Dimanche 4 janvier : premier dimanche de l’année… résolutions conscientes ou injonctions inconscientes ?
Nous sommes le dimanche 4 janvier, premier dimanche de l’année.
Et je te pose une question simple, mais radicale :
Est-ce que tu es en train de poser de nouvelles résolutions… ou de nourrir des injonctions inconscientes ?
Parce qu’entre ce qu’on croit choisir et ce qui nous pilote vraiment, il y a parfois un monde. Et le dimanche est un terrain parfait pour voir ça. Le dimanche, c’est un jour “à part”… mais aussi un jour très chargé. Chargé de symboles. Chargé d’habitudes. Chargé de souvenirs. Chargé d’attentes.
Et souvent, sans t’en rendre compte, tu n’es pas en train de vivre ton dimanche…
Tu es en train de rejouer une programmation.
Le dimanche : un jour neutre… devenu un théâtre intérieur
Objectivement, le dimanche n’est qu’un jour. Un morceau de temps. Une suite d’heures.
Mais dans la réalité émotionnelle, dans la réalité énergétique, dans la réalité inconsciente… le dimanche est tout sauf neutre.
Pour beaucoup, le dimanche active des couches profondes :
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le droit (ou non) au repos
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la culpabilité de ne “rien faire”
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le besoin de “rentabiliser” la journée
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la peur du lundi
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la nostalgie du passé
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l’attente de “faire famille”
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la nécessité d’être “comme il faut”
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l’angoisse de ne pas être à la hauteur de l’année qui commence
Et c’est là que ça devient intéressant : ce n’est pas ton dimanche qui te pèse.
Ce sont les injonctions invisibles que ton ego transporte.
La Madeleine de Proust du dimanche : poulet frit, mamie, et besoin d’être aimé
Je veux évoquer quelque chose de très humain, très simple, et pourtant très puissant : les souvenirs d’enfance du dimanche.
Tu vois l’image ?
Le dimanche chez mamie.
Le repas qui sent bon dès la fin de la matinée.
Le poulet frit, ou le rôti, ou les patates au four.
La table. Les voix. Les habitudes. Les rituels.
La sieste sur le canapé.
La télé en fond.
Le dessert “de toujours”.
Les mêmes blagues. Les mêmes phrases.
Et surtout… une sensation diffuse : “ici, je suis à ma place”.
C’est ça, la Madeleine de Proust. Et ce n’est pas “juste un souvenir”. C’est une empreinte. Une empreinte émotionnelle. Une empreinte de sécurité. Une empreinte d’amour.
Et l’ego adore ça.
Parce que l’ego, au fond, cherche une chose : être rassuré.
Il veut sentir qu’il est reconnu. Qu’il appartient. Qu’il est aimé.
Et pour ça, il se nourrit de repères. De rituels. De répétitions.
Le problème, ce n’est pas d’aimer ces souvenirs. Le problème, c’est quand tu les utilises pour te remplir.
Quand tu cherches à recréer le dimanche “comme avant”, non pas par joie… mais pour calmer une peur.
Quand tu manges, non pas parce que ton corps en a besoin… mais pour retrouver une sensation affective.
Quand tu reproduis un rituel, non pas par plaisir… mais pour ne pas sentir un vide.
L’ego ne dit pas : “j’ai besoin d’être aimé”.
Il dit : “j’ai besoin que ce soit comme avant”.
Il dit : “j’ai besoin que le dimanche ressemble à quelque chose”.
Il dit : “j’ai besoin de ma routine”.
Il dit : “j’ai besoin d’un signe”.
Et si tu observes bien… tu verras que beaucoup de “petits plaisirs” du dimanche sont parfois des pansements émotionnels.
Pourquoi le premier dimanche de l’année amplifie tout
Le premier dimanche de l’année a une charge particulière.
Il y a l’idée de “nouveau départ”.
Il y a l’idée de “nouvelle version de moi”.
Il y a l’idée de “résolutions”.
Il y a aussi une pression implicite : “cette année, je dois faire mieux”.
