La magie noire
Et si la peur de la magie noire parlait surtout de notre sécurité intérieure ?
Bien sûr que la magie noire existe.
Tout comme la magie blanche.
Tout comme les rituels, les protections, les mauvais sorts, les énergies, les anges, les guides et toutes les représentations spirituelles auxquelles les êtres humains donnent du sens depuis des siècles.
Mais dire qu’une croyance ou une pratique existe ne signifie pas que nous devons considérer comme une vérité absolue tout ce qu’on lui attribue.
Et c’est là que le sujet devient particulièrement intéressant.
Parce que finalement, lorsque quelqu’un me demande :
« Est-ce qu’une personne peut m’envoyer de mauvaises énergies ? »
j’ai aujourd’hui envie de déplacer la question.
Pourquoi cette possibilité vous fait-elle peur ?
Et surtout :
qu’est-ce qui, à l’intérieur de vous, vous fait penser que quelqu’un d’extérieur pourrait avoir autant de pouvoir sur vous ?
Lorsque nous croyons être menacés, notre corps réagit
Imaginez.
Quelqu’un vous annonce :
« Fais attention, je ressens quelque chose de mauvais autour de toi. »
À cet instant précis, il ne s’est peut-être absolument rien passé dans votre vie.
Vous alliez très bien cinq minutes auparavant.
Mais cette phrase entre dans votre tête.
Et votre mental commence son travail.
« Qu’est-ce qu’elle a ressenti ? »
« Est-ce que quelqu’un m’en veut ? »
« C’est peut-être pour ça que je dors mal depuis trois jours… »
« Et mon problème d’argent ? »
« Et cette dispute la semaine dernière ? »
« Et cette personne qui m’a regardé bizarrement ? »
Tout à coup, votre cerveau commence à chercher des preuves.
Et évidemment, il en trouve.
Parce que lorsque nous cherchons quelque chose, notre attention devient particulièrement sensible à tout ce qui pourrait confirmer ce que nous croyons.
Le problème n’est donc même plus de savoir si quelqu’un vous a réellement « envoyé » quelque chose.
La peur, elle, est déjà entrée.
Et ses conséquences sont bien réelles.
C’est ici que nous remettons notre pouvoir à l’extérieur
À partir du moment où je crois que quelqu’un peut contrôler mon état intérieur à distance, quelque chose change.
Je ne me sens plus totalement maître de mon espace intérieur.
Je commence à chercher comment me protéger.
Une pierre.
Un rituel.
Une prière.
Du gros sel.
Une personne capable de « nettoyer ».
Un thérapeute énergétique.
Une protection supplémentaire.
Puis éventuellement une autre.
Et si je ressens quelque chose de désagréable quelques jours plus tard, cela peut renforcer ma croyance :
« Tu vois, j’avais raison, quelque chose m’attaque. »
La boucle est enclenchée.
Plus j’ai peur, plus je cherche des signes.
Plus je trouve des signes, plus j’ai peur.
Et plus j’ai peur, plus j’ai besoin d’une protection extérieure pour me sentir en sécurité.
C’est précisément là que la sécurité intérieure m’intéresse.
Dans la vie, nous voyons énormément à travers ce que nous croyons
Notre cerveau ne nous montre pas une photographie parfaitement neutre du monde.
Il sélectionne.
Il interprète.
Il compare avec ce qu’il connaît déjà.
Nos expériences passées, nos croyances, nos peurs et nos attentes influencent donc profondément notre perception.
Prenez deux personnes confrontées exactement au même événement.
L’une pourra penser :
« Ce n’est rien, ça va passer. »
L’autre :
« Je savais que quelque chose de mauvais allait m’arriver. »
Même événement.
Deux expériences intérieures complètement différentes.
Voilà pourquoi nos croyances sont importantes.
Pas nécessairement parce qu’une pensée suffirait magiquement à commander chaque événement extérieur.
Mais parce que ce que nous croyons influence ce que nous remarquons, ce que nous ressentons, les décisions que nous prenons et la manière dont nous réagissons.
Et cela peut transformer considérablement notre qualité de vie.
« Je suis lumière »
Pendant longtemps, j’ai utilisé cette phrase :
« Je suis lumière pure et inaltérable. »
Je trouve toujours cette image très puissante.
Mais aujourd’hui, je l’interprète aussi à travers la sécurité intérieure.
