Pourquoi je me sens seul ?

Combien d’énergie dépensez-vous à maintenir le personnage que vous êtes devenu ?

Nous avançons dans la vie en construisant progressivement un personnage.

Un prénom.

Une histoire.

Une famille.

Un métier.

Un statut social.

Des qualités.

Des défauts.

Des réussites.

Des échecs.

Et puis toutes ces petites phrases entendues depuis notre enfance qui finissent parfois par devenir des vérités sur nous-mêmes.

« Tu es timide. »

« Tu n’es pas manuel. »

« Tu es trop sensible. »

« Tu as toujours été comme ça. »

« Dans la famille, nous ne sommes pas des entrepreneurs. »

« Toi, de toute façon… »

À force de les entendre, certaines étiquettes finissent par nous coller à la peau.

Et le plus étonnant, c’est qu’un jour, nous n’avons même plus besoin que les autres nous les répètent.

Nous nous en chargeons très bien nous-mêmes.

Nous avons besoin d’être acceptés

Je ne crois plus qu’il soit nécessaire de faire de l’ego un ennemi.

Notre besoin d’appartenance est profondément humain.

Nous avons besoin des autres.

Besoin de liens.

Besoin d’être reconnus.

Besoin de sentir que nous avons une place quelque part.

Alors nous apprenons très tôt à nous adapter à notre environnement.

Nous observons ce qui provoque de l’amour, de l’attention ou de la reconnaissance.

Et nous observons aussi ce qui provoque du rejet, du conflit ou de l’insécurité.

Petit à petit, nous construisons des stratégies.

Je vais être gentil.

Je vais être performant.

Je vais faire rire.

Je vais me taire.

Je vais être fort.

Je vais prendre soin des autres.

Je vais réussir.

Je vais éviter de déranger.

Je vais devenir celui que mon environnement semble pouvoir accepter.

Le problème n’est pas d’avoir construit ce personnage.

Il nous a probablement servi.

Le problème commence lorsque nous ne nous sentons plus suffisamment en sécurité pour sortir du personnage.

Ce qui nous a protégés peut finir par nous enfermer

C’est exactement là que je retrouve aujourd’hui la sécurité intérieure.

Imaginez un enfant qui comprend progressivement qu’il obtient davantage de reconnaissance lorsqu’il réussit.

Il travaille.

Il performe.

Il devient celui qui réussit.

Et cela fonctionne tellement bien qu’il peut continuer pendant vingt, trente ou quarante ans.

Seulement, un jour, il est épuisé.

Il voudrait ralentir.

Il voudrait peut-être faire complètement autre chose.

Mais une question apparaît :

Si je ne suis plus celui qui réussit, qui suis-je ?

Et derrière cette question peut se cacher une autre peur :

Est-ce que les autres m’aimeront encore ?

Voilà comment une stratégie qui nous a aidés à trouver notre place peut progressivement devenir une prison.

Ce qui nous protège aujourd’hui est peut-être ce qui nous bloque demain.

Le décalage devient parfois difficile à supporter

Pendant longtemps, nous pouvons très bien fonctionner ainsi.

Nous faisons ce qu’il faut.

Nous répondons aux attentes.

Nous avançons.

Nous construisons une vie qui, extérieurement, peut parfaitement tenir debout.

Et pourtant, quelque chose commence parfois à grincer à l’intérieur.

Nous avons envie d’autre chose.

Pas nécessairement de tout envoyer promener.

Simplement de respirer davantage.

D’exprimer certaines choses.

De faire des choix différents.

De respecter davantage nos valeurs.

De prendre notre place.

Mais changer signifie prendre un risque.

Celui de déplaire.

Celui de ne plus être compris.

Celui de perdre certaines appartenances.

Et parfois celui de découvrir que nous ne savons même plus exactement qui nous sommes lorsque nous arrêtons de répondre à ce que les autres attendent de nous.

J’ai moi-même cherché une nouvelle identité dans la spiritualité

C’est un piège que je connais bien.

Lorsque mon ancien personnage a commencé à ne plus me convenir, je suis allé chercher ailleurs.

J’ai découvert le développement personnel puis la spiritualité.