Et dans le même temps… c’est dimanche. Donc “il faut se reposer”. Mais aussi “il faudrait s’organiser”. Mais aussi “il faut profiter”. Mais aussi “il ne faut pas perdre de temps”.
C’est exactement là que les injonctions deviennent incohérentes et commencent à te vider.
Les injonctions inconscientes typiques du dimanche (et leurs contradictions)
Je te propose une lecture brute, exhaustive, sans joli packaging.
Lis cette liste lentement, et sens ce que ça déclenche en toi. Parce que ce n’est pas intellectuel : c’est corporel.
1) Repos vs performance
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“Le dimanche, tu dois te reposer.”
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“Tu as le droit de dormir.”
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“Grasse matinée, tu l’as mérité.”
Mais en même temps :
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“Si tu dors trop, tu gâches ta journée.”
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“Se lever tard, c’est être fainéant.”
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“Les gens qui réussissent se lèvent tôt.”
2) Déconnexion vs contrôle
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“Coupe avec le boulot.”
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“Déconnecte.”
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“Repose ton cerveau.”
Mais en même temps :
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“Prépare ta semaine.”
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“Anticipe lundi.”
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“Réponds si c’est important.”
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“Juste un petit œil aux messages.”
3) Liberté vs obligations
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“Fais ce que tu veux.”
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“Prends du temps pour toi.”
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“Tu es libre.”
Mais en même temps :
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“Il faut voir la famille.”
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“Il faut appeler.”
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“Il faut faire un repas.”
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“Il faut être présent.”
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“Il faut faire plaisir.”
4) Plaisir vs culpabilité
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“Fais-toi plaisir.”
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“Profite.”
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“Détends-toi.”
Mais en même temps :
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“Ne mange pas n’importe quoi.”
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“Fais attention.”
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“Tu exagères.”
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“Tu vas le payer demain.”
5) Corps vs discipline
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“Écoute ton corps.”
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“Repose-toi.”
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“Respecte ton rythme.”
Mais en même temps :
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“Fais du sport.”
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“Va marcher.”
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“Bouge, sinon tu t’entretiens mal.”
6) Être ensemble vs être irréprochable
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“Le dimanche, c’est la famille.”
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“On se retrouve.”
Mais en même temps :
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“Sois agréable.”
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“Ne fais pas de vagues.”
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“Ne parle pas de sujets qui fâchent.”
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“Souris.”
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“Fais bonne figure.”
7) Le piège final : “sois toi… mais conforme”
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“Sois toi-même.”
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“Fais ce qui te fait du bien.”
Mais en même temps :
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“Pas comme ça.”
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“Pas trop.”
-
“Pas devant les autres.”
-
“Pas si ça dérange.”
Tu sens l’absurdité ?
Ce sont des injonctions qui tirent dans tous les sens. Et si tu essaies d’obéir à tout… tu finis épuisé, frustré, ou coupable.
Les résolutions : choix du cœur ou nouvelle couche d’ego ?
Parlons des “bonnes résolutions”.
Je ne suis pas contre les résolutions. Mais je suis très attentif à une chose :
d’où elles partent.
Il y a deux sources possibles :
1) La résolution qui vient d’un élan conscient
Elle part d’un ressenti juste.
Elle est simple.
Elle respecte ton rythme.
Elle ne te met pas en guerre contre toi-même.
Elle ne cherche pas à prouver quelque chose aux autres.
Elle ressemble à :
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“J’ai envie de prendre soin de mon énergie.”
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“J’ai envie d’un cadre plus sain.”
-
“J’ai envie d’être plus vrai.”
-
“J’ai envie de simplifier.”
2) La résolution qui vient d’une injonction
Elle part d’un manque.
Elle part d’une honte.
Elle part d’une peur.
Elle part d’un besoin de validation.
Elle ressemble à :
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“Il faut que je change.”
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“Je dois être mieux.”
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“Je dois arrêter d’être comme ça.”
-
“Cette année, je vais prouver.”
-
“Cette année, je ne peux pas échouer.”
