Soyez toujours en gratitude

La gratitude n’est pas un rituel de cinq minutes

Nous connaissons tous cette expérience.

Une contrariété arrive le matin.

La voiture ne démarre pas.

Un rendez-vous est annulé.

Quelqu’un nous parle d’une manière qui ne nous convient pas.

Une facture imprévue tombe.

Et parfois, cet événement qui n’a duré que quelques minutes réussit à prendre possession de plusieurs heures de notre journée.

Nous y pensons.

Nous en parlons.

Nous racontons ce qui s’est passé à quelqu’un.

Puis à quelqu’un d’autre.

Nous rejouons mentalement la scène.

Nous imaginons ce que nous aurions dû répondre.

Et progressivement, notre attention entière est aspirée par quelque chose que, justement, nous ne voulons pas.

C’est là que la loi de polarité m’intéresse.

Tout existe avec son opposé

Dans les lois dites universelles, la polarité repose sur une idée simple : nous pouvons observer des opposés partout.

La lumière et l’obscurité.

Le chaud et le froid.

La joie et la tristesse.

La confiance et la peur.

La paix et le conflit.

L’abondance et le manque.

Mais le fait que deux polarités existent ne signifie pas que nous devons consacrer la même quantité d’énergie aux deux.

Et surtout, nous pouvons choisir où nous plaçons principalement notre attention.

C’est là que commence notre responsabilité.

Parce que notre attention influence notre perception, notre état intérieur et, par conséquent, notre manière d’agir.

Prenons la paix et la colère

Nous voulons généralement vivre en paix.

Pourtant, lorsqu’une situation nous met en colère, que faisons-nous ?

Nous pouvons consacrer énormément d’énergie précisément à ce que nous ne voulons plus.

Nous repensons au conflit.

Nous argumentons intérieurement.

Nous cherchons qui a raison.

Nous racontons l’histoire.

Nous entretenons parfois la situation longtemps après qu’elle soit terminée.

Cela ne signifie pas qu’il faudrait nier une injustice, accepter une agression ou ne pas poser de limites.

Si une situation nécessite une action, nous agissons.

Si nous devons dire non, nous disons non.

Si nous devons partir, nous partons.

Si nous devons nous protéger, nous nous protégeons.

Mais une fois l’action juste posée, une question demeure :

Combien de temps vais-je encore donner mon énergie intérieure à cette situation ?

Parce qu’un conflit de dix minutes peut parfois continuer à vivre dix heures dans notre tête.

Et là, ce n’est plus l’autre qui entretient le conflit.

C’est nous.

Ce à quoi nous donnons notre attention prend davantage de place dans notre expérience

Nous avons tous déjà constaté ce phénomène.

Lorsque nous achetons une voiture d’un modèle particulier, nous commençons soudainement à voir ce modèle partout.

Les voitures étaient déjà là.

Mais notre attention est désormais programmée pour les remarquer.

Lorsque nous attendons un enfant, nous remarquons davantage les femmes enceintes.

Lorsque nous cherchons une maison, nous voyons les panneaux immobiliers.

Lorsque nous avons peur de quelque chose, nous détectons plus facilement tout ce qui semble confirmer cette peur.

Notre cerveau sélectionne continuellement parmi une quantité immense d’informations.

Voilà pourquoi la direction de notre attention est si importante.

Ce que nous regardons régulièrement finit par occuper davantage de place dans notre réalité subjective.

Alors si nous passons notre journée à chercher ce qui ne va pas, nous devenons extrêmement performants pour trouver ce qui ne va pas.

Et si nous apprenons à remarquer également ce qui fonctionne, quelque chose change.

C’est ici que la gratitude prend toute sa place.

La gratitude consiste d’abord à voir ce qui est déjà là

La gratitude est souvent transformée en exercice.

« Tous les matins, écris trois choses pour lesquelles tu éprouves de la gratitude. »

Pourquoi pas.

Cela peut être une porte d’entrée.

Mais écrire pendant cinq minutes :

« Je suis reconnaissant pour ma maison, ma famille et ma santé »

puis passer les quinze heures suivantes à râler contre son travail, son conjoint, son compte bancaire, la circulation et le gouvernement ne constitue pas vraiment une philosophie de gratitude.

Nous avons simplement accompli notre exercice du matin.

Pour moi, la gratitude va beaucoup plus loin.

Elle consiste à développer progressivement une capacité à percevoir ce qui est déjà présent.

Je peux regarder ce qui manque.

Ou regarder ce que j’ai.

Je peux regarder ce que je n’ai pas encore réussi.

Ou reconnaître le chemin déjà parcouru.

Je peux regarder celui qui possède davantage.

Ou regarder tout ce qui compose déjà ma vie.

Je peux me lever en pensant immédiatement à mes problèmes.

Ou prendre quelques instants pour réaliser que je suis vivant et qu’une nouvelle journée commence.

Les circonstances n’ont pas nécessairement changé.

C’est l’endroit depuis lequel je les regarde qui change.

La gratitude devient difficile lorsque nous sommes en insécurité

C’est un point essentiel.

Il est beaucoup plus facile de parler de gratitude lorsqu’on se sent intérieurement en sécurité.

Lorsque nous sommes en stress permanent, notre attention cherche naturellement les problèmes.

Est-ce que je vais avoir suffisamment d’argent ?

Est-ce que cette personne va rester ?

Est-ce que je vais réussir ?

Est-ce que je vais perdre mon travail ?

