Avaler le crapaud de bon matin

Procrastination : pourquoi « avaler le crapaud » peut libérer votre journée

« Avaler le crapaud de bon matin. »

Rassurez-vous, aucun animal ne sera maltraité dans cet article.

Cette expression désigne une méthode d’organisation très simple : commencer sa journée par une tâche importante que nous avons tendance à repousser.

C’est une habitude que j’utilise depuis longtemps.

Mon entourage a souvent été surpris par ma capacité à m’organiser, à structurer mes journées et à passer rapidement à l’action. Je ne considère pourtant pas cela comme un talent réservé à quelques personnes particulièrement disciplinées.

Une grande partie de cette efficacité vient de méthodes très simples.

Et derrière la procrastination se cache aussi, très souvent, une question de sécurité intérieure.

Pourquoi repoussons-nous certaines tâches ?

Nous associons facilement la procrastination à la paresse.

Pourtant, nous pouvons être extrêmement actifs et procrastiner quand même.

Nous rangeons.

Nous répondons à quelques messages.

Nous vérifions nos mails.

Nous faisons une petite tâche administrative.

Nous trouvons soudain très urgent de nettoyer quelque chose.

Bref, nous travaillons.

Mais pas sur ce que nous savons important.

Pourquoi ?

Parce que certaines tâches génèrent de l’inconfort.

Elles sont longues.

Complexes.

Ennuyeuses.

Nous ne savons pas exactement comment les commencer.

Ou, plus subtilement, elles nous exposent à un résultat.

Envoyer une proposition commerciale signifie risquer un refus.

Terminer un projet signifie qu’il pourra être jugé.

Prendre un rendez-vous signifie parfois devoir affronter une situation que nous préférerions éviter.

Nous ne repoussons donc pas toujours la tâche.

Nous repoussons parfois l’émotion associée à cette tâche.

La procrastination peut être une protection

C’est ici que la sécurité intérieure devient intéressante.

Lorsque quelque chose nous met en inconfort, notre système de protection cherche naturellement une solution.

Et la solution la plus rapide consiste souvent à éviter.

« Je ferai ça cet après-midi. »

Soulagement immédiat.

Le problème est que la tâche existe toujours.

Et une partie de notre attention continue à savoir qu’elle nous attend.

Nous avançons dans notre journée avec cette présence en arrière-plan.

Puis l’heure approche.

Nous ralentissons.

Un imprévu apparaît.

Nous sommes fatigués.

« Maintenant, ça ne vaut plus le coup de commencer. Je ferai ça demain. »

Et le cycle recommence.

Préparer sa journée la veille

Une première manière de limiter ce phénomène consiste à préparer sa journée la veille.

Pas besoin d’un système extrêmement compliqué.

Avant de terminer votre journée, identifiez simplement les quelques choses importantes du lendemain.

Puis choisissez votre crapaud.

Quelle est la tâche que vous avez réellement intérêt à accomplir mais que vous risquez de repousser si vous lui laissez le choix de son horaire ?

C’est celle-là.

Ainsi, lorsque vous commencez votre journée, vous n’avez pas besoin de négocier avec vous-même.

La décision a déjà été prise.

Vous commencez.

Faut-il toujours commencer par la tâche la plus désagréable ?

Pas nécessairement.

La méthode doit rester intelligente.

Si votre énergie intellectuelle est meilleure à 10 heures, il peut être absurde de vous imposer votre tâche la plus complexe à 7 heures.

Si vous attendez une information indispensable, vous ne pouvez évidemment pas terminer le dossier.

Et certaines personnes fonctionnent mieux en commençant par une petite tâche permettant de se mettre en mouvement.

Le principe intéressant n’est donc pas :

« Faites obligatoirement ce que vous détestez dès votre réveil. »

Il est plutôt :

« Ne laissez pas systématiquement votre inconfort décider de l’ordre de vos priorités. »

Cette nuance change tout.

Une fois le crapaud avalé, quelque chose se libère

Nous connaissons presque tous cette sensation.

Vous venez enfin de terminer le dossier que vous repoussiez depuis une semaine.

C’est fait.

Vous ressentez immédiatement une forme de légèreté.

La tâche n’occupait pas uniquement une ligne dans votre agenda.

Elle occupait également de l’espace mental.

Et lorsque cet espace se libère, nous devenons davantage disponibles pour le reste.

