Ecoutons notre âme plutôt que…

Et s’il était temps de parler à notre cœur plutôt qu’à notre tête ?

En créant une citation récemment, une vieille expression populaire m’est revenue :

« Parle à mon cul, ma tête est malade. »

Ça m’a fait sourire.

Et puis je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose d’intéressant derrière cette expression.

Et s’il était effectivement temps d’arrêter de parler autant à notre tête ?

Pas pour parler à notre cul, évidemment, mais pour commencer à écouter notre cœur.

Parce que nous passons une quantité phénoménale de temps à essayer de résoudre nos problèmes avec notre mental.

Nous réfléchissons.

Nous analysons.

Nous cherchons.

Nous demandons conseil.

Nous lisons des livres.

Nous regardons des vidéos.

Nous essayons une nouvelle méthode.

Puis une autre.

Nous produisons davantage d’actions et d’efforts en espérant obtenir enfin un résultat différent.

Et parfois, malgré tout cela, nous nous retrouvons quelques années plus tard confrontés exactement aux mêmes schémas.

Alors peut-être que nous ne cherchons simplement pas au bon endroit.

Notre tête cherche une solution, notre cœur raconte autre chose

Nos pensées correspondent à une activité électrochimique de notre cerveau. Nos émotions, elles aussi, produisent des réactions très concrètes dans notre organisme et influencent notre perception, nos comportements et nos décisions.

Mais dans mon approche, j’utilise une autre grille de lecture.

Je considère la pensée comme électrique et l’émotion comme magnétique.

Non pas pour prétendre qu’une émotion fonctionne littéralement comme un aimant capable de commander les événements extérieurs, mais parce que cette image permet de comprendre quelque chose d’essentiel :

nous ne vivons pas uniquement en fonction de ce que nous pensons vouloir. Nous vivons énormément en fonction de ce que nous ressentons profondément.

Je peux penser :

« Je veux changer de vie. »

Mais ressentir profondément :

« J’ai peur. »

Je peux penser :

« Je veux rencontrer quelqu’un. »

Mais ressentir :

« Je ne veux surtout plus souffrir. »

Je peux penser :

« Je veux réussir professionnellement. »

Mais porter en moi :

« Je ne suis pas à la hauteur. »

Alors qui dirige réellement mes choix ?

La phrase consciente que je répète dans ma tête ?

Ou cette insécurité intérieure qui influence silencieusement ma manière d’agir ?

Nous pouvons savoir énormément de choses et continuer à reproduire les mêmes schémas

C’est probablement l’une des grandes frustrations du développement personnel.

Nous savons.

Nous avons compris.

Nous pouvons même expliquer parfaitement notre problème aux autres.

Et pourtant, nous recommençons.

Pourquoi ?

Parce qu’il existe une différence fondamentale entre comprendre intellectuellement quelque chose et le transformer intérieurement.

Notre cerveau fonctionne largement grâce à des processus automatiques et inconscients. Nous n’avons pas accès consciemment à tout ce qui influence nos réactions, nos décisions et nos comportements.

Notre histoire participe également à cette construction.

Tout ce que nous avons vécu depuis l’enfance laisse des traces dans notre manière d’appréhender le monde : ce que nous avons appris, ce que nous avons interprété, les relations que nous avons vécues, les sécurités et les insécurités que nous avons rencontrées.

Et nous pouvons avoir complètement oublié certains événements tout en conservant des réactions apprises.

C’est là que la sécurité intérieure devient, selon moi, fondamentale.

Ce que nous fuyons continue parfois à piloter notre vie

Quand quelque chose fait mal, l’être humain sait parfaitement trouver des moyens de ne pas regarder.

Nous pouvons travailler davantage.

Nous jeter corps et âme dans une passion.

Multiplier les engagements associatifs.

Remplir notre agenda.

Passer notre temps avec les autres.

Scroller pendant des heures.

Boire.

Manger.

Consommer.

Chercher constamment une nouvelle stimulation.

Tout cela peut avoir des fonctions parfaitement saines.

Mais cela peut également devenir une fuite lorsqu’une seule chose nous devient insupportable :

nous retrouver seuls avec nous-mêmes.

C’est d’ailleurs un indicateur que je trouve particulièrement intéressant.

