Gérer la frustration

La sécurité intérieure n’empêche pas les frustrations

Parfois, lorsque je partage ma vision de la vie, mes propos peuvent sembler un peu trop simples.

Revenir à soi.

Observer ce qui se passe en nous.

Ne pas remettre systématiquement notre pouvoir à l’extérieur.

Écouter ce que nous ressentons.

Choisir notre réponse plutôt que réagir automatiquement.

Dit comme ça, effectivement, ça paraît simple.

Mais il faut bien comprendre quelque chose : c’est lorsque toutes les pièces du puzzle commencent à s’assembler que la vie devient réellement plus légère et plus sereine.

Et cela ne signifie absolument pas que nous ne ressentons plus jamais de frustration.

Même moi, aujourd’hui, j’en ai encore.

La différence, c’est ce que j’en fais.

Ce matin, j’avais rendez-vous à 9 heures

Mon agenda est plutôt serré.

Contrairement à ce que certains pourraient penser en me voyant passer beaucoup de temps dans la nature, je ne glande pas toute la journée !

J’organise justement mon temps pour pouvoir y mettre ce qui compte pour moi : mon travail, mes accompagnements, mes moments seul, mes déplacements, mes projets et ma vie personnelle.

Ce matin, j’avais donc rendez-vous à 9 heures dans un garage pour changer les pneus de ma voiture.

J’arrive à 9 heures.

J’attends.

9h10.

9h20.

9h30.

Toujours personne.

Et aucune information.

Alors évidemment, quelque chose commence à monter en moi.

Parce que mon cerveau connaît parfaitement l’ancien Stéphane.

Celui qui aurait pu partir immédiatement sur :

« Putain, c’est quoi cette France qui ne veut plus bosser ! »

Ou :

« C’est quand même incroyable, ouverture à 9 heures, rendez-vous pris et à 9h30 il n’y a toujours personne ! »

La frustration est là.

Et c’est justement là que ça devient intéressant.

La sécurité intérieure ne consiste pas à ne plus rien ressentir

Pendant longtemps, dans le développement personnel, nous avons parfois cherché à devenir des espèces de Bouddhas que plus rien ne devait atteindre.

Quelqu’un nous manque de respect ?

Gratitude.

Un rendez-vous est annulé ?

Gratitude.

Un problème arrive ?

Gratitude.

Et si nous sommes énervés, c’est presque que nous avons raté quelque chose dans notre évolution personnelle.

Je ne vois plus les choses comme ça.

À 9h30 devant ce garage fermé, je suis frustré.

Point.

Je peux accueillir cette frustration sans avoir besoin de raconter que tout est merveilleux.

La question devient plutôt :

Qu’est-ce que je vais en faire ?

Parce que c’est là que je retrouve mon pouvoir.

Une demi-heure de retard peut devenir une matinée pourrie

J’aurais pu commencer à râler.

Puis appeler quelqu’un pour lui raconter.

Puis publier quelque chose sur Facebook.

Puis généraliser :

« De toute façon, plus personne ne veut travailler. »

Et continuer pendant deux heures à alimenter quelque chose qui, au départ, était simplement…

un garage fermé à 9h30.

Regardez comment notre mental fonctionne.

Un événement factuel de trente minutes peut devenir une histoire que nous transportons pendant toute la journée.

Et parfois beaucoup plus longtemps.

À la place, j’ai regardé autour de moi.

Je n’étais pas le seul à attendre.

Alors je me suis dit que chacun vivrait cette situation à sa manière.

J’ai sorti mon téléphone.

J’ai traité quelques mails.

J’ai passé des appels.

Finalement, cette demi-heure, je ne l’ai pratiquement pas vue passer.

Puis à 9h30, j’ai décidé de partir.

J’avais d’autres chats à fouetter.

Et mon mental a essayé de reprendre la main

L’histoire aurait pu s’arrêter là.

Mais non.

Quelques instants plus tard, une autre pensée arrive :

« Super… Et maintenant, si je me fais arrêter avec mes pneus lisses, je vais me prendre une praline ! »

Et là, voyant orange.

Attention Stéphane.

