Comment ne pas devenir un Tamalou

Quand le corps parle : et si nous apprenions à l’écouter avant d’être des « Tamalou » ?

Pour ceux qui ne connaissent pas l’expression, un « Tamalou », c’est cette personne qui, arrivée à un certain âge, a toujours quelque chose qui lui fait mal.

« T’as mal où ? »

Au dos.

Aux genoux.

Aux cervicales.

Au ventre.

À l’épaule.

Et nous finissons parfois par considérer cela comme une fatalité :

« C’est l’âge ! »

Mais est-ce vraiment aussi simple ?

Je ne crois pas que nous puissions empêcher toutes les douleurs ni toutes les maladies en travaillant sur nous. En revanche, je reste convaincu d’une chose : notre corps mérite d’être écouté bien avant d’être uniquement considéré comme une machine qu’il faudrait réparer lorsqu’un voyant rouge s’allume.

Et cette écoute du corps fait pleinement partie, selon moi, de notre sécurité intérieure.

Le corps n’est pas séparé de ce que nous vivons

Lorsque j’ai écrit la première version de cet article, j’affirmais que 99 % des pathologies étaient provoquées par une émotion.

Cette affirmation est beaucoup trop catégorique.

Une maladie peut avoir des causes génétiques, infectieuses, immunitaires, environnementales, métaboliques, comportementales ou encore liées au vieillissement. Bien souvent, plusieurs facteurs interviennent simultanément.

Il serait donc faux et potentiellement dangereux d’affirmer qu’une maladie possède systématiquement une cause émotionnelle.

En revanche, nous savons que notre état psychologique et notre corps ne fonctionnent pas comme deux systèmes complètement indépendants.

Le stress chronique, par exemple, peut avoir des répercussions physiologiques.

Lorsque nous sommes continuellement sous tension, notre organisme réagit.

Le sommeil peut se dégrader.

Les muscles peuvent rester contractés.

La digestion peut être perturbée.

La fatigue peut augmenter.

Certaines douleurs peuvent être influencées ou amplifiées.

Voilà pourquoi il est intéressant d’écouter à la fois le corps et ce que nous sommes en train de vivre.

Une douleur est une information, pas un dictionnaire émotionnel

J’ai longtemps utilisé des grilles expliquant qu’une maladie correspondait à une émotion particulière.

La colère provoquerait telle pathologie.

La tristesse provoquerait telle autre maladie.

Le diabète représenterait un manque de douceur.

Le cholestérol un manque de joie.

Alzheimer serait la conséquence du sacrifice de soi.

Je ne présenterais plus ces associations comme des vérités.

Nous ne disposons pas de bases scientifiques permettant d’affirmer qu’une émotion précise provoque automatiquement une maladie précise.

Et surtout, ce genre d’explication peut devenir extrêmement culpabilisant.

Dire à une personne atteinte d’un cancer qu’elle est malade parce qu’elle aurait mal géré sa tristesse n’est ni juste ni responsable.

Dire que la maladie d’un enfant est « le cadeau émotionnel de papa et maman » ne l’est pas davantage.

Les parents influencent évidemment l’environnement émotionnel dans lequel grandit leur enfant, mais cela ne signifie pas qu’ils provoquent ses maladies.

Pourtant, écouter ses émotions reste essentiel

Corriger ces anciennes affirmations ne signifie pas jeter toute la réflexion à la poubelle.

Au contraire.

Une question reste extrêmement intéressante lorsque notre corps commence à montrer des signes de fatigue ou de tension :

« Qu’est-ce qui se passe dans ma vie actuellement ? »

Est-ce que je dors suffisamment ?

Est-ce que je suis stressé depuis des mois ?

Est-ce que je travaille continuellement sous pression ?

Est-ce que je vis une situation relationnelle difficile ?

Est-ce que je respecte mes limites ?

Est-ce que je bouge suffisamment ?

Est-ce que je prends soin de moi ?

Est-ce que je traverse une émotion que je refuse continuellement de regarder ?

Ces questions ne remplacent pas un diagnostic médical.

Elles le complètent par une réflexion plus globale sur notre manière de vivre.

La sécurité intérieure, c’est aussi arrêter de lutter contre son corps

Nous pouvons facilement considérer notre corps comme un adversaire.

Une douleur arrive :

« Encore cette fichue épaule ! »

Nous sommes épuisés :

« Il faut que je tienne. »

Nous dormons mal :

« Ce n’est pas grave, je prendrai du café. »

Notre corps demande du repos et notre mental répond :

« Pas maintenant, j’ai trop de choses à faire. »

Puis nous continuons.

Encore.

Encore.

Encore.

Jusqu’au moment où nous n’avons parfois plus le choix.

