Comment le libre arbitre peut accélérer votre vie

Suivre son cœur : intuition, peur et sécurité intérieure dans nos choix

À chaque instant de notre vie, nous sommes face à des intersections.

Certaines sont insignifiantes.

D’autres peuvent modifier profondément notre trajectoire.

Accepter ou refuser une proposition.

Rester ou partir.

Parler ou se taire.

Changer de métier.

Créer une entreprise.

Déménager.

Commencer une relation.

En terminer une.

Et derrière chacune de ces intersections se trouve une question que je me pose depuis longtemps :

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Pendant des années, j’aurais répondu qu’il existait deux possibilités : le choix de l’âme et le choix du mental.

Aujourd’hui, je parlerais plutôt du choix guidé par ce qui est profondément juste pour nous, et du choix dicté par nos mécanismes de protection.

La différence est subtile.

Mais elle change beaucoup de choses.

« Suivre son cœur », qu’est-ce que cela signifie réellement ?

Nous entendons régulièrement :

« Écoute ton cœur. »

« Suis ton intuition. »

« Fais ce que tu ressens. »

Mais encore faut-il savoir reconnaître ce qui parle en nous.

Parce qu’une impulsion n’est pas nécessairement une intuition.

Une envie immédiate non plus.

Et une émotion intense encore moins.

Je peux avoir très envie de quitter une situation simplement parce qu’elle réveille une peur.

Je peux avoir envie d’accepter une proposition parce qu’elle me rassure financièrement alors qu’elle m’éloigne de ce que je veux réellement construire.

Je peux ressentir une attirance très forte pour quelqu’un parce que cette personne réactive un schéma relationnel que je connais depuis toujours.

Tout ce qui vient de l’intérieur n’est donc pas automatiquement « la voix du cœur ».

Apprendre à choisir suppose d’abord d’apprendre à s’observer.

Le mental n’est pas notre ennemi

J’ai longtemps opposé le cœur et le mental.

Le cœur savait.

Le mental compliquait tout.

Aujourd’hui, je trouve cette lecture trop simple.

Notre mental remplit une fonction essentielle.

Il analyse.

Il compare.

Il anticipe.

Il utilise notre expérience passée pour essayer de nous protéger.

Le problème apparaît lorsque toutes nos décisions sont prises uniquement depuis cet espace de protection.

Parce que notre cerveau s’appuie naturellement sur ce qu’il connaît déjà.

Et lorsque nous envisageons quelque chose de nouveau, il peut immédiatement produire une multitude de scénarios.

« Et si ça ne fonctionne pas ? »

« Et si tu perds de l’argent ? »

« Et si tu te retrouves seul ? »

« Et si tu regrettes ? »

« Et si les autres te jugent ? »

« Et si tu échoues ? »

Ce n’est pas nécessairement une preuve que nous prenons une mauvaise direction.

C’est parfois simplement notre système de protection qui rencontre l’inconnu.

Quand la peur prend la décision à notre place

Voilà probablement l’un des points centraux de la sécurité intérieure.

La peur n’est pas un problème.

Elle peut même être indispensable.

Elle nous protège d’un danger réel.

Mais toutes nos peurs ne correspondent pas à des dangers réels.

Certaines viennent de notre histoire.

De notre éducation.

De nos expériences.

De ce que nous avons observé autour de nous.

Des normes sociales.

Des échecs précédents.

Et parfois, nous ne choisissons plus ce que nous voulons.

Nous choisissons ce qui nous rassure.

Ce n’est pas la même chose.

Nous restons dans une relation parce que partir nous fait peur.

Nous conservons un travail parce que nous craignons de manquer d’argent.

Nous refusons un projet parce que nous avons peur d’échouer.

Nous acceptons quelque chose parce que nous craignons de décevoir.

Nous nous taisons parce que nous avons peur du conflit.

Et extérieurement, nous pouvons parfaitement justifier toutes ces décisions.

C’est là que le travail intérieur devient intéressant.

La sécurité intérieure nous permet de choisir autrement

Lorsque nous nous sentons suffisamment en sécurité intérieurement, la question change.

Nous ne cherchons plus uniquement :

« Quelle décision me permettra d’éviter le risque ? »

Nous pouvons également nous demander :

« Qu’est-ce que je choisirais si je n’avais pas besoin d’être rassuré immédiatement ? »

Cela ne signifie pas devenir inconscient.

Ni abandonner toute prudence.

Ni prendre des décisions financières inconsidérées sous prétexte de « suivre son cœur ».

Il s’agit de distinguer la prudence de la peur.

Je peux étudier les risques d’un projet sans laisser ces risques décider automatiquement à ma place.

Je peux écouter les conseils de mon entourage sans leur abandonner mon pouvoir de décision.

Je peux préparer un changement sans avoir besoin de connaître à l’avance chaque détail des cinq prochaines années.

La sécurité intérieure ne supprime donc pas l’incertitude.

Elle augmente notre capacité à avancer malgré elle.

Et l’intuition dans tout cela ?

Pour certains, l’intuition est simplement une perception rapide issue de notre expérience.

Pour d’autres, elle possède une dimension spirituelle.

Elle vient de l’âme, du Soi supérieur, de la Source, des guides ou d’une conscience plus vaste.

Je n’ai pas besoin d’imposer une explication.

Ce qui m’intéresse est l’expérience.

Nous avons probablement tous connu ces moments où quelque chose en nous semblait savoir.

Sans raisonnement interminable.

Une évidence calme.

Une direction.