Est-ce que quelque chose va encore m’arriver ?

Notre attention fonctionne alors comme un radar à menaces.

Et demander simplement à quelqu’un dans cet état de « penser positif » ou « d’être dans la gratitude » ne règle pas le problème.

Parce que son système intérieur cherche avant tout à retrouver de la sécurité.

Voilà pourquoi, avant même de vouloir « vibrer l’abondance », il peut être nécessaire de regarder ce qui entretient continuellement notre insécurité.

Un rythme de vie qui nous épuise ?

Une situation financière devenue ingérable ?

Une relation dans laquelle nous ne nous sentons plus respectés ?

Un travail qui nous maintient constamment sous tension ?

Des blessures anciennes qui rendent certaines situations particulièrement sensibles ?

Une course permanente contre le temps ?

Nous pouvons faire tous les exercices de gratitude du monde : si notre quotidien nous maintient constamment en alerte, il sera beaucoup plus difficile de ressentir profondément cette gratitude.

La gratitude n’est pas le déni

Être reconnaissant ne signifie pas prétendre que tout va bien.

Je peux être reconnaissant pour ma vie et traverser une journée difficile.

Je peux aimer quelqu’un et être en colère contre lui.

Je peux reconnaître tout ce que j’ai et vouloir davantage.

Je peux apprécier mon quotidien et décider de changer de métier.

Je peux être profondément reconnaissant et poser une limite.

La gratitude n’est pas :

« Tout est merveilleux, donc je ne change rien. »

Elle peut être :

« Je reconnais ce qui est là, je retrouve suffisamment de sécurité intérieure, puis je choisis ce que je veux construire ensuite. »

Et là, nous ne cherchons plus à changer notre vie uniquement depuis le manque.

Nous pouvons avancer depuis quelque chose de beaucoup plus stable.

Prenons l’exemple de l’argent

Imaginons que je souhaite gagner davantage.

Je peux passer mes journées à regarder ce qui manque.

Je n’ai pas assez.

Je ne peux pas faire ceci.

Je ne peux pas acheter cela.

Les autres réussissent mieux.

Tout augmente.

La situation économique est mauvaise.

À force, mon attention entière est concentrée sur le manque.

Cela peut nourrir mon stress et me conduire à prendre des décisions dans l’urgence.

À l’inverse, reconnaître ce que j’ai déjà ne signifie pas renoncer à vouloir davantage.

Je peux regarder ce qui fonctionne.

Mes compétences.

Mes ressources.

Les personnes présentes autour de moi.

Ce que j’ai déjà construit.

Les possibilités dont je dispose aujourd’hui.

Et depuis cet endroit plus sécure, me demander :

« Maintenant, qu’est-ce que je peux créer à partir de tout cela ? »

Même objectif.

État intérieur complètement différent.

C’est pour cela que je considère la gratitude comme une philosophie de vie

Elle ne se pratique pas uniquement le matin devant un carnet.

Elle se pratique à 11 h 32 lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu.

Elle se pratique lorsque quelqu’un nous contrarie.

Lorsque nous attendons.

Lorsque nous perdons quelque chose.

Lorsque notre projet avance moins vite que prévu.

C’est précisément à cet instant que nous pouvons observer notre fonctionnement.

Est-ce que je vais donner toute mon attention à ce qui manque ?

Ou suis-je capable d’accueillir ce qui vient de se passer, de faire ce qui doit être fait, puis de revenir vers ce qui est encore là ?

C’est cela, pour moi, être en conscience.

Notre attention est un laser

J’aime beaucoup cette image.

Imaginez que votre attention soit un laser.

Vous disposez chaque jour d’une quantité limitée de temps et d’énergie.

Où pointez-vous ce laser ?

Sur ce qui vous manque ?

Sur ce que les autres possèdent ?

Sur vos regrets ?

Sur les informations anxiogènes ?

Sur la personne qui vous a énervé hier ?

Sur toutes les raisons pour lesquelles votre projet pourrait échouer ?

Ou sur ce que vous avez déjà, ce que vous aimez, ce que vous construisez et la direction dans laquelle vous souhaitez aller ?

Cela ne signifie pas que vous contrôlerez magiquement tous les événements de votre existence.

Cela signifie que vous reprenez quelque chose de beaucoup plus concret :

la direction de votre attention.

Et cette direction influence votre état intérieur, vos décisions, vos comportements et la manière dont vous percevez les possibilités autour de vous.

La gratitude commence peut-être par une question très simple

Pas besoin d’attendre demain matin.

Regardez simplement votre journée.

Qu’est-ce qui fonctionne déjà ?

Qu’est-ce qui est présent et que vous ne voyez presque plus tellement vous y êtes habitué ?

Qu’est-ce qui, dans votre vie actuelle, aurait représenté une abondance incroyable pour celui ou celle que vous étiez il y a dix ans ?

Prenez le temps de le ressentir.

Pas simplement de le réciter.

Parce que la gratitude n’est pas une phrase.

Elle n’est pas une obligation spirituelle.

Elle n’est pas une nouvelle chose à mettre sur votre liste de tâches.

La gratitude est une manière d’habiter ce qui est déjà là.

Et lorsque nous cessons de passer notre vie à regarder uniquement ce qui manque, nous découvrons parfois que nous étions déjà entourés d’une abondance que notre insécurité intérieure nous empêchait simplement de voir.

Alors aujourd’hui, où avez-vous envie de pointer votre laser ?

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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