Accomplissement de soi

Accomplissement personnel : se connaître pour construire une vie qui nous ressemble

Qu’est-ce que réussir sa vie ?

Avoir une situation professionnelle confortable ?

Gagner suffisamment d’argent ?

Construire une famille ?

Être libre ?

Se sentir utile ?

Créer ?

Transmettre ?

Voyager ?

Il n’existe probablement pas de réponse universelle.

Et c’est précisément là que commence la question de l’accomplissement personnel.

Parce que nous pouvons réussir énormément de choses et ressentir malgré tout cette étrange impression de ne pas être totalement à notre place.

À l’inverse, nous pouvons avoir une existence qui paraît très simple aux yeux des autres et ressentir profondément que nous vivons la vie qui nous correspond.

L’accomplissement ne dépend donc pas uniquement de ce que nous obtenons.

Il dépend aussi de la cohérence entre ce que nous vivons, ce qui compte réellement pour nous et la personne que nous avons envie d’être.

Encore faut-il suffisamment se connaître pour le savoir.

Peut-on s’accomplir sans savoir qui nous sommes ?

Nous construisons une partie de notre identité à travers notre environnement.

Notre famille.

Notre éducation.

L’école.

La société.

Notre milieu professionnel.

Les personnes que nous fréquentons.

Tout cela nous transmet des repères sur ce qu’est une « bonne vie ».

Il faut travailler.

Être raisonnable.

Gagner sa vie.

Fonder une famille.

Acheter une maison.

Réussir professionnellement.

Ou, dans d’autres environnements, devenir entrepreneur, être libre, voyager et refuser les conventions.

Même l’anticonformisme peut devenir une nouvelle forme de conformisme.

La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut suivre ou rejeter le modèle collectif.

Elle est beaucoup plus personnelle :

Est-ce que la vie que je construis correspond réellement à mes valeurs ?

Le problème n’est pas de suivre les autres

Certaines personnes s’épanouissent parfaitement dans un cadre très traditionnel.

D’autres ont besoin d’une immense autonomie.

Aucune de ces deux manières de vivre n’est intrinsèquement supérieure à l’autre.

Le problème apparaît lorsque nous suivons une direction uniquement parce que nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité pour en choisir une autre.

Peur de décevoir.

Peur du regard des autres.

Peur de manquer.

Peur de perdre notre statut.

Peur de ne plus appartenir au groupe.

Nous pouvons alors passer des années à poursuivre des objectifs qui nous apportent de la reconnaissance extérieure sans réellement nourrir quelque chose à l’intérieur.

C’est pourquoi l’accomplissement personnel est intimement lié, selon moi, à la sécurité intérieure.

Maslow : la sécurité avant l’accomplissement ?

La célèbre hiérarchie associée à Abraham Maslow distingue notamment les besoins physiologiques, la sécurité, l’appartenance, l’estime et l’accomplissement de soi.

On la représente souvent sous la forme d’une pyramide dans laquelle chaque étage devrait être totalement satisfait avant de pouvoir accéder au suivant.

La réalité humaine est plus complexe.

Nous pouvons créer dans une période d’insécurité.

Nous pouvons nous sentir aimés tout en traversant des difficultés financières.

Nous pouvons développer notre estime de nous-mêmes alors que certains aspects de notre vie restent instables.

Les besoins humains ne fonctionnent pas nécessairement comme cinq cases à cocher successivement.

Mais l’intuition autour de la sécurité reste particulièrement intéressante.

Lorsque nous sommes constamment préoccupés par notre survie émotionnelle, financière ou relationnelle, il devient évidemment plus difficile de consacrer notre énergie à explorer qui nous voulons réellement devenir.

Qu’est-ce qui vous motive vraiment ?

La théorie de l’autodétermination, notamment développée par Edward Deci et Richard Ryan, apporte un autre éclairage intéressant.

Elle s’intéresse particulièrement à la motivation qui vient de l’intérieur plutôt qu’à celle qui repose uniquement sur des récompenses ou des pressions extérieures.

Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ?

Pour gagner davantage ?

Pour être admirés ?

Pour ne pas décevoir ?

Parce qu’il « faut » le faire ?

Ou parce que l’activité possède réellement du sens pour nous ?

Cette question rejoint des approches devenues populaires comme l’Ikigai ou le « Why » de Simon Sinek.

Derrière des modèles différents se trouve une interrogation commune :

Qu’est-ce qui donne suffisamment de sens à mes actions pour que j’aie profondément envie de les réaliser ?

Depuis quel endroit intérieur cherchez-vous votre réponse ?

Cette question me paraît aujourd’hui encore plus importante.

Parce que nous pouvons chercher notre « mission de vie » depuis la peur.

Nous pouvons vouloir devenir entrepreneur parce que nous ne supportons plus l’autorité.

Chercher énormément d’argent parce que nous avons peur de manquer.

Vouloir aider tout le monde parce que nous avons besoin de nous sentir indispensables.

