Est-ce que vous vous aimez suffisamment ?
Faire un choix avec le cœur : et si vous décidiez comme si vous deviez protéger l’enfant que vous étiez ?
Lorsque j’ai commencé à écrire cet article, mon premier réflexe a été de réfléchir au titre.
Quels mots-clés utiliser ? Comment le formuler pour qu’il soit mieux référencé ? Qu’est-ce qui pourrait plaire aux moteurs de recherche ?
Puis je me suis arrêté.
Parce qu’une autre question venait précisément contredire tout cela : qu’est-ce que j’ai réellement envie d’écrire ?
Pendant longtemps, j’ai beaucoup raisonné en termes de marketing. Aujourd’hui, ce qui m’intéresse davantage est de m’adresser à des êtres humains et de transmettre ce que j’observe, ce que j’expérimente et ce qui peut, peut-être, permettre à quelqu’un de regarder sa vie différemment.
Et finalement, cette petite hésitation devant mon titre illustrait parfaitement le sujet de cet article.
Depuis quel endroit intérieur faisons-nous nos choix ?
Choix du cœur ou choix de peur ?
Nous prenons des milliers de décisions.
Certaines sont insignifiantes. D’autres peuvent modifier profondément notre existence.
Mais derrière beaucoup de ces décisions se cachent des mécanismes que nous ne voyons même plus.
Nous restons dans une relation parce que nous avons peur d’être seuls.
Nous acceptons une proposition parce que nous avons peur de manquer d’argent.
Nous n’osons pas dire non parce que nous craignons de décevoir.
Nous continuons une activité qui n’a plus de sens parce qu’elle nous apporte une forme de sécurité matérielle.
Nous faisons plaisir à quelqu’un par loyauté alors que quelque chose en nous voudrait prendre une autre direction.
C’est précisément ici que j’utilise aujourd’hui la notion de sécurité intérieure.
Lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité en nous-mêmes, nous cherchons naturellement des garanties à l’extérieur.
Un salaire.
Une relation.
L’approbation des autres.
Un statut.
Une maison.
Une certitude.
Ce ne sont évidemment pas de mauvaises choses. Le problème apparaît lorsqu’elles deviennent indispensables pour que nous puissions nous sentir en sécurité.
Car nos choix risquent alors de ne plus répondre à ce qui est profondément juste pour nous, mais à ce que nous avons peur de perdre.
L’amour commence peut-être par la manière dont nous nous traitons
Nous parlons énormément d’amour.
Amour de soi, amour des autres, amour conditionnel, amour inconditionnel…
Mais plutôt que de chercher une définition parfaite, j’aime revenir à quelque chose de beaucoup plus concret.
Comment est-ce que je traite quelqu’un que j’aime profondément ?
Normalement, j’ai envie de le protéger.
Je souhaite qu’il mange correctement, qu’il dorme suffisamment, qu’il soit respecté, qu’il puisse rire, découvrir, apprendre, se reposer.
Je ne souhaite pas qu’il passe sa vie dans la peur.
Je ne souhaite pas qu’il reste auprès de quelqu’un qui le détruit.
Je ne souhaite pas qu’il sacrifie toute son existence pour répondre aux attentes des autres.
Alors pourquoi sommes-nous parfois capables d’accepter pour nous-mêmes ce que nous refuserions immédiatement pour quelqu’un que nous aimons ?
C’est là qu’intervient un exercice que j’aime particulièrement.
Imaginez un bébé de six mois
Prenez quelques instants.
Pensez à un bébé que vous connaissez ou que vous avez connu.
Votre enfant, un neveu, une nièce, un petit frère, une petite sœur… Peu importe.
Imaginez-le à six mois.
Regardez ce petit être.
Il n’a encore rien à prouver.
Il n’a pas besoin d’un métier prestigieux pour avoir de la valeur.
Il n’a pas besoin de gagner beaucoup d’argent.
Il n’a pas besoin d’obtenir des likes.
Il n’a pas besoin d’être performant.
Il existe.
Et cela suffit pour que vous ayez envie de prendre soin de lui.
Maintenant, imaginez que ce bébé, c’est vous.
Pas symboliquement quelqu’un d’autre.
