La douceur est la force la plus puissante
Et si la douceur nous faisait avancer plus vite ?
Ça peut sembler paradoxal, mais c’est vraiment quand nous sommes dans la douceur que les choses avancent le plus vite et de la façon la plus fluide.
J’ai longtemps cru qu’il fallait faire plus.
Plus travailler.
Plus chercher.
Plus réfléchir.
Plus contrôler.
Plus insister.
Et pourtant, j’observe aujourd’hui presque l’inverse dans ma vie :
Moins nous allons vite, plus nous allons vite.
Moins nous faisons d’efforts inutiles, plus nous produisons.
Moins nous sommes dans l’action permanente, plus nos actions deviennent pertinentes.
Et surtout, plus nous sommes en sécurité à l’intérieur de nous, moins nous avons besoin de nous agiter à l’extérieur.
C’est peut-être là que commence véritablement la douceur.
Pourquoi avons-nous autant de mal à ralentir ?
Parce que nous avons appris à associer l’effort au résultat.
Depuis notre enfance, nous entendons qu’il faut travailler pour réussir, se battre pour obtenir quelque chose, ne rien lâcher, dépasser ses limites, sortir de sa zone de confort…
Alors quand quelque chose ne fonctionne pas, notre premier réflexe consiste souvent à en faire davantage.
Le problème, c’est que nous ne nous demandons pas toujours depuis quel endroit intérieur nous faisons davantage.
Est-ce depuis la confiance ?
Ou depuis la peur que ça ne fonctionne pas ?
Est-ce depuis l’inspiration ?
Ou depuis l’urgence ?
Est-ce depuis la joie ?
Ou depuis cette sensation que si nous nous arrêtons quelques instants, tout va s’écrouler ?
Deux personnes peuvent réaliser exactement la même action avec deux états intérieurs complètement différents.
Et pour moi, c’est là que tout change.
La suraction peut être une recherche de sécurité
Lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité intérieurement, nous cherchons naturellement à contrôler davantage notre environnement.
Nous anticipons.
Nous réfléchissons.
Nous imaginons tous les scénarios.
Nous essayons de prévoir ce qui pourrait mal se passer.
Nous remplissons notre agenda.
Nous multiplions les actions.
Nous cherchons des réponses auprès des autres.
Nous avons l’impression d’avancer parce que nous sommes constamment occupés.
Mais être occupé ne signifie pas nécessairement avancer.
Je peux passer dix heures à courir dans toutes les directions et être exactement au même endroit le soir.
À l’inverse, je peux passer plusieurs heures dans la nature, retrouver de la clarté, comprendre ce qui est réellement important pour moi et poser ensuite une seule action qui débloquera une situation.
Voilà pourquoi je dis :
Moins nous allons vite, plus nous pouvons aller vite.
Ce n’est pas une invitation à ne plus rien faire.
C’est une invitation à arrêter de confondre mouvement et direction.
La douceur n’est pas de la passivité
C’est une nuance importante.
Mettre de la douceur dans son existence ne signifie pas attendre tranquillement sur son canapé que la vie fasse tout à notre place.
La douceur peut parfaitement cohabiter avec une décision ferme.
Je peux dire non avec douceur.
Je peux quitter une situation avec douceur.
Je peux prendre une décision importante sans colère.
Je peux travailler avec intensité sans me maltraiter.
Je peux avoir de grandes ambitions sans vivre dans l’urgence.
Je peux vouloir transformer profondément ma vie sans considérer que celle que j’ai aujourd’hui est à jeter.
Pour moi, la douceur apparaît lorsque je cesse de me battre contre ce qui est.
Je regarde.
J’écoute.
J’accepte la réalité présente.
Puis je décide de la direction que je souhaite prendre.
Et si nous arrêtions de juger ?
Voilà probablement l’un des endroits où nous gaspillons énormément d’énergie.
Nous jugeons les autres.
Nous jugeons leurs décisions.
Nous jugeons leur façon de travailler.
Nous jugeons leur couple.
Nous jugeons leur argent.
Nous jugeons leurs croyances.
Nous jugeons leur apparence.
Mais nous nous jugeons également nous-mêmes.
Je devrais être plus loin.
Je devrais gagner davantage.
Je devrais avoir compris.
Je ne devrais plus ressentir ça.
Je devrais être capable de…
Chaque « je devrais » peut devenir une petite agression intérieure.
Et comment voulez-vous construire une vie douce lorsque vous passez votre journée à vous expliquer que ce que vous êtes, ce que vous ressentez ou ce que vous faites n’est jamais suffisamment bien ?
Le jugement crée une tension entre ce qui est et ce que nous estimons qui devrait être.
L’acceptation, elle, nous permet de partir de la réalité.
Et accepter ne signifie pas approuver.
Je peux accepter qu’une situation existe tout en décidant qu’elle ne me convient plus.
Je peux accepter qu’une personne fonctionne différemment de moi sans avoir envie de la fréquenter.
Je peux accepter mon point de départ sans décider d’y rester.
C’est même beaucoup plus simple pour avancer.
La sécurité intérieure change notre rapport à l’action
Lorsque je me sens intérieurement en sécurité, je n’ai plus autant besoin de forcer.
Je peux essayer quelque chose et observer ce qui se passe.
Je peux me tromper sans considérer que je suis un échec.
Je peux recevoir un non sans remettre toute ma valeur en question.
Je peux ralentir sans culpabiliser.
Je peux changer de direction sans avoir l’impression d’avoir perdu mon temps.
Je peux également laisser certaines choses se mettre en place sans chercher constamment à contrôler leur résultat.
C’est là que je retrouve cette sensation de fluidité que j’aime tant.
Les actions sont toujours présentes.
Mais elles ne viennent plus de la peur.
Elles viennent davantage de l’envie, de la clarté et de ce qui me met profondément en joie.
Les croyances avec lesquelles nous regardons la vie
J’aime jouer avec certaines phrases :
La vie est magique avec un grand M.
La vie est simple avec un grand S.
La vie est belle avec un grand B.
La vie est amour avec un grand A.
La vie est chouette avec un grand C.
La vie est joie avec un grand J.
La vie est partage avec un grand P.
Ce sont aujourd’hui des croyances qui accompagnent ma manière de regarder mon existence.
Parce que nous ne percevons jamais complètement la vie telle qu’elle est : nous la regardons à travers notre histoire, nos expériences et nos croyances.
Si je suis persuadé que la vie est un combat, je vais naturellement remarquer tout ce qui ressemble à un combat.
Si je suis convaincu qu’il faut souffrir pour réussir, je risque de considérer la souffrance comme une condition normale de la réussite.
Si je crois que ralentir signifie devenir paresseux, chaque moment de repos pourra déclencher de la culpabilité.
Alors parfois, transformer sa vie commence simplement par observer les croyances depuis lesquelles nous sommes en train de la vivre.
Et si la douceur commençait ici ?
Pas besoin de révolutionner votre existence aujourd’hui.
Observez simplement les moments où vous forcez.
Lorsque vous insistez.
Lorsque vous vous jugez.
Lorsque vous jugez l’autre.
Lorsque vous cherchez absolument à contrôler ce qui va se passer.
Et posez-vous une question :
Qu’est-ce que je ferais différemment, ici et maintenant, si je me sentais parfaitement en sécurité ?
Peut-être que vous feriez exactement la même chose.
Mais autrement.
Avec moins de tension.
Moins de peur.
Moins de contrôle.
Et beaucoup plus de douceur.
Parce que finalement, nous sommes peut-être #TousFormidable dès l’instant où nous cessons de vouloir que tout le monde, nous compris, soit différent de ce qu’il est.