Nous retrouvons parfois de l’énergie simplement parce que nous avons cessé de résister.

C’est une petite victoire.

Et chaque fois que nous affrontons quelque chose que nous avions envie d’éviter, nous envoyons également un message important à notre cerveau :

« Je peux traverser l’inconfort et agir quand même. »

C’est exactement ainsi que nous renforçons notre sécurité intérieure.

Protéger son attention des interruptions

Il existe ensuite un autre ennemi de l’efficacité : l’interruption permanente.

Mails.

Messages.

Réseaux sociaux.

Notifications.

Applications.

Téléphone.

Chaque sollicitation semble minuscule.

Mais le problème n’est pas uniquement le temps nécessaire pour lire un message.

C’est aussi la rupture dans notre concentration.

Nous étions plongés dans une tâche et, soudain, notre attention part ailleurs.

Puis nous devons revenir.

Retrouver notre raisonnement.

Nous remettre dans l’action.

La solution est assez simple : ne soyez pas disponible en permanence.

Coupez les notifications lorsque vous travaillez sur quelque chose d’important.

Définissez des moments pour consulter vos mails et vos messages.

Votre téléphone n’a pas besoin de décider toutes les trois minutes de ce qui mérite votre attention.

Être proactif, c’est choisir où va notre attention plutôt que de la donner automatiquement à la dernière sollicitation arrivée.

La règle des deux minutes : utile, mais à utiliser avec discernement

Une autre méthode connue consiste à traiter immédiatement une action lorsqu’elle demande moins de deux minutes.

Répondre à une demande très simple.

Classer un document.

Confirmer un rendez-vous.

Effectuer une petite formalité.

L’intérêt est d’éviter qu’une tâche minuscule nécessite davantage de temps d’organisation que d’exécution.

Mais là encore, attention.

Si vous êtes en pleine concentration sur un travail important, ne l’interrompez pas toutes les deux minutes sous prétexte qu’une petite tâche vient d’apparaître.

Notez-la et continuez.

L’objectif d’une méthode d’organisation est de libérer votre attention, pas de devenir esclave de nouvelles règles.

Être efficace pour travailler davantage ?

Surtout pas.

C’est probablement le point sur lequel ma vision a le plus évolué.

L’organisation ne devrait pas uniquement servir à remplir davantage nos journées.

Elle peut servir exactement à l’inverse :

faire ce qui compte plus efficacement pour récupérer du temps.

Du temps pour ses proches.

Du temps pour marcher.

Du temps pour créer.

Du temps pour réfléchir.

Du temps pour ne rien produire.

Nous sommes des êtres humains, pas uniquement des machines à accomplir des tâches.

Ne pas confondre procrastination et repos

C’est une distinction essentielle.

Imaginez deux personnes allongées pendant une heure dans un canapé.

Extérieurement, elles font exactement la même chose.

La première pense :

« Il faudrait vraiment que je fasse ce dossier… Je suis encore en train de perdre mon temps… Je vais devoir m’y mettre… »

Elle ne travaille pas.

Mais elle ne se repose pas vraiment non plus.

La deuxième a terminé ce qu’elle avait décidé de faire et choisit consciemment :

« Maintenant, je m’arrête. »

Même canapé.

Expérience intérieure totalement différente.

Le repos choisi régénère.

La procrastination laisse souvent la tâche ouverte mentalement.

La sécurité intérieure, c’est aussi accepter de commencer

Nous attendons parfois d’avoir envie.

D’être motivés.

De nous sentir prêts.

D’avoir davantage confiance.

Mais l’action peut justement produire une partie de cet état.

Nous commençons sans être totalement prêts.

Nous avançons.

Nous découvrons que la tâche était peut-être moins terrible que prévu.

Et progressivement, nous nous faisons davantage confiance.

Alors demain matin, identifiez votre crapaud.

Pas nécessairement la chose la plus horrible de votre vie.

Simplement cette action importante que votre système de protection aimerait encore repousser pour éviter un peu d’inconfort.

Puis commencez.

Une fois la tâche terminée, faites aussi quelque chose que notre culture de la performance oublie parfois de valoriser :

arrêtez-vous.

Profitez du temps gagné.

Parce que la véritable efficacité ne consiste peut-être pas à réussir à faire toujours plus.

Elle consiste à devenir suffisamment organisé pour consacrer davantage de notre temps à ce qui compte réellement pour nous.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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