Quel regard porter pour être heureux ?

Et si l’autre était parfois un miroir de notre sécurité intérieure ?

Il y a une idée que j’utilise depuis longtemps dans mes accompagnements :

Quand nous regardons l’autre, nous voyons aussi une partie de nous-mêmes.

Pas parce que l’autre n’existerait pas.

Pas parce que tout ce qu’il fait nous appartiendrait.

Mais parce que nous ne pouvons regarder quelqu’un qu’à travers notre propre histoire.

Nos croyances.

Nos expériences.

Nos valeurs.

Nos blessures.

Nos peurs.

Nos attentes.

Deux personnes peuvent donc observer exactement le même individu et ne pas du tout voir la même personne.

Et c’est ici que l’effet miroir devient particulièrement intéressant.

Pourquoi cette personne me dérange-t-elle autant ?

Nous avons tous déjà vécu cette expérience.

Quelqu’un arrive dans notre environnement et, sans forcément faire quelque chose de grave, il nous agace.

Sa manière de parler.

Son comportement.

Son assurance.

Sa lenteur.

Son besoin de se mettre en avant.

Son manque d’organisation.

Sa façon de vivre.

Quelque chose chez cette personne vient nous chercher.

Notre premier réflexe consiste généralement à regarder l’autre :

« Il est vraiment… »

Et nous complétons la phrase.

Égoïste.

Prétentieux.

Bordélique.

Mou.

Autoritaire.

Irresponsable.

Envahissant.

Mais j’aime retourner la question :

Pourquoi ce comportement-là provoque-t-il cette réaction-là chez moi ?

Et là, nous changeons complètement de terrain.

Ce qui nous dérange ne nous appartient pas toujours

Je veux apporter ici une nuance importante par rapport à ce que j’ai pu dire autrefois.

Si quelqu’un me manque de respect, cela ne signifie pas que son comportement est « ma faute ».

Si quelqu’un est violent, manipulateur ou franchit une limite importante, je n’ai pas à chercher immédiatement quelle partie de moi aurait créé cette situation.

Nous avons aussi le droit de dire :

« Non. »

De partir.

De nous protéger.

De poser une limite.

L’effet miroir ne doit jamais devenir une manière de nous rendre responsables du comportement des autres.

En revanche, notre réaction intérieure peut nous apprendre énormément sur nous-mêmes.

Et c’est là que le travail devient passionnant.

L’autre peut toucher exactement l’endroit que nous essayons de cacher

Imaginons que je sois particulièrement agacé par quelqu’un qui prend facilement la parole et qui assume pleinement ses opinions.

Pourquoi ?

Peut-être simplement parce que je trouve sa manière de faire désagréable.

Mais peut-être aussi parce que moi, je n’ose jamais prendre ma place.

Je vois chez lui une liberté que je ne m’accorde pas.

Autre exemple.

Je critique quelqu’un qui « ne fout rien ».

Pourquoi cela me dérange-t-il autant ?

Peut-être parce que j’ai appris depuis l’enfance qu’il fallait travailler dur pour mériter sa place.

Alors voir quelqu’un se reposer tranquillement peut réveiller quelque chose en moi.

« Moi, je n’ai pas le droit de faire ça. »

Et plutôt que de remettre en question ma propre croyance, je critique celui qui s’autorise ce que je m’interdis.

Voilà où le miroir devient intéressant.

Nos parents sont souvent nos premiers grands miroirs

Nous pouvons faire exactement le même exercice avec notre père ou notre mère.

Il ne s’agit pas de prétendre que tout ce qu’ils ont fait était juste.

Il ne s’agit pas non plus de pardonner artificiellement pour cocher une case du développement personnel.

Mais simplement d’observer.

Qu’est-ce qui me dérange encore profondément chez mon père ?

Qu’est-ce que je reproche toujours à ma mère ?

Et surtout :

Qu’est-ce que cela provoque encore en moi aujourd’hui ?

Parce que nous pouvons avoir 30, 40, 50 ou 60 ans et continuer à prendre certaines décisions depuis une vieille insécurité construite beaucoup plus tôt.

Besoin d’être reconnu.

Peur de décevoir.

Difficulté à dire non.

