Regarde la nature pour te voir

Et si la sécurité intérieure nous permettait de nous laisser porter par la vie ?

Il suffit parfois de s’asseoir quelques minutes dans la nature et de regarder.

Pas pour chercher une réponse.

Pas pour analyser.

Juste regarder ce qui se passe.

Une rafale de vent arrive. Une fleur de cerisier qui a terminé son rôle se détache de sa branche. Elle est emportée quelques mètres plus loin avant de retomber sur le sol.

Elle ne résiste pas.

Elle ne s’accroche pas désespérément à l’arbre en disant : « Pourtant, j’étais bien ici ! »

Elle ne cherche pas non plus à contrôler le vent pour décider précisément de l’endroit où elle va atterrir.

Son cycle continue.

Et j’aime observer la vie humaine à travers cette image.

Parce que nous faisons souvent exactement l’inverse.

Nous voulons retenir ce qui est terminé

Une relation.

Un travail.

Une maison.

Une activité.

Une manière de vivre.

Une identité.

Parfois, quelque chose en nous sait déjà que le cycle est terminé.

Nous ne ressentons plus la même joie. Nous devons faire de plus en plus d’efforts pour maintenir ce qui fonctionnait auparavant. Nous sentons qu’une autre direction nous appelle.

Et pourtant, nous nous accrochons.

Pourquoi ?

Parce que lâcher ce que nous connaissons signifie momentanément nous retrouver dans l’inconnu.

Et l’inconnu vient directement questionner notre sécurité intérieure.

La fleur se laisse emporter par le vent.

Nous, nous voulons parfois retenir la fleur sur sa branche, arrêter le vent et négocier avec la saison.

Évidemment, cela demande énormément d’énergie.

Derrière le contrôle, il y a souvent un besoin de sécurité

Pendant longtemps, j’ai beaucoup parlé d’ego.

Aujourd’hui, je trouve intéressant d’aller regarder ce qui se cache derrière certains de ses comportements.

Lorsque nous contrôlons tout, lorsque nous anticipons chaque conséquence, lorsque nous refusons de lâcher une situation qui ne nous nourrit plus, ce n’est pas nécessairement parce que nous sommes incapables d’avancer.

Nous essayons souvent de nous protéger.

Notre système connaît ce qui existe aujourd’hui.

Même lorsque cette situation ne nous convient plus parfaitement, elle est connue.

Et le connu peut sembler plus sécurisant que l’inconnu.

Quitter une relation insatisfaisante signifie ne pas savoir ce qui viendra ensuite.

Changer de métier signifie perdre certains repères.

Déménager signifie abandonner un environnement familier.

Modifier profondément notre manière de vivre signifie parfois ne plus savoir exactement qui nous allons devenir.

Alors nous restons sur la branche.

Pas forcément parce que nous voulons encore y être.

Mais parce que nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité pour nous laisser porter ailleurs.

Notre sécurité ne peut pas dépendre uniquement de la branche

C’est ici que la métaphore de la fleur prend, pour moi, toute sa puissance.

Si toute ma sécurité dépend de ma branche, je vais m’y accrocher.

Si toute ma sécurité dépend de mon couple, je vais avoir peur de le perdre.

Si elle dépend de mon travail, je vais accepter des choses qui ne me correspondent plus pour préserver mon poste.

Si elle dépend de mon argent, je vais peut-être prendre toutes mes décisions depuis la peur de manquer.

Si elle dépend de la reconnaissance des autres, je vais adapter mon comportement pour continuer à être apprécié.

Et si elle dépend de mes certitudes, je vais chercher à contrôler la vie pour éviter qu’elle me confronte à l’inconnu.

Plus ma sécurité est exclusivement extérieure, plus le changement devient menaçant.

À l’inverse, plus je construis cette sécurité à l’intérieur de moi, plus je peux regarder une situation changer sans avoir immédiatement l’impression que tout mon équilibre va s’effondrer avec elle.

Aujourd’hui ici, demain ailleurs

Le monde de la forme est en mouvement permanent.

Nous pouvons aimer profondément quelqu’un et constater un jour que nos chemins prennent des directions différentes.

Nous pouvons avoir adoré un métier pendant quinze ans et nous réveiller un matin avec l’envie de faire autre chose.

Nous pouvons avoir construit une maison, une entreprise, une vie entière autour d’une identité qui, progressivement, ne nous correspond plus.

Cela n’annule pas ce qui a été vécu.

Cela ne signifie pas nécessairement que nous nous sommes trompés.

Peut-être que cette branche était précisément celle dont nous avions besoin pendant cette période de notre existence.

La difficulté apparaît lorsque nous exigeons que ce qui était juste hier le reste éternellement.

Parce que la vie, elle, continue de bouger.

Revenir à soi lorsque tout bouge autour

C’est précisément dans ces moments-là que la sécurité intérieure prend tout son sens.

