Tout est perception
Et si votre perception du monde n’était pas le monde ?
Nous pouvons être plusieurs personnes devant exactement la même situation et vivre pourtant des expériences complètement différentes.
Le décor est le même.
Mais chacun l’interprète à sa manière.
C’est ce que nous appelons la perception.
Nous ne regardons jamais totalement le monde tel qu’il est. Nous le regardons à travers notre histoire, notre éducation, nos expériences, nos valeurs, nos peurs et surtout nos croyances.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.
Parce que lorsque nous ne sommes pas suffisamment en sécurité intérieure, nous pouvons finir par prendre notre perception pour une vérité absolue.
Une croyance peut devenir une règle de vie
Prenons quelque chose de très simple.
Tu crois qu’il faut se lever tôt pour profiter de la vie.
Un matin, tu ouvres les yeux à 10 heures.
Que s’est-il réellement passé ?
Tu as dormi jusqu’à 10 heures.
Point.
Mais ton système de croyances peut immédiatement ajouter :
« J’ai perdu ma matinée. »
« Je suis vraiment fainéant. »
« Ma journée est foutue. »
« Les gens sérieux sont déjà debout depuis longtemps. »
Et quelques minutes après ton réveil, tu culpabilises.
Ce n’est pas le fait de t’être levé à 10 heures qui a gâché ta journée.
C’est la signification que tu lui as donnée.
Voilà toute la puissance de nos croyances.
« Il faut travailler dur pour réussir »
En voilà une autre.
Si j’ai profondément intégré que la réussite nécessite obligatoirement de travailler énormément, je vais probablement organiser ma vie en fonction de cette croyance.
Je vais accepter les longues journées.
Je vais peut-être culpabiliser lorsque je ne travaille pas.
Je risque de considérer le repos comme une perte de temps.
Je pourrai même me méfier d’une activité qui rapporte correctement tout en me demandant peu d’efforts :
« Ce n’est pas possible, il doit y avoir un piège. »
La vie ne m’envoie pas nécessairement des situations difficiles parce que j’ai cette croyance.
En revanche, ma croyance influence mes choix, mes comportements et les situations que je suis prêt à accepter.
Et cela peut suffire à produire continuellement une réalité qui semble confirmer ce que je croyais au départ.
« Tu vois bien qu’il faut travailler dur ! »
Oui.
Mais peut-être ai-je construit ma vie entière autour de cette idée.
Nos croyances filtrent aussi nos relations
« Tous les mecs sont des salauds. »
Si cette croyance est profondément installée, elle peut influencer énormément de choses.
Les personnes auxquelles je prête attention.
Les comportements que je remarque.
Ceux que j’ignore.
Les personnes que je laisse entrer dans ma vie.
La manière dont j’interprète leurs intentions.
Et surtout, chaque mauvaise expérience viendra renforcer la croyance initiale :
« Je le savais. »
À l’inverse, lorsque nous rencontrons quelqu’un qui contredit notre croyance, notre cerveau peut avoir tendance à considérer cette personne comme une exception.
C’est notamment ainsi que fonctionnent certains biais cognitifs.
Nous cherchons facilement dans la réalité ce qui confirme ce que nous croyons déjà.
« Il est trop tard »
Cette croyance est probablement l’une des plus efficaces pour nous empêcher d’agir.
« À mon âge, c’est trop tard. »
Trop tard pour changer de métier.
Trop tard pour créer une entreprise.
Trop tard pour rencontrer quelqu’un.
Trop tard pour reprendre une formation.
Trop tard pour voyager.
Trop tard pour recommencer.
Et puisque je crois que c’est trop tard, je n’essaye pas.
Puis, quelques années plus tard, je peux regarder ma vie et constater :
« Tu vois, rien n’a changé. »
Évidemment.
Je n’ai jamais donné au changement une véritable possibilité d’exister.
Une croyance n’est pas forcément une vérité
C’est probablement l’un des apprentissages qui m’a le plus intéressé dans le travail sur soi.
Une pensée peut être extrêmement convaincante sans être vraie.
« Je ne suis pas capable. »
« Les autres vont me juger. »
« Je dois être aimé de tout le monde. »
« Je n’ai pas le choix. »
« Pour gagner de l’argent, il faut souffrir. »
« Je dois faire plaisir à mes parents. »
« Si je dis non, je vais perdre cette personne. »
Lorsque nous manquons de sécurité intérieure, nous ne voyons même plus ces phrases comme des croyances.
Nous les considérons comme des faits.
La première transformation consiste donc simplement à créer une distance :
« Est-ce une réalité ou est-ce quelque chose que j’ai appris à croire ? »
Peut-on remplacer une croyance avec des mantras ?
Nous pouvons évidemment répéter :
« Je suis formidable. »
« Je suis riche. »
« Je suis capable. »
« Je m’aime. »
Et cela peut avoir un intérêt pour certaines personnes.
Mais répéter une phrase ne suffit pas nécessairement à transformer profondément notre manière de fonctionner.
Si je me répète cinquante fois chaque matin :
« Je m’aime »
mais que pendant toute la journée je ne respecte aucune de mes limites, j’accepte des comportements qui me blessent et je construis ma vie uniquement en fonction du regard des autres, il existe un décalage.
