Comment gérer votre colère ?

Comment gérer sa colère sans la laisser diriger sa vie ?

La colère a longtemps été une émotion que je considérais comme négative.

Une vibration basse.

Quelque chose qu’il fallait évacuer au plus vite pour retrouver de l’amour, de la gratitude et de la sérénité.

Aujourd’hui, mon regard a évolué.

Je ne pense plus que la colère soit nécessairement un poison. Je pense surtout qu’elle peut le devenir lorsqu’elle s’installe durablement, qu’elle tourne en boucle dans notre tête et qu’elle commence à décider de nos comportements.

Parce qu’avant de vouloir éliminer la colère, il peut être intéressant de se demander pourquoi elle est là.

Et surtout : depuis quel endroit intérieur vais-je répondre à ce qui vient de me mettre en colère ?

C’est ici que la sécurité intérieure prend tout son sens.

La colère n’arrive pas sans raison

Vous ouvrez Facebook et vous tombez sur une publication qui vous révolte.

Vous regardez les informations et une décision politique vous met hors de vous.

Quelqu’un vous manque de respect.

Votre conjoint prononce une phrase qui vous fait immédiatement réagir.

Un automobiliste vous coupe la route.

Un client vous plante au dernier moment.

Votre enfant fait quelque chose que vous lui avez déjà demandé vingt fois de ne plus faire.

Et la colère monte.

Le cœur accélère, le corps se tend, le ton de la voix change et le mental commence parfois à construire tout un scénario autour de ce qui vient de se passer.

Le problème n’est pas nécessairement cette première montée émotionnelle.

La question est de savoir ce que nous allons en faire.

Derrière la colère, quelque chose cherche souvent à être entendu

La colère peut nous signaler qu’une limite a été franchie.

Elle peut révéler une frustration.

Une injustice ressentie.

Une peur.

Un besoin qui n’a pas été respecté.

Une accumulation de fatigue.

Une ancienne blessure qui vient d’être réveillée.

C’est pourquoi vouloir immédiatement faire disparaître la colère peut nous faire passer à côté de son message.

Imaginons que quelqu’un vous parle régulièrement d’une manière que vous trouvez irrespectueuse.

Vous pouvez méditer.

Respirer.

Visualiser.

Essayer de retrouver votre calme.

Tout cela peut vous aider.

Mais si vous ne posez jamais votre limite, la situation risque de recommencer.

La sécurité intérieure n’est donc pas uniquement la capacité à retrouver le calme.

C’est également la capacité à entendre ce que l’émotion nous raconte, puis à agir avec discernement.

Attention à ce que vous laissez entrer dans votre espace mental

Il existe cependant une autre forme de colère.

Celle que nous alimentons continuellement.

Nous pouvons passer une heure à regarder des contenus qui nous révoltent, puis continuer à y penser pendant trois heures.

Nous pouvons lire les commentaires.

Répondre.

Argumenter.

Partager.

Chercher une nouvelle publication sur le même sujet.

Et finalement consacrer une partie considérable de notre énergie à quelque chose sur lequel nous n’avons parfois aucune possibilité d’action immédiate.

Les médias ou les réseaux sociaux ne sont pas responsables à eux seuls de notre état intérieur.

En revanche, nous pouvons devenir responsables de la manière dont nous les consommons.

Si un contenu vous informe et vous permet ensuite d’agir, très bien.

Mais s’il vous met quotidiennement en colère sans rien produire d’autre qu’une agitation intérieure, il peut être utile de vous demander pourquoi vous continuez à lui donner autant de place.

Protéger sa sécurité intérieure, c’est aussi choisir consciemment ce à quoi nous donnons notre attention.

Faut-il « évacuer » sa colère ?

Je préfère aujourd’hui parler de traverser la colère plutôt que de l’évacuer.

Parce qu’une émotion n’est pas un déchet dont il faudrait absolument se débarrasser.

Elle est là.

Nous pouvons commencer par reconnaître simplement :

« Là, je suis en colère. »

Sans chercher immédiatement un coupable.

Sans nous juger.

Sans nous raconter que nous ne devrions pas ressentir cela.

Et surtout sans agir automatiquement sous son impulsion.

Car c’est souvent là que commencent les dégâts.

Un message envoyé trop rapidement.

Une parole blessante.

Une publication écrite sous le coup de l’émotion.

Une décision radicale.

Une dispute qui prend des proportions démesurées.

Lorsque notre système intérieur est en état d’alerte, ce n’est pas toujours le meilleur moment pour prendre une décision importante.

Nous pouvons donc créer un espace entre l’émotion et l’action.

