Êtes-vous conservateur ?

Pourquoi avons-nous autant de mal à faire du vide ?

Ouvrez un placard chez vous.

Ou votre garage.

Votre atelier.

Un tiroir que vous n’avez pas ouvert depuis longtemps.

Combien d’objets sont encore là alors que vous ne les utilisez plus depuis des années ?

Un câble dont vous ne savez même plus à quel appareil il appartenait.

Des vêtements que vous ne portez plus.

Un appareil qui ne fonctionne presque plus.

Des cartons conservés depuis le dernier déménagement.

Des objets dont vous aviez complètement oublié l’existence jusqu’au moment où vous venez de les retrouver.

Et pourtant, au moment de les jeter ou de les donner, une petite phrase apparaît :

« Je vais le garder, on ne sait jamais… »

Cette phrase paraît anodine.

Mais je trouve qu’elle raconte parfois quelque chose de beaucoup plus profond sur notre sécurité intérieure.

« On ne sait jamais »

Pourquoi conservons-nous quelque chose dont nous ne nous servons plus ?

Évidemment, toutes les raisons ne sont pas psychologiques.

Un objet peut avoir une valeur sentimentale.

Nous pouvons conserver quelque chose parce qu’il est difficile à remplacer, parce qu’il appartient à notre histoire ou simplement parce que nous avons suffisamment de place et que cela ne nous dérange absolument pas.

Mais parfois, nous conservons par peur.

« Ça pourrait servir. »

« Je pourrais en avoir besoin. »

« Si je le jette, je vais peut-être devoir le racheter. »

« On ne sait pas ce qui peut arriver. »

Et derrière ces petites phrases se cache quelquefois une autre question :

Est-ce que j’ai confiance dans ma capacité à faire face à demain ?

Parce que conserver « au cas où » peut devenir une manière de fabriquer artificiellement de la sécurité.

Je garde parce que je ne sais pas si j’aurai demain.

Je garde parce que je ne sais pas si je pourrai remplacer.

Je garde parce que posséder me rassure.

Et finalement, ce n’est peut-être plus l’objet que je conserve.

C’est une peur.

Et si nos placards ressemblaient parfois à notre monde intérieur ?

C’est là que la métaphore devient intéressante.

Parce que nous ne conservons pas uniquement des objets.

Nous pouvons également conserver des histoires.

Un reproche vieux de dix ans.

Une phrase prononcée par notre père lorsque nous étions enfant.

Une trahison.

Une relation terminée depuis longtemps.

Une culpabilité.

Une colère.

Une peur.

Une ancienne image de nous-mêmes.

Nous pouvons continuer à ouvrir régulièrement ces vieux cartons émotionnels et à regarder ce qu’il y a dedans.

Et parfois, comme avec les objets :

« Je garde ça, on ne sait jamais… »

Comme si lâcher une vieille souffrance revenait à nier qu’elle avait existé.

Comme si pardonner nous obligeait à approuver.

Comme si abandonner une ancienne identité nous faisait perdre une partie de nous-mêmes.

Alors nous accumulons.

Faire du vide ne signifie pas effacer son histoire

C’est important.

Je ne pense pas que nous devions jeter notre passé à la poubelle.

Notre histoire existe.

Nos expériences ont participé à construire la personne que nous sommes aujourd’hui.

Certains objets peuvent également nous relier avec bonheur à des personnes ou à des périodes importantes de notre existence.

Le problème n’est donc pas de garder.

Le problème commence peut-être lorsque nous ne sommes plus capables de lâcher.

Lorsque nous gardons automatiquement.

Lorsque l’idée de nous séparer d’un objet provoque une inquiétude disproportionnée.

Lorsque nous continuons à porter une ancienne histoire alors qu’elle n’a plus aucune utilité dans notre vie actuelle.

C’est ici que la sécurité intérieure entre en jeu.

Parce que lâcher demande une forme de confiance.

