La fatigue

Et si votre fatigue essayait simplement de vous dire quelque chose ?

Quand nous sommes fatigués, nous cherchons souvent immédiatement une explication.

« C’est le temps. »

« J’ai trop travaillé. »

« J’ai mal dormi. »

« J’ai trop donné ces derniers jours. »

Et puis il y a la pleine lune, la météo, le changement de saison, l’âge, le stress, les enfants, le travail…

Avec notre mental, nous pouvons trouver énormément de raisons pour expliquer pourquoi nous sommes fatigués.

Certaines sont d’ailleurs parfaitement réelles. Le sommeil, l’activité physique, l’alimentation, certaines maladies, des médicaments, le stress ou simplement une période particulièrement intense peuvent évidemment avoir une incidence sur notre niveau d’énergie.

Mais il existe une autre question que nous oublions parfois de nous poser :

Est-ce que je suis encore à l’écoute de moi-même ?

Nous savons souvent que nous sommes fatigués bien avant de nous arrêter

C’est quelque chose que j’observe depuis des années.

Le corps ne passe généralement pas d’un état de pleine forme à un épuisement profond en claquant des doigts.

Il y a souvent des petits signaux avant.

Nous devenons plus irritables.

Nous avons moins envie.

Nous perdons notre enthousiasme.

Nous nous concentrons moins facilement.

Certaines choses qui nous semblaient simples deviennent lourdes.

Nous commençons à nous forcer.

Et pourtant, nous continuons.

Pourquoi ?

Parce que le mental arrive avec ses fameux :

« Il faut que… »

Il faut que je termine ça.

Il faut que je réponde à cette personne.

Il faut que je travaille.

Il faut que je sois disponible.

Il faut que je tienne encore cette semaine.

Il faut que je fasse ce que j’avais prévu.

Et puis ça ira mieux demain…

Patacoufin !

Sauf que demain, nous recommençons exactement la même chose.

Pourquoi est-il parfois si difficile de s’arrêter ?

C’est là que la question de la sécurité intérieure devient particulièrement intéressante.

Parce que nous pouvons savoir intellectuellement que nous avons besoin de repos et être pourtant incapables de nous l’accorder.

Imaginez que vous décidiez cet après-midi de ne plus rien faire pendant trois heures.

Pas pour être productif ensuite.

Pas pour méditer correctement.

Pas pour travailler sur vous.

Pas pour atteindre un objectif.

Simplement parce que votre corps vous demande de ralentir.

Qu’est-ce que cela provoque en vous ?

De la tranquillité ?

Ou immédiatement une petite voix ?

« Tu as quand même du travail. »

« Tu perds ton temps. »

« Tu ferais mieux de profiter de ces trois heures pour avancer. »

« Les autres travaillent pendant que toi tu ne fais rien. »

« Tu te reposeras quand tu auras terminé. »

Voilà quelque chose que je trouve beaucoup plus intéressant que de chercher systématiquement une explication extérieure à notre fatigue.

Pourquoi avons-nous parfois besoin d’être complètement épuisés pour nous autoriser enfin à nous arrêter ?

Se reposer peut devenir inconfortable lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité

Nous associons souvent la sécurité à l’argent, au logement, au travail ou à la stabilité matérielle.

Mais la sécurité intérieure se manifeste également dans notre capacité à ne rien produire pendant quelque temps sans avoir l’impression que notre monde va s’écrouler.

Pouvoir s’arrêter.

Pouvoir dire non.

Pouvoir reporter quelque chose.

Pouvoir reconnaître :

« Là, je n’en peux plus. »

Sans se considérer faible, paresseux ou incapable.

C’est beaucoup plus profond qu’il n’y paraît.

Parce que certaines personnes ne se sentent en sécurité que lorsqu’elles sont dans l’action.

Elles font.

Elles organisent.

Elles rendent service.

Elles travaillent.

Elles anticipent.

Elles contrôlent.

Et lorsqu’elles s’arrêtent, quelque chose devient inconfortable.

Le silence arrive.

Les émotions remontent parfois.

Les questions apparaissent.

Alors elles repartent dans l’action.

J’ai longtemps fonctionné comme ça

Pendant une partie de ma vie, j’ai beaucoup fait.

Et plus je faisais, plus j’avais l’impression qu’il fallait continuer à faire.

Parce que lorsque notre sécurité repose sur ce que nous produisons, ralentir devient presque menaçant.

Aujourd’hui, je regarde les choses différemment.

Lorsque je sens une fatigue inhabituelle, je peux évidemment chercher des causes très concrètes.

Ai-je suffisamment dormi ?

Est-ce que je mange correctement ?

Est-ce que mon rythme est adapté ?

Est-ce que quelque chose nécessite éventuellement un avis médical ?

Mais je peux également me demander :

Qu’est-ce que je suis en train de m’imposer ?

Est-ce que je fais encore quelque chose uniquement parce que « je dois » ?

Est-ce que je donne davantage que ce que j’ai réellement envie de donner ?

Est-ce que mon quotidien correspond encore à ce qui est important pour moi ?

Est-ce que j’écoute mon corps ou est-ce que j’attends qu’il crie pour commencer à l’entendre ?

Le corps n’est pas notre adversaire

Je trouve intéressant de changer ce regard.

La fatigue n’est pas nécessairement quelque chose qu’il faut immédiatement combattre.

Elle peut simplement être une information.

Parfois, la réponse sera très simple : dormir davantage.

Parfois, il faudra revoir son rythme.

Parfois, une fatigue persistante ou inhabituelle nécessitera de consulter un professionnel de santé pour en rechercher la cause.

Et parfois, cette fatigue nous invitera également à regarder notre manière de vivre.

Parce que nous pouvons dormir huit heures et continuer à nous sentir intérieurement épuisés par une vie dans laquelle nous nous forçons continuellement.

Nous pouvons prendre des vacances et repartir exactement dans le même fonctionnement trois jours après notre retour.

Nous pouvons nous reposer physiquement sans jamais véritablement nous autoriser à lâcher intérieurement.

C’est ici que se trouve, selon moi, une différence importante.

Écouter avant d’être obligé de s’arrêter

Nous n’avons peut-être pas besoin d’attendre d’être complètement vidés pour nous occuper de nous.

Nous pouvons apprendre progressivement à reconnaître les premiers signaux.

Et surtout à nous demander :

Depuis quel endroit intérieur suis-je en train de continuer ?

Parce que j’en ai profondément envie ?

Ou parce que j’ai peur de m’arrêter ?

Parce que cette action a du sens pour moi ?

Ou parce que je pense que je dois la faire pour être apprécié, reconnu, rassuré ou simplement pour avoir l’impression d’être quelqu’un de bien ?

La sécurité intérieure commence aussi là.

Pouvoir écouter ce qui se passe en nous avant que tout notre système nous demande de lever le pied.

La prochaine fois que vous vous entendrez dire :

« Je suis crevé… »

avant de chercher immédiatement une explication à l’extérieur, essayez simplement cette question :

« Qu’est-ce que je n’écoute plus chez moi en ce moment ? »

La réponse pourrait être beaucoup plus intéressante que prévu.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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