Et là, attention : si ta résolution est construite sur une couche d’ego, tu peux être sûr d’une chose…
tu vas te battre contre toi-même.
Et tu vas épuiser ton énergie.
Le dimanche : révélateur parfait de ton inconscient
Le dimanche est un révélateur, parce qu’il retire (un peu) la structure habituelle.
La semaine, tu as des horaires, des obligations, des cadres. Tu “tiens”.
Le dimanche, les cadres tombent… et ce qui était contenu remonte.
C’est souvent là que tu vois :
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ta relation au vide
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ta relation au repos
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ta relation à la culpabilité
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ta relation à la nourriture
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ta relation à la famille
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ta relation au temps
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ta relation à toi-même
Et si tu observes sans te juger, tu peux transformer ce jour en laboratoire de conscience.
Un exercice simple, aujourd’hui, pour distinguer résolution et injonction
Je te propose un exercice très concret. Il tient en 5 minutes, mais il peut changer ton année.
Prends une feuille (ou les notes de ton téléphone) et réponds à ces questions :
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Aujourd’hui, qu’est-ce que je fais par élan réel ?
-
Qu’est-ce que je fais par peur, par habitude, ou pour “faire comme il faut” ?
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Qu’est-ce que je fais pour être aimé, reconnu, validé ?
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Qu’est-ce que je fais pour éviter de ressentir un vide ?
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Si je n’avais rien à prouver à personne, je ferais quoi aujourd’hui ?
Ne cherche pas à être “bien”. Cherche à être vrai.
Ensuite, une question-clé :
Est-ce que mon corps se détend quand j’imagine mon choix… ou est-ce qu’il se contracte ?
Le corps ne ment pas.
L’inconscient parle par les sensations.
La nostalgie : un trésor… ou une prison
Revenons à la Madeleine de Proust.
Les souvenirs d’enfance peuvent être un trésor. Ils te reconnectent à la tendresse. Ils te rappellent des racines. Ils te redonnent une sensation de chaleur intérieure.
Mais ils peuvent aussi devenir une prison, si tu cherches à revivre le passé pour compenser un manque présent.
Le point d’équilibre, c’est celui-ci :
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Honorer le souvenir, sans t’y accrocher.
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Recevoir l’émotion, sans en dépendre.
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Aimer le rituel, sans en faire une condition de sécurité.
Parce que ta sécurité, aujourd’hui, n’a plus besoin de venir uniquement d’un poulet frit chez mamie.
Elle peut venir de toi.
De ta présence.
De ton cadre intérieur.
De ta capacité à te donner ce que tu attends du monde.
C’est ça, grandir énergétiquement : devenir sa propre maison.
Alors, ce dimanche 4 janvier… tu choisis quoi ?
Je reviens à ma question du départ :
Est-ce que tu es dans des résolutions conscientes… ou en train de nourrir tes injonctions inconscientes ?
Tu n’as pas besoin de te juger.
Tu n’as pas besoin de te forcer.
Tu as juste besoin de voir.
Parce que ce que tu vois, tu peux le transformer.
Ce que tu refuses de voir, te pilote.
Et ce premier dimanche de l’année est un moment idéal pour ça : pas pour “te réinventer” dans la violence, mais pour te réaligner dans la vérité.
Tu peux commencer par une décision minuscule, mais puissante :
Aujourd’hui, je me respecte.
Pas demain. Pas quand j’aurai réussi. Aujourd’hui.
Si tu veux aller plus loin
Si tu sens que tes dimanches (et tes débuts d’année) déclenchent les mêmes boucles : culpabilité, sur-contrôle, nostalgie, peur du lundi, besoin de prouver, fatigue intérieure… c’est normal. Ce sont des couches. Et ça se déconstruit proprement, à la racine.
L’important, ce n’est pas de “faire plus”.
C’est de remettre ton énergie au bon endroit.
Stéphane Bride-Bonnot
Monsieur Solution — Propulseur de Clarté & de Liberté
« Débloquer vite, avancer libre. »
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