Qu’est-ce que ça m’emmerde de lire ça !

« Franchement, n’importe quoi, je n’accepte pas de lire ce propos… »

Ça vous est certainement déjà arrivé.

Vous lisez une publication, vous écoutez quelqu’un parler, vous entendez une opinion et, presque instantanément, quelque chose se déclenche en vous :

« Mais c’est complètement faux ! »

« Comment peut-on penser ça ? »

« Je ne suis absolument pas d’accord ! »

Parfois même, nous ressentons physiquement la réaction avant d’avoir réellement réfléchi. Une tension apparaît. Une irritation. Une envie de répondre, de convaincre, de démontrer que l’autre se trompe.

Mais pourquoi une simple phrase prononcée par quelqu’un d’autre peut-elle provoquer autant de réactions en nous ?

Et surtout, qu’est-ce que cette réaction raconte de notre sécurité intérieure ?

Nous ne regardons jamais le monde de manière totalement neutre

Nous avons tous une histoire.

Depuis notre enfance, nous avons entendu des milliers de phrases sur l’argent, le travail, l’amour, le couple, la famille, la réussite, l’échec, les hommes, les femmes, la santé, la politique, la spiritualité…

Nous avons également vécu des expériences.

Certaines agréables.

D’autres beaucoup moins.

Progressivement, notre cerveau a construit des associations, des interprétations et des croyances qui nous permettent de comprendre le monde et d’y évoluer.

Ce système est indispensable.

Sans lui, nous devrions analyser consciemment chaque information comme si nous la découvrions pour la première fois.

Notre cerveau effectue donc naturellement un tri considérable dans tout ce qui nous entoure.

C’est notamment ce qui explique une expérience que nous avons presque tous vécue.

Vous envisagez d’acheter une petite voiture bleue et, soudainement, vous avez l’impression qu’il y a des petites voitures bleues partout.

Elles étaient probablement déjà là.

Simplement, elles sont devenues importantes pour vous et votre attention les remarque davantage.

Le même mécanisme peut intervenir avec certaines expressions, certaines idées, certains comportements ou certains symboles.

Notre attention sélectionne une partie de la réalité.

Et c’est là que cela devient particulièrement intéressant.

Nos croyances influencent ce que nous remarquons

Lorsque nous sommes profondément convaincus de quelque chose, nous avons naturellement tendance à remarquer davantage les éléments qui confirment cette conviction.

Et nous pouvons avoir beaucoup plus de difficultés à accueillir ce qui vient la contredire.

Imaginez que depuis votre enfance vous ayez entendu :

« Pour gagner correctement sa vie, il faut travailler dur. »

Cette phrase peut devenir tellement évidente que vous ne la considérez même plus comme une croyance.

Pour vous, c’est simplement « la réalité ».

Puis un jour, vous rencontrez quelqu’un qui travaille quinze heures par semaine et gagne très correctement sa vie.

Cette personne ne remet pas seulement en question une idée.

Elle peut venir ébranler une représentation du monde installée en vous depuis trente ou quarante ans.

Et c’est parfois là que surgit :

« N’importe quoi ! »

Pourquoi avons-nous besoin que l’autre ait tort ?

Voilà une question que je trouve passionnante.

Pourquoi ne pouvons-nous pas simplement entendre :

« Cette personne voit les choses différemment de moi » ?

Pourquoi ressentons-nous parfois le besoin de répondre, argumenter, convaincre ou même attaquer ?

Parce qu’une croyance ne reste pas toujours une simple idée.

Elle peut devenir une partie de notre identité.

Si je suis intérieurement très sécurisé, je peux entendre une idée totalement opposée à la mienne sans me sentir menacé.

Je peux dire :

« Je ne partage absolument pas ton point de vue, mais je peux l’entendre. »

En revanche, lorsque ma sécurité intérieure dépend du fait d’avoir raison, la contradiction devient beaucoup plus inconfortable.

Ce n’est alors plus seulement mon opinion qui est remise en question.

C’est presque moi.

Et notre système de protection se met en route.

Notre mental aime les certitudes

J’ai longtemps parlé du mental et de l’ego comme de cette partie de nous qui fonctionne à partir de la peur.

Peur de souffrir.

Peur de manquer.

Peur d’être rejeté.

Peur d’être abandonné.

Peur de perdre.

Aujourd’hui, j’ajouterais quelque chose d’important : cette partie de nous cherche avant tout à nous maintenir dans un environnement qu’elle connaît.

Or une croyance connue, même limitante, peut être rassurante.

Elle donne une structure au monde.

C’est comme ça.

Ça fonctionne comme ça.

Les gens sont comme ça.

La vie est comme ça.

Moi, je suis comme ça.

Et puis quelqu’un arrive et nous dit :

« Et si ce n’était pas forcément vrai ? »

Cette simple question peut ouvrir une brèche.

Et lorsque nous manquons de sécurité intérieure, une brèche peut être ressentie comme une menace.

Alors nous la refermons immédiatement :

« N’importe quoi ! »

Et si nous apprenions simplement à observer ce qui se passe en nous ?

Je ne vous propose surtout pas de croire tout ce que vous entendez.

Accueillir une idée ne signifie pas y adhérer.

Nous avons parfaitement le droit de ne pas être d’accord.

Nous pouvons entendre une théorie et la considérer comme fausse.

Nous pouvons demander des preuves.

Nous pouvons conserver notre discernement.

Nous pouvons même changer de conversation lorsque celle-ci ne nous apporte rien.

La différence se situe ailleurs.

Depuis quel endroit intérieur est-ce que je refuse cette idée ?

Est-ce que je la refuse après l’avoir examinée tranquillement ?

Ou est-ce que quelque chose s’est immédiatement crispé en moi ?

Parce que cette crispation peut être une formidable occasion de mieux nous connaître.

Écouter avec le cœur ne signifie pas abandonner son discernement

Lorsque je parle du cœur, je ne parle pas d’accepter naïvement tout ce que raconte n’importe qui.

Je parle d’un espace intérieur suffisamment sécurisé pour ne pas avoir besoin de combattre chaque différence.

Je peux écouter un athée parler de Dieu.

Je peux écouter une personne croyante parler de sa foi.

Je peux écouter un entrepreneur expliquer sa vision de l’argent.

Je peux écouter quelqu’un qui a choisi une vie complètement opposée à la mienne.

Je n’ai pas besoin de devenir cette personne.

Je n’ai même pas besoin d’être d’accord avec elle.

Mais je peux essayer de comprendre depuis quel endroit elle regarde le monde.

Et là, quelque chose change profondément dans nos relations.

Nous quittons progressivement :

« Qui a raison ? »

pour entrer dans :

« Qu’est-ce que je peux comprendre ici ? »

La sécurité intérieure nous libère du besoin d’avoir raison

Plus je suis sécurisé intérieurement, moins votre différence représente une menace pour moi.

Vous pouvez ne pas aimer ce que j’aime.

Vous pouvez ne pas croire ce que je crois.

Vous pouvez faire des choix que je ne ferais jamais.

Vous pouvez même considérer que certaines de mes convictions sont complètement farfelues.

Cela ne m’oblige pas à me défendre.

Parce que votre regard ne définit pas qui je suis.

Et réciproquement, je n’ai pas besoin de vous transformer pour me sentir bien dans mes propres convictions.

Je trouve que c’est une forme extraordinaire de liberté.

Pouvoir rencontrer l’autre sans devoir immédiatement le faire entrer dans notre propre représentation du monde.

Peut-être que la prochaine fois…

La prochaine fois que vous lirez quelque chose et que votre première réaction sera :

« Franchement, n’importe quoi ! »

Ne vous forcez pas à changer d’avis.

Ne cherchez pas non plus à devenir une personne qui accepte tout.

Observez simplement.

Qu’est-ce qui vient d’être touché en moi ?

Quelle croyance ?

Quelle valeur ?

Quelle peur éventuellement ?

Pourquoi ai-je besoin que cette personne ait tort pour continuer à me sentir bien ?

Et surtout :

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher ma réponse ?

Depuis cette partie de moi qui veut immédiatement se défendre ?

Ou depuis cet espace suffisamment sécurisé pour écouter, observer, discerner et ensuite choisir ce que je souhaite conserver ?

Pour moi, le cœur commence peut-être précisément ici.

Non pas lorsque nous sommes tous d’accord.

Mais lorsque nous n’avons plus besoin de l’être pour continuer à nous respecter.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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