Retour expérience immersion à domicile

Pourquoi changer d’environnement peut aider à retrouver sa sécurité intérieure

Cette semaine-là, j’avais décidé de tester quelque chose de nouveau.

Depuis quelque temps, je proposais des accompagnements en immersion. L’idée était de sortir complètement une personne de son quotidien pendant plusieurs jours afin de créer une véritable rupture avec ses habitudes.

Mais ce format représente forcément un investissement.

J’ai donc voulu expérimenter une formule qui pourrait être moins coûteuse et plus accessible : réaliser l’immersion directement au domicile de la personne.

Sur le papier, l’idée semblait intéressante.

Dans la réalité, cette expérience m’a surtout permis de comprendre pourquoi le changement d’environnement avait autant d’importance dans ma manière d’accompagner.

Et aujourd’hui, avec mon travail autour de la sécurité intérieure, cette ancienne expérience prend encore une autre dimension.

Notre environnement n’est jamais complètement neutre

Nous pensons souvent que notre logement n’est qu’un décor.

Pourtant, lorsque nous rentrons chez nous, nous retrouvons bien davantage que des murs et des meubles.

Nous retrouvons nos habitudes.

Notre fauteuil.

Notre place à table.

Notre chambre.

Les objets que nous regardons depuis des années.

Les gestes que nous réalisons sans même y penser.

Et tout cet environnement est associé à notre quotidien.

C’est notamment pour cela qu’il peut être difficile de changer profondément quelque chose dans notre fonctionnement tout en restant plongé en permanence dans les mêmes habitudes.

Le problème n’est pas la maison elle-même.

Le problème est que notre environnement contient énormément de déclencheurs associés à ce que nous connaissons déjà.

Or la sécurité intérieure possède un paradoxe intéressant.

Nous avons besoin de sécurité pour évoluer, mais notre cerveau peut facilement confondre sécurité et familiarité.

Et ce qui est familier n’est pas nécessairement ce qui nous fait du bien.

Une arrivée qui ne s’est pas exactement passée comme prévu

Je partais donc rejoindre cette cliente à son domicile.

En arrivant vers Auxerre, un voyant rouge s’est allumé sur le tableau de bord de ma voiture : problème de charge électrique.

Il me restait encore environ deux heures de route.

J’ai continué.

À quelques kilomètres de l’arrivée, alors que je traversais un long tunnel, la situation s’est sérieusement dégradée.

L’autoradio s’est arrêté.

Puis certaines lumières du tableau de bord.

Les équipements électriques ont progressivement cessé de fonctionner alors que le moteur continuait encore à tourner.

Je ne vais pas prétendre aujourd’hui qu’une panne d’alternateur était provoquée par « les énergies » de ma cliente.

Ce serait transformer mon interprétation de l’époque en relation de cause à effet.

Mais je me souviens parfaitement de la manière dont j’ai vécu cette situation.

Il y avait deux choses en moi.

La peur de tomber en panne au milieu du tunnel.

Et cette volonté de rester suffisamment calme pour continuer à avancer.

Finalement, je suis sorti du tunnel.

Le GPS indiquait deux kilomètres.

J’ai rejoint ma destination et découvert, pratiquement au pied de l’immeuble, un garage Citroën.

Je me suis garé.

La voiture s’est arrêtée.

Impossible de repartir.

Puis j’entre dans l’environnement de ma cliente

Une fois arrivé chez elle, j’ai découvert son univers.

Un appartement très chargé visuellement et une installation électrique vieillissante dont plusieurs prises ne fonctionnaient plus.

À cette époque, j’interprétais énormément ce que je rencontrais à travers une lecture énergétique.

Ma voiture rencontrait un problème électrique.

Son appartement avait des problèmes électriques.

Le lendemain matin, nous sommes allés prendre un café et nous nous sommes retrouvés près d’une fenêtre dont le volet métallique était bloqué en position fermée.

Dans mon langage de l’époque, j’y voyais immédiatement une symbolique : quelque chose empêchait la lumière d’entrer.

Puis, le jour suivant, l’un des volets de son propre appartement s’est également retrouvé bloqué.

Je pourrais construire toute une théorie autour de cette succession d’événements.

Mais aujourd’hui, ce n’est finalement pas ce qui m’intéresse le plus.

Ce qui m’intéresse, c’est ce qui s’est passé dans l’accompagnement.

Sortir d’un fonctionnement automatique demande parfois de sortir du décor

Le premier jour, nous avions réussi à créer du mouvement.

La personne avait commencé à prendre de la distance avec certains automatismes.

Le travail avançait.

Puis elle est retournée dans son quotidien.

Même chambre.

Même appartement.

Mêmes repères.

Mêmes habitudes.

Et le lendemain matin, j’ai eu le sentiment de devoir pratiquement recommencer.

C’est là que cette expérience est devenue extrêmement intéressante pour moi.

Je pensais qu’une immersion consistait essentiellement à passer beaucoup de temps avec une personne.

J’ai compris qu’elle reposait également sur la rupture avec l’environnement habituel.

Lorsque nous changeons de lieu, nous pouvons momentanément nous débarrasser d’une partie de nos automatismes.

Nous ne savons plus exactement où nous asseoir.

Nos horaires changent.

Nos habitudes sont perturbées.

Nous devons être davantage présents à ce que nous faisons.

Et cette rupture peut créer un espace particulièrement intéressant pour observer notre fonctionnement.

Notre sécurité intérieure ne doit pourtant pas dépendre d’un lieu

Attention à une confusion.

Je ne pense pas aujourd’hui qu’il faille vivre dans un environnement parfait pour aller bien.

Sinon, nous remplacerions simplement une dépendance par une autre.

« Je vais bien uniquement dans la nature. »

« Je vais bien uniquement lorsque je suis seul. »

« Je vais bien uniquement dans cette maison. »

« Je vais bien uniquement lorsque personne ne me dérange. »

Ce n’est pas encore de la sécurité intérieure.

La sécurité intérieure consiste justement à développer progressivement la capacité à rester suffisamment stable même lorsque l’environnement n’est pas exactement celui que nous aurions choisi.

Mais pour apprendre cela, sortir temporairement du quotidien peut être particulièrement utile.

C’est un peu comme apprendre à entendre une musique très faible.

Au milieu du bruit, c’est difficile.

Nous pouvons commencer par couper le bruit.

Puis, progressivement, apprendre à reconnaître cette musique même lorsque le monde recommence à s’agiter autour de nous.

Le coach ne doit pas devenir la sécurité de son client

Cette expérience m’a également permis de comprendre quelque chose d’important sur ma posture d’accompagnant.

À l’époque, j’écrivais que la personne devait « se nourrir de mes énergies ».

Aujourd’hui, cette formulation me dérange.

Parce que mon objectif n’est précisément pas qu’une personne ait besoin de moi pour aller bien.

Si elle se sent forte uniquement lorsque Stéphane est à côté d’elle, je n’ai pas développé sa sécurité intérieure.

J’ai créé une dépendance.

Le rôle d’un accompagnant devrait être exactement l’inverse.

Créer un cadre suffisamment sécurisant pour permettre à la personne d’expérimenter autre chose, puis lui rendre progressivement toute son autonomie.

Je peux éclairer.

Questionner.

Confronter parfois.

Créer les conditions d’une expérience différente.

Mais à la fin, la personne doit pouvoir repartir sans moi.

Aider n’est pas sauver

À la fin de cette immersion, j’étais fatigué.

Ma voiture était immobilisée.

J’avais dû annuler deux rendez-vous.

La prestation avait été moins productive que mes immersions habituelles et financièrement moins intéressante.

À cette époque, j’ai interprété l’ensemble comme la conséquence du fait d’avoir « baissé mes énergies » pour rejoindre celles de quelqu’un d’autre.

Aujourd’hui, j’y vois surtout une leçon beaucoup plus simple :

j’avais essayé d’adapter excessivement mon cadre pour rendre mon accompagnement accessible.

Mon intention était bonne.

Mais un accompagnement moins cher qui devient moins efficace, plus fatigant et plus compliqué pour tout le monde n’est pas nécessairement une bonne solution.

Vouloir aider quelqu’un ne signifie pas devoir modifier toutes nos limites.

C’est précisément ici que le triangle de Karpman peut devenir intéressant.

Lorsque je bascule dans le rôle du sauveur, je peux commencer à faire à la place de l’autre, porter ce qui ne m’appartient pas ou accepter des conditions qui ne sont plus justes pour moi.

Et tôt ou tard, je m’épuise.

Un cadre sécurisant permet d’aller plus loin

Cette expérimentation m’a donc conduit à arrêter les immersions à domicile.

Non parce que le logement d’une personne serait rempli de « mauvaises énergies ».

Mais parce que j’avais constaté que sortir du cadre quotidien facilitait le travail que je souhaitais proposer.

Un lieu différent crée une coupure.

Il diminue certaines sollicitations.

Il permet de ralentir.

Il ouvre un espace où nous pouvons observer nos automatismes avant de retourner dans notre vie réelle avec un regard différent.

Et finalement, c’est exactement ce que je recherche encore aujourd’hui lorsque je parle de sécurité intérieure.

Il ne s’agit pas de fuir notre vie.

Il s’agit parfois d’en sortir quelques heures ou quelques jours pour parvenir enfin à la regarder.

Puis d’y retourner.

Parce que le véritable objectif n’est jamais de devenir parfaitement serein lorsque toutes les conditions extérieures sont idéales.

Le véritable changement commence lorsque nous retournons dans notre quotidien et que, face aux mêmes personnes, aux mêmes contraintes et parfois aux mêmes « grains de sable », nous ne réagissons plus exactement comme avant.

C’est là que nous pouvons mesurer le chemin parcouru.

Notre environnement n’a peut-être pas encore changé.

Mais l’endroit intérieur depuis lequel nous le vivons, lui, a commencé à changer.

Et c’est précisément là que commence la sécurité intérieure.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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