Et si la sécurité intérieure consistait aussi à entendre les premiers signaux ?

Pas pour leur inventer immédiatement une signification spirituelle.

Simplement pour reconnaître :

« Mon corps me donne une information et je vais m’en occuper. »

La médecine et le travail sur soi ne sont pas adversaires

J’opposais autrefois beaucoup plus facilement médecine conventionnelle et approche émotionnelle.

Je ne le ferais plus.

La médecine ne consiste pas uniquement à « mettre un médicament sur une conséquence ».

Elle diagnostique, prévient, soigne, surveille et sauve des vies.

Un antibiotique peut être indispensable lorsqu’une infection bactérienne le nécessite. Et une colère exprimée dans une forêt ne soigne pas une infection bactérienne à sa place.

En revanche, prendre un traitement médical n’empêche absolument pas de s’interroger sur son hygiène de vie, son stress, ses émotions ou son environnement.

Pourquoi faudrait-il choisir ?

Nous pouvons consulter un médecin et travailler sur notre sécurité intérieure.

Suivre un traitement et modifier certaines habitudes.

Soigner le corps et prendre soin de notre équilibre émotionnel.

Ce n’est pas l’un contre l’autre.

Exprimer sa colère peut être utile, mais pas pour « guérir une otite »

Prenons la colère.

Si vous accumulez continuellement de la colère sans jamais l’exprimer ni poser de limites, il peut être intéressant d’apprendre à mieux la reconnaître et à la réguler.

Bouger.

Marcher.

Faire du sport.

Écrire.

Parler.

Respirer.

Mettre des mots sur ce qui se passe.

Poser une limite lorsque c’est nécessaire.

Cela peut faire énormément de bien.

Mais je ne vous dirai pas :

« Vous avez une otite parce que vous êtes en colère, allez faire de la boxe et elle disparaîtra. »

Une otite mérite d’être évaluée et prise en charge de manière appropriée.

En revanche, rien ne vous empêche de vous demander parallèlement pourquoi vous êtes actuellement aussi tendu, irrité ou épuisé.

C’est une approche beaucoup plus complète.

Prévenir, c’est apprendre à se connaître

Je reste profondément attaché à cette idée :

mieux vaut prendre soin de soi avant d’être obligé de s’arrêter.

Cela passe par des choses finalement très simples.

Dormir.

Bouger.

Manger d’une manière adaptée à ses besoins.

Entretenir des relations suffisamment saines.

S’accorder du repos.

Consulter lorsque quelque chose ne va pas.

Apprendre à reconnaître ses émotions.

Dire non lorsque nous voulons dire non.

Ne pas passer vingt ans dans un environnement qui nous détruit intérieurement en répétant :

« Je n’ai pas le choix. »

La sécurité intérieure se construit aussi par cette capacité à nous considérer comme suffisamment importants pour prendre soin de nous.

Le corps peut devenir un partenaire

C’est probablement ce que je retiens aujourd’hui de l’intuition qui se trouvait derrière mon ancien article.

Arrêtons d’attendre d’aller très mal pour nous écouter.

Votre corps n’est pas seulement le véhicule qui doit continuer à fonctionner pendant que votre mental poursuit ses objectifs.

Il fait partie de vous.

Alors observez-le.

Comment respirez-vous ?

Comment dormez-vous ?

Où êtes-vous régulièrement tendu ?

Quel est votre niveau d’énergie ?

Comment vous sentez-vous après certaines journées ?

Comment votre corps réagit-il à certaines situations ?

Ces observations peuvent fournir des informations précieuses.

Pas un diagnostic.

Des informations.

Ne devenez pas votre propre médecin, devenez votre propre observateur

Prendre le pouvoir sur sa vie ne signifie pas décider seul de l’origine de toutes ses maladies.

Ce n’est pas remplacer un médecin par un tableau expliquant que telle douleur correspond à telle émotion.

C’est développer suffisamment de conscience pour ne plus ignorer ce qui se passe en nous.

Consulter lorsqu’il faut consulter.

Demander de l’aide lorsqu’il faut demander de l’aide.

Et parallèlement se demander :

« Est-ce que ma manière de vivre prend réellement soin de moi ? »

Voilà une question qui peut changer beaucoup de choses.

Parce que nous pouvons passer notre existence à nous battre contre les symptômes de notre mal-être sans jamais regarder notre quotidien.

Ou commencer à construire une vie dans laquelle notre corps, nos besoins, nos émotions et nos valeurs ont réellement leur place.

Pour moi, c’est aussi cela, la sécurité intérieure.

Tout part de soi pour revenir à soi.

Et lorsque le corps parle, plutôt que de lui inventer immédiatement une explication ou de chercher à le faire taire, commençons peut-être simplement par l’écouter.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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