Une sensation très différente de la panique ou de l’excitation.

Et cette distinction est importante.

Parce que la peur hurle souvent.

L’intuition, elle, peut être beaucoup plus discrète.

Comment reconnaître une décision qui nous ressemble ?

Il n’existe évidemment pas de formule permettant de garantir que chaque choix sera le bon.

Mais nous pouvons apprendre à créer de meilleures conditions pour décider.

Lorsque vous êtes face à une décision importante, commencez par éviter de décider au sommet d’une émotion.

Posez-vous.

Marchez.

Dormez.

Prenez de la distance avec les avis extérieurs.

Puis revenez à quelques questions simples.

Qu’est-ce que je veux réellement ?

Qu’est-ce que je cherche à éviter ?

Quelle peur influence actuellement ma décision ?

Quelles sont mes valeurs dans cette situation ?

Est-ce que ce choix me ressemble ?

Est-ce que je choisis cela par envie ou principalement pour être rassuré ?

Et surtout :

si personne ne pouvait me juger, qu’est-ce que je choisirais ?

Les réponses peuvent être très instructives.

Suivre son cœur ne garantit pas que tout réussira

C’est probablement l’une des principales choses que je modifierais aujourd’hui dans mon ancien discours.

J’écrivais :

« Si vous suivez la voie du cœur, tout vous réussit. »

Je ne peux plus l’affirmer ainsi.

Vous pouvez prendre une décision parfaitement alignée avec vos valeurs et rencontrer des difficultés.

Vous pouvez créer un projet que vous aimez et échouer.

Vous pouvez faire confiance à quelqu’un et être déçu.

Vous pouvez suivre une intuition et découvrir ensuite que la réalité est différente de ce que vous imaginiez.

Nous ne contrôlons pas tout.

Et c’est précisément là que la sécurité intérieure devient essentielle.

Le bon choix n’est pas toujours celui qui produit le résultat attendu

Imaginons que vous quittiez un travail devenu incompatible avec vos valeurs pour construire un nouveau projet.

Le projet ne fonctionne finalement pas.

Était-ce nécessairement une mauvaise décision ?

Pas forcément.

Cette expérience peut vous avoir permis de comprendre ce que vous voulez réellement.

De développer des compétences.

De rencontrer des personnes.

De découvrir une nouvelle direction.

Nous jugeons souvent la qualité d’une décision uniquement à partir de son résultat.

Mais nous oublions une chose fondamentale : nous prenons toujours une décision avec les informations et la conscience dont nous disposons à cet instant.

Nous pouvons donc apprendre à faire des choix sans exiger de nous-mêmes une capacité impossible à prédire l’avenir.

Quand tout semble s’accélérer

J’ai également observé dans ma vie et dans certains accompagnements des périodes où tout paraît soudainement devenir fluide.

Les rencontres arrivent.

Les décisions s’enchaînent.

Les interlocuteurs répondent rapidement.

Des opportunités apparaissent.

J’avais autrefois tendance à interpréter systématiquement ces périodes comme la preuve d’un alignement énergétique.

Je les regarde aujourd’hui avec davantage de nuances.

Lorsque nous sommes clairs sur ce que nous voulons, que nous cessons d’hésiter continuellement et que nous prenons des décisions cohérentes, nos actions deviennent elles-mêmes beaucoup plus cohérentes.

Nous remarquons davantage certaines opportunités.

Nous communiquons plus clairement.

Nous décidons plus rapidement.

Et parfois, effectivement, les choses vont très vite.

À d’autres moments, elles prennent du temps.

Cela ne signifie pas nécessairement que nous sommes sur le mauvais chemin.

Le libre arbitre, c’est aussi accepter celui des autres

Nos projets ne dépendent jamais uniquement de nous.

Un acheteur peut changer d’avis.

Un partenaire peut partir.

Un client peut dire non.

Une personne peut ne pas nous aimer.

Un employeur peut choisir quelqu’un d’autre.

Nous avons notre liberté de décision.

Les autres ont la leur.

La sécurité intérieure consiste aussi à ne plus avoir besoin de contrôler leur libre arbitre pour conserver notre stabilité.

Je peux savoir ce que je veux sans obliger l’autre à vouloir la même chose.

Je peux choisir ma direction sans exiger que tout l’environnement se conforme immédiatement à cette direction.

Alors, faut-il suivre son cœur ?

Oui.

Mais pas comme une formule magique.

Suivre son cœur, pour moi aujourd’hui, signifie apprendre suffisamment à se connaître pour distinguer progressivement ce que nous désirons profondément de ce que nos peurs nous poussent à faire.

Cela signifie écouter nos émotions sans leur abandonner systématiquement le volant.

Utiliser notre mental sans le laisser construire notre existence uniquement autour de la sécurité et de l’évitement.

Entendre notre intuition.

Observer la réalité.

Prendre une décision.

Puis accepter qu’aucune décision ne nous donnera la maîtrise absolue de ce qui arrivera ensuite.

Finalement, la sécurité intérieure nous permet peut-être d’arrêter de chercher désespérément le « bon choix ».

Elle nous permet de devenir suffisamment solides pour choisir ce qui nous semble juste aujourd’hui, avancer, observer ce qui se passe et ajuster notre direction lorsque cela devient nécessaire.

Parce que nous rencontrerons encore beaucoup d’intersections.

Et peut-être que la véritable liberté n’est pas de toujours savoir quelle route prendre.

C’est de nous faire suffisamment confiance pour savoir que, quelle que soit la route choisie, nous saurons continuer à avancer.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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