J’espère de tout cœur

« J’espère de tout cœur » : et si nous passions de l’espoir à la décision ?

« J’espère de tout cœur que ça va s’arranger. »

« J’espère que je vais trouver un autre travail. »

« J’espère que notre relation va s’améliorer. »

« J’espère avoir davantage d’argent l’année prochaine. »

« J’espère réussir mon projet. »

Nous utilisons tous ce mot.

Espérer.

Et contrairement à ce que j’écrivais dans la première version de cet article, je ne pense plus que l’espoir soit nécessairement quelque chose de négatif.

L’espoir peut nous aider à traverser une période difficile.

Il peut nous permettre d’imaginer qu’une autre réalité est possible alors que nous ne la voyons pas encore.

Il peut même constituer une formidable ressource lorsque nous traversons une situation sur laquelle nous avons peu de contrôle.

Mais il existe une autre forme d’espoir.

Un espoir qui nous maintient dans l’attente.

Et c’est celui-là qui m’intéresse aujourd’hui.

Parce qu’il peut parfois cacher un problème de sécurité intérieure.

Espérer ou attendre ?

Il existe une différence considérable entre :

« J’espère trouver un travail qui me correspond davantage et j’ai commencé à explorer différentes pistes. »

et :

« J’espère qu’un jour ma situation professionnelle changera. »

Dans le premier cas, l’espoir accompagne le mouvement.

Dans le second, il peut devenir une salle d’attente.

Nous espérons.

Les mois passent.

Puis les années.

La situation ne nous convient toujours pas.

Mais nous continuons à espérer qu’un événement extérieur viendra enfin la modifier.

Quelqu’un va nous proposer quelque chose.

Notre conjoint va changer.

Notre patron va reconnaître notre valeur.

Notre situation financière va s’améliorer.

Nous aurons davantage de temps.

Le bon moment arrivera.

Et pendant ce temps, nous ne décidons rien.

Pourquoi restons-nous parfois dans une situation qui ne nous convient plus ?

Dans mon ancien texte, je parlais de l’ego qui préfère rester dans un confort, même inconfortable.

Aujourd’hui, je parlerais plutôt de protection.

Parce que l’être humain peut préférer une situation insatisfaisante mais connue à une situation potentiellement meilleure mais incertaine.

Je connais mon travail actuel.

Il ne me plaît plus, mais je connais mon salaire.

Mes collègues.

Mes horaires.

Mes contraintes.

Changer signifie entrer dans l’inconnu.

Même chose dans une relation.

Je peux être insatisfait depuis plusieurs années.

Mais partir signifie affronter la solitude, l’organisation matérielle, le regard des autres, peut-être les conséquences financières.

Alors une partie de moi dit :

« J’espère que ça va s’arranger. »

Et cette phrase peut parfois signifier :

« J’aimerais que ma situation change sans avoir à traverser l’insécurité nécessaire pour la changer. »

Voilà où la sécurité intérieure intervient.

« J’espère » n’est pas une formule magique

Dans la première version de cet article, je considérais que prononcer le mot « espoir » revenait à vibrer le manque et donc, selon la loi d’attraction, à matérialiser davantage de manque.

Je serais beaucoup plus prudent aujourd’hui.

Un mot ne crée pas mécaniquement notre réalité.

Dire « j’espère » ne condamne évidemment pas un projet à l’échec.

Mais les mots que nous employons peuvent révéler la posture intérieure depuis laquelle nous regardons une situation.

Écoutez simplement la différence entre :

« J’espère pouvoir changer de travail. »

« Je commence à chercher un nouveau travail. »

« Je mets en place les conditions pour changer de travail. »

« J’ai décidé de changer de travail et je vais maintenant déterminer comment. »

La réalité extérieure n’a pas encore changé.

Mais intérieurement, quelque chose a bougé.

Nous sommes passés de l’attente à l’implication.

« Je décide » ne garantit pas le résultat

Il faut néanmoins éviter de tomber dans l’excès inverse.

Dans mon ancien texte, j’affirmais que dire « je décide » supprimait le plan B et entraînait forcément le changement.

Ce n’est pas aussi simple.