Qu’est-ce que tu es en train de fabriquer dans ta tête ?

Parce qu’au-delà de mes croyances personnelles sur la loi d’attraction, il y a quelque chose de très concret à observer ici.

Je suis en train de transformer un problème qui n’existe pas encore en source de stress immédiate.

Je ne suis pas arrêté.

Je n’ai pas reçu d’amende.

Rien de tout cela n’existe à cet instant.

Et surtout, il y a quelque chose d’encore plus intéressant :

mes pneus n’étaient pas moins usés hier à 17 heures qu’aujourd’hui à 9h30.

Alors si responsabilité il y a, elle ne repose pas uniquement sur le garagiste absent.

Elle m’appartient aussi.

Et là, quelque chose redescend immédiatement.

Reprendre sa responsabilité ne signifie pas excuser l’autre

C’est une distinction importante.

Le garage avait pris rendez-vous avec moi.

Personne n’était présent.

Je peux considérer que ce n’est pas professionnel.

Je peux décider de ne plus y retourner.

Je peux appeler pour demander une explication.

Je peux prendre rendez-vous ailleurs.

La sécurité intérieure ne consiste pas à tout accepter avec un grand sourire sous prétexte que « la vie est belle ».

Elle consiste à ne pas abandonner mon état intérieur à ce qui vient de se produire.

Je peux reconnaître la responsabilité de l’autre sans lui donner la responsabilité de ma journée.

Et ça change énormément de choses.

« Pourquoi est-ce que cela m’arrive ? »

Dans ma vision personnelle de la vie, j’aime considérer que le hasard n’existe pas et chercher ce qu’une situation peut venir m’apprendre.

Je sais que tout le monde ne partage pas cette croyance.

Ce n’est pas le plus important.

Parce que nous pouvons retirer toute dimension spirituelle de cette histoire et conserver une question extrêmement puissante :

Qu’est-ce que cette situation vient révéler chez moi ?

Ma difficulté avec le retard ?

Mon besoin de contrôle ?

Mon rapport au temps ?

Mon exigence envers les autres ?

Ma façon d’anticiper ?

Ma tendance à reporter immédiatement la responsabilité à l’extérieur ?

Ou peut-être simplement le fait que j’aurais pu m’occuper de mes pneus plus tôt ?

Tout à coup, l’événement extérieur devient une occasion de mieux me connaître.

Voilà une pièce supplémentaire du puzzle

La sécurité intérieure n’est pas une technique.

Ce n’est pas non plus une phrase positive à réciter lorsqu’un problème arrive.

C’est un ensemble de choses qui commencent progressivement à fonctionner ensemble.

Je ressens ma frustration.

Je ne la nie pas.

J’observe les pensées qui apparaissent.

Je distingue ce qui se passe réellement de ce que mon cerveau commence à imaginer.

Je regarde quelle est ma part de responsabilité.

Je décide de ce que je peux faire.

Puis je continue ma journée.

Cela paraît presque trop simple.

Et pourtant, imaginez la quantité d’énergie que nous pouvons économiser lorsque nous cessons de transformer chaque imprévu en combat intérieur.

Le problème n’est pas toujours ce qui nous arrive

Nous ne contrôlerons jamais totalement les autres.

Des personnes seront en retard.

Des rendez-vous seront annulés.

Des projets ne fonctionneront pas comme prévu.

Des gens nous décevront.

Certaines collaborations s’arrêteront.

Des événements viendront bouleverser nos plans.

La question n’est donc pas de construire une existence dans laquelle plus rien ne viendra jamais nous contrarier.

Cette vie n’existe pas.

La question est plutôt :

Est-ce que chaque événement extérieur possède encore le pouvoir de déstabiliser complètement mon monde intérieur ?

Parce que c’est peut-être ici que se mesure une partie de notre sécurité intérieure.

Non pas dans notre capacité à contrôler la vie.

Mais dans notre capacité à rester suffisamment ancré en nous lorsque la vie ne respecte pas notre planning.

Ce matin, je n’ai pas changé mes pneus.

Mais j’ai encore appris quelque chose sur moi.

Et finalement, cette demi-heure n’était peut-être pas totalement perdue.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction