Gai-rire en moins d’une minute (+vidéo)
« Gai-rire » ou « soi-nier » : et si nous arrêtions de passer notre vie à vouloir nous réparer ?
« Gai-rire en moins d’une minute ou se soi-nier pour l’éternité. »
J’avais utilisé ce jeu de mots en février 2022 pour accompagner une vidéo.
À cette époque, j’étais déjà très attiré par les expériences rapides.
Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas particulièrement perdre mon temps. Lorsqu’une prise de conscience peut se produire maintenant, pourquoi faudrait-il nécessairement attendre des mois ?
J’avais même tendance à aller beaucoup plus loin en affirmant qu’une manipulation énergétique pouvait faire disparaître une douleur physique en une minute.
Aujourd’hui, je ne présenterais plus les choses ainsi.
Une douleur peut avoir de multiples origines et une douleur persistante, intense ou inhabituelle mérite évidemment d’être évaluée par un professionnel de santé. Aucun exercice énergétique ou de développement personnel ne peut garantir la disparition d’une douleur physique.
En revanche, derrière mon propos de l’époque se trouvait une intuition que je trouve toujours intéressante :
nous passons parfois énormément de temps à vouloir nous réparer.
Pourquoi pensons-nous constamment avoir quelque chose à guérir ?
Observez le vocabulaire du développement personnel.
Il faudrait guérir ses blessures.
Réparer son enfant intérieur.
Nettoyer ses mémoires.
Dépasser ses blocages.
Transformer ses croyances.
Augmenter son taux vibratoire.
Se libérer du passé.
Et lorsque nous avons terminé avec un problème, nous pouvons toujours en trouver un nouveau.
Une nouvelle blessure.
Une nouvelle peur.
Un nouveau programme inconscient.
Une nouvelle énergie à nettoyer.
Cette quête peut finir par transmettre un message très particulier à notre cerveau :
« Il y a toujours quelque chose qui ne va pas chez moi. »
Et si cette recherche permanente de guérison devenait elle-même une manière de nourrir notre insécurité intérieure ?
Le corps n’est pas notre ennemi
Lorsque quelque chose se manifeste dans notre corps, notre premier réflexe est naturellement de vouloir le faire disparaître.
C’est humain.
Personne n’a envie d’avoir mal.
Mais il existe une différence entre prendre soin d’une douleur et entrer en guerre contre son propre corps.
Nous pouvons chercher à comprendre ce qui se passe, consulter lorsque cela est nécessaire, adapter certaines habitudes et parallèlement observer notre état intérieur.
Suis-je tendu ?
Est-ce que je dors suffisamment ?
Est-ce que je traverse une période particulièrement stressante ?
Est-ce que je respecte mes limites ?
Est-ce que mon quotidien me laisse suffisamment de moments de récupération ?
Ces questions ne signifient pas que nos pensées seraient responsables de toutes nos douleurs.
Elles nous invitent simplement à considérer l’être humain dans son ensemble.
Le corps mérite parfois davantage d’écoute que de combat.
Une minute peut-elle réellement changer quelque chose ?
Oui.
Mais pas nécessairement comme je l’entendais autrefois.
Une minute peut changer notre état.
Une minute de respiration peut diminuer momentanément une tension.
Une minute de rire peut modifier notre humeur.
Une minute les yeux fermés peut interrompre une rumination.
Une minute peut suffire pour prendre conscience que nous serrons les mâchoires depuis trois heures.
Une minute peut également suffire pour prendre une décision que nous repoussons depuis plusieurs années.
Le changement intérieur n’est donc pas toujours proportionnel au temps passé.
Nous pouvons comprendre quelque chose en quelques secondes qui modifiera ensuite profondément notre manière de vivre.
Mais une prise de conscience rapide ne signifie pas nécessairement que tout est réglé.
Comprendre en une minute peut demander ensuite plusieurs semaines ou plusieurs mois d’intégration dans notre quotidien.
Le temps n’est peut-être pas le véritable sujet
Dans ma vision énergétique, j’ai longtemps utilisé cette idée :
« Dans les énergies, le temps n’existe pas. »
Je considère aujourd’hui cette phrase davantage comme une lecture spirituelle que comme une réalité scientifique.
Mais elle m’amène toujours à une question intéressante.
Pourquoi associons-nous parfois la profondeur d’un changement à sa durée ?
Une formation de cinq jours serait-elle nécessairement plus puissante qu’une conversation de vingt minutes ?
Un accompagnement de deux ans serait-il automatiquement plus efficace qu’une prise de conscience immédiate ?
Pas forcément.
Ce qui compte n’est pas uniquement le temps.
C’est ce qui se passe pendant ce temps.
Parfois, nous avons besoin d’un travail long et progressif.
Parfois, une phrase arrive exactement au bon moment et quelque chose bascule.
La sécurité intérieure permet justement de ne plus chercher une règle universelle.
Vouloir aller vite peut aussi cacher une insécurité
Il existe cependant l’autre côté du miroir.
Pourquoi voulons-nous absolument que le problème disparaisse immédiatement ?
Pourquoi cette douleur doit-elle partir maintenant ?
Pourquoi cette peur doit-elle être « libérée » aujourd’hui ?
Pourquoi voulons-nous une transformation instantanée ?
Peut-être parce que nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité avec ce que nous ressentons.
Nous voulons faire disparaître l’inconfort plutôt que l’écouter.
Nous cherchons la technique.
Le bouton.
La manipulation.
La personne qui va nous enlever ce que nous ne voulons plus ressentir.
Et sans nous en rendre compte, nous remettons encore notre pouvoir à l’extérieur.
La sécurité intérieure ne consiste pas à ne plus rien ressentir
C’est probablement ce que je modifierais le plus dans ma manière de présenter les choses aujourd’hui.
Être bien ne signifie pas ne plus jamais avoir mal.
Être en sécurité intérieure ne signifie pas ne plus connaître la peur, la tristesse, la colère ou l’inconfort.
Cela signifie développer progressivement la capacité à traverser ce que nous ressentons sans considérer immédiatement que quelque chose est défectueux chez nous.
Je peux ressentir une peur sans être cette peur.
Je peux traverser une période difficile sans considérer que toute ma vie va mal.
Je peux ressentir une tension sans entrer immédiatement dans une lutte contre mon corps.
Et surtout, je peux demander de l’aide lorsque j’en ai besoin sans abandonner pour autant mon autonomie.
Peut-être n’avons-nous pas besoin de nous réparer
C’est finalement ce que je retiens aujourd’hui de ce jeu de mots de 2022.
« Gai-rire » plutôt que « soi-nier ».
Le rire ne remplace évidemment pas un soin médical.
Mais il peut symboliser quelque chose de beaucoup plus profond.
Et si nous arrêtions quelques instants de nous regarder comme des êtres qu’il faudrait constamment réparer ?
Et si nous commencions aussi à vivre ?
Rire.
Bouger.
Aimer.
Créer.
Marcher.
Respirer.
Partager.
Nous écouter.
Nous autoriser à ne pas être parfaits.
Peut-être que le véritable travail intérieur n’est pas de passer notre existence à supprimer chacune de nos imperfections.
Il est peut-être de construire suffisamment de sécurité en nous pour arrêter de considérer chaque inconfort comme la preuve que nous avons encore quelque chose à réparer.
Alors plutôt que de vous demander aujourd’hui :
« Qu’est-ce que je dois encore guérir chez moi ? »
Essayez peut-être cette question :
« Qu’est-ce que je pourrais commencer à vivre maintenant si j’arrêtais de croire que je dois d’abord être parfaitement réparé pour m’en donner le droit ? »