Un exercice de visualisation pour déposer sa colère

Je partage depuis longtemps une visualisation très simple que vous pouvez utiliser lorsque vous sentez que la colère prend trop de place.

Elle n’a rien de magique.

Considérez-la simplement comme un support pour vous poser, revenir à vous et symboliquement déposer ce que vous portez.

Installez-vous quelques minutes dans un endroit calme.

Fermez les yeux si vous êtes à l’aise avec cela.

Respirez tranquillement.

Puis imaginez devant vous un grand drap blanc posé au sol.

Sur ce drap, déposez mentalement tout ce qui vous encombre à cet instant.

Votre colère.

Votre frustration.

Les paroles que vous auriez envie de prononcer.

L’événement qui tourne dans votre tête.

Ce que vous trouvez injuste.

Vous n’avez pas besoin de censurer ce qui vient.

Vous pouvez simplement le déposer.

Le baluchon

Lorsque vous sentez que vous avez suffisamment déposé, imaginez que vous prenez les quatre coins du drap.

Vous les rassemblez.

Vous formez un grand baluchon contenant symboliquement tout ce que vous venez de poser.

Puis vous faites un nœud.

Vous pouvez maintenant imaginer que vous emportez ce baluchon jusqu’à un endroit qui vous apaise.

Dans mon exercice initial, j’utilisais la mer.

Vous pouvez conserver cette image si elle vous parle.

Imaginez l’océan devant vous.

Puis laissez partir le baluchon.

Il ne s’agit pas de nier ce qui s’est passé.

Vous ne dites pas que l’autre avait raison.

Vous ne dites pas que l’événement était acceptable.

Vous choisissez simplement de ne plus porter la charge émotionnelle de la même manière.

Restez quelques instants avec cette sensation.

Observez votre respiration.

Votre poitrine.

Votre ventre.

Votre visage.

Qu’est-ce qui change ?

Remettre quelque chose à la place

Dans ma visualisation originale, j’imaginais ensuite le soleil.

J’aime toujours cette image.

Imaginez sa lumière au-dessus de vous.

Puis visualisez, si cela vous convient, cette lumière qui descend progressivement jusqu’à votre poitrine.

Vous pouvez la considérer comme de l’amour, de la chaleur, de l’apaisement ou simplement comme une image agréable.

Laissez-la prendre la place qui vient de se libérer.

Respirez.

Et revenez progressivement dans l’instant présent.

Retrouver le calme n’est que la première étape

Il reste ensuite une question essentielle :

qu’est-ce que cette colère voulait me dire ?

Parce que si vous faites cet exercice chaque soir pour supporter une situation profondément contraire à vos valeurs toute la journée, nous passons à côté du sujet.

Peut-être avez-vous une limite à poser.

Une conversation à avoir.

Une décision à prendre.

Une habitude à modifier.

Un environnement à quitter.

Ou peut-être découvrirez-vous au contraire que vous consacriez énormément d’énergie à quelque chose qui, finalement, ne mérite pas autant de place dans votre vie.

La colère peut ainsi devenir une information plutôt qu’un pilote.

La sécurité intérieure crée un espace de choix

Pour moi, c’est là toute la différence.

Lorsque je manque de sécurité intérieure, quelque chose se produit à l’extérieur et ma réaction devient presque automatique.

On me provoque, je réponds.

On me critique, je me défends.

On m’agresse verbalement, j’agresse à mon tour.

On me déçoit, je coupe.

Mon environnement appuie sur un bouton et déclenche immédiatement quelque chose en moi.

Plus je développe ma sécurité intérieure, plus un espace apparaît entre ce qui se passe et ce que je décide d’en faire.

Je peux être en colère sans devenir ma colère.

Je peux ne pas être d’accord sans entrer dans la violence.

Je peux poser une limite sans chercher à détruire l’autre.

Je peux quitter une situation sans passer les six prochains mois à la ruminer.

Je peux même reconnaître que quelque chose m’a profondément touché sans considérer cela comme une faiblesse.

C’est peut-être cela, finalement, devenir plus solide intérieurement.

Non pas ne plus rien ressentir.

Mais ne plus laisser chaque émotion prendre immédiatement les commandes.

Alors la prochaine fois que la colère se présente, avant de vouloir la chasser, écoutez-la.

Demandez-vous ce qu’elle protège.

Ce qu’elle révèle.

Ce qu’elle vous invite peut-être à changer.

Puis revenez au calme avant de décider.

Parce que la sécurité intérieure ne nous demande pas de choisir entre la colère et l’amour.

Elle nous apprend à accueillir la première sans perdre notre capacité à revenir au second.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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