Le jugement nous auto-détruit

Tant que nous voyons la séparation, nous entretenons la souffrance

Depuis des années, je revendique une idée qui peut sembler excessive : je pense qu’il est possible de tendre vers une vie profondément épanouissante dans tous les domaines de notre existence.

Dans notre couple.

Dans notre travail.

Dans notre famille.

Dans nos relations.

Dans notre rapport à l’argent.

Et surtout dans notre relation avec nous-même.

Mais pour comprendre cette idée, il faut sortir d’un réflexe profondément humain : chercher à l’extérieur de nous la cause de ce qui se passe à l’intérieur.

C’est là que commence, selon moi, l’illusion de la séparation.

Dès que je sépare, je cherche un responsable

Regardons ce qui se passe lorsqu’un domaine de notre vie ne nous convient plus.

Je ne suis pas heureux dans mon couple : c’est à cause de mon conjoint.

Je ne suis pas heureux au travail : c’est à cause de mon employeur.

Je ne suis pas bien dans mon équipe : ce sont mes collègues.

Je souffre dans ma famille : ce sont mes parents.

Je suis inquiet financièrement : c’est à cause du système.

Je ne peux pas vivre comme je le voudrais : c’est à cause du gouvernement.

Je n’ai pas dormi : c’est à cause de la pleine lune.

À chaque fois, le mécanisme est sensiblement le même.

Moi d’un côté. Le responsable de l’autre.

Et tant que toute ma puissance d’action est placée de l’autre côté de cette frontière, je deviens dépendant de l’extérieur pour retrouver mon bien-être.

Il faudrait que mon conjoint change pour que je sois heureux.

Que mon patron change pour que je sois serein.

Que mes parents reconnaissent enfin certaines choses pour que je puisse avancer.

Que la société change pour que je puisse vivre comme je le souhaite.

Autrement dit, je donne inconsciemment les clés de ma sécurité intérieure à quelqu’un ou quelque chose d’extérieur à moi.

Et c’est précisément là que je perds ma liberté.

Prendre sa responsabilité ne signifie pas donner raison à l’autre

Il y a cependant une nuance essentielle.

Refuser la séparation ne signifie pas tout accepter.

Cela ne signifie pas rester auprès d’une personne qui nous maltraite.

Cela ne signifie pas accepter un employeur irrespectueux.

Cela ne signifie pas nier une injustice.

Cela ne signifie pas davantage considérer qu’une victime est responsable de l’acte commis contre elle.

La responsabilité dont je parle se situe ailleurs.

Elle commence par cette question :

« Maintenant que cette réalité existe, depuis quel endroit intérieur vais-je chercher ma réponse ? »

Voilà ce qui m’intéresse.

Je peux reconnaître ce que l’autre a fait sans lui abandonner le pouvoir sur la suite de mon existence.

Je peux dire non.

Je peux partir.

Je peux poser une limite.

Je peux demander de l’aide.

Je peux changer de travail.

Je peux prendre une décision radicale.

Mais je peux essayer de le faire depuis ma sécurité intérieure plutôt que depuis la peur, la vengeance ou le besoin de faire payer l’autre.

La différence est considérable.

Le jugement nous enferme dans le problème

Lorsque nous jugeons, nous avons l’impression de comprendre.

L’autre est égoïste.

Mon patron est un imbécile.

Mes parents sont responsables.

Les riches sont responsables.

Les pauvres sont responsables.

Les politiques sont responsables.

Les patrons sont responsables.

Les salariés sont responsables.

Les jeunes sont responsables.

Les vieux sont responsables.

Et nous pouvons continuer indéfiniment.

Le jugement simplifie une réalité complexe en créant deux camps : celui auquel j’appartiens et celui auquel appartient l’autre.

Mais que devient ma sécurité intérieure si j’ai besoin que tous ceux qui ne pensent pas comme moi disparaissent, changent ou reconnaissent que j’ai raison pour pouvoir être en paix ?

Elle devient extrêmement fragile.

Je ne suis plus en sécurité par moi-même.

Je suis en sécurité uniquement lorsque l’extérieur correspond à mes croyances.

L’unité ne veut pas dire uniformité

C’est probablement l’un des points les plus importants.

Dire que nous sommes un ne signifie pas que nous devons tous être identiques.

Nous pouvons avoir des opinions différentes.

Des histoires différentes.

