La vie se suffit à elle-même

Et si le problème était de toujours chercher quelque chose ?

Regardez simplement la vie fonctionner quelques instants.

Un arbre ne se demande pas chaque matin s’il possède suffisamment de branches.

Votre cœur n’attend pas que vous lui donniez l’autorisation pour battre.

Votre organisme accomplit en permanence une quantité phénoménale d’opérations dont vous n’avez même pas conscience.

Une graine germe.

Les saisons passent.

Les feuilles poussent puis tombent.

Notre corps se transforme.

La vie avance.

Et quand on s’arrête uniquement là-dessus, sans chercher immédiatement à l’expliquer, c’est quand même puissant la vie, non ?

Pourtant, nous autres humains avons développé une faculté extraordinaire : celle de pouvoir nous poser des questions sur absolument tout.

Et parfois, c’est utile.

Heureusement que nous réfléchissons, anticipons, apprenons et cherchons à comprendre.

Mais parfois aussi, notre intelligence devient une magnifique machine à nous emmerder.

Pourquoi ai-je toujours besoin de comprendre ?

Pourquoi je ressens ça ?

Pourquoi ça m’arrive encore ?

Pourquoi je n’ai pas davantage réussi ?

Pourquoi je ne gagne pas plus ?

Pourquoi mon couple n’est-il pas comme je voudrais ?

Pourquoi je n’arrive pas à être heureux ?

Pourquoi les autres avancent-ils plus vite ?

Pourquoi, pourquoi, pourquoi…

À force de vouloir comprendre notre vie, nous pouvons finir par ne plus la vivre.

Et derrière toutes ces questions, j’observe aujourd’hui quelque chose qui me passionne :

notre besoin de sécurité.

Nous voudrions comprendre parce que comprendre donne l’impression de maîtriser.

Nous voudrions prévoir parce que prévoir nous rassure.

Nous voudrions connaître le résultat avant de prendre la décision.

Nous voudrions être certains de réussir avant d’essayer.

Autrement dit, nous essayons de fabriquer à l’extérieur la sécurité que nous n’arrivons pas encore suffisamment à ressentir à l’intérieur.

Chercher constamment mieux peut nous empêcher de voir ce qui est déjà là

Je veux être en meilleure santé.

Je veux davantage d’argent.

Je veux réussir.

Je veux rencontrer la bonne personne.

Je veux une meilleure maison.

Je veux davantage de liberté.

Il n’y a rien de mauvais là-dedans.

J’aime avoir des projets, des envies et des rêves.

Mais une question me semble aujourd’hui essentielle :

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher tout cela ?

Parce que je peux désirer davantage depuis un espace de plénitude.

Mais je peux aussi passer ma vie à courir après davantage parce que je considère que ce que j’ai aujourd’hui n’est jamais suffisant.

Et là, la course ne s’arrête jamais.

J’obtiens quelque chose.

Je suis heureux quelque temps.

Puis mon mental trouve la prochaine chose qui manque.

Et je repars.

Encore.

Ce n’est alors plus vraiment mon désir qui me fait avancer.

C’est mon insécurité qui me pousse.

C’est là que la gratitude prend une autre dimension

Pendant longtemps, j’ai beaucoup parlé de vibrations, d’énergies, de loi d’attraction.

Aujourd’hui, je peux expliquer les choses beaucoup plus simplement.

La gratitude me ramène à ce qui existe.

Ici.

Maintenant.

Je peux être reconnaissant de respirer.

De marcher.

De manger.

De rencontrer quelqu’un.

D’avoir un toit.

D’entendre un oiseau.

De sentir le vent.

De partager un repas.

De me réveiller le matin.

Cela ne signifie pas que tout va merveilleusement bien.

Cela ne signifie pas non plus que je dois accepter passivement une situation qui ne me convient plus.

Je peux être reconnaissant de ce que j’ai et décider de changer quelque chose.

Les deux ne sont absolument pas incompatibles.

La différence se situe dans l’endroit depuis lequel je vais agir.

La sécurité intérieure change notre manière d’avancer

Lorsque je suis profondément inquiet, ma priorité devient naturellement de faire disparaître cette inquiétude.

Je peux alors prendre une décision uniquement pour être rassuré.

Rester dans une relation par peur d’être seul.

Conserver un travail uniquement parce que j’ai peur de manquer.

À l’inverse, tout quitter brutalement simplement parce que je ne supporte plus l’inconfort.

Acheter quelque chose pour remplir momentanément un vide.

Demander dix avis parce que je ne fais plus confiance au mien.

M’agiter dans tous les sens pour avoir l’impression que je maîtrise encore quelque chose.

Voilà pourquoi la sécurité intérieure est devenue un sujet aussi central pour moi.

Parce qu’elle ne consiste pas à obtenir enfin une vie dans laquelle plus rien de désagréable ne peut arriver.

Une telle vie n’existe probablement pas.

La sécurité intérieure, c’est développer suffisamment de stabilité en soi pour ne plus avoir besoin que tout soit parfaitement sécurisé autour de nous.

Et à partir de là, nos décisions changent.

Regardez un enfant découvrir quelque chose

Il touche.

Il regarde.

Il recommence.

Il tombe parfois.

Il se relève.

Il pose mille questions, bien sûr, mais il possède aussi cette capacité extraordinaire à entrer complètement dans l’expérience.

Lorsqu’il joue, il joue.

Lorsqu’il observe une fourmi, pendant quelques secondes cette fourmi peut devenir l’événement le plus important de l’univers.

Nous avons progressivement perdu une partie de cette capacité.

Nous sommes physiquement quelque part et mentalement ailleurs.

Nous mangeons en pensant au travail.

Nous marchons en regardant notre téléphone.

Nous discutons avec quelqu’un en préparant déjà notre réponse.

Nous sommes en vacances en pensant au retour.

Nous sommes aujourd’hui en essayant de sécuriser demain.

Et la vie se déroule pendant ce temps-là.

Nous avons beaucoup à faire, mais aussi beaucoup à être

Je garde donc cette formule de mon ancien article parce qu’elle continue à me parler :

Nous sommes des êtres humains, pas des “faires humains”.

Bien sûr qu’il faut faire.

Travailler.

Construire.

Organiser.

Prévoir.

Payer ses factures.

Prendre des décisions.

La présence n’est pas une excuse pour abandonner ses responsabilités.

Mais nous pouvons peut-être arrêter de croire que notre valeur et notre sécurité dépendent exclusivement de tout ce que nous arrivons à produire, posséder, contrôler ou réussir.

Parfois, nous n’avons rien à résoudre dans l’instant.

Nous pouvons simplement être là.

Respirer.

Observer.

Ressentir.

Et constater que, pendant quelques secondes au moins, nous n’avons besoin de rien d’autre pour exister.

C’est peut-être là que commence la sécurité intérieure.

Non pas lorsque nous avons enfin réussi à contrôler toute notre vie.

Mais lorsque nous découvrons que nous pouvons être profondément présents même lorsque nous ne contrôlons pas tout.

Et depuis cet endroit-là, nous pouvons recommencer à agir.

Non plus pour fuir ce qui manque.

Mais pour construire ce qui nous ressemble.

Stéphane Bride-Bonnot

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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