La confiance

Lâcher le contrôle : et si la confiance était une forme de sécurité intérieure ?

Lorsque vous êtes assis dans un avion et que celui-ci traverse une épaisse couche de nuages, il se passe quelque chose d’assez particulier.

Vous ne voyez plus rien.

Le sol a disparu.

L’horizon aussi.

Vous ne savez pas exactement où vous êtes, vous ne connaissez pas votre altitude et vous seriez probablement incapable de dire dans quelle direction se trouve votre destination.

Puis l’avion commence à bouger.

Quelques turbulences.

Des bruits inhabituels.

Une sensation de descente.

Et parfois cette petite pensée qui traverse l’esprit :

« Est-ce que tout va bien ? »

À cet instant précis, vous êtes confronté à quelque chose que notre mental apprécie assez peu : vous ne contrôlez pratiquement rien.

Vous ne pilotez pas l’avion.

Vous ne connaissez pas nécessairement son fonctionnement.

Vous ne voyez même pas le pilote.

Et pourtant, vous restez assis.

Que vous reste-t-il ?

La confiance.

Nous acceptons de lâcher le contrôle dans un avion

Lorsque je prends l’avion, je fais finalement très peu de choses.

J’achète mon billet.

Je prépare mes affaires.

Je me rends à l’aéroport.

Je monte dans l’appareil.

Puis, à partir d’un certain moment, je ne peux plus faire grand-chose.

J’ai posé une intention : aller quelque part.

J’ai réalisé les actions nécessaires pour permettre ce déplacement.

Et ensuite, je dois accepter de ne plus tout maîtriser.

Je ne vais pas frapper à la porte du cockpit toutes les dix minutes pour demander au pilote :

« Vous êtes sûr de la direction ? »

« Pourquoi avons-nous tourné ? »

« Pourquoi descendons-nous ? »

« Pourquoi ça bouge ? »

« Vous êtes certain qu’il ne faudrait pas passer plutôt par là ? »

Ce serait absurde.

Et pourtant, dans notre vie quotidienne, c’est parfois exactement ce que nous faisons avec nous-mêmes.

Nous prenons une décision.

Puis nous doutons.

Nous avançons.

Puis nous revenons en arrière.

Nous ressentons une envie.

Puis nous demandons l’avis de cinq personnes.

Nous posons une intention.

Puis nous voulons immédiatement savoir quand, comment, avec qui et par quel chemin elle va se réaliser.

Nous voulons avancer tout en contrôlant chaque kilomètre du voyage.

Pourquoi avons-nous autant besoin de savoir ?

Le contrôle n’est pas forcément un problème.

Il possède même une fonction essentielle.

Préparer un budget, organiser un déplacement, vérifier un contrat, anticiper certaines difficultés ou prendre des précautions relève simplement du bon sens.

Mais il existe une autre forme de contrôle.

Celle qui apparaît lorsque l’incertitude devient insupportable.

Nous ne cherchons alors plus seulement à organiser notre vie.

Nous cherchons à nous rassurer.

Nous voulons connaître le résultat avant même d’avoir commencé.

Nous voulons la garantie que notre décision est la bonne.

Nous voulons savoir que nous ne perdrons rien.

Que nous ne serons pas rejetés.

Que nous ne nous tromperons pas.

Que personne ne nous critiquera.

Et c’est précisément ici que la question de la sécurité intérieure apparaît.

Plus j’ai besoin que l’extérieur me garantisse que tout va bien se passer, plus je dépends de cet extérieur pour me sentir en sécurité.

Le pilote intérieur

À l’époque où j’avais écrit ce texte, je parlais du cœur comme d’un « pilote invisible ».

J’aime toujours cette image.

Pas parce que notre cœur détiendrait une sorte de GPS magique capable de nous indiquer infailliblement le chemin à suivre.

Mais parce qu’il existe une différence que nous pouvons ressentir entre une décision prise dans la panique et une décision qui semble profondément cohérente avec nous.

Nous avons tous connu ces moments.

Quelque chose nous attire.

Une rencontre.

Un projet.

Un voyage.

Un changement de vie.

Nous ne savons pas encore exactement comment tout va s’organiser, mais quelque chose semble juste.

Puis le mental arrive.

« Oui, mais… »

Et commence alors la longue liste des raisons pour lesquelles nous devrions peut-être attendre.

Parfois ces objections sont pertinentes et doivent être entendues.