Faire de la place, c’est accepter de ne pas tout contrôler

Lorsque je donne quelque chose dont je ne me sers plus, je reconnais implicitement :

« Si j’en ai de nouveau besoin un jour, je trouverai une solution. »

Ce n’est pas une garantie.

C’est une confiance dans ma capacité à m’adapter.

Et cette différence est énorme.

La sécurité intérieure ne consiste pas à posséder suffisamment de choses pour anticiper toutes les éventualités.

Elle consiste davantage à savoir que, quoi qu’il arrive, nous aurons des ressources pour nous adapter, demander de l’aide, apprendre, trouver une solution ou simplement traverser l’inconfort.

Nous ne pouvons jamais sécuriser complètement notre avenir.

Nous pouvons remplir trois garages « au cas où », il restera toujours quelque chose que nous n’aurons pas prévu.

La véritable question devient donc :

De combien de choses ai-je besoin autour de moi pour me sentir en sécurité ?

Le vide peut être inconfortable

Faites l’expérience.

Prenez un endroit très encombré chez vous et videz-le réellement.

Pas pour ranger différemment les mêmes objets.

Videz.

Donnez ce que vous n’utilisez plus.

Recyclez ce qui peut l’être.

Jetez ce qui n’a réellement plus d’utilité.

Puis regardez l’espace laissé libre.

Certaines personnes vont immédiatement ressentir du bien-être.

D’autres auront envie de le remplir.

Et je trouve cette deuxième réaction particulièrement intéressante.

Pourquoi le vide nous dérange-t-il ?

Parce que le vide représente aussi l’inconnu.

Nous savons ce que nous quittons.

Nous ne savons pas encore ce qui viendra ensuite.

C’est exactement la même chose lorsque nous quittons une relation, un emploi, une manière de vivre ou une ancienne croyance.

Entre l’ancien et le nouveau existe parfois un espace où il n’y a… rien.

Et il faut une certaine sécurité intérieure pour accepter de rester quelque temps dans cet espace.

Tout ne doit pas immédiatement être remplacé

Nous vivons dans une société qui nous encourage beaucoup à remplir.

Un objet sort, un autre entre.

Une relation se termine, il faudrait rapidement en commencer une nouvelle.

Un travail s’arrête, il faudrait immédiatement savoir ce que nous allons faire ensuite.

Une croyance tombe, nous cherchons aussitôt une nouvelle vérité à laquelle nous accrocher.

Mais si nous laissions simplement un peu de vide ?

Pas pour que « l’Univers nous envoie automatiquement quelque chose de mieux ».

Simplement pour retrouver de l’espace.

De l’espace physique.

De l’espace mental.

De l’espace émotionnel.

De l’espace dans notre agenda.

De l’espace pour nous demander ce que nous voulons réellement laisser entrer maintenant.

Faites l’expérience avec un seul tiroir

Pas besoin de transformer toute votre maison ce week-end.

Prenez simplement un tiroir.

Regardez chaque objet et posez-vous quelques questions :

Est-ce que je l’utilise réellement ?

Est-ce que je le garde parce qu’il compte pour moi ?

Ou est-ce que je le conserve uniquement « au cas où » ?

Puis faites la même chose intérieurement.

Quelle vieille histoire continuez-vous à transporter ?

Quel reproche ?

Quelle peur ?

Quelle ancienne version de vous-même ?

Qu’est-ce qui occupe encore énormément de place alors que cela n’appartient peut-être plus à votre vie actuelle ?

Parce que faire du vide ne consiste pas nécessairement à attirer davantage.

Cela peut simplement consister à découvrir que nous n’avons plus besoin de tout ce que nous accumulions pour nous sentir en sécurité.

Et peut-être que la véritable prospérité commence également là :

se sentir suffisamment en sécurité avec soi-même pour ne plus avoir besoin de remplir tous les espaces.

Alors après avoir lu cet article, ne vous contentez pas d’être d’accord avec lui.

Allez ouvrir un tiroir.

Et observez ce que vous êtes réellement prêt à lâcher.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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