Mon mantra dit une chose.
Mes comportements en racontent une autre.
La sécurité intérieure ne se décrète pas uniquement avec des mots.
Elle s’expérimente.
Et les méditations guidées ?
J’ai longtemps affirmé qu’une véritable méditation devait nécessairement se pratiquer dans un silence absolu et qu’une méditation guidée maintenait obligatoirement le cerveau dans un état particulier.
Je serais aujourd’hui beaucoup moins catégorique.
Une méditation guidée peut parfaitement aider certaines personnes à apprendre à porter leur attention, à ralentir ou à découvrir la pratique.
D’autres auront besoin de silence.
D’autres préféreront marcher.
D’autres encore se retrouveront assis face à la mer ou au milieu d’une forêt.
Il n’existe pas une seule porte d’entrée valable pour tout le monde.
En revanche, je reste attaché à une question :
Sommes-nous encore capables d’être seuls avec nous-mêmes sans que quelqu’un nous dise quoi penser, quoi ressentir ou quoi faire ?
Quand le développement personnel devient une nouvelle dépendance
Voilà où se trouve, selon moi, un véritable piège.
Un livre.
Puis un deuxième.
Puis un stage.
Puis une formation.
Puis un thérapeute.
Puis une vidéo.
Puis une nouvelle méthode.
Puis une pierre.
Puis un rituel.
Puis un autre coach.
Et toujours cette pensée :
« Il me manque encore quelque chose pour aller bien. »
C’est paradoxal.
Nous pouvons passer vingt ans à travailler sur nous tout en renforçant continuellement la croyance que nous ne sommes toujours pas suffisamment complets.
La prochaine formation va me réparer.
Le prochain thérapeute va trouver le blocage.
Le prochain livre contient certainement la réponse.
La prochaine méthode sera enfin la bonne.
Et nous cherchons.
Encore.
Encore.
Encore.
L’extérieur peut aider sans devenir notre maître
Pour autant, je ne dirais plus que toute aide extérieure nourrit nécessairement l’ego ou nous éloigne de nous-mêmes.
Ce serait contradictoire.
Cet article lui-même est une information extérieure.
Un coach peut nous aider à voir quelque chose que nous ne voyons pas.
Un thérapeute peut nous accompagner dans une difficulté que nous n’arrivons pas à traverser seuls.
Un livre peut déclencher une prise de conscience majeure.
Une conversation peut changer notre manière de voir une situation.
La question n’est donc pas :
« Est-ce que cela vient de l’extérieur ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce que j’en fais ? »
Est-ce que je prends cette information pour une vérité absolue ?
Ou est-ce que je l’utilise pour mieux me rencontrer ?
Personne ne devrait devenir l’autorité absolue sur votre vie
Même celui qui écrit ces lignes.
Je peux partager mon expérience.
Mes observations.
Mes erreurs.
Ce que j’ai compris au fil des années.
Mais cela reste ma perception.
Et tu dois rester libre de penser :
« Ça, ça me parle. »
« Ça, pas du tout. »
« Ça, je vais l’expérimenter. »
« Ça, je le laisse. »
Voilà pourquoi la sécurité intérieure est si importante.
Plus elle se construit, moins nous avons besoin que quelqu’un détienne la vérité à notre place.
Nous pouvons écouter sans obéir.
Apprendre sans nous soumettre.
Être accompagnés sans devenir dépendants.
Changer d’avis sans nous sentir menacés.
Le silence permet parfois de retrouver sa propre voix
Il existe tellement de bruit autour de nous.
Les réseaux sociaux.
Les vidéos.
Les podcasts.
Les livres.
Les experts.
Les influenceurs.
Les proches.
Les médias.
Les notifications.
Tout le monde a quelque chose à nous expliquer.
Alors parfois, le meilleur exercice de développement personnel consiste peut-être simplement à arrêter d’en consommer.
Marcher.
S’asseoir.
Regarder les vagues.
Écouter le vent dans les feuilles.
Ne rien chercher.
Et laisser progressivement apparaître une question :
« Moi, qu’est-ce que je pense réellement ? »
Puis une autre :
« Moi, qu’est-ce que je veux réellement ? »
Et peut-être la plus importante :
« Si personne ne me regardait, qu’est-ce que je choisirais ? »
C’est ici que nous revenons à la sécurité intérieure.
Non pas parce que nous aurions toutes les réponses en nous et que nous n’aurions plus jamais besoin de personne.
Mais parce que nous cessons progressivement de donner aux autres le pouvoir de définir notre vérité, notre valeur et la direction de notre existence.
Les ressources extérieures peuvent éclairer le chemin.
Mais personne ne peut marcher à notre place.
Et plus nous développons cette capacité à revenir à nous, plus nous pouvons regarder nos croyances pour ce qu’elles sont : non pas forcément des vérités, mais des lunettes à travers lesquelles nous avons appris à regarder le monde.
Et parfois, pour transformer notre vie, il ne s’agit pas de changer le monde.
Il suffit déjà d’oser retirer les lunettes.
Tout part de soi pour revenir à soi.
Nous sommes #TousFormidable.