Dire « je suis lumière » ne signifie pas prétendre que rien de désagréable ne pourra jamais m’arriver.
Cela signifie plutôt :
Je refuse de vivre continuellement dans la peur de l’extérieur.
Je refuse de croire que chaque personne que je rencontre possède un pouvoir caché sur moi.
Je refuse d’interpréter chaque difficulté comme une attaque.
Je refuse de construire ma vie autour de protections contre des dangers que je ne peux même pas vérifier.
Je peux rester attentif à ce que je ressens sans vivre dans la méfiance.
Et surtout, je peux apprendre à revenir à moi.
La pleine lune ne décide pas de votre journée
Prenons un autre exemple que j’ai souvent évoqué : la pleine lune.
Certaines personnes disent très bien dormir pendant la pleine lune.
D’autres annoncent trois jours avant :
« Ça y est, la pleine lune arrive, je sais que je vais encore passer une nuit pourrie. »
Puis elles dorment mal.
Était-ce la lune ?
L’anticipation ?
Le stress ?
Une habitude ?
Une multitude de facteurs ?
Je n’ai pas besoin de trancher pour observer quelque chose d’important :
si je suis persuadé à l’avance que quelque chose va me perturber, je viens déjà de créer une tension intérieure autour de cet événement.
Et cette observation vaut pour énormément de choses.
La météo.
Une réunion.
Un vendredi 13.
Une personne.
Un rendez-vous.
Une période astrologique.
Une pleine lune.
Un prétendu mauvais sort.
Plus je donne à l’extérieur le pouvoir de déterminer comment je vais me sentir, plus ma sécurité devient dépendante de choses que je ne contrôle pas.
Une sécurité qui dépend de l’extérieur reste fragile
Si j’ai besoin de ma pierre pour être protégé, que se passe-t-il lorsque je l’oublie ?
Si j’ai besoin d’un rituel avant chaque rendez-vous important, que se passe-t-il lorsque je ne peux pas le réaliser ?
Si j’ai besoin qu’une personne nettoie régulièrement mes énergies, que se passe-t-il lorsqu’elle n’est pas disponible ?
Si je crois que la pleine lune contrôle mon état émotionnel, que se passe-t-il tous les mois lorsqu’elle revient ?
Je deviens dépendant.
Et ce n’est pas ce que je recherche aujourd’hui.
Ce qui m’intéresse, c’est de construire suffisamment de sécurité intérieure pour pouvoir me dire :
« Je peux ressentir quelque chose de désagréable sans immédiatement imaginer qu’une puissance extérieure est en train de prendre le contrôle de ma vie. »
La lumière peut devenir une posture intérieure
Vous êtes libre de croire à la magie noire.
Vous êtes libre de croire à la magie blanche.
Vous êtes libre de croire aux anges, aux guides, aux énergies, à Dieu, à l’Univers ou de ne croire à rien de tout cela.
Je n’ai pas besoin de vous convaincre.
La question que je trouve beaucoup plus importante est :
Est-ce que votre croyance augmente votre liberté ou augmente votre peur ?
Est-ce qu’elle vous permet de vous sentir davantage en sécurité ?
Ou vous oblige-t-elle à chercher continuellement de nouvelles protections ?
Est-ce qu’elle vous rapproche de vous ?
Ou vous rend-elle dépendant de quelque chose ou de quelqu’un qui posséderait un pouvoir supérieur au vôtre ?
Parce qu’au bout du compte, c’est peut-être cela que signifie pour moi aujourd’hui :
« Je suis lumière. »
Je ne prétends pas contrôler le monde.
Je ne prétends pas que rien ne pourra jamais m’arriver.
Je décide simplement de ne plus organiser ma vie autour de la peur de ce qui pourrait m’arriver.
Et lorsque quelque chose vient me déstabiliser, avant de chercher une cause invisible à l’extérieur, je commence par revenir à l’intérieur.
Qu’est-ce que je ressens ?
Qu’est-ce qui me fait peur ?
Qu’est-ce que je suis en train de croire ?
Et surtout :
Depuis quel endroit intérieur suis-je en train de regarder cette situation ?
Depuis ma peur ?
Ou depuis ma sécurité ?
C’est peut-être là que commence notre véritable pouvoir.
Nous sommes #TousFormidable.