Je peux décider de créer une entreprise sans garantir qu’elle fonctionnera.

Je peux décider de rencontrer quelqu’un sans pouvoir commander une relation amoureuse.

Je peux décider de prendre soin de ma santé sans contrôler tous les événements qui affecteront mon corps.

Une décision ne nous donne pas le contrôle du résultat.

Elle nous redonne en revanche la responsabilité de notre prochaine action.

Et cette différence est fondamentale.

La sécurité intérieure permet de décider sans garantie

Nous aimerions souvent obtenir la certitude avant de nous engager.

« Si je savais que ça allait marcher, je le ferais. »

Mais justement.

Si nous savions que cela allait fonctionner, nous n’aurions plus besoin de courage, de confiance ou de sécurité intérieure.

Le véritable enjeu est de pouvoir dire :

« Je ne sais pas exactement ce qui va se passer, mais je peux décider d’avancer. »

Je ne contrôle pas la totalité du chemin.

Je contrôle mon prochain pas.

Je peux téléphoner.

Prendre un rendez-vous.

Envoyer une candidature.

Poser une limite.

Me renseigner.

Faire un budget.

Commencer une formation.

Avoir cette conversation que je repousse depuis six mois.

La décision devient alors beaucoup plus concrète.

Attention à la fausse puissance du « je décide »

Nous pouvons aussi utiliser des formulations très puissantes pour cacher notre peur.

« Je décide que je serai riche. »

« Je décide que cette relation va fonctionner. »

« Je décide que mon projet sera un succès. »

Cela peut être motivant.

Mais une affirmation ne supprime pas la réalité.

La véritable sécurité intérieure n’a pas besoin de se convaincre que tout se passera exactement comme prévu.

Elle permet plutôt de dire :

« Je décide de mettre mon énergie dans cette direction, et je m’adapterai à ce que je rencontrerai. »

C’est moins spectaculaire.

Mais beaucoup plus solide.

Remplacer l’espoir par le mouvement

Alors faut-il supprimer définitivement « j’espère » de notre vocabulaire ?

Non.

Mais lorsque vous vous entendez prononcer cette phrase à propos d’une situation qui dure depuis longtemps, elle peut devenir un formidable signal.

« J’espère que mon couple ira mieux. »

Depuis combien de temps ?

Et qu’avez-vous mis en place ?

« J’espère gagner davantage. »

Qu’avez-vous décidé de changer ?

« J’espère avoir davantage de temps pour moi. »

Qu’avez-vous supprimé de votre agenda ?

« J’espère lancer mon projet un jour. »

Qu’est-ce qui vous empêche de faire le premier pas cette semaine ?

Ce ne sont pas des reproches.

Ce sont des questions de responsabilité.

L’espoir peut ouvrir la porte, la décision nous fait la franchir

Nous pouvons espérer une autre vie.

C’est même parfois le commencement.

Avant de changer, il faut pouvoir imaginer que quelque chose d’autre est possible.

Mais vient un moment où l’espoir doit rencontrer la matière.

Une décision.

Puis une action.

Même minuscule.

C’est là que nous découvrons souvent notre véritable niveau de sécurité intérieure.

Parce que tant que nous rêvons au changement, nous ne risquons pas grand-chose.

Dès que nous commençons à agir, l’incertitude apparaît.

Et nos protections avec elle.

Alors la prochaine fois que vous vous entendrez dire :

« J’espère de tout cœur que… »

ne vous interdisez pas cette phrase.

Ajoutez simplement une question :

« Et qu’est-ce que je mets concrètement en œuvre aujourd’hui pour me rapprocher de ce que j’espère ? »

Si vous avez une réponse, l’espoir accompagne probablement votre mouvement.

Si vous n’en avez aucune depuis plusieurs années, peut-être que l’espoir est devenu une manière confortable d’attendre.

Et dans ce cas, la question n’est peut-être plus de savoir ce que vous espérez.

Mais ce que vous êtes prêt à décider, même sans garantie sur le résultat.

Parce que la sécurité intérieure ne consiste pas à savoir que tout ira comme prévu.

Elle consiste à pouvoir avancer même lorsque nous ne le savons pas.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction