Il en faut peu pour être heureux

Et si vous étiez déjà complet ? Sortir de la course à la « meilleure version de soi »

Peut-être que cette idée vous fait penser à une chanson : chercher encore et encore quelque chose qui serait ailleurs.

Pourtant, elle touche selon moi à l’une des bases de notre existence.

Nous pouvons passer une grande partie de notre vie à chercher ce qui nous manque pour être enfin heureux.

Plus d’argent.

Une meilleure maison.

Un autre travail.

Une relation.

Davantage de reconnaissance.

Plus de confiance en soi.

Une nouvelle formation.

Un nouveau stage de développement personnel.

Et derrière toutes ces recherches se cache souvent la même phrase :

« Je serai heureux quand… »

C’est là que la question de la sécurité intérieure devient fondamentale. Parce que si nous avons besoin de devenir quelqu’un d’autre pour avoir enfin le droit d’être bien, nous envoyons continuellement à notre système intérieur le même message : tel que je suis aujourd’hui, je ne suis pas suffisant.

Le mental adore le « quand j’aurai »

Regardez un enfant devant un sapin de Noël.

Il voit les cadeaux et toute son attention se dirige vers ce qu’il va découvrir.

L’excitation monte.

Il ouvre le premier paquet.

Puis le deuxième.

Puis le troisième.

Et parfois, quelques minutes plus tard, son regard cherche déjà le suivant.

Nous pouvons continuer à fonctionner exactement de cette manière à l’âge adulte.

Simplement, les cadeaux ont changé.

Une voiture.

Une maison.

Un voyage.

Un chiffre d’affaires.

Un nombre d’abonnés.

Une reconnaissance professionnelle.

Nous obtenons quelque chose que nous désirions depuis longtemps, nous ressentons de la satisfaction… puis notre esprit s’habitue.

Et une nouvelle envie apparaît.

Le problème n’est pas de désirer.

Le problème est de confier à notre prochain objectif la responsabilité de notre bonheur.

« Je serai heureux quand… » est une promesse dangereuse

« Je serai heureux quand j’aurai davantage d’argent. »

« Je serai heureux quand j’aurai changé de travail. »

« Je serai heureux quand j’aurai rencontré quelqu’un. »

« Je serai heureux quand j’aurai réglé tous mes problèmes. »

Mais que se passe-t-il lorsque nous obtenons enfin ce que nous voulions ?

Très souvent, notre niveau d’exigence se déplace.

Nous voulons encore autre chose.

Et nous recommençons.

C’est ainsi que nous pouvons passer des années à poursuivre une destination qui recule à mesure que nous avançons.

La sécurité intérieure propose une autre voie :

apprendre à être suffisamment bien avec ce que nous sommes aujourd’hui pour ne plus demander à demain de nous sauver.

Cela n’empêche absolument pas d’avoir des rêves.

Au contraire.

Le piège de « la meilleure version de vous-même »

Cette expression est devenue omniprésente dans le développement personnel :

« Devenez la meilleure version de vous-même. »

Je comprends évidemment l’intention.

Elle peut signifier développer ses capacités, apprendre, évoluer ou dépasser certaines limites.

Mais elle peut également véhiculer inconsciemment un message beaucoup moins agréable :

la version actuelle de vous-même n’est pas suffisamment bonne.

Et là, le développement personnel peut devenir un marché extraordinaire pour notre insécurité intérieure.

Je ne suis pas encore assez confiant.

Pas assez aligné.

Pas assez conscient.

Pas assez performant.

Pas assez spirituel.

Il me faut donc une nouvelle formation.

Puis un nouveau stage.

Puis une nouvelle méthode.

Puis quelqu’un qui m’expliquera ce qui ne va toujours pas chez moi.

Et vingt ans plus tard, certaines personnes continuent encore à « travailler sur elles ».

J’en ai moi-même rencontré dans mes accompagnements.

Elles possèdent parfois une connaissance impressionnante du développement personnel.

Mais elles cherchent toujours la prochaine chose qui leur permettra enfin d’être bien.

Et si le travail sur soi devenait parfois une fuite de soi ?

Voilà un paradoxe intéressant.

Nous pouvons commencer un travail personnel pour nous retrouver… et finir par passer notre vie à essayer de nous corriger.

Chaque émotion devient un problème.

Chaque peur devient une blessure à nettoyer.

Chaque difficulté devient une croyance à éliminer.

Chaque inconfort devient la preuve qu’il reste encore du « travail » à faire.

Mais quand allons-nous vivre ?

La sécurité intérieure ne consiste pas à devenir parfait.

Elle consiste notamment à pouvoir se regarder aujourd’hui et reconnaître :

« Je peux évoluer sans considérer que je suis incomplet. »

Cette différence change profondément la manière d’aborder le développement personnel.

Je n’apprends plus parce que je dois réparer quelqu’un qui serait défectueux.

J’apprends parce que je suis vivant, curieux et que j’ai envie d’expérimenter.

Être complet ne signifie pas ne plus évoluer

Dire « j’ai tout en moi » ne signifie pas que nous savons déjà tout.

Nous avons besoin des autres.

Nous pouvons avoir besoin d’un thérapeute, d’un coach, d’un médecin, d’un professeur ou simplement d’un ami.

Nous avons besoin d’apprendre.

Nous pouvons développer des compétences.

Changer certains comportements.

Soigner certaines blessures.

Demander de l’aide.

Être complet ne signifie donc pas être autosuffisant.

Cela signifie que notre valeur fondamentale n’attend pas notre prochaine réussite pour exister.

Je peux vouloir changer de métier sans considérer ma vie actuelle comme un échec.

Je peux vouloir gagner davantage d’argent sans croire que mon compte bancaire détermine ma valeur.

Je peux vouloir développer ma confiance sans considérer que la personne que je suis aujourd’hui mérite moins d’amour.

Je peux évoluer sans me rejeter.

Voilà la différence.

La sécurité intérieure commence par l’acceptation

Accepter ce que nous sommes ici et maintenant ne signifie pas renoncer.

C’est même souvent le contraire.

Lorsque je cesse de dépenser toute mon énergie à lutter contre moi-même, cette énergie devient disponible pour construire.

Je peux regarder mes forces.

Mes limites.

Mes envies.

Mes peurs.

Mes contradictions.

Et dire simplement :

« Voilà où j’en suis aujourd’hui. »

Sans jugement.

À partir de là, je peux choisir une direction.

Le développement personnel retrouve alors sa véritable fonction : non plus devenir quelqu’un d’autre pour mériter enfin d’être heureux, mais apprendre à mieux exprimer la personne que nous sommes déjà.

Vous n’avez pas besoin d’attendre

Peut-être avez-vous un objectif important aujourd’hui.

Gardez-le.

Construisez-le.

Faites tout ce qui est nécessaire pour avancer vers lui.

Mais ne lui demandez pas de vous donner le droit d’être heureux.

Ne repoussez pas votre vie à plus tard.

Votre prochain chiffre d’affaires ne vous rendra pas plus digne.

Votre prochaine relation ne vous rendra pas complet.

Votre prochaine formation ne fera pas de vous un être humain de meilleure valeur.

Vous pouvez vouloir davantage sans être dans le manque.

Vous pouvez évoluer sans vous considérer défectueux.

Vous pouvez construire demain sans rejeter aujourd’hui.

C’est peut-être cela, finalement, la véritable sécurité intérieure :

ne plus avoir besoin de devenir quelqu’un d’autre pour accepter pleinement celui que nous sommes maintenant.

Après, libre à nous d’apprendre, de créer, de rêver et de nous transformer.

Mais nous ne partons plus à la recherche d’une pièce manquante.

Nous avançons depuis un endroit beaucoup plus solide :

nous sommes déjà complets.

Et peut-être que la première étape n’est pas de devenir la meilleure version de soi-même.

Peut-être est-elle simplement d’accepter celle qui est déjà là.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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