Je peine à me réveiller le matin

Manque de motivation : et si le problème n’était pas votre volonté ?

Il y a des matins où nous nous levons avec de l’énergie.

Nous avons envie de bouger, de créer, de travailler, de sortir, de rencontrer du monde. Nous savons pourquoi nous nous levons et nous n’avons pas besoin de nous convaincre pendant vingt minutes pour commencer notre journée.

Et puis il y a les autres matins.

Ceux où tout semble plus lourd.

Nous repoussons le réveil. Nous prenons notre téléphone. Nous traînons. Nous savons parfaitement ce que nous devrions faire, mais nous n’arrivons pas à nous mettre en mouvement.

Nous appelons souvent cela un « manque de motivation ».

Mais est-ce réellement un problème de motivation ?

Il peut évidemment exister de nombreuses raisons à une fatigue ou à une baisse d’énergie persistante, notamment physiques ou psychologiques, qui méritent d’être prises au sérieux. Mais dans notre quotidien, il existe également une piste toute simple que nous oublions parfois :

l’énergie appelle le mouvement, et le mouvement peut remettre de l’énergie.

Ne pas attendre d’être motivé pour commencer à bouger

Nous faisons souvent les choses dans cet ordre :

« Lorsque j’aurai de l’énergie, je vais bouger. »

« Lorsque je serai motivé, je vais faire du sport. »

« Lorsque j’aurai envie, je vais commencer mon projet. »

Mais nous pouvons aussi essayer l’ordre inverse.

Commencer à bouger pour modifier progressivement notre état.

Il ne s’agit pas nécessairement de courir dix kilomètres à six heures du matin ou de mettre en place une discipline militaire.

Un objectif minime peut suffire.

Sortir marcher quelques minutes.

Aller chercher son pain à pied.

Faire un petit tour dans la nature.

Prendre son vélo plutôt que sa voiture lorsque cela est possible.

S’étirer.

Mettre simplement son corps en mouvement.

J’aime particulièrement l’idée de sortir à l’extérieur, parce que cela crée également une rupture avec notre environnement habituel. Nous changeons d’air, de lumière, de perspective.

Et surtout, nous avons accompli quelque chose.

La journée ne commence plus dans l’attente de la motivation.

Elle commence par une action.

Mais le manque d’énergie peut aussi raconter autre chose

Bouger est une première étape intéressante.

Cependant, si chaque matin devient une négociation avec soi-même pour réussir à affronter sa propre journée, il peut être utile de regarder un peu plus profondément.

Dans quelle vie suis-je en train de me réveiller ?

Cette question peut déranger.

Parce que nous pouvons progressivement nous retrouver enfermés dans un rythme que nous n’avons jamais véritablement choisi.

Métro.

Boulot.

Dodo.

Puis on recommence.

Les semaines passent. Les week-ends deviennent des espaces de récupération. Les vacances servent à reprendre suffisamment d’énergie pour pouvoir recommencer exactement la même chose.

Le problème n’est évidemment pas de travailler ni d’avoir des responsabilités.

Le problème apparaît lorsque notre vie devient essentiellement constituée de choses que nous devons faire et presque plus de choses que nous avons profondément envie de vivre.

La sécurité intérieure peut aussi nous maintenir dans l’immobilité

C’est là qu’un paradoxe apparaît.

Nous voulons naturellement nous sentir en sécurité.

Nous cherchons donc un emploi stable, des revenus réguliers, un environnement connu, des habitudes, des repères.

Tout cela est parfaitement compréhensible.

Mais parfois, nous confondons sécurité et absence de mouvement.

Nous restons dans une situation qui ne nous convient plus parce que nous savons comment elle fonctionne.

Nous conservons un travail qui nous éteint parce que nous avons peur de perdre notre salaire.

Nous repoussons un projet parce que nous ne savons pas s’il fonctionnera.

Nous n’osons pas dire non parce que nous avons peur de décevoir.

Nous continuons à vivre selon les attentes de notre entourage parce que changer pourrait créer de l’incompréhension.

À court terme, nous nous protégeons.

À long terme, cette protection peut devenir une prison.

C’est exactement pour cela que la sécurité intérieure me semble fondamentale.

Elle ne consiste pas à construire une vie dans laquelle rien ne bouge.

Elle consiste à développer suffisamment de stabilité en soi pour pouvoir bouger lorsque quelque chose ne nous correspond plus.

Vivre pour soi ne signifie pas devenir égoïste

Il existe également une confusion importante autour de cette idée.

Vivre sa vie pour soi ne signifie pas se moquer des autres.

Nous avons des enfants, des conjoints, des parents, des collègues, des engagements et des responsabilités. Nous vivons en société et nos décisions ont nécessairement des conséquences autour de nous.

Mais il existe une différence entre tenir compte des autres et construire toute son existence en fonction des autres.

Combien de décisions prenons-nous uniquement pour ne pas décevoir ?

Combien de projets abandonnons-nous parce que notre entourage ne les comprend pas ?

Combien de fois disons-nous oui alors que tout notre corps voudrait dire non ?

À force de chercher notre sécurité dans l’approbation extérieure, nous pouvons progressivement perdre le contact avec ce qui nous anime réellement.

Et lorsque nous ne savons plus pourquoi nous faisons les choses, la motivation finit naturellement par s’éroder.

Retrouver ce qui vous met en mouvement

Je crois profondément que nous avons besoin de sentir que notre existence possède une direction qui nous appartient.

Certains appelleront cela une mission de vie.

D’autres parleront de sens, de valeurs, de vocation, de projet ou simplement d’envie.

Le mot importe finalement assez peu.

La véritable question est :

Qu’est-ce qui me donne envie de me mettre en mouvement ?

Pas ce que je devrais vouloir.

Pas ce que mes parents auraient aimé pour moi.

Pas ce que la société considère comme une réussite.

Pas ce qui rassurera mon entourage.

Mais ce qui, profondément, me donne envie de vivre ma journée.

Cela ne signifie pas qu’il faut tout quitter demain matin.

La sécurité intérieure permet justement d’éviter ces décisions prises dans l’urgence ou dans le rejet.

Nous pouvons commencer petit.

Marcher vingt minutes.

Remettre une activité que nous aimons dans notre semaine.

Refuser une obligation devenue inutile.

Consacrer une heure à un projet qui nous tient à cœur.

Faire un premier choix davantage aligné avec nous-mêmes.

Puis observer ce qui se passe.

Parce que parfois, nous cherchons désespérément comment retrouver notre motivation alors que la véritable question se trouve ailleurs :

avons-nous besoin de davantage de motivation pour continuer notre vie actuelle, ou de davantage de sécurité intérieure pour commencer à construire celle qui nous ressemble ?

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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