Chercher la reconnaissance parce que nous doutons profondément de notre propre valeur.

Extérieurement, l’objectif peut sembler merveilleux.

Mais intérieurement, il peut encore être piloté par une protection.

Alors avant de vous demander :

« Quelle est ma raison d’être ? »

essayez peut-être de vous demander :

« Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ? »

Depuis ce que j’aime profondément ?

Ou depuis ce dont j’ai peur ?

Votre passé contient des indices, pas nécessairement une condamnation

Pour mieux nous connaître, notre histoire peut devenir une source d’informations précieuse.

Qu’est-ce qui vous a marqué ?

Qu’avez-vous toujours aimé faire ?

Quelles situations vous révoltent ?

Qu’est-ce qui vous touche particulièrement ?

Dans quels moments avez-vous ressenti que vous étiez pleinement vous-même ?

Qu’avez-vous traversé qui a développé certaines qualités chez vous ?

Notre passé contient souvent un fil rouge.

Mais il faut éviter un piège : transformer chaque difficulté en obligation d’y trouver quelque chose de positif.

Certains événements ont simplement été douloureux.

Nous n’avons pas besoin de remercier immédiatement la vie pour tout ce qui nous est arrivé.

En revanche, nous pouvons parfois constater, des années plus tard, que nous avons développé certaines capacités en traversant ces expériences.

Résilience.

Autonomie.

Écoute.

Détermination.

Empathie.

Créativité.

Notre histoire ne nous dit pas nécessairement ce que nous devons devenir.

Mais elle peut nous aider à comprendre comment nous nous sommes construits.

Première étape : identifier ce qui compte réellement

Prenez une feuille et demandez-vous quelles valeurs sont essentielles pour vous.

Liberté ?

Famille ?

Créativité ?

Transmission ?

Sécurité ?

Aventure ?

Justice ?

Autonomie ?

Contribution ?

Puis ne vous contentez pas des mots.

Une valeur n’a d’intérêt que lorsqu’elle devient observable dans votre vie.

Si vous choisissez « liberté », qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Pouvoir organiser vos horaires ?

Voyager ?

Ne dépendre de personne financièrement ?

Pouvoir exprimer votre opinion ?

Deux personnes peuvent avoir la même valeur et lui donner des significations totalement différentes.

Deuxième étape : transformer vos valeurs en comportements

Supposons que l’une de vos valeurs soit la transmission.

Comment cette valeur vit-elle aujourd’hui ?

En enseignant ?

En accompagnant quelqu’un ?

En écrivant ?

En transmettant votre savoir à vos enfants ?

En créant des vidéos ?

Même chose avec la liberté.

Que faites-vous cette semaine qui nourrit réellement votre liberté ?

Une valeur qui reste uniquement dans notre tête devient facilement une jolie déclaration d’intention.

L’accomplissement apparaît lorsque nos valeurs commencent à déterminer nos choix.

Troisième étape : observer les endroits où vous vous trahissez

Regardez maintenant votre vie quotidienne.

Votre travail.

Votre couple.

Votre agenda.

Vos dépenses.

Vos fréquentations.

Vos habitudes.

Où existe-t-il un décalage entre vos valeurs et votre manière de vivre ?

C’est parfois là qu’apparaît ce petit inconfort que nous essayons de faire taire.

Pas nécessairement parce que toute émotion désagréable serait un message qu’il faut immédiatement suivre.

Mais parce qu’un inconfort répété mérite d’être interrogé.

Qu’est-ce qui est touché ?

Quelle valeur n’est plus respectée ?

Quelle peur m’empêche de changer ?

Et surtout :

de quelle sécurité ai-je besoin pour pouvoir faire un choix différent ?

L’accomplissement n’est pas une ligne d’arrivée

Nous imaginons parfois qu’un jour nous arriverons enfin quelque part.

Ça y est.

Je suis accompli.

Mais nous changeons.

Nos priorités évoluent.

Nos valeurs peuvent prendre de nouvelles formes.

Ce qui nous faisait profondément vibrer à 25 ans ne correspond pas nécessairement à ce que nous voulons à 45 ou 65 ans.

L’accomplissement personnel n’est donc probablement pas une destination.

C’est un ajustement permanent entre la personne que nous devenons et la manière dont nous choisissons de vivre.

Et pour maintenir cet ajustement, nous avons besoin de revenir régulièrement à nous-mêmes.

Pas au voisin.

Pas au concurrent.

Pas à ce que la société considère comme une réussite.

À nous.

La sécurité intérieure devient alors une sorte de gouvernail.

Elle ne nous indique pas précisément quelle direction prendre.

Elle nous permet de ne plus avoir besoin que les autres choisissent systématiquement la direction à notre place.

Et peut-être que s’accomplir commence exactement là :

lorsque nous nous connaissons suffisamment pour savoir ce qui compte pour nous, et que nous nous sentons suffisamment en sécurité pour commencer à le vivre.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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