Pour moi, elle ne consiste pas à être certain que rien de désagréable n’arrivera.

Elle ne consiste pas davantage à penser que la vie réalisera automatiquement tout ce que je désire.

Elle consiste à développer suffisamment de stabilité en moi pour pouvoir traverser l’incertitude sans laisser immédiatement mes mécanismes de protection décider à ma place.

Je peux ressentir la peur et avancer.

Je peux ne pas connaître la suite et rester présent.

Je peux perdre un repère sans me perdre moi-même.

Je peux entendre ce que les autres pensent sans avoir besoin de construire ma décision autour de leur approbation.

Je peux laisser quelque chose se terminer sans considérer automatiquement cette fin comme un échec.

C’est une différence considérable.

Pourquoi cherchons-nous autant de réponses à l’extérieur ?

Lorsque cette sécurité manque, nous pouvons facilement multiplier les recherches.

Une vidéo.

Puis une autre.

Un livre.

Un thérapeute.

Un coach.

Un mentor.

Une nouvelle méthode.

Un nouveau concept de développement personnel.

Puis encore une vidéo pour être certain d’avoir compris la précédente.

Je ne dis évidemment pas que les ressources extérieures sont inutiles. Nous avons besoin des autres pour apprendre, expérimenter, confronter nos perceptions et découvrir ce que nous ne voyons pas seuls.

Le problème commence lorsque nous ne cherchons plus de l’information, mais du réconfort permanent.

Lorsque nous avons besoin d’une nouvelle réponse extérieure chaque fois que l’incertitude apparaît, nous ne développons pas forcément notre autonomie.

Nous pouvons même devenir dépendants de celui ou de celle qui nous rassure.

Et c’est valable également pour l’accompagnement.

Le rôle d’un accompagnant ne devrait probablement pas être de devenir la nouvelle branche à laquelle quelqu’un va s’accrocher.

Le silence peut devenir inconfortable

Il y a une expérience très simple à faire.

Arrêter.

Ne plus chercher immédiatement la prochaine réponse.

Ne pas prendre son téléphone au premier inconfort.

Ne pas lancer automatiquement une vidéo.

Ne pas demander immédiatement l’avis de quelqu’un.

Marcher.

Observer.

Respirer.

Ressentir.

Et regarder ce qui apparaît lorsque le bruit diminue.

C’est parfois inconfortable parce que nous nous retrouvons face à ce que toutes nos occupations permettaient justement d’éviter.

Mais c’est aussi là que nous pouvons commencer à distinguer une peur réelle d’un vieux mécanisme de protection.

Est-ce que cette situation est réellement dangereuse ?

Ou est-ce simplement mon système qui n’aime pas ne pas savoir ?

La chenille ne peut pas devenir papillon en restant chenille

J’utilisais déjà autrefois cette image de transformation.

Elle reste particulièrement parlante.

Nous voulons parfois devenir le papillon tout en conservant intégralement la sécurité de la chenille.

Nous voulons une nouvelle vie sans quitter l’ancienne.

Une nouvelle relation sans réellement lâcher la précédente.

Une nouvelle activité sans traverser la moindre période d’incertitude.

Une nouvelle version de nous-mêmes tout en conservant les comportements qui protégeaient l’ancienne.

Mais transformer implique nécessairement de laisser quelque chose bouger.

C’est précisément là que la sécurité intérieure devient fondamentale.

Parce qu’elle nous permet de ne plus confondre inconnu et danger.

Peut-être que le vent n’est pas notre ennemi

Je reviens alors à cette petite fleur de cerisier.

Elle était sur sa branche.

Puis le vent est arrivé.

Elle est partie ailleurs.

Elle poursuivra son cycle sous une autre forme.

Nous ne sommes évidemment pas des fleurs et notre vie demande parfois des décisions très concrètes, de la réflexion, de la responsabilité et de l’action.

Mais cette image me rappelle quelque chose d’essentiel :

nous dépensons parfois une quantité phénoménale d’énergie à vouloir empêcher la vie de changer.

Alors que cette même énergie pourrait nous servir à développer suffisamment de sécurité en nous pour traverser le changement.

Aujourd’hui ici.

Demain peut-être ailleurs.

Avec certaines personnes aujourd’hui et d’autres demain.

Avec un métier, une maison, un projet, une identité qui peuvent eux aussi évoluer.

Et au milieu de tous ces changements, il reste un endroit que nous pouvons apprendre à retrouver.

Nous-mêmes.

C’est peut-être cela, finalement, développer sa sécurité intérieure : ne plus avoir besoin que tout reste identique autour de soi pour se sentir suffisamment stable à l’intérieur.

Et toi, à quelle branche t’accroches-tu encore aujourd’hui par peur de ne pas savoir où le vent pourrait t’emmener ?

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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