Besoin de prouver.

Peur d’être abandonné.

Peur de ne pas être suffisamment bien.

Et parfois, l’autre ne fait que toucher le bouton.

L’effet miroir devient alors un outil de connaissance de soi

Au lieu de passer notre temps à essayer de corriger les autres, nous pouvons utiliser certaines rencontres comme des informations.

Mon conjoint m’agace.

Très bien.

Avant de conclure qu’il doit changer, qu’est-ce qui se passe en moi ?

Mon collègue me met hors de moi.

Pourquoi précisément ce comportement ?

Cette personne sur Facebook m’énerve alors que je ne la connais même pas.

Qu’est-ce qu’elle vient toucher ?

Parfois, la réponse sera :

« Elle franchit simplement une valeur importante pour moi. »

Et c’est une information utile.

Mais parfois, nous découvrirons quelque chose de beaucoup plus personnel.

Une peur.

Une interdiction que nous nous sommes imposée.

Une ancienne blessure.

Un besoin de reconnaissance.

Une part de nous que nous n’assumons pas encore complètement.

Et c’est ici que revient la sécurité intérieure

Lorsque je suis peu sécurisé intérieurement, beaucoup de choses extérieures peuvent devenir menaçantes.

Le jugement de l’autre.

Son désaccord.

Sa réussite.

Son argent.

Sa liberté.

Sa manière de s’affirmer.

Son apparence.

Son indifférence à mon égard.

À l’inverse, plus je construis ma sécurité intérieure, moins j’ai besoin que l’autre se comporte d’une certaine manière pour que je sois bien.

Je peux ne pas aimer son comportement sans être intérieurement détruit par celui-ci.

Je peux être en désaccord sans entrer dans une guerre.

Je peux poser une limite sans passer trois jours à ruminer.

Je peux voir quelqu’un réussir sans considérer que sa réussite diminue ma propre valeur.

Je peux laisser l’autre être lui sans perdre qui je suis.

Et pour moi, c’est une transformation considérable.

Accueillir ne signifie pas tout accepter

Là encore, les mots sont importants.

Accueillir ce qui se passe en moi signifie :

« Voilà ce que cette situation provoque chez moi. »

Je ne fuis pas.

Je ne nie pas.

Je ne rejette pas immédiatement la responsabilité sur l’extérieur.

J’observe.

Pourquoi cette colère ?

Pourquoi cette peur ?

Pourquoi cette jalousie ?

Pourquoi cette frustration ?

Pourquoi ce besoin d’avoir raison ?

Et plutôt que de me juger d’éprouver cette émotion, je peux essayer de comprendre ce qu’elle vient m’apprendre.

C’est peut-être cela, finalement, accueillir une partie de soi.

Non pas être continuellement dans la joie et la gratitude.

Mais pouvoir regarder ce qui se passe en nous sans avoir peur de ce que nous allons découvrir.

Les autres deviennent alors de formidables révélateurs

Nos parents.

Notre conjoint.

Nos enfants.

Nos collègues.

Nos amis.

Une connaissance.

Et même cet inconnu croisé pendant trente secondes qui nous agace inexplicablement.

Toutes ces rencontres peuvent parfois nous apprendre quelque chose.

Pas nécessairement sur eux.

Sur nous.

Et lorsque nous commençons à regarder nos relations de cette manière, quelque chose change.

Nous passons moins de temps à nous demander :

« Comment faire pour que l’autre change ? »

Et davantage :

« Pourquoi ai-je besoin qu’il change pour que moi, je sois bien ? »

Cette question peut nous emmener très loin.

Parce qu’au bout du chemin, il y a peut-être cette capacité à rester profondément nous-mêmes, en sécurité avec ce que nous sommes, même lorsque le monde extérieur ne correspond pas exactement à ce que nous aurions voulu.

Et vous, quelle personne vous dérange particulièrement en ce moment ?

Avant de chercher ce qui ne va pas chez elle, prenez quelques instants pour observer ce que sa présence vient réveiller chez vous.

Voici aujourd’hui une vidéo pour aller plus loin sur ce sujet.

Nous sommes #TousFormidable.

Aidez vos proches en partageant !
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction