction.

Le rêve permet justement de sortir du plaisir immédiat

Lorsque nous n’avons aucune vision de demain, il devient très facile de choisir uniquement ce qui nous procure une satisfaction maintenant.

Pourquoi faire cet effort ?

Pourquoi apprendre ?

Pourquoi économiser ?

Pourquoi appeler cette personne ?

Pourquoi affronter cette peur ?

Pourquoi changer ?

À l’inverse, lorsque nous savons vers quoi nous allons, une action inconfortable aujourd’hui peut prendre du sens.

Elle n’est plus seulement pénible.

Elle devient une étape.

Et pour moi, c’est une différence fondamentale.

Le rêve n’est pas là pour nous faire fuir l’instant présent.

Il donne une direction à l’instant présent.

Alors, où regardes-tu ?

C’est peut-être finalement une question beaucoup plus importante que nous ne l’imaginons.

Regarde ce dont tu parles le plus.

Ce que tu lis.

Ce que tu regardes.

Les personnes que tu écoutes.

Les scénarios que tu répètes dans ta tête.

Les problèmes auxquels tu consacres ton énergie.

Et regarde ensuite ce que tu dis vouloir construire.

Est-ce que les deux vont dans la même direction ?

Parce qu’il est difficile d’avancer vers son rêve en regardant continuellement le fossé.

Nous ne contrôlons évidemment pas toute la réalité.

Mais nous pouvons choisir beaucoup plus consciemment où nous dirigeons notre attention, quelles actions nous répétons et quelle direction nous donnons à notre existence.

Et si aujourd’hui ton attention reste malgré toi accrochée au danger, au manque, au jugement ou à l’échec, la question n’est peut-être pas de te forcer à « penser positif ».

Elle pourrait être beaucoup plus profonde :

Qu’est-ce qui, en moi, ne se sent pas encore suffisamment en sécurité pour regarder pleinement dans la direction de ce que je veux ?

Parce qu’une fois la direction choisie, il reste quelque chose de très simple à faire.

Regarder devant.

Et avancer.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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