Parfois elles ne sont que l’expression de notre peur face à l’inconnu.

La sécurité intérieure ne consiste pas à supprimer cette peur.

Elle consiste à devenir suffisamment stable pour l’entendre sans automatiquement lui donner les commandes.

Faire sa part, puis accepter de ne pas tout maîtriser

L’image de l’avion apporte également une nuance importante.

Lâcher prise ne signifie pas rester assis chez soi en attendant que la vie fasse tout.

Avant d’être dans l’avion, j’ai acheté un billet.

Je me suis rendu à l’aéroport.

J’ai franchi les contrôles.

Je suis monté à bord.

J’ai agi.

Puis, à un moment donné, mon action s’arrête.

C’est cette frontière que je trouve intéressante.

Faire ce qui dépend de moi, puis accepter que tout le reste ne dépende pas de moi.

Je peux préparer un projet professionnel.

Je ne peux pas contrôler la réaction de chaque personne.

Je peux exprimer sincèrement ce que je ressens dans une relation.

Je ne peux pas décider de la réponse de l’autre.

Je peux mettre toutes les chances de mon côté.

Je ne peux pas obtenir une garantie absolue sur le résultat.

Vouloir contrôler cette deuxième partie ne crée pas davantage de sécurité.

Cela crée souvent davantage de tension.

La sécurité intérieure apparaît aussi lorsque nous traversons le brouillard

Lorsque tout va bien, il est relativement facile d’avoir confiance.

Le véritable test arrive lorsque nous ne voyons plus la piste.

Lorsque notre projet n’avance pas aussi rapidement que prévu.

Lorsque quelqu’un ne répond pas.

Lorsque nous devons prendre une décision sans disposer de toutes les informations.

Lorsque quelque chose bouge dans notre vie et que nous ne savons pas encore exactement où cela va nous conduire.

C’est notre brouillard.

Et nous avons alors deux possibilités.

Essayer désespérément de supprimer toute incertitude avant d’avancer.

Ou développer suffisamment de sécurité intérieure pour avancer malgré une part d’incertitude.

Cela ne signifie pas :

« Tout ira forcément bien. »

Personne ne peut le garantir.

Cela signifie plutôt :

« Quoi qu’il arrive, j’ai confiance dans ma capacité à m’adapter à ce que je rencontrerai. »

Et cette confiance-là change énormément de choses.

Lâcher prise n’est pas renoncer

Nous confondons parfois lâcher prise et abandonner.

Ce sont deux choses très différentes.

Abandonner peut signifier renoncer à ce qui compte pour nous.

Lâcher prise consiste plutôt à renoncer à l’idée de devoir contrôler exactement la manière dont cela doit arriver.

Je sais dans quelle direction je souhaite aller.

Je fais ce que je peux aujourd’hui.

Puis je regarde ce qui se présente.

J’ajuste.

J’apprends.

Je continue.

Il y a beaucoup plus de mouvement dans cette posture qu’il n’y paraît.

Parce que toute l’énergie qui était utilisée à anticiper cent scénarios différents redevient disponible pour vivre celui qui se déroule réellement.

Revenir à l’instant présent

Lorsque j’avais écrit ce texte, je sortais de huit jours particulièrement intenses.

J’avais énormément partagé.

Et j’avais énormément reçu.

J’étais profondément reconnaissant de ce que je venais de vivre.

Ce sentiment m’avait ramené à quelque chose de très simple : pendant que notre mental essaie de prévoir demain, la vie se déroule maintenant.

La sécurité intérieure n’est donc pas la certitude de savoir où notre avion va passer à chaque instant.

C’est savoir pourquoi nous sommes montés dedans.

C’est avoir suffisamment confiance pour ne pas vouloir reprendre les commandes à la moindre turbulence.

C’est également rester capable de changer de destination lorsque nous découvrons qu’elle ne nous correspond plus.

Faire notre part.

Écouter ce qui se passe en nous.

Agir lorsque l’action nous appartient.

Puis accepter qu’une partie du voyage restera toujours imprévisible.

Parce que nous pouvons passer notre existence à essayer d’éliminer le brouillard.

Ou apprendre progressivement à avancer sans avoir besoin de voir toute la route.

Et peut-être que la véritable sécurité intérieure commence précisément ici :

non pas lorsque nous sommes certains que rien ne va arriver, mais lorsque nous découvrons que nous pouvons rester solides même lorsque nous ne savons pas exactement ce qui va arriver.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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