Des comportements différents.

Des valeurs différentes.

Des aspirations différentes.

Nous pouvons même décider que nos chemins doivent se séparer.

Je peux quitter quelqu’un sans le haïr.

Je peux ne pas partager une opinion sans mépriser celui qui la porte.

Je peux poser une limite sans chercher à détruire celui qui l’a franchie.

Je peux défendre mes intérêts sans transformer l’autre en ennemi.

Voilà ce que signifie pour moi sortir de la séparation.

Ce n’est pas supprimer les différences.

C’est cesser de transformer les différences en guerre intérieure.

Nous sommes là pour nous nourrir les uns les autres

J’aime cette image : nous sommes là pour nourrir l’autre.

Pas nécessairement financièrement ou matériellement.

Nous pouvons nourrir quelqu’un par une conversation.

Par notre présence.

Par une idée.

Par un sourire.

Par notre expérience.

Par notre créativité.

Par ce que nous sommes.

Mais pour nourrir l’autre, encore faut-il avoir soi-même « l’estomac plein ».

Comment donner de la sérénité lorsque nous sommes remplis de peur ?

Comment transmettre de la confiance lorsque nous vivons constamment dans l’insécurité ?

Comment parler d’amour lorsque nous passons nos journées à juger ?

Comment accompagner quelqu’un vers sa liberté lorsque notre propre équilibre dépend entièrement de l’extérieur ?

C’est là que le travail intérieur prend tout son sens.

Nous ne remplissons pas notre réservoir en demandant continuellement à l’extérieur de nous rassurer.

Nous apprenons progressivement à trouver cette sécurité en nous.

Et si le véritable travail était de récupérer notre pouvoir ?

Dans ma lecture spirituelle, tout est énergie.

Notre corps, notre environnement, nos relations, nos expériences appartiennent à cette même vie dont nous faisons partie.

J’appelle cela l’unité.

D’autres utiliseront d’autres mots.

Peu importe.

Ce qui m’intéresse, c’est ce que cette conception change concrètement dans notre manière de vivre.

Lorsque quelque chose me dérange profondément, je peux évidemment regarder ce qui se passe à l’extérieur.

Mais je peux aussi regarder ce qui se passe en moi.

Pourquoi cela me touche-t-il autant ?

Qu’est-ce que cela réveille ?

Quelle peur apparaît ?

Quelle croyance ?

Quelle blessure ?

Quelle limite ai-je besoin de poser ?

Quelle décision est-ce que je repousse ?

Et surtout :

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Depuis la peur ?

Depuis le besoin d’avoir raison ?

Depuis la colère ?

Ou depuis un endroit suffisamment sécurisé en moi pour regarder la situation telle qu’elle est et décider de ce qui est juste pour moi ?

C’est ici que nous retrouvons notre puissance.

La sécurité intérieure change notre relation au monde

Lorsque nous sommes profondément insécurisés intérieurement, le monde entier peut devenir menaçant.

Un désaccord devient une attaque.

Une critique devient un rejet.

Un changement devient un danger.

Le succès de l’autre devient une menace.

L’inconnu devient quelque chose qu’il faut absolument contrôler.

À l’inverse, plus notre sécurité intérieure grandit, moins nous avons besoin de combattre ce qui est différent de nous.

Nous pouvons observer.

Écouter.

Choisir.

Poser nos limites.

Partir lorsque c’est nécessaire.

Rester lorsque cela a du sens.

Et continuer notre chemin sans avoir besoin de transformer l’autre pour nous sentir bien.

Voilà pourquoi je pense aujourd’hui que l’unité commence à l’intérieur.

Il ne s’agit pas de sauver le monde.

Il ne s’agit pas de convaincre tout le monde.

Il ne s’agit même pas d’être d’accord avec tout le monde.

Il s’agit de ne plus abandonner notre paix intérieure chaque fois que quelqu’un ou quelque chose ne correspond pas à ce que nous aurions voulu.

Parce qu’à chaque fois que nous faisons dépendre notre bonheur exclusivement de l’extérieur, nous nous séparons de notre propre puissance.

Et à chaque fois que nous revenons en nous pour observer, comprendre et choisir notre réponse, nous reconstruisons notre sécurité intérieure.

Nous sommes différents, et pourtant nous appartenons à la même humanité.

Nous sommes #TousFormidable.

Avec amour.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction