L’attention que nous portons à nos enfants

Donner du temps à ses enfants : construire aujourd’hui leur sécurité intérieure de demain

Le bonheur se cache souvent dans des moments extrêmement simples.

Une discussion dans la voiture. Une promenade. Un jeu. Un repas pendant lequel personne ne regarde son téléphone. Quelques minutes assis ensemble à ne rien faire de particulier.

Et pourtant, dans une société qui nous pousse constamment à faire davantage, gagner davantage, posséder davantage et remplir nos journées, ces moments simples peuvent progressivement disparaître.

Nous pouvons alors nous retrouver dans une situation paradoxale : travailler énormément pour offrir « le meilleur » à nos enfants tout en ayant de moins en moins de temps réellement disponible pour eux.

Cela mérite peut-être de nous interroger.

Parce qu’un enfant n’a pas uniquement besoin de confort matériel.

Il a besoin de sentir qu’il compte.

Et cette sensation participe profondément à la construction de sa sécurité intérieure.

L’attention est une nourriture relationnelle

Lorsque je parle d’attention, je ne veux pas dire qu’un parent doit être disponible en permanence pour son enfant.

Ce serait irréaliste et probablement pas souhaitable.

Un enfant a aussi besoin de frustration, d’autonomie, d’expérimenter et de découvrir progressivement qu’il peut exister sans être continuellement au centre de l’attention de ses parents.

Mais il a également besoin de moments où il peut sentir :

« Là, maintenant, mon père ou ma mère est vraiment avec moi. »

Il existe une différence considérable entre être physiquement dans la même pièce qu’un enfant et être réellement présent avec lui.

Nous pouvons passer deux heures à proximité de notre enfant sans véritablement le rencontrer.

Téléphone dans la main.

Télévision allumée.

Esprit préoccupé par le travail.

Notifications qui arrivent.

Pensées tournées vers les problèmes de demain.

Le corps est présent.

L’attention ne l’est pas.

La sécurité intérieure commence aussi dans la relation

Au cours de son développement, l’enfant construit progressivement sa manière d’entrer en relation avec lui-même, avec les autres et avec le monde.

La qualité des interactions avec les adultes qui prennent soin de lui joue un rôle important dans cette construction, même si elle n’en détermine évidemment pas à elle seule tout son avenir.

Un enfant qui bénéficie d’une présence suffisamment stable et sécurisante peut progressivement intégrer quelque chose d’essentiel :

Je peux exprimer un besoin.

Je peux être entendu.

Je peux vivre une émotion sans perdre l’amour de l’autre.

Je peux explorer le monde et retrouver une base sécurisante lorsque j’en ai besoin.

Cette expérience répétée participe à la construction de ressources intérieures qui pourront l’accompagner en grandissant.

Nous retrouvons précisément ce que j’appelle aujourd’hui la sécurité intérieure : cette capacité à rester suffisamment stable lorsque l’extérieur devient incertain.

Quinze minutes peuvent parfois valoir beaucoup plus qu’une après-midi

Nous avons tendance à associer la qualité d’une relation à la quantité de temps disponible.

Bien sûr, le temps compte.

Mais sa qualité compte énormément également.

Imaginez quinze minutes pendant lesquelles vous êtes entièrement disponible pour votre enfant.

Pas de téléphone.

Pas de télévision.

Pas de tâche effectuée en même temps.

Vous êtes là.

Vous jouez avec lui. Vous l’écoutez. Vous marchez ensemble. Vous discutez. Vous lui demandez ce qui lui plaît actuellement, ce qui lui fait peur, ce qui l’a fait rire dans sa journée.

Ces quinze minutes peuvent créer une connexion bien plus profonde qu’une après-midi entière passée ensemble avec une attention constamment fragmentée.

Plutôt que de chercher immédiatement à dégager plusieurs heures que vous n’avez peut-être pas, commencez par créer de petits rendez-vous de présence réelle.

Chaque enfant a aussi besoin d’exister individuellement

Dans une famille avec plusieurs enfants, il existe une autre dimension que je trouve importante : le temps individuel.

Un moment en famille est précieux.

Mais il ne remplace pas nécessairement un moment seul avec papa ou seul avec maman.

Pendant ces instants, l’enfant n’est plus « l’un des enfants ».

Il existe dans une relation individuelle.

Cela peut être quinze minutes pour aller chercher du pain ensemble, une petite promenade, cuisiner quelque chose, discuter avant de dormir ou simplement s’asseoir quelque part.

Il n’est pas nécessaire de transformer ces moments en activités extraordinaires.

L’enfant n’a pas toujours besoin d’être diverti.

Il a surtout besoin d’être rencontré.

Apprendre également à ne rien faire

C’est probablement devenu l’un des apprentissages les plus difficiles de notre époque.

Le silence.

L’ennui.

L’absence de stimulation.

Dès qu’un moment vide apparaît, un écran peut immédiatement venir le remplir.

Or un enfant a aussi besoin d’apprendre progressivement à rester avec lui-même.

Sans vidéo.

Sans jeu.

Sans programme.

Sans adulte chargé de l’occuper en permanence.

L’ennui n’est pas nécessairement un problème à résoudre.

Il peut devenir un espace dans lequel l’enfant imagine, crée, observe, rêve ou découvre simplement son propre monde intérieur.

Et cet apprentissage me semble également participer à sa sécurité intérieure.

Car un adulte qui ne supporte plus quelques minutes seul avec lui-même risque de chercher constamment quelque chose à l’extérieur pour remplir cet espace.

La présence des parents n’a pas besoin d’être parfaite

Il faut aussi sortir d’une culpabilité inutile.

Aucun parent n’est disponible, calme et attentif en permanence.

Nous travaillons.

Nous avons des problèmes.

Nous sommes parfois fatigués.

Nous pouvons avoir besoin de regarder notre téléphone, de souffler ou simplement d’être seuls.

La sécurité intérieure d’un enfant ne repose pas sur des parents parfaits.

Ce qui compte davantage est la possibilité de retrouver régulièrement une relation dans laquelle chacun peut être présent, écouté et respecté.

Il est même précieux qu’un enfant découvre que son parent possède lui aussi des limites et des besoins.

C’est une autre manière de lui apprendre l’équilibre.

Finalement, c’est une question de priorité

Nous disons souvent :

« Je n’ai pas le temps. »

Parfois, c’est réellement le cas. Certaines périodes de vie imposent des contraintes considérables.

Mais il peut aussi être utile d’observer très concrètement notre emploi du temps.

Combien de temps consacrons-nous chaque jour aux écrans ?

Aux réseaux sociaux ?

À des obligations que nous nous imposons ?

À la recherche d’un confort matériel supplémentaire ?

Et combien de temps consacrons-nous à ce qui compte profondément pour nous ?

Nos priorités ne sont pas seulement celles que nous déclarons.

Elles deviennent visibles dans la manière dont nous utilisons notre temps.

Alors peut-être pouvons-nous nous poser une question très simple :

Quel souvenir de ma présence suis-je en train de construire aujourd’hui chez mon enfant ?

Nous ne maîtriserons jamais l’adulte qu’il deviendra.

Mais nous pouvons lui offrir aujourd’hui des expériences répétées de présence, d’écoute, d’autonomie et de sécurité.

Et parfois, cela commence simplement par poser son téléphone pendant quinze minutes, regarder son enfant et lui faire sentir, sans même avoir besoin de le dire :

« Je suis là. Tu comptes. Et pendant quelques instants, je n’ai rien de plus important que toi. »

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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