Le rayonnement de l’amour
Et si votre lumière intérieure avait simplement besoin de sécurité pour rayonner ?
Vous avez certainement déjà entendu cette expression :
« Cette personne rayonne. »
On ne parle évidemment pas d’une lumière que l’on pourrait mesurer autour d’elle.
On parle de quelque chose que l’on ressent.
Une présence.
Une joie.
Une façon d’être là, pleinement.
Une personne qui semble bien dans ses baskets, qui n’a pas continuellement besoin de prouver quelque chose, de convaincre, de séduire ou de se protéger.
Pendant longtemps, j’ai associé ce rayonnement à l’amour, à la lumière, à notre dimension spirituelle.
Et je continue de penser que nous avons tous cette capacité en nous.
Nous sommes tous capables de joie, d’amour, de créativité, de confiance, de connexion avec les autres.
Nous sommes tous #TousFormidable.
Mais alors, pourquoi certaines personnes rayonnent-elles naturellement tandis que d’autres semblent avoir perdu cette lumière ?
J’aime utiliser l’image d’une bougie.
Imaginez que vous soyez une bougie
Au fond de vous se trouve une petite flamme.
Elle représente ce que vous êtes lorsque vous n’avez rien à défendre.
Votre joie.
Votre élan.
Votre créativité.
Votre envie d’aimer.
Votre capacité à entreprendre.
Votre curiosité.
Votre spontanéité.
Votre envie d’aller vers les autres et vers la vie.
Cette flamme existe.
Mais pour qu’une bougie puisse éclairer pleinement, encore faut-il qu’elle soit placée dans de bonnes conditions.
Essayez d’allumer une bougie en pleine tempête.
La flamme devient instable.
Elle vacille.
Elle diminue.
Elle peut même finir par s’éteindre.
Alors imaginons maintenant que le vent soit notre insécurité intérieure.
Et regardons ce qui se passe.
Chaque peur crée un courant d’air
« Je ne vais pas y arriver. »
Un coup de vent.
« Je ne suis pas suffisamment compétent. »
Un autre.
« Qu’est-ce qu’ils vont penser de moi ? »
Encore un.
« Je ne peux pas quitter ce travail, qu’est-ce que je vais devenir ? »
Le vent se renforce.
« Si je prends cette décision, je risque de perdre l’amour de certaines personnes. »
La flamme commence sérieusement à vaciller.
« Je ne peux pas faire ce que je veux, j’ai trop de responsabilités. »
« Ce n’est pas le bon moment. »
« Je suis trop vieux. »
« Je suis trop jeune. »
« Je n’ai pas assez d’argent. »
« Je dois d’abord être sûr. »
Et nous pouvons passer des années comme cela.
Pas parce que notre lumière aurait disparu.
Mais parce que nous vivons dans une tempête intérieure permanente.
Et si le mental cherchait simplement à nous protéger ?
À une époque, j’aurais dit que le responsable était l’ego.
Le mental.
Cette petite voix qui nous empêche d’avancer et qui raconte tout un tas d’histoires.
Aujourd’hui, j’irais un peu plus loin.
Parce que si cette petite voix existe, ce n’est pas nécessairement pour nous pourrir la vie.
Elle cherche souvent à nous maintenir dans un environnement qu’elle connaît.
Et ce qui est connu paraît généralement plus sécurisant que ce qui ne l’est pas.
Voilà pourquoi nous pouvons rester dans une situation qui ne nous convient plus tout en ayant terriblement peur d’en sortir.
Un emploi ne nous correspond plus depuis cinq ans ?
Le mental répond :
« Oui, mais tu as un salaire. »
Une relation nous épuise ?
« Oui, mais tu risques de te retrouver seul. »
Nous avons envie de créer quelque chose ?
« Oui, mais imagine si tu échoues. »
Nous savons qu’une décision serait probablement bonne pour nous ?
« Attends encore un peu, on ne sait jamais. »
Le problème n’est donc peut-être pas d’avoir un mental.
Le problème apparaît lorsque la peur devient l’endroit intérieur depuis lequel nous prenons toutes nos décisions.
Plus nous cherchons la sécurité à l’extérieur, plus le vent souffle
C’est ici que le sujet devient particulièrement intéressant.
Lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité intérieurement, nous allons naturellement chercher des garanties à l’extérieur.
Nous demandons l’avis des autres.
Nous cherchons davantage d’informations.
Nous voulons être rassurés.
Nous attendons d’avoir suffisamment d’argent.
Nous voulons être certains de réussir avant de commencer.
Nous voulons que notre conjoint soit d’accord.
Que nos parents comprennent.
Que nos amis approuvent.
Que notre projet soit parfaitement ficelé.
Que les conditions économiques soient bonnes.
Que nous soyons enfin prêts.
Autrement dit, nous demandons au monde extérieur de faire cesser notre tempête intérieure.
Mais le monde extérieur bouge en permanence.
Il suffit alors d’une mauvaise nouvelle, d’une remarque, d’un refus, d’une facture imprévue ou du regard d’une personne importante pour nous et…
Le vent repart.
Créer son propre anticyclone
C’est notamment pour cette raison que la nature a toujours occupé une place considérable dans ma vie.
Marcher.
M’asseoir.
Observer.
Ne rien produire pendant quelque temps.
Me retrouver seul.
Écouter ce qui se passe en moi sans chercher immédiatement une réponse à l’extérieur.
Je parlais autrefois de passer jusqu’à six heures par jour dans cet état.
Évidemment, tout le monde ne peut pas décider demain matin de libérer six heures de son emploi du temps.
Et transformer ces « six heures » en nouvelle obligation serait complètement contradictoire avec l’idée.
Ce qui compte, ce n’est pas le chronomètre.
C’est de recréer suffisamment d’espace pour entendre ce qui se passe en nous.
Parce que lorsque nous diminuons progressivement le bruit extérieur, quelque chose apparaît.
Nous commençons à distinguer ce que nous voulons réellement de ce que nous faisons simplement pour être rassurés.
Et c’est là que notre sécurité intérieure commence à se construire.
La sécurité intérieure protège la flamme
Être en sécurité intérieure ne signifie pas que nous n’avons plus peur.
Cela ne signifie pas non plus que plus rien ne peut nous atteindre.
Cela signifie que lorsque le vent arrive, nous avons suffisamment construit notre socle pour ne pas nous éteindre avec lui.
Quelqu’un n’est pas d’accord avec moi ?
Ma flamme reste allumée.
Un projet échoue ?
Ma valeur personnelle ne disparaît pas avec lui.
Quelqu’un me critique ?
Je peux regarder ce qu’il dit sans immédiatement remettre toute mon identité en question.
Je traverse une période d’incertitude ?
Je peux ressentir cette incertitude sans devoir immédiatement chercher quelqu’un qui décidera à ma place.
Je ne sais pas encore exactement où je vais ?
Je peux quand même avancer.
C’est cela que je trouve passionnant dans la sécurité intérieure.
Nous ne cherchons plus à supprimer le vent.
Nous apprenons à protéger notre flamme.
Et c’est peut-être cela, rayonner
Finalement, une personne qui rayonne n’est peut-être pas une personne qui possède quelque chose de plus que les autres.
Elle n’a pas reçu une meilleure bougie.
Elle n’a pas nécessairement une vie plus facile.
Elle n’a pas supprimé toutes ses peurs.
Elle a peut-être simplement appris à ne plus laisser chaque événement extérieur souffler sur sa flamme.
Et lorsqu’une flamme devient suffisamment stable, elle éclaire naturellement autour d’elle.
Sans avoir besoin de convaincre.
Sans avoir besoin de sauver.
Sans avoir besoin de prouver.
Elle rayonne parce qu’elle peut enfin être ce qu’elle est.
Alors plutôt que de vous demander aujourd’hui :
« Comment puis-je devenir plus lumineux ? »
je vous propose une autre question :
Qu’est-ce qui, aujourd’hui, crée encore du vent autour de ma propre flamme ?
Et derrière cette question, peut-être une autre encore plus importante :
Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher la sécurité dont j’ai besoin pour continuer d’avancer ?
Votre lumière est peut-être déjà là.
Elle a simplement besoin d’un endroit suffisamment sécure pour pouvoir rayonner.
Nous sommes #TousFormidable.












