Comment profitez-vous de la vie ?
Travailler toujours plus pour gagner plus : et si le vrai problème était ailleurs ?
Je vois beaucoup de personnes qui triment dans un travail qui ne les passionne pas forcément.
J’en vois d’autres consacrer une énergie considérable à commenter, critiquer ou s’agacer de ce qui se passe autour d’elles.
Et puis j’observe beaucoup d’indépendants courir toute la journée.
Publier.
Prospecter.
Répondre.
Relancer.
Créer du contenu.
Envoyer des messages.
Participer à des réseaux.
Chercher de nouveaux clients.
Recommencer le lendemain.
Ils font énormément de choses.
Mais ont-ils déjà calculé ce que leur rapporte réellement tout ce temps dépensé ?
Parce que nous pouvons avoir l’impression d’être extrêmement productifs alors que nous sommes simplement extrêmement occupés.
Et la différence est considérable.
Combien vous rapporte réellement votre temps ?
Prenons volontairement un exemple très simple.
Vous cherchez un client pour une prestation à 60 €.
Combien de temps allez-vous consacrer à trouver ce client ?
Une heure ?
Trois heures ?
Une journée ?
Combien de publications ?
Combien de messages ?
Combien de rendez-vous ?
Combien de relances ?
Puis vient le temps nécessaire pour réaliser la prestation.
Ajoutons éventuellement le temps administratif, la facturation, les échanges avant et après la séance.
Votre client vous a payé 60 €.
Mais combien vous a réellement rapporté cette vente lorsque vous réintégrez tout le temps nécessaire pour l’obtenir et le servir ?
La question peut être inconfortable.
Elle est pourtant essentielle.
Le chiffre d’affaires ne dit pas combien vous gagnez
C’est une erreur fréquente lorsque nous développons une activité indépendante.
Nous regardons le montant encaissé.
Pas toujours l’énergie et le temps nécessaires pour le produire.
Imaginons une prestation facturée 60 € qui nécessite une heure de rendez-vous.
Sur le papier, nous pourrions penser :
60 € pour une heure de travail.
Mais si cette vente a nécessité deux heures de communication, trente minutes d’échange avant le rendez-vous, une heure de prestation et trente minutes d’administratif, nous avons en réalité consacré quatre heures à générer ces 60 €.
Et nous n’avons même pas encore parlé des charges.
Le problème n’est pas de vendre quelque chose 60 €.
Cela peut parfaitement correspondre à certains modèles économiques.
Le problème est de construire un système dans lequel il faut continuellement dépenser une quantité disproportionnée de temps et d’énergie pour obtenir chaque nouvelle vente.
La sécurité intérieure influence aussi notre manière de travailler
C’est ici que je fais aujourd’hui le lien avec la sécurité intérieure.
Pourquoi certains indépendants multiplient-ils les actions ?
Parce que leur stratégie l’exige parfois.
Mais pas toujours.
Il peut également y avoir derrière cette agitation une peur beaucoup plus profonde :
« Si je m’arrête, plus rien ne va rentrer. »
Alors on publie encore.
On relance encore.
On lance une nouvelle offre.
On change de communication.
On accepte un client qui ne nous correspond pas vraiment.
On baisse éventuellement le prix.
On prend un rendez-vous supplémentaire.
On répond à un message à 22 heures.
Non pas parce que chacune de ces actions est pertinente.
Mais parce que ne rien faire pendant quelques heures devient angoissant.
L’action sert alors à calmer momentanément l’insécurité.
Être occupé peut donner l’impression d’être en sécurité
Il existe quelque chose de rassurant dans l’action.
Tant que je fais, j’ai l’impression d’avancer.
Tant que je prospecte, j’ai l’impression de maîtriser la situation.
Tant que mon agenda est plein, je peux me raconter que mon activité fonctionne.
Mais la question reste :
est-ce que toutes ces actions produisent réellement le résultat recherché ?
Parce que travailler dix heures par jour n’est pas une stratégie économique.
Être fatigué n’est pas une preuve de valeur.
Et remplir son agenda ne signifie pas nécessairement construire une entreprise rentable.
Nous pouvons parfois obtenir davantage en supprimant des actions qu’en en ajoutant.
Pourquoi avons-nous autant de mal à ralentir ?
Parce que ralentir nous confronte parfois à nous-mêmes.
Quand nous cessons de courir, certaines questions apparaissent.
Est-ce que mon offre répond réellement à un besoin ?
Est-ce que mon prix est cohérent ?
Est-ce que mon positionnement est suffisamment clair ?
Est-ce que j’ai réellement envie de continuer cette activité ?
Est-ce que je travaille ainsi parce que cela fonctionne ou simplement parce que tout le monde me dit qu’il faut faire comme ça ?
Est-ce que je cherche à développer mon entreprise ou à rassurer ma peur du manque ?
Et surtout :
depuis quel endroit intérieur vais-je chercher ce prochain client ?
Depuis la peur de ne pas payer mes factures ?
Depuis le besoin de prouver que mon activité fonctionne ?
Depuis l’urgence ?
Ou depuis un modèle suffisamment structuré pour que chaque client ne devienne pas une question de survie ?
L’argent n’est pas une mesure de votre valeur personnelle
J’ai longtemps affirmé que « l’argent est une énergie » et que si l’argent ne rentrait pas facilement, cela signifiait que nous ne nous aimions pas suffisamment.
Aujourd’hui, je trouve cette affirmation trop catégorique.
Une personne peut avoir une excellente estime d’elle-même et traverser une difficulté financière.
Un entrepreneur peut être profondément aligné avec ses valeurs et avoir construit une offre qui ne trouve simplement pas son marché.
Un thérapeute formidable peut ne pas savoir vendre.
Un excellent professionnel peut avoir un mauvais positionnement.
Une activité peut subir une saisonnalité, une crise économique ou une évolution de son secteur.
Tout ramener au développement personnel peut nous empêcher de regarder certains problèmes très concrets.
Mais notre rapport à l’argent peut malgré tout nous apprendre beaucoup sur nous.
Ce que l’insécurité financière peut provoquer
La peur du manque peut nous conduire à prendre des décisions peu pertinentes.
Accepter systématiquement de négocier nos tarifs.
Dire oui à tous les clients.
Ne jamais prendre de vacances.
Avoir peur d’investir.
Ou, à l’inverse, dépenser inconsidérément pour essayer de provoquer une croissance rapide.
Multiplier les offres parce qu’aucune ne semble fonctionner assez vite.
Changer de stratégie toutes les trois semaines.
Dans ce cas, le problème n’est pas l’argent lui-même.
C’est l’état intérieur depuis lequel nous prenons nos décisions financières.
Plus nous sommes en insécurité, plus nous recherchons naturellement une récompense ou un soulagement immédiat.
Et cela peut nous éloigner d’une stratégie cohérente à long terme.
Vous êtes un être humain, pas une machine à produire
Il y avait une phrase dans mon ancien texte à laquelle je reste très attaché :
nous sommes des « êtres » humains et non des « faires » humains.
Nous avons besoin de temps pour produire.
Mais également de temps pour récupérer.
Réfléchir.
Marcher.
Dormir.
Créer.
Aimer.
Ne rien faire.
Voir nos proches.
Prendre de la hauteur sur ce que nous construisons.
Et pour un indépendant, ce temps n’est pas nécessairement du temps perdu.
Certaines de mes meilleures décisions ne sont pas apparues lorsque j’étais devant un ordinateur en train de multiplier les actions.
Elles sont apparues lorsque j’avais suffisamment d’espace mental pour voir autrement la situation.
Le temps libre peut être un indicateur de réussite
Nous avons appris à mesurer la réussite avec le chiffre d’affaires.
Le nombre de clients.
La croissance.
La maison.
La voiture.
Le statut.
Mais pourquoi ne pas également mesurer le temps disponible ?
Si votre activité gagne davantage chaque année mais qu’elle vous demande toujours plus d’heures, est-ce réellement le modèle que vous souhaitez construire ?
La réponse peut être oui.
Certaines personnes aiment travailler énormément.
Très bien.
Mais cela mérite au moins d’être choisi.
Parce que gagner sa vie en sacrifiant continuellement sa vie possède une certaine contradiction.
Avant de chercher davantage de clients, regardez votre modèle
Posez vos chiffres.
Combien voulez-vous réellement gagner ?
Combien d’heures souhaitez-vous travailler ?
Combien de semaines voulez-vous travailler chaque année ?
Quel est votre prix moyen ?
Combien de clients sont alors nécessaires ?
Combien de temps consacrez-vous à obtenir chacun d’eux ?
Quelles actions produisent réellement des ventes ?
Quelles actions faites-vous uniquement parce que vous avez peur d’arrêter de les faire ?
Vous pourriez découvrir que votre problème n’est pas un manque de motivation.
Ni un manque d’énergie.
Ni même un manque de clients.
Votre modèle demande peut-être simplement trop de volume pour la vie que vous souhaitez avoir.
La sécurité intérieure permet aussi de dire non
Non à un client qui ne nous correspond pas.
Non à une mission insuffisamment rémunérée.
Non à une énième stratégie qui nous disperse.
Non à cette croyance selon laquelle il faudrait être disponible en permanence.
Non à l’idée que se reposer serait perdre son temps.
Mais pour pouvoir dire non, encore faut-il ne pas vivre chaque opportunité comme si elle était la dernière.
C’est ici que la sécurité intérieure rejoint directement la stratégie.
Plus je suis en insécurité, plus je risque de saisir tout ce qui passe.
Plus je suis stable intérieurement, plus je peux sélectionner ce qui sert réellement la direction que j’ai choisie.
Vous n’êtes pas responsable de tout, mais vous pouvez reprendre votre part
J’écrivais autrefois :
« Vous êtes 100 % créateur de votre réalité. »
Aujourd’hui, je préfère dire :
vous n’avez pas créé tout ce qui vous arrive, mais vous avez une marge de décision sur ce que vous allez construire à partir de ce qui vous arrive.
Nous ne maîtrisons ni l’économie, ni les décisions de nos clients, ni les algorithmes, ni les accidents de la vie.
En revanche, nous pouvons regarder notre modèle.
Nos prix.
Nos habitudes.
Notre emploi du temps.
Nos choix.
Nos peurs.
Notre manière de réagir lorsque les résultats ne sont pas ceux que nous attendions.
Et reprendre la responsabilité de cette partie-là.
C’est déjà énorme.
Alors si vous passez actuellement vos journées à courir après le prochain client, arrêtez-vous quelques instants.
Pas pour abandonner.
Pour regarder.
Combien d’énergie dépensez-vous ?
Combien de temps ?
Pour quel résultat ?
Et surtout, quelle vie êtes-vous réellement en train de construire derrière votre chiffre d’affaires ?
Parce que la sécurité intérieure, ce n’est pas uniquement apprendre à rester stable quand la vie devient incertaine.
C’est aussi devenir suffisamment stable pour arrêter de courir dans tous les sens et choisir consciemment où notre temps, notre attention et notre énergie méritent réellement d’être investis.
Nous sommes #TousFormidable.