Que se passe-t-il lorsque vous arrêtez tout ?

Plus de téléphone.

Plus de travail.

Plus de télévision.

Plus personne à qui parler.

Plus rien à faire.

Seulement vous.

Est-ce confortable ?

Ou est-ce que quelque chose commence immédiatement à s’agiter à l’intérieur ?

Pourquoi cherchons-nous autant de réponses à l’extérieur ?

C’est une question que je place aujourd’hui au centre de mon travail.

Lorsque j’ai un problème et que je cherche immédiatement quelqu’un ou quelque chose à l’extérieur pour me rassurer, depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Depuis ma curiosité ?

Ou depuis mon insécurité ?

Parce que ce n’est pas du tout la même chose.

Nous pouvons évidemment demander de l’aide. Nous pouvons consulter un professionnel, lire, apprendre, nous former, échanger.

Le problème n’est pas l’extérieur.

Le problème commence lorsque nous devenons dépendants de l’extérieur pour retrouver notre équilibre intérieur.

Quelqu’un doit me rassurer.

Quelqu’un doit me dire quoi faire.

Quelqu’un doit m’aimer.

Quelqu’un doit valider mon choix.

Quelqu’un doit résoudre mon problème.

Et tant que ce quelqu’un n’est pas là, je ne me sens plus en sécurité.

C’est précisément ici que je préfère aujourd’hui regarder sous le capot.

Lever le capot de l’inconscience

J’aime beaucoup cette image.

Lorsque le voyant s’allume sur le tableau de bord d’une voiture, nous pouvons continuer à rouler en espérant qu’il disparaisse.

Nous pouvons mettre un morceau de scotch dessus pour ne plus le voir.

Nous pouvons monter le son de la radio pour oublier qu’il existe.

Mais le problème éventuel sous le capot, lui, n’a pas disparu.

Pour nous, c’est pareil.

Nous pouvons masquer un symptôme intérieur avec davantage d’activité, davantage de pensées positives, davantage de distractions ou davantage de contrôle.

Mais si nous reproduisons toujours les mêmes situations, peut-être est-il temps d’aller regarder ce qui se passe réellement sous le capot.

Non pas pour passer notre existence à gratter le passé.

Mais pour identifier ce qui, aujourd’hui encore, pilote notre présent.

Derrière plusieurs problèmes, je retrouve souvent une même origine

C’est quelque chose que j’observe régulièrement dans mes accompagnements.

Une personne arrive avec plusieurs problèmes qui semblent complètement différents.

Le couple.

Le travail.

L’argent.

La difficulté à décider.

La peur de décevoir.

Le besoin de reconnaissance.

L’incapacité à poser des limites.

Et lorsque nous avançons dans la conversation, plusieurs branches semblent parfois partir du même tronc.

Une même insécurité peut s’exprimer de dix façons différentes.

C’est pour cela que je cherche moins à traiter chaque manifestation séparément qu’à comprendre :

quel est le problème derrière le problème ?

Et parfois même :

quelle est l’origine de cette insécurité qui continue aujourd’hui à orienter les choix de cette personne ?

Une première conversation peut déjà permettre de faire émerger une hypothèse très éclairante. Elle ne règle évidemment pas magiquement toute une histoire en vingt minutes, mais mettre les bons mots au bon endroit peut changer radicalement la direction du travail.

La transformation commence peut-être lorsque nous cessons de nous fuir

Nous pouvons continuer à demander à notre tête de réfléchir encore davantage.

Ou nous pouvons commencer à créer suffisamment de silence pour observer ce qui se passe réellement en nous.

Nos peurs.

Nos résistances.

Nos besoins.

Nos émotions.

Nos réactions automatiques.

Et surtout cette question :

Est-ce que je me sens suffisamment en sécurité intérieurement pour écouter ce que je ressens sans immédiatement chercher à le faire taire ?

Pour moi, c’est là que commence un autre chemin.

Non plus accumuler encore des réponses.

Mais apprendre à s’écouter suffisamment pour découvrir la sienne.

Alors oui, finalement, l’expression populaire avait peut-être raison sur un point :

notre tête est parfois suffisamment sollicitée comme ça.

Il serait peut-être temps de parler un peu plus à notre cœur.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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