Lire ne suffit pas pour guérir
Lire, comprendre, travailler sur soi… mais est-ce que votre vie change vraiment ?
Nous pouvons lire des dizaines de livres de développement personnel.
Nous pouvons regarder des centaines de vidéos, écouter des podcasts, suivre des conférences, participer à des stages, consulter des thérapeutes, pratiquer la méditation, réciter des mantras, découvrir le ho’oponopono ou expérimenter toutes sortes d’outils.
Tout cela peut évidemment nous nourrir.
Mais il existe une question beaucoup plus importante : qu’est-ce qui a réellement changé dans notre manière de vivre ?
Quand je parle de « lire », je globalise ici tout ce qui vient alimenter notre mental. Livres, vidéos, réseaux sociaux, podcasts, formations, contenus spirituels ou thérapeutiques… Nous n’avons probablement jamais eu accès à autant de connaissances sur nous-mêmes.
Et pourtant, accumuler des connaissances sur le changement ne signifie pas nécessairement changer.
C’est une distinction qui me semble essentielle lorsqu’on parle de sécurité intérieure.
Comprendre quelque chose ne suffit pas à le transformer
Il m’est arrivé de comprendre intellectuellement certains de mes fonctionnements bien avant d’être capable de les modifier.
Je pouvais savoir pourquoi je réagissais d’une certaine manière.
Je pouvais identifier une peur.
Je pouvais reconnaître un schéma.
Je pouvais même parfaitement l’expliquer à quelqu’un d’autre.
Et pourtant, lorsque la situation se présentait à nouveau, je pouvais reproduire exactement le même comportement.
Pourquoi ?
Parce qu’une prise de conscience devient véritablement transformatrice lorsqu’elle commence à modifier notre manière d’agir dans la matière.
Nos habitudes.
Nos rituels.
Nos relations.
Nos décisions.
Notre façon de poser une limite.
Notre capacité à dire oui.
Notre capacité à dire non.
La manière dont nous réagissons lorsque quelqu’un n’est pas d’accord avec nous.
Autrement dit, la transformation intérieure finit nécessairement par devenir observable dans notre vie extérieure.
La sécurité intérieure se mesure aussi dans nos comportements
Lorsque j’utilisais autrefois le mot « guérir », je pensais notamment au fait de ne plus dépendre constamment de l’extérieur pour pouvoir se sentir bien.
Aujourd’hui, je parlerais davantage de sécurité intérieure.
Parce qu’être intérieurement sécure ne signifie pas être heureux vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ne plus jamais avoir peur ou ne plus être touché par les événements.
Nous restons humains.
En revanche, plus notre sécurité intérieure se développe, moins nous avons besoin que tout soit exactement comme nous le souhaitons pour rester stables.
Nous pouvons recevoir un refus sans remettre toute notre valeur en question.
Nous pouvons être critiqués sans devoir immédiatement nous défendre.
Nous pouvons perdre une opportunité sans considérer que notre vie s’effondre.
Nous pouvons également quitter une relation, refuser une proposition ou prendre une décision difficile sans avoir besoin de l’approbation générale.
C’est là que le développement personnel quitte les livres pour entrer dans la vie.
Choisissons-nous depuis le cœur ou depuis la peur ?
Pendant longtemps, j’ai opposé les choix de cœur aux choix de peur.
Cette distinction reste pour moi particulièrement intéressante.
La peur peut nous faire accepter une situation qui ne nous convient plus parce que nous redoutons de perdre de l’argent.
Elle peut nous maintenir dans une relation parce que nous avons peur d’être seuls.
Elle peut nous empêcher de parler parce que nous avons peur d’être rejetés.
Elle peut aussi nous pousser à saisir une opportunité qui ne nous ressemble pas simplement parce qu’elle nous apporte une reconnaissance immédiate.
La sécurité intérieure ne fait pas disparaître toutes ces peurs.
Elle nous permet de les entendre sans leur donner systématiquement le volant.
Avant une décision importante, une question peut alors devenir extrêmement puissante :
Si je n’avais rien à protéger, qu’est-ce que je choisirais ?
La réponse n’est pas toujours confortable.
Mais elle révèle souvent beaucoup de choses.
Aimer ne signifie pas tout accepter
J’ai également beaucoup réfléchi à la notion d’amour.
J’ai longtemps associé l’amour véritable à une confiance absolue, à l’absence de jugement et à la capacité de reconnaître quelque chose de nous-mêmes dans chaque être humain.
Je continue à trouver cette direction profondément intéressante, à condition de ne pas en faire une nouvelle obligation.
Aimer ne signifie pas devoir fréquenter tout le monde.
Comprendre quelqu’un ne signifie pas accepter ses comportements.
Ne pas juger la valeur d’un être humain n’empêche absolument pas de constater qu’une relation nous fait du mal et de nous en éloigner.
C’est même parfois précisément parce que notre sécurité intérieure augmente que nous devenons capables de poser ces limites.
Nous n’avons plus besoin de rejeter l’autre pour nous respecter nous-mêmes.
Nous pouvons simplement reconnaître : « Ce comportement ne me convient pas. Cette relation ne correspond plus à mes valeurs. Je choisis de ne plus y participer. »
La nuance est considérable.
L’autre peut devenir un miroir
Nos relations constituent également un formidable terrain d’observation.
Certaines personnes ont cette capacité étonnante à déclencher immédiatement quelque chose en nous.
Une attitude nous agace.
Un comportement nous met en colère.
Une personnalité nous dérange profondément.
Plutôt que de considérer systématiquement que tout ce que nous voyons chez l’autre existe nécessairement chez nous, nous pouvons utiliser cette réaction comme une invitation à nous observer.
Pourquoi cela me touche-t-il autant ?
Qu’est-ce que cela vient réveiller ?
Quelle valeur est atteinte ?
Quelle peur apparaît ?
Quelle partie de moi cherche immédiatement à se protéger ?
Nous passons alors du jugement de l’autre à la connaissance de soi.
Et plus nous connaissons nos propres mécanismes, moins nous avons besoin de les projeter inconsciemment sur le monde qui nous entoure.
Le véritable travail commence après le livre
Finalement, aucun outil n’est magique.
Nous pouvons multiplier les exercices, les lectures, les pratiques spirituelles et les thérapies. Ils peuvent tous devenir de merveilleux supports.
Mais aucun ne peut vivre à notre place.
La transformation apparaît lorsque ce que nous avons compris commence à modifier un comportement réel.
Lorsque nous cessons d’accepter ce que nous acceptions par peur.
Lorsque nous respectons davantage notre corps.
Lorsque nous affirmons nos valeurs.
Lorsque nous pouvons renoncer à une récompense immédiate parce qu’elle nous éloignerait de nous-mêmes.
Lorsque nous n’avons plus autant besoin d’être rassurés, validés ou reconnus par l’extérieur avant d’avancer.
C’est ainsi que je vois aujourd’hui le chemin vers davantage de sécurité intérieure.
Il ne s’agit pas d’accumuler toujours plus de connaissances sur soi.
Il s’agit de devenir progressivement capable de vivre ce que nous avons compris.
Alors, plutôt que de vous demander quel sera le prochain livre, la prochaine vidéo ou le prochain outil qui pourrait changer votre vie, peut-être pouvez-vous commencer par une question beaucoup plus simple :
Parmi tout ce que je sais déjà, qu’est-ce que je n’ai pas encore osé mettre en application dans ma vie ?
Nous sommes #TousFormidable.