Vous, à six mois.
Et posez-vous cette question :
« Est-ce que toi, mon bébé d’amour, tu mérites ce que je suis actuellement en train de t’imposer ? »
Regardez votre vie depuis cet endroit
Vous pouvez maintenant reprendre différents domaines de votre vie.
Votre travail.
Vos relations.
Votre alimentation.
Votre sommeil.
Votre rapport à votre corps.
Votre consommation.
Votre rythme de vie.
Votre manière de vous parler.
Et poser la question.
Est-ce que je souhaite pour ce petit être la relation que je vis actuellement ?
Est-ce que je souhaite qu’il passe ses journées dans un environnement qu’il déteste ?
Est-ce que je souhaite qu’il accepte constamment de se taire par peur de déplaire ?
Est-ce que je souhaite qu’il néglige son corps pendant des années ?
Est-ce que je souhaite qu’il reste quelque part uniquement parce qu’il a peur de ce qui pourrait arriver s’il partait ?
Certaines réponses seront probablement oui.
D’autres seront peut-être beaucoup moins confortables.
Et c’est justement là que l’exercice devient intéressant.
Derrière le « non », cherchez la protection
Si vous découvrez quelque chose qui ne vous convient plus, ne vous précipitez pas immédiatement pour tout changer.
Posez plutôt une deuxième question :
Pourquoi est-ce que je continue ?
C’est ici que nous pouvons découvrir nos protections.
« Parce que j’ai peur de manquer d’argent. »
« Parce que j’ai peur d’être seul. »
« Parce que mes parents seraient déçus. »
« Parce que je ne sais pas ce que je ferais à la place. »
« Parce que j’ai peur de regretter. »
Nous arrivons alors au véritable sujet.
Ce n’est pas nécessairement le travail, la relation ou l’habitude qui constitue le problème central.
C’est parfois l’insécurité intérieure qui nous empêche d’imaginer que nous pourrions vivre autrement.
Ne changez pas toute votre vie demain matin
Lorsque nous prenons conscience de certains décalages, nous pouvons avoir envie de tout bouleverser.
Ce n’est pas forcément nécessaire.
La sécurité intérieure se construit aussi progressivement.
Un premier non.
Une conversation que nous repoussions.
Une meilleure nuit de sommeil.
Une heure consacrée à quelque chose qui nous fait réellement du bien.
Une limite posée.
Une habitude modifiée.
Un premier pas vers un projet.
Lorsque nous modifions nos habitudes, notre mental peut naturellement produire de la peur. Nous quittons quelque chose de connu pour entrer dans une zone où nous avons moins de repères.
Cela ne signifie pas que notre décision est mauvaise.
Cela signifie simplement que notre système de protection préfère souvent ce qu’il connaît à ce qu’il ne connaît pas encore.
Et c’est précisément pour cela que nous avons besoin de sécurité intérieure : pour pouvoir avancer même lorsque nous ne disposons pas de toutes les garanties.
Revenir régulièrement à l’enfant que nous étions
Je vous invite donc à conserver cette image.
Lorsque vous serez confronté à une décision importante, revenez quelques instants à ce bébé de six mois.
Pas pour devenir irresponsable.
Pas pour abandonner un emploi sur un coup de tête ou rompre une relation à la première difficulté.
Mais pour retrouver un endroit intérieur débarrassé, quelques instants, des obligations sociales, du regard des autres et de toutes les histoires que nous avons accumulées sur ce que nous « devons » faire.
Puis demandez-vous :
Si j’aimais profondément cet enfant et que j’étais chargé de protéger sa vie, sa dignité, son corps et ses rêves, quel choix voudrais-je faire pour lui aujourd’hui ?
Écoutez la réponse.
Puis observez immédiatement ce qui vous empêche de la suivre.
C’est peut-être précisément à cet endroit que votre sécurité intérieure demande aujourd’hui à grandir.
Et au fond, apprendre à s’aimer commence peut-être par quelque chose d’aussi simple que cela : cesser progressivement de s’imposer ce que nous n’imposerions jamais à l’être que nous aimons le plus au monde.
Vous êtes #TousFormidable.