Et là aussi, il y avait des identités disponibles.

Être éveillé.

Être conscient.

Être un être de lumière.

Vibrer haut.

Sortir de la matrice.

Comprendre l’ego.

Connaître les lois de l’Univers.

Finalement, nous pouvons retirer un costume et en enfiler immédiatement un autre.

Nous pouvons quitter une communauté dans laquelle nous ne nous reconnaissons plus et nous précipiter vers une autre qui nous rassurera en nous disant :

« Ici, tu es avec des gens comme toi. »

Ce mécanisme peut exister partout.

Dans la spiritualité comme dans le minimalisme, l’écologie, l’alimentation, le travail, le sport, la politique ou n’importe quelle communauté humaine.

Le problème n’est évidemment pas d’appartenir à un groupe.

Le problème apparaît lorsque j’ai besoin du groupe pour savoir qui je suis.

Être soi peut provoquer une période d’inconfort

C’est peut-être une étape dont nous parlons insuffisamment.

Lorsque nous commençons à retirer certaines étiquettes, nous pouvons nous retrouver dans une drôle de position.

L’ancien ne nous correspond plus vraiment.

Mais le nouveau n’est pas encore construit.

Nous ne voulons plus fonctionner comme avant.

Nous ne nous reconnaissons plus totalement dans certaines relations.

Nous remettons en question certaines habitudes.

Et pourtant nous ne savons pas encore précisément où nous allons.

C’est là que la sécurité intérieure devient essentielle.

Parce que sans elle, nous allons vouloir remplir immédiatement cet espace.

Trouver une nouvelle doctrine.

Un nouveau mentor.

Un nouveau groupe.

Une nouvelle identité.

Quelque chose qui puisse rapidement répondre à cette question inconfortable :

« Maintenant, je suis quoi ? »

Et si, justement, nous n’avions pas besoin de répondre immédiatement ?

Nous pouvons être seuls sans nous couper des autres

Je crois profondément à l’importance de la solitude.

J’ai moi-même besoin de ces moments où je peux me retrouver dans le silence, dans la nature, loin du bruit et des sollicitations.

Mais je crois tout autant au partage.

Aux rencontres.

Aux discussions profondes.

À l’amour.

À l’amitié.

Au contact humain.

Nous n’avons peut-être pas à choisir entre l’un et l’autre.

La solitude peut nous permettre d’entendre ce qui se passe en nous.

Les autres peuvent nous permettre de découvrir des facettes de nous-mêmes que nous ne pourrions jamais rencontrer seuls.

L’équilibre n’est probablement pas le même pour chacun.

Et il peut changer selon les périodes de notre vie.

Exister pour soi avant d’exister dans le regard des autres

C’est là que mon regard a profondément changé.

La sécurité intérieure ne consiste pas à devenir tellement indépendant que nous n’aurions plus besoin de personne.

Ce serait encore une protection.

Elle consiste plutôt à pouvoir être en relation avec les autres sans leur confier la responsabilité de définir qui nous sommes.

Je peux appartenir à un groupe sans devoir penser exactement comme lui.

Je peux aimer quelqu’un sans devenir ce qu’il attend de moi.

Je peux entendre une critique sans remettre toute ma valeur en question.

Je peux changer d’avis sans considérer que je me suis trahi.

Je peux quitter une ancienne identité sans connaître immédiatement la suivante.

Et je peux surtout commencer à me poser une question beaucoup plus simple :

Qu’est-ce qui reste de moi lorsque je n’ai plus rien à prouver à personne ?

Peut-être que prendre notre place commence là.

Non pas en trouvant enfin la bonne étiquette.

Mais en devenant suffisamment sécure pour ne plus avoir besoin de nous enfermer dans une définition de nous-mêmes.

Parce que nous évoluons.

Nos envies changent.

Nos relations changent.

Nos priorités changent.

Notre vie change.

Et nous avons peut-être le droit de changer avec elle.

Sans demander l’autorisation.

Sans devoir nous justifier.

Sans abandonner les autres.

Simplement en cessant progressivement de nous abandonner nous-mêmes pour continuer à appartenir.

Stéphane Bride-Bonnot

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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